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20 articles avec serie sur dieu

Être cause de soi.

Publié le par Miteny

Aujourd'hui je vais vous parler de la nature intime de Dieu. Alors attention, cela va être ardu... Car oui, rien n'est plus abstrait que Dieu. Cette entité, si on peut l'appeler ainsi, est si abstraite, si transcendante, qu'il est bien difficile d'en dire ne serait-ce que quelques mots. C'est en outre un sujet bien délicat : même en partant de la simple différence douleur/pas douleur, on arrive à créer des tensions et des haines qui n'ont aucun sens rationnel. C'est pathétique... Mais bon, passons. Ce qui va m'intéresser ici c'est la principale caractéristique d'une entité se voulant suprême : la cause de soi. Car tel est bien le cœur du problème. Tout ce qui existe a une cause, et tout ce qui a une cause extérieure à soi ne peut être qualifié de divin. Au contraire, Dieu est Dieu parce qu'il est cause de lui-même : c'est là la différence fondamentale, je dis bien fondamentale, entre lui et le reste du monde.

En 2012 dans cet article, j'avais montré que, du fait de cette caractéristique, Dieu alias la Substance existe d'une manière extrêmement puissante car extrêmement nécessaire. Puis dans cet autre article, j'en avais déduit qu'il n'est limité que par lui-même : rien ne peut contraindre son pouvoir d'être quelque chose si ce n'est lui-même. Autrement dit, il doit pouvoir être à peu près ce que bon lui semble. Lui seul décide de la complexité de sa nature. Ce qui implique par exemple l'existence du temps car, comme je l'avais montré à l'époque, sans le temps, pas de possibilité d'évolution vers quelque chose de plus élaboré. Tout serait non seulement statique mais également a priori sans aucune complexité. L'apprentissage, la révélation, et donc la prise de conscience de soi, seraient impossibles. Ce qui est exactement la définition du néant, le contraire de la complexité.

Être ce que l'on veut, décider de la complexité de sa nature, est un pouvoir vraiment extraordinaire. Et quand on l'a, peut-on faire autre chose que l'utiliser à fond et donc... de tout essayer ? Autrement dit d'envisager toutes les possibilités, de voir toutes les formes que peut revêtir le concept d'Existence, y compris et surtout les formes plus élaborées. Quitte à séparer ensuite le bon grain de l'ivraie. Un point important qu'il faut d'ores et déjà préciser : ce que Dieu va décider d'être sera sa création. En d'autres termes, sa création sera une part de lui. Et tout ce qui existe fait partie de cette création puisque dès l'origine, il n'y a rien d'autre que Dieu. Attention, ce n'est pas du panthéisme : je ne dis pas ici que l'univers et Dieu se confondent, mais que l'univers n'est bien qu'une partie de son ''être'', comme mon pied gauche est une partie de moi sans que moi je ne sois que mon pied gauche. Surtout qu'il n'y a pas que l'univers qui ait été créé. En effet, le concept d'Existence peut avoir plusieurs définitions, plusieurs formes : comme je l'expliquais il y a 15 jours, il peut être soit un concept S, c'est à dire quelque chose qui ne peut se réduire à un nom, aussi précis soit-il, soit un concept L, c'est à dire un nom.

L'avantage avec les codes, les notations, les noms, c'est que l'on peut imaginer des relations entre eux, des formules et ainsi inventer un langage mathématique qui sans doute au tout début n'est constitué que par 0 et 1, mais qui, par la suite, s'enrichit à l'infini. Non seulement il s'enrichit à l'infini mais il devient ''réel'' : en effet, selon l'hypothèse la plus raisonnable scientifiquement, tout ce que l'on peut imaginer mathématiquement doit exister quelque part. C'est la seule façon d'expliquer l'existence de notre univers si parfaitement adapté à l'émergence de la vie, j'en avais parlé en 2012. Autrement dit, le plus raisonnable est de penser que la ''réalité prise absolument'' - laquelle ne correspond pas à la définition officielle du mot réalité, attention - contient tout ce qu'il est possible d'imaginer mathématiquement. C'est à dire que ce qui existe correspond à ce qu'une entité toute puissante et cause d'elle-même aurait logiquement fait. Incroyable, non ? C'est ce que j'avais illustré en 2012 dans l'article avec cette image :

multivers-ao

Il s'agit d'un dessin peut-être un peu simpliste de ce que Tegmark appelle le multivers de niveau 5, dont notre univers est une toute petite partie, et qui est formé par tout ce qui est mathématiquement possible d'imaginer. Selon ce scientifique, ce multivers de niveau 5 correspond à ce que Claude Tresmontant appelait ''l'univers pris absolument'', à savoir le Grand-Tout, c'est à dire tout, tout ce qui existe. Et que tout ce que existe corresponde à tout ce que la physique peut se permettre est tout de même une ''coïncidence'' extraordinaire, vous ne trouvez pas ?? Il ne vous est jamais arrivé de vous demander pourquoi l'univers était si incroyablement riche et vaste ?

Non seulement chaque galaxie contient des centaines de milliards d'étoiles, mais l'univers contient des milliards et des milliards de galaxies. Cela donne tellement le vertige que même les scientifiques ont eu du mal à croire ce qu'ils voyaient lorsqu'ils ont découvert l'existence de ces ''univers-îles'' : cela paraissait bien trop fantastique. Pourquoi une telle profusion dans la création ? Sincèrement, c'est dantesque de créer tout ça. D'autant que, comme je viens de l'expliquer avec Tegmark, notre univers n'est semble-t-il qu'un univers quelconque dans la multitude d'univers de notre multivers de niveau 1, lequel n'est qu'un multivers de niveau 1 quelconque dans la multitude de multivers de niveau 1 de notre multivers de niveau 2, lequel n'est... Etc, etc, etc... Pourquoi une telle orgie d'existence ? Pourquoi tout ce qui existe ne se résume pas à un proton et à un électron par exemple ? Pourquoi ??! Hein ?? Pourquoi ?? Eh bien je vous l'ai dit pourquoi : parce que Dieu est cause de lui-même. Il décide de ce qu'il peut créer. Et logiquement, il a décidé de créer... TOUT. C'est la seule façon d'expliquer la coïncidence évoquée plus haut. Or je le répète, que TOUT existe ne va pas de soi : cela aurait pu être RIEN, ou pas grand-chose. Entre rien, pas grand-chose, pas mal de choses, presque tout et tout, les différences sont énormes...

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Les concepts S sont sans doute eux aussi riches à l'infini. Mais ils ont l'inconvénient de ne pas pouvoir se combiner pour former un langage. Par contre, ils peuvent, au contraire des concepts L, créer des réalités, cette fois ci selon le sens officiel du terme, et donc permettre à la conscience de soi d’apparaître. Ils sont inconnaissables mais très puissants : on ne peut pas tout avoir... Concept L, concept S... Existe-t-il d'autres sortes de concepts ?

A priori, oui. Autant que possible, toujours selon le même principe qui veut que Dieu ait TOUT créé. Le célèbre philosophe Baruch Spinoza avait, à son époque, lui aussi compris la puissance extraordinaire que devait avoir une Substance cause d'elle-même. C'est pourquoi il affirmait qu'une telle entité se devait d'avoir une infinité d'attributs, même si nous ne pouvions qu'en connaître deux qu'ils nommaient l'esprit et l'étendue. Je dis la même chose, mais avec un peu plus de rigueur. Chez moi, les attributs correspondraient aux types de concept imaginables par une Substance : L, S et pourquoi pas T comme temps. L'esprit, comme je l'ai rageusement expliqué des milliers de fois, est une combinaison de concepts L et de concepts S, et T, bien sûr : on ne peut donc le considérer d'emblée comme un attribut originel. Après, je ne sais pas s'il y a une infinité d'attributs au sens quasiment spinoziste du terme, c'est à dire une infinité de types de concept. En tout cas, il y en a le plus possible...

Je suis loin d'avoir tout dit à ce sujet, bien sûr. Il y aurait tant à investiguer sur le concept S, bien mystérieux. Il semble, comme je le disais il y a 15 jours, être capable d'exister par lui-même, tout comme Dieu. Est-il l'essence de la ''cause de soi'' ?? Je ne sais pas. Je ne suis même pas sûr que cette phrase ait un sens... Je n'y répondrai donc pas pour l'instant, je préfère continuer à enquêter sur le formidable potentiel de création de Dieu.

Comme je le disais plus haut, cause de lui-même, Dieu est seul à décider de sa nature et donc de sa complexité. Et j'ai également dit qu'il se devait d'utiliser le temps. Ce qui implique que la complexité qu'il veut obtenir, qui est son objectif naturel si j'ose dire, il ne peut l'obtenir qu'avec le temps. Encore une fois, si le temps n'existait pas, rien ne serait possible. En fait, la Substance utilise le temps pour complexifier sa création qui est, d'une certaine manière, ce qu'il veut être, ce qui le fait exister, ce qui le révèle...

Il va ainsi en faire quelque chose de toujours plus grandiose. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le nom de ce Dieu unique a été dès le début ''je serai'', ''je me révélerai être''. Car oui, comme je l'écrivais en 2007, le nom donné par Moïse est "èhyèh ashèr èhyeh". "èhyèh" vient du verbe hébreu "hâyâh" qui exprime principalement l´idée de venir à l'existence, arriver, devenir, revêtir, entrer dans un nouvel état... Dans ce contexte, le plus juste serait de traduire le nom de Dieu par ''je serai'' ou ''je me révélerai être'' plutôt que par ''je suis''. Et d'après ce qui est écrit plus haut, cela correspond tout à fait à la caractéristique principale du seul Dieu qui existe vraiment : la cause de soi. En effet, ce nom sous-entend que Dieu vient à l'existence petit à petit, qu'il se révèle, comme s'il s'enrichissait avec le temps.

Entre parenthèses, je me demande si tous ceux qui répètent bêtement le ''Notre Père'' savent tout ça. Je me doute que non. Pourtant ils disent : « Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ». Comment pourraient-ils sanctifier un nom qu'ils ne connaissent pas ? Ils feraient mieux de se taire, du coup... D'autant que, du fait de leurs dogmes statistiques, leur comportement est exactement inverse à celui qui serait inspiré par la sanctification d'un nom qui signifie ''je me révélerai être''. C'est carrément une profanation du nom de Dieu, un crime mortel dans leurs religions. Le comble de la bêtise. Pathétique. Mais bon, je préfère passer... Sinon je n'en aurai jamais fini de dire du mal des cons.

Revenons plutôt à nos moutons : si Dieu cherche donc à complexifier, enrichir sa création, il devrait faire en sorte que sa création se complexifie et soit la plus riche, la plus élaborée possible, c'est une lapalissade. C'est ce qu'il a fait au niveau des multivers et de chaque univers de ces multivers : ils sont riches, complexes, d'une variété hallucinante. C'est sans doute aussi ce qu'il doit faire pour ce fascinant phénomène qu'est la vie : j'en reparlerai bientôt dans un autre article, tellement ce point est intéressant. On peut même penser que, puisqu'il est connecté à chaque être humain via le lien métaphysique, il agisse d'une certaine manière dans le déroulement de l'Histoire, notre histoire. C'est fort ! Quoique... Je vais peut-être un peu trop vite : je discoure comme s'il était évident que Dieu avait un dessein, le fameux dessein intelligent, l'intelligent designdes américains. Et sans vraiment en apporter la preuve.

Pour l'instant, je n'ai de réels arguments que sur le lien entre être cause de soi et être capable de décider de la complexité de sa nature, c'est à dire être capable de créer différents types de concept et un langage le plus élaboré possible. Mais c'est déjà peut-être bien suffisant... En effet, ce que je décris là dénote des capacités assez évoluées : pouvoir écrire, imaginer, créer tout un tas de formules mathématiques complexes nécessite une certaine intelligence, vous en conviendrez. Si Dieu possède cette intelligence, même si elle n'est pas comme la nôtre, et si de plus il suit un certain objectif, celui de la complexité, alors vous devrez admettre qu'il n'est pas du tout absurde de parler de dessein intelligent. Dieu n'est pas juste une force aveugle qui fait des trucs au hasard sans trop savoir pourquoi. Une entité qui possède une telle énergie vitale, une telle ''volonté'', et qui est capable de concevoir un monde comme le nôtre ne peut pas être vraiment qualifiée de force impersonnelle. Ce qualificatif convient aux interactions fondamentales comme la gravitation, l'interaction forte ou l'interaction faible mais pas à Dieu, c'est clair.

Certes IL n'est pas une ''personne'' au sens anthropomorphique du terme. Il est une entité intelligente, mais sans conscience aussi nettement identifiable que la conscience humaine : il est sans doute dans une ''position intermédiaire''... Le cul entre deux chaises quoi... Pour tenter de continuer à cerner un minimum ce phénomène Ô combien mystérieux et dont le titre est un petit mot de quatre lettres très célèbre, je pense qu'il faut revenir maintenant à la signification de son nom – et pas de son titre – , à savoir : je me révélerai être. Là où j'en étais avant de digresser et de redigresser...

Cette phrase renvoie l'idée que Dieu se révèle avec le temps grâce au perfectionnement de sa création : il ''comprendrait'' davantage de choses au fur et à mesure que sa création se complexifie. Comme s'il intégrait sa création, la comprenait et se servait de cette ''clairvoyance'' pour aller plus loin, vers une création plus élaborée. C'est d'ailleurs l'idée qui ressort d'un livre comme la Genèse, récit de la fondation s'il en est. Considérez par exemple le verset 1.10 : « Dieu appela le sec terre, et il appela l'amas des eaux mers. Dieu vit que cela était bon. » Dieu vit que cela était bon. Presque tous les jours de la création du récit biblique, qui sont en fait des périodes de temps indéterminées, se terminent par cette petite phrase : « Dieu vit que cela était bon ». Pourquoi cette petite phrase ? Pour signifier que Dieu constate que ce qu'il a fait est ''bon'' et que donc, il ne le savait pas avant ! Quand on se rend compte que quelque chose est cool, ça veut dire qu'on ne le savait pas avant.... Autrement dit, en créant, Dieu apprend : il ne sait pas tout dès le début. Il s'enrichit par la connaissance, si j'ose dire, de ce qu'il fait et peut ainsi s'améliorer la fois suivante. Son action de création est de plus en plus efficiente, précise, avec le temps : il apprend à séparer le bon grain de l'ivraie. Ce qui implique que son action était primitive au début de la création de l'univers. Oui, primitive, j'ose le mot. La Toute-Puissance de la Substance n'exclut pas quelques faiblesses...

Tout cela signifie que Dieu ne sait pas forcément d'avance ce qu'il veut. Son objectif se précise avec le déroulement de l'histoire : multivers, univers, planètes, vie simple, vie complexe... Puis l'homme, enfin. Avec l'homme, Dieu a inventé la conscience de soi et il a vu que ''cela était bon''... Après avoir fait prospérer sa créature tranquillement pendant des milliers d'années dans le jardin d’Éden qu'était la Terre du paléolithique, il a voulu passer à l'étape suivante : la civilisation. La civilisation permet à l'homme, donc au support de la conscience, d'augmenter sa connaissance. Elle permet d'améliorer l'invention la plus sophistiquée de la Substance, son chef d'œuvre. Et, encore une fois, Dieu ''vit que cela était bon''.

Si bon qu'une première grande étape est proche de s'accomplir : en effet on dit que le monde fut créé pour que la Substance puisse y trouver une demeure et qu'il serait tout prêt de la dénicher. C'est ce que j'expliquais dans cet article Le dessein de Dieu l'année dernière : d'après certains ''spécialistes'', Dieu souhaiterait s'incarner dans un corps pour pouvoir lui aussi acquérir une conscience... Ce serait même l'objectif ultime de tout ce bordel qu'on appelle l'univers. Concrètement qu'est ce que cela signifie ??

Même après une relecture de l'article de décembre 2012, qui apporte une réponse honorable avec l'hypothèse ''Messie'', il faut avouer que cette affirmation semble bien mystérieuse. On pourrait penser que d'un point de vue extérieur, celui que Dieu est censé adopter, toutes les consciences humaines se valent et que le plus important est le destin de la communauté humaine dans son ensemble. Apparemment non, donc... Ou en tout cas, pas exactement, car leurs deux sorts, celui de l'humanité et celui de l'incarnation, restent intimement liés. Mille fois étrange.

Je ne pourrai pas donner maintenant l'explication détaillée que je n'ai pas. En outre, il est temps de CONCLURE cet article bien long dont l'objectif était avant tout l'examen des conséquences de cette caractéristique inévitable pour Dieu, la cause de soi. Voici ce que j'aurais trouvé :

  1. Être cause de soi c'est pouvoir décider de la complexité de sa nature, et donc choisir de créer le monde le plus riche et le plus complet possible. Ce qui semble être effectivement le cas de l'univers pris absolument, que l'on pourrait assimiler, avec un peu de poésie, au corps de Dieu.

  2. Il n'y a aucune raison a priori pour que Dieu alias la Substance sache tout sur tout dès le début, au contraire : ce n'est pas ça la Toute-Puissance.

  3. La Substance apprend en même temps que la création s'enrichit. Cela explique pourquoi l'objectif de Dieu n'est pas a priori parfaitement déterminé à l'avance.

  4. Cet ''apprentissage'' se vérifierait par l'accélération de l'évolution de la complexité de la création dans l'histoire.

  5. Le nom de Dieu symbolise cette caractéristique essentielle de la Substance.

  6. L’œuvre divine a atteint un summum avec l'émergence de la conscience de soi, résultat époustouflant d'une combinaison très sophistiquée de concepts L et S.

  7. Mais ce n'est pas tout, il y aurait encore mieux ! C'est l'étape suivante du dessein intelligent, qui pourrait être une incarnation.

C'est tout de même fascinant : la cause de soi, ce phénomène étrange qui se doit d'arrêter la chaîne de la causalité, est en fait la raison de toute existence, y compris et surtout de la nôtre. Cet article délivre aussi discrètement un autre message, qui a son importance : Dieu veille sur l'Histoire. Nous ne sommes pas seuls, Dieu fait attention à nous... A priori. J'espère avoir été convaincant.

Bien cordialement.

Post-scriptum : pour illustrer l'extraordinaire richesse de la création, une petite vidéo à regarder si vous êtes sceptiques. Tout en la visionnant, posez vous la question suivante : mais pourquoi donc l'univers est-il si riche ?? Pourquoi n'y a-t-il pas à la place de tout ça juste un seul petit proton isolé dans un immense vide ?

 

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Dieu : conclusion.

Publié le par Miteny

Cette série sur Dieu s'achève avec 2012 et je me rends compte que j'ai encore plein de choses à dire. Je n'en suis en réalité qu'au tout début de mes réflexions. Il y a des tas de sujets que je n'ai fait qu'effleurer du bout des lèvres ou plus exactement du bout du clavier. Le problème est si vaste qu'il faudrait lui dédier une université entière, une université de métaphysique...

En voilà une idée formidable !!

Si je devais y travailler, et j'espère vraiment que ce sera le cas un jour, il me faudrait en priorité y approfondir les sujets que je n'ai fait que survoler tout au long de l'année. Je dirais que pour l'instant, ces sujets concernent TROIS grands thèmes :

  • - Le pouvoir créateur d'une entité cause de soi.

  • - Les liens entre Dieu et la matière.

  • - La conscience de Dieu.

Détaillons un peu plus ce qu'il serait intéressant d'étudier au sein de ces trois thèmes.

 

 

Thème A. Le pouvoir créateur d'une entité cause de soi.

1. Le concept « cause de soi ».

Le lien entre la propriété d'être cause de soi et celle de n'avoir aucune limite quant à la complexité de sa nature paraît complètement logique mais il mérite d'être approfondi.

Voilà donc un sujet de thèse plus que conséquent, que l'on pourrait compléter avec des considérations sur le concept du temps, par exemple en montrant à quel point son existence est fondamental pour un Dieu cause de lui-même. Voir cet article.

 

2. Les propriétés d'une force de création infinie.

Décider de la complexité de sa nature, c'est a priori avoir le pouvoir de créer un langage aussi complexe que possible. C'est donc avoir une capacité de création infinie. Ce qui signifie pouvoir créer ce qu'il y a de mieux, à commencer par ce phénomène si extraordinaire qu'est la conscience de soi. Mais alors quelles propriétés implique cette capacité ?

Voilà une question passionnante qui n'est ni plus ni moins que celle de la nature de Dieu et de sa force créatrice : elle mérite plusieurs sujets de thèse.

 

3. Dieu et l'évolution de la vie.

L'action créatrice de Dieu doit se voir directement dans le monde matériel, inévitablement. Notamment au niveau de l'apparition et de l'évolution de la vie, ce si formidable algorithme génétique. Il faudrait être capable de démontrer scientifiquement la pertinence de cette affirmation, ce qui n'a pas été fait pour l'instant (voir ici ce que j'écrivais là-dessus en mai et en juin). De quoi nourrir plusieurs publications.

Il faudrait également suivre avec attention une piste de recherche très intéressante : en démontrant que l'émergence de la vie est impossible sans qualia, même très primitifs, on démontrerait l'implication directe de Dieu dans ce processus. Ce serait grandiose !

Il n'y a pas forcément besoin de connaissances spécifiques pour intégrer cette UFR (unité de formation et de recherche), sauf pour le dernier point, où être biologiste est tout de même préférable. Par contre, il faut des étudiantes et des étudiants dotés d'un esprit très rigoureux. Voilà pourquoi un cursus scientifique est tout de même préférable.

 

 

Thème B. Les liens entre Dieu et la matière.

Le monde est en réalité comparable à une simulation informatique. Or, vous n'êtes pas sans savoir que toute simulation informatique est une page de code, au moins à la base. Autrement dit, l'univers dans son ensemble est un langage, j'en ai déjà longuement parlé dans cet article. C'est une page de code, un discours. Le discours de Dieu. L'espace, le temps, tout est concept, tout est écriture. Cela me parait de plus en plus évident tant le monde semble dans toutes circonstances régi par des lois.

Ne serait-ce pas jouissif pour des chercheurs que de tenter de réécrire ce « discours » ? Bien sûr, ce n'est pas totalement faisable car il nous est par exemple impossible de créer de la conscience. Seul Dieu peut le faire, c'est ce qui rend ce phénomène si exceptionnel. Néanmoins, si on ne peut réécrire ce discours, on peut tenter de le décrire le plus précisément possible. Une entreprise gigantesque qui a bien sûr déjà commencé mais qui doit être poursuivi notamment au niveau de ses aspects les plus inconnus à l'heure actuelle. À savoir :

 

1. Les multivers et le modèle standard.

C'est à dire d'abord la description de l'ensemble des multivers, c'est à dire la poursuite et l'approfondissement de travaux similaires à ceux de Tegmark. Voir cet article de mars. Il s'agit là davantage d'un travail de mathématicien de haut niveau. Difficile mais passionnant.

Il faudrait également pousser les recherches jusqu'à trouver mieux que le fameux modèle standard, dont tout le monde sait qu'il n'est pas ''le fin mot de l'histoire'', notamment en partant du fait que le constituant fondamental de l'univers, c'est l'information. C'est à dire en développant les thèses de Verlinde notamment (voir cet article de début octobre).

Vaste programme.

 

2. La notion d'écran.

Pour créer la conscience, il a fallu créer une sorte de réseau de réalités, je l'ai démontré. Autrement dit, le monde dans lequel nous vivons ne serait qu'un écran dont les atomes seraient, en quelque sorte, les pixels. Une théorie confortée par le fait que la matière, c'est de l'information (voir encore l'article du 2 octobre).

Il s'agirait d'approfondir la question, notamment en répondant précisément aux interrogations suivantes :

  • - Qu'y a-t-il derrière et devant l'écran ?

  • - La réalité physique, c'est à dire l'écran, n'est-elle pas le moyen d'obtenir des informations, l'information étant la matière, sur ces fameuses possibilités mathématiques ?

  • - Du coup, l'écran ne pourrait-il pas être le mécanisme inventé par Dieu pour transformer toutes les possibilités mathématiques en réalités physiques ?

  • - Quels modèles théoriques permettent de telles choses ? Celui proposé par Verlinde est-il juste ? Si c'est le cas, nous bouclerions la boucle...

Un travail énorme. J'aimerais vraiment avoir le temps de retrouver les compétences mathématiques nécessaires à sa poursuite. On peut rêver...

 

3. Le réseau de réalités.

Nous avons dit que le monde pris absolument n'était pas qu'un seul et unique écran, comme le croit pour l'instant les physiciens, mais un réseau d'écrans. Il y aurait un écran par conscience si j'ose dire. Cette découverte signifie que le monde est encore plus complexe que ce que l'on avait imaginé. De nouvelles questions se posent :

  • - Un écran est nécessaire dès qu'un lien métaphysique est créé. Pour savoir dans quel cas il y a besoin de ce fameux écran, il faut savoir à quelles occasions un lien métaphysique est initié. Il faut donc l'étudier particulièrement et essayer de trouver une méthode objective de détermination de l'existence de ce lien. Cela rejoint l'étude du thème A sur l'influence de l'existence des qualia sur l'évolution de la vie.

  • - Qui préside au mécanisme de création d'un nouvel écran ? Est-ce automatique ou bien est-ce que cela dépend de la nature du lien métaphysique ?

  • - Je parle de nouvel écran. Mais que concerne-t-il ? Tout l'univers ou seulement le corps en question ? Est-il possible d'établir un modèle où le nouvel écran serait localisé seulement au niveau du corps ?

Ces sujets sont tellement complexes que même poser les problèmes est très difficile.

 

4. Le lien métaphysique.

Il s'agit d'en savoir plus sur ce qui relient les forces métaphysiques au cerveau. Comme je le disais, il n'y a pas de raison que le lien entre Dieu et la matière ne se fasse qu'au niveau de la glande pinéale, comme le prétendait Descartes. Sans doute change-t-il de nature et d'intensité en fonction des personnes. Quelles hypothèses peut-on faire sur le mode d'action du lien métaphysique ainsi que sur son effet sur la conscience d'un individu ? Quels faits permettent de vérifier la pertinence de ces hypothèses ?

Des questions encore plus passionnantes depuis que j'ai suggéré dans cet article du 4 décembre que les liens métaphysiques ne pouvaient certainement pas être exactement de même nature ou de même ''couleur'' pour tout le monde.

Seuls des physiciens et de mathématiciens pourraient intégrer cette UFR, sauf pour le dernier sous-thème qui a indéniablement un lien avec les neurosciences, donc avec la biologie.

 

Thème C. La conscience de Dieu.

1.L'éventuelle conscience de la force créatrice.

Parmi les propriétés de la force qui a créé l'univers, le monde et les hommes, il ne semble pas a priori qu'il y ait la conscience de soi. Car pour avoir une conscience, il faut un corps...

Autant dire que Dieu n'aurait pas de conscience de lui-même, au moins dans le sens où nous l'entendons. Comme je l'ai expliqué dans le dernier article, Dieu serait alors une force de création « inconsciente ». Cette affirmation cavalière, qui pourrait paraître à certains blasphématoire, mérite bien sûr d'être étayée et développée, car évidemment, il est hors de question d'affirmer que Dieu ne sait absolument pas ce qu'il fait.

Néanmoins... Il semble bien qu'il ne peut vraiment avoir pleinement conscience de ce qui s'accomplit par son action. C'est en tout cas ce que l'on doit déduire du sens strict de la première phrase de ce petit paragraphe. On a là peut-être l'explication d'un certain nombre d'approximations.

Il faut donc poursuivre les recherches pour tenter d'apporter encore des éléments de réponse à cette question étrange : dans quelle mesure Dieu sait-il ce qu'il fait ?

Il s'agit d'un axe de recherche important, en lien avec le point A1.

 

2. La nécessité d'une incarnation terrestre.

La force créatrice qu'est Dieu a pour objectif de faire ce qu'il y a de mieux, et d'en avoir la connaissance. Si ce que je viens d'écrire dans le paragraphe précédent est vrai, Dieu a besoin de créer une conscience particulièrement affûtée, particulièrement sensible, une sorte de « conscience plus », pour en disposer dans le but de se révéler à lui-même. Car il ne serait pas pourvu a priori de cette conscience. Bien.

Si l'on admet cela, alors on ne peut qu'accepter le fait que cette « conscience plus », création de Dieu, fils de Dieu... soit bien sûr le Machiah, à savoir le messie.

Il faut évidemment vérifier ces hypothèses plusieurs fois en les analysant de manière extrêmement rigoureuse.

 

3. Le messie, la demeure de Dieu.

Comme je le disais, les juifs nous expliquent que le monde a été créé pour l'ère messianique, c'est à dire pour ce personnage messianique censé être Dieu incarné en homme. Ce qui signifie que Dieu devrait au moins donner à ce Messie les moyens de se défendre, de défendre sa demeure dans le monde inférieur.

Ne pourrait-il pas alors avoir accès au code source du programme si j'ose dire ? Ou alors avoir une lien métaphysique plus développé lui permettant d'accéder aux autres subjectivités ? Voilà qui serait intéressant... et pour le moins original.

C'est évidemment un axe de recherche central, en lien avec le point B4. En effet, les recherches sur les possibilités d'action du lien métaphysique permettraient sans doute de mieux comprendre ce que par exemple un messie pourrait faire avec ce lien.

Mais il faudrait ici aller plus loin et s'interroger alors sur ce qui passe au niveau de ce que l'on pourrait appeler « le monde spirituel », à savoir l'endroit où se trouvent les commandes des différents liens métaphysiques. Ce monde qui se trouve en dehors de l'univers, transcende la matière et a sans doute beaucoup plus d'influence sur le monde matériel que ce qui est généralement admis. Illustrer expérimentalement ces hypothèses, via le messie, serait évidement passionnant, mais aussi très important.

Quoiqu'il en soit, ce sujet mérite bien quelques petits mémoires de doctorat... J'essaierai en outre d'en parler l'année prochaine.

 

Voilà. J'ai exposé les principales études qui seraient menées dans mon université de métaphysique composée de trois grandes grandes UFR.

Pour être tout à fait précis, il faut que je dise qu'il s'agira en fait d'une faculté de mathématiques, physique, biologie et métaphysique, divisée en neuf grandes sous-parties, chacune dédiée aux sujets évoqués ici, qui sont donc :

 

Thème A. Le pouvoir créateur d'une entité cause de soi.

A1. Le concept « cause de soi ».

A2. Les propriétés d'une force de création infinie.

A3. Dieu et l'évolution de la vie.

 

Thème B. Les liens entre Dieu et la matière.

B1. Les multivers et le modèle standard.

B2. La notion d'écran.

B3. Le réseau de réalités.

B4. Le lien métaphysique.

 

Thème C. La conscience de Dieu.

C1.L'éventuelle conscience de la force créatrice.

C2. La nécessité d'une incarnation terrestre.

C3. Le messie, la demeure de Dieu.

 

Je me propose en tant que futur directeur de cette université qui pourrait par exemple se situer au Havre. Le voile ne sera pas obligatoire pour les étudiantes.

 

Métaphysiquement vôtre.

 

Post-scriptum : Inutile de m'insulter, je sais ce que vous pensez puisque j'ai depuis longtemps compris que l'obscurantisme le plus pervers et le plus destructeur qui soit régnait en maître sur ce monde. Elle n'est pas prête d'exister ma pauvre petite université du savoir et de la lumière absolue... malheureusement.

 

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