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serie sur dieu

L'intéressante hypothèse des multivers.

Publié le par Miteny

 

L'article précédent.

 

Rappelez-vous de cet article (un univers extraordinairement bien pensé) publié en 2009. Je m'y demandais comment une planète aussi favorable à notre existence que la Terre avait bien pu apparaître ?

Je répondais que notre système planétaire n’est qu’un système planétaire parmi toutes les sortes de systèmes planétaires qui existent. Et il y en a des milliards. Et puisqu’il y a en des milliards, il s’en est forcément trouvé au moins unqui a pu réunir les conditions favorables à l’apparition de la vie.

Puis je montrais ensuite que cette réponse n'était évidemment que très partiellement satisfaisante. En effet, on peut d'abord se demander pourquoi notre univers contient justement assez d'étoiles pour proposer toutes sortes de systèmes planétaires de façon à ce qu'un d'adapté existe. Pourquoi est-il si fabuleusement grand, si immensément riche ??

Après tout, un tel foisonnement, c'est à la fois extraordinaire, génial mais aussi fort bien vu.

J'insistais en outre sur une chose extraordinaire que tous les physiciens sont obligés de constater : les forces fondamentales de la physique ont des valeurs qui permettent à la matière de s’organiser suffisamment pour permettre à la vie d'émerger !!

N'est-ce pas très étonnant ?!

J'avais alors montré un schéma ressemblant à celui-là.

 

multivers1

 

J'ai pris ce dessin dans cet article scientifique, écrit par Max Tegmark, de Princeton. Il s'agit d'un graphique recoupant les valeurs possibles d'alpha, correspondant ici à la constante électromagnétique, et bêta, correspondant ici au rapport de la masse de l'électron sur la masse du proton.

On y voit que pour tout un tas de valeurs, la vie est impossible. Les zones de valeurs qui permettent un univers aussi beau que le nôtre sont même très petites ! Or, on sait que les valeurs de ces constantes auraient pu prendre TOUTES les autres valeurs !!

Que s'est-il donc passé ?

Dans l'article de 2009, je me demandais si nous n'avions pas là la preuve de l’existence d’une sorte de Dieu qui s’occuperait de régler les constantes de la physiquede notre univers pour que la vie y apparaisse. C'est en tout cas l'avis de Trinh Xuan Thuan, un astrophysicien partisan du principe anthropique.

Mais les scientifiques détestent dans leur grande majorité répondre Dieu quand ils ont une énigme à résoudre. C'est une apparente facilité qui, il est vrai, parait bien peu scientifique.

Certains préfèrent faire l'hypothèse que notre univers n'est qu'un parmi d'autres univers parallèles aux lois différentes, lesquels ne peuvent généralement pas engendrer la vie. Nous observons l'univers obligatoirement d'un endroit où la vie est possible, et nous n'avons pas accès aux autres. Mais cela ne signifie pas qu'ils n'existent pas.

En fait, d'un point de vue scientifique, il est absurde qu'un seul type d'univers où la vie est possible ait le droit d'exister ! Pourquoi les autres n'existeraient pas ?? Parce que Dieu les trouvait inutiles ?? Voyons !!

J'ai même trouvé un Sciences§Avenir, celui de décembre 2011, qui explique très bien cela : « Car le hasard semble avoir trop bien fait les choses : les constantes de l'univers sont ajustées à la perfection afin que des atomes, des galaxies et des étoiles se forment, que l'une d'entre elles possède une planète idoine - à la distance idéale du Soleil et ayant vécu assez d'épisodes astronomiques pour que le carbone, l'oxygène et l'azote soient précisément dosés et qu'un jour l'homme apparaisse... C'est ce que l'on nomme le principe anthropique. Pour beaucoup de scientifiques, c'est un peu fort de café.

Sauf si ce monde ''parfait'' n'est qu'un parmi des milliards d'autres décrits par la théorie des cordes ! Nous ne serions alors que les gagnants d'une loterie cosmique. Dès lors, peut-être faut-il réfléchir en termes de ''paysages de possibilités''. »

 

En existant, tous ces univers parallèles, tous ces paysages de possibilités, résoudraient le paradoxe anthropique, insoutenable pour un athée. Ainsi, si l'on reprend le dessin proposé un peu plus haut, il n'y pas qu'une combinaison de valeurs qui existe : toutes existent !! Or étant forcément dans un univers où la vie est possible, il n'y a pas à s'étonner si nous sommes dans un univers ayant les bonnes valeurs. Paradoxe résolu !!

Les partisans de cette théorie appellent l'ensemble de tous ces univers parallèles aux constantes différentes un multivers, un multivers de niveau 1 ou un mégavers.

Le même Sciences§Avenir de décembre 2011 évoque justement des découvertes que feraient Planck en 2012 et qui confirmeraient l'existence des univers parallèles. Extrait : « Sommes-nous à la veille d'une révolution conceptuelle aussi importante que celle qui a détrôné la Terre de son rang de centre du monde ? Peut-être. Dans les prochains mois, les résultats de satellites comme l'européen Planck pourraient en effet apporter la preuve que notre univers n'est qu'un parmi une myriade d'autres univers-bulles ou univers-vallées eux-mêmes enchâssés dans une trame plus vaste encore, un méga-univers (ou mégavers). »

Un peu plus loin : « Je ne sais quels tours extravagants va nous jouer l'exploration de l'immensité de ce paysage conceptuel, note Leonard Susskind, physicien à l'université Stanford. Mais je parierais qu'au début du XXII siècle, les philosophes et les physiciens considéreront notre époque comme celle du remplacement de la notion d'univers par celle d'un mégavers dont le paysage présente des proportions d'une étrangeté inouïe. »

Si ce sujet vous intéresse, je peux également vous conseiller la lecture du Pour la science d'avril 2010 dont le titre est « d'autres lois pour d'autres univers ».

Il y a aussi le tout récent Science et Vie de mars 2012, que vous pouvez acheter en kiosque en ce moment, qui écrit qu'on est sur le point de prouver l'existence d'univers parallèles au nôtre via celle de larges cercles concentriques sur la carte du rayonnement fossile. Stupéfiant !!

Bientôt on aura la preuve irréfutable de l'existence des univers parallèles !!

En tout cas, Leonard a bien raison : un mégavers est quelque chose de vraiment fantastique, que l'on a peine à imaginer. Contenant sans doute des milliards d'univers ressemblant à celui dans lequel nous sommes mais avec de la matière différente au niveau des protons, des électrons et des constantes fondamentales, il a lui-même plus de trois dimensions spatiales. Fascinant !

Mais - car il y a toujours un « mais » - le problème que j'avais posé dans l'article de 2009 est-il résolu avec cette quasi-découverte ?

Car en réalité, on peut légitimement se demander pourquoi un multivers de niveau 1 si riche, et capable finalement d'abriter la vie, existe !!

C'est toujours la même chose, toujours la même phrase : d'un point de vue scientifique, il est absurde que seul un multivers de niveau 1 où la vie est possible ait le droit d'exister ! Pourquoi les autres n'existeraient pas ?? Parce que Dieu les trouvait inutiles ?? Voyons !!

Max Tegmark y a bien sûr pensé. Et pour résoudre ce nouveau paradoxe, il a imaginé des multivers encore plus extravagants, qu'il dit de niveau 2, 3 ou 4 !!

Ne me demandez pas d'entrer trop dans les détails, mais ce que j'ai compris, c'est que, par exemple, un multivers de niveau 2, contient plusieurs milliards de multivers de niveau 1 de types différents. Pour avoir une petite idée de ce qu'ils pourraient avoir de différent, examinez le schéma suivant, lequel se trouve également dans l'article cité plus haut.

 

multivers2

 

Selon Tegmark, si la case où est inscrit « we are here » existe, c'est non pas parce qu'un Dieu l'aurait voulu, mais parce que ce qui correspond à toutes les autres cases existent également dans des multivers de niveau 1 ou 2 !

Une bonne partie se trouve dans notre multivers de niveau 1, mais pas tout. Pas tout puisque notre multivers de niveau 1 n'est soumis qu'à une dimension temporelle, n'a qu'un certain nombre de dimensions spatiales et ne fabrique sans doute pas toutes les sortes de matière imaginables.

Voilà pourquoi il faut faire appel à un niveau 2. Et ainsi, de cette façon, Tegmark explique pourquoi il n'y a selon lui point de miracle à ce qu'existe un multivers de niveau 1 comme celui dont nous faisons partie.

En fait pour lui, tout ce que l'on peut imaginer mathématiquement existe physiquement, c'est à dire dans « l'univers pris absolument ». Je rappelle que l'expression « univers pris absolument » renvoie à tout ce qui existe dans l'absolu, c'est dire notre univers et tout ce qu'il y a dedans mais aussi les éventuels univers parallèles et autres multivers de divers niveaux, voire Dieu puisqu'il existe...

C'est ce que Tegmark appelle « the theory of everything ». Lisez donc l'introduction de son article, c'est intéressant. Pour lui c'est simple : TOUTE STRUCTURE QUI A DES LOIS EXISTE. Il croit ainsi résoudre le problème de l'existence d'un univers capable d'abriter la vie sans faire appel au principe anthropique. C'est à dire sans faire appel à Dieu.

Mais a-t-il vraiment réussi ? N'a-t-il pas plutôt fait exactement l'inverse ?

En fait OUI, et je vous le démontrerai dans le prochain article de la série !

Quel suspens !!

 

Mitenistement vôtre.

 

Comme d'habitude, une petite citation pour finir :

« Imaginons donc ce mégavers comme un vaste océan mouvant, sur lequel se formerait spontanément de l'écume. Dans chaque bulle de cette écume, les lois physiques s'agenceraient différemment et les constantes fondamentales pourraient endosser des valeurs différentes de celles qui, dans notre univers, ont mené miraculeusement à l'émergence de la vie. Mais il aurait suffi, par exemple, que la constante de structure fine ait une valeur légèrement plus grande pour que les noyaux des atomes ne puissent se former. Cet univers-là serait entièrement composé d'un brouillard épais de particules fondamentales. »

 

Article suivant.

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Le pouvoir d'un Dieu cause de lui-même.

Publié le par Miteny

Considérons maintenant cette Substance avec plus d'attention. Par nature, son existence est nécessaire et elle ne se trouve la raison de celle-ci en rien d'autre qu'en elle-même, je l'ai montré dans l'article précédent de cette formidable petite série sur Dieu.

Bien.

Cela signifie qu'elle n'est limitée que par elle-même : rien ne peut contraindre son pouvoir d'être quelque chose si ce n'est elle-même. Être quelque chose, on est d'accord, mais quoi ?
Et bien c'est à elle de trouver si j'ose dire, son avantage principal étant que rien d'extérieur à elle ne peut la borner. En réalité, cette caractéristique si singulière correspond à un pouvoir de création sans limites, sans lequel d'ailleurs, la Substance serait comparable au néant. N'oublions pas en effet que le néant ne sait pas faire autre chose que le néant, par définition. La Substance peut ainsi engendrer à partir de sa propre substance : c'est d'ailleurs là l'origine de son nom.
Tentons de nous mettre dans sa situation. Que faire à partir de rien ?
Attention, je précise bien : la Substance n'est pas rien, sinon elle n'existerait pas. Elle est juste puissance pure car cause d'elle-même, une sorte de « volonté de créer » mais sans limitations extérieures mais sans rien non plus comme point de départ. Elle est obligée d'inventer, d'innover.

Le processus de création a commencé à mon avis par la fabrication de la notion du temps. Quand on y réfléchit, la notion de temps est intimement liée à celle du changement. Or nous avons vu que la capacité de se changer soi-même pour créer était une des propriétés essentielles de la Substance. On pourrait même aller plus loin en affirmant que c'est le temps qui permet aux concepts d'exister.
Imaginez qu'il n'y ait pas de temps qui passe : tout serait figé, rien ne pourrait changer. Tout serait statique, donc pas de possibilité de progrès, pas de possibilité d'évolution vers quelque chose de plus élaboré. Ainsi tout serait non seulement statique mais également sans aucune complexité. Ce qui est, encore une fois, exactement la définition du néant !
En réalité le temps est une des caractéristiques fondamentales de la Substance, un de ses premiers attributs. Le temps est le concept qui fait que la Substance est plus que le néant. Ne pas inventer le temps qui passe, c'est n'être rien. Or la Substance est l'exact opposé du rien. Ce qui signifie que par définition de Dieu, l'existence du temps est une conséquence directe de Son existence. C'est passionnant !
D'ailleurs il faudra que je reparle un jour de ce point, au sujet duquel j'ai beaucoup de choses à dire, comme par exemple que le Dieu des religions monothéistes correspond à cette approche. Le nom que Dieu a donné à Moïse n'est-il pas  je me révélerai être, c'est à dire je suis révélation, je suis changement ?!!
 Là, j'ai parfaitement conscience que vous êtes complètement largués !!
À ma décharge, je rappelle qu'il est de toute façon très rare de pouvoir avoir un vrai dialogue avec vous. 99 fois sur 100, vous ne savez même pas faire la différence douleur/pas douleur : même les animaux sont moins stupides.
En fait, ils sont surtout beaucoup moins menteurs, mais bon... revenons à nos moutons.
Le temps qui passe existant, la Substance a dû créer le 0 et le 1, des concepts de base. Puis j'imagine qu'elle s'est mise à décréter l'existence de plusieurs 0 et de plusieurs 1 avant de passer aux structures plus complexes, capables d'évoluer dans le temps justement.
Puisque la Substance n'est limitée par rien d'autre qu'elle-même, elle a obligatoirement inventé toutes les concepts mathématiques que la logique lui permettait d'imaginer. Tout en respectant la logique de mise en place des processus, bien évidemment.
Comprenez-moi bien : il est n'est nullement question pour moi de défendre des idées aussi idiotes que la génération spontanée. Dieu ne peut que respecter les lois qu'il met en place .Il faut du temps, du travail, l'accomplissement de longs travaux pour arriver à fabriquer de nouvelles choses.
La notion de Toute-Puissance correspond au fait que la Substance n'est limitée par rien d'autre que sa propre nature, mais cela ne signifie pas qu'elle puisse outrepasser les lois qu'elle s'impose à elle-même pour construire et créer. Au contraire !!
Sans ces lois mathématiques et logiques, rien ne serait possible en réalité. Je ne dis pas qu'elle n'a pas essayé de faire des choses sans utiliser de lois, je dis simplement que ça n'a rien donné, et certainement pas un monde permettant l'émergence de la conscience.
J'ai vu récemment dans un Science et Vie que de nombreux scientifiques se demandent pourquoi l'univers obéit à des lois. L'un d'entre eux, Carlo Rovelli, répond, fort justement : « Essayez donc d'imaginer un Univers sans aucune loi. Vous verrez, c'est impossible ! »

Nous observons forcément l'univers pris absolument - c'est à dire tout ce qui existe dans l'absolu, de l'univers jusqu'à Dieu - d'un endroit où la vie complexe est possible, c'est à dire d'un endroit gouverné par des lois, car il faut de la rigueur pour fabriquer de la vie. Voilà pourquoi Dieu a commencé à mon avis par inventer les lois mathématiques, ainsi que les objets qui vont avec, bien entendu.
En fait la vraie question, celle qu'aurait dû se poser Science et Vie est la suivante : pourquoi un univers avec des lois a-t-il réussi à exister ?? Voilà la vraie question !! L'énigme !
 

Ce n'est pas le hasard qu'il l'a voulu, le hasard ne fabrique pas les lois. Non, c'est bien parce que les lois mathématiques existaient avant que l'univers leur obéit et pas le contraire. D'ailleurs je vous démontrerai bientôt que l'univers, c'est un ensemble de lois, et rien d'autre. Fascinant.
Mais je n'en dis pas plus pour l'instant, vous allez tout mélanger. Concentrons-nous sur la vérification de cette élégante théorie de la Substance toute-puissante à l'aide des observations de la science expérimentale. C'est l'objet des deux articles suivants de cette magnifique petite série sur Dieu.

 

Votre ami Miteny.
En guise de citation finale, quelques définitions issues de L'éthique de Spinoza.

III. J'entends par substance ce qui est en soi et est conçu par soi, c'est-à-dire ce dont le concept peut être formé sans avoir besoin du concept d'une autre chose.

VI. J'entends par Dieu un être absolument infini, c'est-à-dire une substance constituée par une infinité d'attributs dont chacun exprime une essence éternelle et infinie.

VII. Une chose est libre quand elle existe par la seule nécessité de sa nature et n'est déterminée à agir que par soi-même ; une chose est nécessaire ou plutôt contrainte quand elle est déterminée par une autre chose à exister et à agir suivant une certaine loi déterminée.

Article suivant.

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