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best of 2011-2014

Vers quel climat allons nous ?

Publié le par Miteny

Selon la théorie dominante, la vie sur Terre a souvent été mise à mal par des changements climatiques brutaux. Notamment au moment de la plus grande extinction que notre planète ait jamais connue, entre le Permien et le Trias, il y a quelques 250 millions d'années : un anéantissement d'espèces bien plus important que lors de la disparition des dinosaures s'était alors produit.
Or nous sommes précisément en train de le changer notre climat, et pas qu'un peu...
En effet, nous savons que le taux de dioxyde de carbone et le taux de méthane dans l'atmosphère dictent la température moyenne de celui-ci. Taux que nous sommes en train de faire varier à une échelle sans commune mesure depuis des centaines de milliers d'années. Et ce n'est qu'un début...
La question que j'ai envie de me poser avec cet article est très simple : serons nous assez bêtes pour aller jusqu'à provoquer un réchauffement climatique comparable à celui de la limite P-T sus-nommée ?
La réponse est à mon avis : peut-être bien que oui... Et j'ai bien sûr quelques arguments à opposer.

I. Tout d'abord, il faut savoir que l'on a très certainement totalisé 35,6 milliards de tonnes de dioxyde carbone libérées dans l’atmosphère en 2012, soit 2,6 % de plus qu’en 2011 : record battu. Par rapport à l’année 1990, référence pour le protocole de Kyoto, l’augmentation est de 58 % !! Super le protocole !!

Et comme je le disais, ce n'est qu'un début. Personne ne veut s'arrêter de consommer de l'énergie, et surtout pas les allemands qui se prétendent écologistes. Car notre civilisation a besoin d'énergie pour croître, pour faire travailler les gens et surtout les payer décemment. Sans elle, c'est la crise, le chômage, l'insécurité. Le politique qui vendra la décroissance ne sera jamais élu, sauf dans un monde où il sera trop tard depuis bien longtemps. J'en veux pour preuve le fait que dès la crise financière a fait son apparition, on a très vite oublié la crise climatique.
Or, pour garder le niveau de consommation énergétique nécessaire à la croissance, on ne peut pas se passer des énergies fossiles. En tout cas pas dans les prochaines décennies. Et ceci même si on faisait massivement appel au nucléaire, ce qui est impossible et même politiquement pas envisageable depuis l'accident de Fukushima.
Jean-Marc Jancovici expliquait très bien tout cela dans une conférence.
Ce qu'il démontre pourrait se résumer par une formule simple : pétrole (et combustibles fossiles en général) = PIB.
Ce que l'on doit en déduire est à mon avis clair et net : l'humanité mettra tout en œuvre pour exploiter jusqu'à la dernière goutte de pétrole, jusqu'au dernier morceau de charbon et jusqu'à la dernière bulle de gaz, même de schiste, elle n'en a rien à foutre.


II. Autrement dit, nous nous situerons dans le scénario le plus pessimiste du GIEC : l'hypothèse haute. Voir ici une présentation de tous les scénarios envisagés par le GIEC au début du siècle.
Or d'après le spécialiste cité précédemment, en cas d'hypothèse haute, l'augmentation de la température serait de 5°C en 2100, voire même de 4°C en 2060, sans prise en compte des interactions entre climat et cycle du carbone et de 8°C avec prise en compte de ces interactions. Ce qui rend possible 15 à 20°C d'augmentation de la température moyenne sur certaines zones continentales, et de 20 à 30°C aux pôles.
Vous me direz que le fait que les puits de carbone deviennent des sources, puisque c'est de ça qu'il s'agit, est un scénario catastrophe improbable.... Mais pas du tout !!
Non seulement c'est un scénario logique, mais il est même encore incomplet. En effet, la simulation qui permet de corriger la hausse de 5 degrés en une hausse de 8 degrés ne prend pas en considération la fonte du pergélisol, le sol gelé des zones arctiques : si celle-ci survenait, elle provoquerait une émission de méthane sans précédent dans l'histoire récente de notre bonne vieille Terre. Et je ne parle pas des hydrates de méthane...
Alors, 8 degrés de plus en 2100, c'est exagéré ?
Non, hélas, trois fois hélas : c'est non seulement envisageable, mais encore probable avant 2100 si les effets de rétroaction positifs s'y mettent. Et ils s'y mettront si l'homme ne fait rien.

Je l'affirme d'autant plus facilement qu'on s'est aperçu en 2012 que les calculs les plus pessimistes du dernier rapport du GIEC, correspondants à l'hypothèse haute et toujours sans les effets de rétroaction positifs - j'espère que vous suivez -, sont encore en dessous de la réalité : la banquise disparaît à une vitesse étonnante, les océans montent plus vite que prévu, le réchauffement du Groenland dépasse les estimations faites la dernière décennie, etc..
Il faut bien sûr attendre le prochain rapport actuellement en préparation pour en avoir le cœur net.
Pour patienter, permettez moi de rappeler ce que sera un monde dont la température moyenne annuelle a augmenté de 8 degrés. L'extrait que je vous propose est issu du livre ALERTE. Changement climatique : la menace de guerre de Gwynne Dyer, publié en 2008.
« Si je devais écrire ce dernier scénario, je partirais d'une température moyenne globale supérieure de neuf degrés à celle d'aujourd'hui (bien plus élevée encore dans les régions polaires, évidemment) et le scénario pourrait commencer de la façon suivante :
La société planétaire était devenue bien plus simple : elle ne comptait plus que 300 millions d'individus qui ne parlaient que 2 langues principales, l'anglais et le russe, et vivaient regroupés autour des rives de l'océan Arctique (bien que ce littoral, après une élévation de 70 mètres du niveau de la mer, eût été méconnaissable pour leurs arrière-grands-parents). Il restait quelques régions habitables dispersées plus au sud, comme l'archipel britannique, Terre-Neuve et l'intérieur montagneux de la Colombie britannique, et même quelques habitats littoraux sous les tropiques qui recevaient encore suffisamment de précipitations pour permettre à une population humaine de subsister. Mais l'intérieur des continents n'était plus que des déserts brûlants. Dans l'hémisphère sud, l'essentiel de la Nouvelle-Zélande restait densément peuplé, tout comme la Patagonie, et l'on assistait à quelques tentatives d'implantation sur les rives de l'Antarctique, mais c'était bien tout.
Certains rêvaient de projets massifs de géo-ingénierie qui provoqueraient une nouvelle baisse de la température et permettraient à l'espèce humaine de recoloniser le reste de la planète, mais la nouvelles société ne disposait plus des mêmes ressources qu'autrefois. Et puis elle avait un problème plus urgent. Les océans allaient mal : ils sentaient l’œuf pourri.

Je ne vais pas écrire ce scénario. Il serait trop mélodramatique, trop apocalyptique. Les conséquences de la crise climatique actuelle seront probablement moins tragiques. Mais il faut savoir ce qui pourrait nous attendre si nous ne sommes pas à la hauteur. Or la plupart des gens ne s'en rendent pas compte. »

Sympathique non ?

Presque aussi sympathique que l'étude publiée en 2012 qui nous explique qu'un effondrement total de l'écosystème de la planète se produira probablement d'ici la fin du siècle. Menée par 18 scientifiques, elle soulève plusieurs points inquiétants : la dégradation générale de la nature*, les fluctuations climatiques de plus en plus extrêmes et le changement radical du bilan énergétique global.
Ces modifications finiraient par arriver à un point de non-retour... Encore l'histoire des effets de rétroaction positifs qui s'emballeront dès qu'un seuil aura été franchi !!

Ce verdict est totalement compatible avec un rapport récent de la banque mondiale qui nous prévient qu'un monde avec 4°C de plus serait dramatiquement différent. Et je rappelle, pour la troisième fois au moins, que ce pronostic de 4°C de plus en 2060 est issu d'un calcul qui ne prend pas en compte les effets de rétroaction positifs.
Comme le dirait notre pote Jean-Marc, relâcher trop de gaz à effet de serre dans l'atmosphère est un jeu auquel il ne faut pas jouer : les surprises pourraient être très désagréables. Je rappelle pour la quatrième fois maintenant (je peux être très lourd quand je veux) que le système n'est pas linéaire après un certain seuil et que donc les simulations actuelles, même si elles semblent bonnes pour l'instant, ne le seront plus si les choses s'aggravent.
Pourtant la solution existe : elle s'appelle décroissance. Hélas, si quelques vertueux sont prêts à se sacrifier, la majorité n'a aucune envie de comprendre. Les politiciens responsables n'étant pas élus - à croire que le peuple est une bande d'abrutis -, il y a très peu de chances que les prochaines décennies se passent dans la joie et la bonne humeur. Il ne faut pas espérer que l'espèce humaine devienne d'un seul coup un modèle de sagesse.
...

Pour mettre néanmoins fin à ce cycle infernal, il est fort possible que Dieu n'ait pas d'autres moyens que d'intervenir directement. Il aurait en effet promis de «  détruire ceux qui détruisent la Terre »... Alors attendons. Si l'on accorde quelque crédit aux prophéties bibliques, on se doit d'être à la fois inquiet et rassuré.
Oui, il y aura sans doute une grande guerre, de terribles épreuves, mais certainement pas que 300 millions de survivants, comme le suppose Dyer dans le pire de ses scénarios : 95% de l'humanité qui passe à la trappe, c'est quand même exagéré.

Selon mon interprétation, les textes dits sacrés prévoient à peu près que 50% ''seulement'' de la population humaine disparaitra pendant la période apocalyptique, c'est à dire entre 2005 et 2050.
J'ai rajouté le terme ''seulement'' simplement par comparaison avec les hypothèses les plus pessimistes, mais soyons clairs : 50%, cela fait des milliards de morts en quelques décennies.
Horrible. Surréaliste même... Qui pourrait imaginer une situation qui tue 100 fois plus de personnes que la seconde guerre mondiale ?? (20 fois si on rapporte chaque total à la population de son époque : ça reste énorme).


Pourtant,  pourtant... Vu le contexte environnemental, nucléaire, géopolitique, c'est possible. Personnellement, je ne veux pas y croire. Je sens que c'est possible mais je ne veux pas croire que ça le soit.
Je ne souhaite pas un cataclysme de cette ampleur. Ce que je veux c'est que tout le monde devienne raisonnable, que même ces gens qui ne savent pas faire la différence douleur/pas douleur deviennent raisonnables.... Hélas, avoir de tels espoirs, c'est bien mal connaître la folie des hommes.
Puisque tous sont cinglés, même ceux qui paraissent les plus sages, il vaut mieux que je me prépare à l'inévitable. Surtout que, comme je l'expliquais dans l'article du 8 janvier, tout a déjà commencé... On a comme l'impression que les coupes de la colère divine sont en train de se vider sur nous :

 

bol1

 

Reste à savoir comment Dieu interviendra pour sauver ceux qui le méritent : il est, parait-il, prévu qu'il intervienne de façon si évidente que tout le monde saura que c'est bien lui qui est là. Alors bien sûr, tout cela n'est peut-être que du folklore mais après tout, qui sait ?
C'est peut-être la seule chance de l'espèce humaine... Et de la Terre du même coup.


Apocalyptiquement vôtre.

Pour finir, un petit dessin animé au titre éloquent : there's no tomorrow.

 

 

Ainsi qu'un film qui j'espère ne sera prophétique.

 


Post-scriptum.
Voici un site intéressant : co2now.org.
On y voit à quel point le taux de dioxyde de carbone grimpe vite : de 400 000 avant JC à 1750, sa concentration a oscillé entre 180 ppm lors des périodes glaciaires et 300 ppm lors des périodes de réchauffement. Mais depuis la deuxième moitié du vingtième siècle, les valeurs s'emballent : 316 ppm en 1956, 350 ppm en 1987, 364 ppm en 1997, 382 ppm en 2006, 390 ppm en 2010, 394 ppm en 2012 !!
Comme le dit Dyer, la dernière extinction due à l'effet de serre s'est produite alors que l'atmosphère ne contenait qu'environ 800 ppm de dioxyde de carbone, un niveau que nous pourrions parfaitement atteindre au cours de ce siècle si nous nous obstinons à nous tourner les pouces.
Ici, le niveau de l'océan en fonction du taux de dioxyde de carbone dans l'histoire.


* Savez vous que les bonobos étaient cinq fois plus nombreux il y a à peine trente ans ? Les espèces animales disparaissent de plus en plus vite, c'est dramatique. C'est toute la Terre qui souffre.

 

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Saga 2013, introduction.

Publié le par Miteny

L'année dernière, je vous ai proposé une passionnante série de 19 articles sur Dieu. Cette année, comme je l'ai déjà expliqué dans cet article, j'ai envie de garder le principe de la série, tout en changeant de sujet.
Rien de vraiment original, rassurez vous, puisque j'ai décidé de parler du livre biblique de Daniel, encore... Non pas de manière académique, mais de façon romancée cette fois. Je vais raconter une histoire, ou plus exactement un morceau de roman à suspens : pas le début, et bien sûr pas la fin... mais le milieu !
En effet, ce que vous allez lire (ou pas) en 2013 constituerait le milieu d'un thriller ésotérique haletant qui n'existe pas encore. Mais je ne vous en dis pas plus, je préfère vous laisser découvrir l'intrigue...
Je signale à ceux qui connaissaient la saga du vendredi que j'ai repris le personnage de Robert Glandon, à la fois spécialiste de l'antiquité tardive et amateur d'enquêtes ésotériques. Aucun rapport avec le Robert Langdon du Da Vinci code , évidemment...
Le titre du premier épisode est « Le barbu ».
 

 

  graal

 

IMPORTANTE MISE EN GARDE (située en fait en tout début de roman).


Chère lectrice, cher lecteur,
Attention, Daniel est un des quatre grands prophètes selon l'ordre canonique de l'Église catholique. Il est reconnu par les musulmans et bien sûr par les juifs. Ce qui signifie qu'il fait partie des rares grands prophètes en qui tous les monothéistes de la Terre qui croient en l'existence du vrai Dieu sont obligés d'avoir confiance. Autrement dit, si vous, chère lectrice ou cher lecteur, prétendez être soit juif, soit chrétien soit musulman, vous devez penser que Daniel a eu des visions justes. Vous DEVEZ en être sûr, c'est dans le contrat que vous avez signé en adhérant à votre religion... Alors si vous n'êtes pas prête ou prêt à accepter les révélations que vous allez lire, il est encore temps de quitter ce blog.
Cette ligne passée, il sera trop tard...

 

 

Partie II, épisode 1 : Rennes le château, un jour d'été, entre 2010 et 2020...

Glandon appuyait frénétiquement sur les pédales de son vélo, lequel émettait à chaque tour de pédale un grincement difficile à supporter. Le professeur suait à grosses gouttes mais n'avançait pas. En effet, l'axe de la roue arrière de sa bicyclette s'était rompu à la suite d'efforts trop violents dans un col, si bien qu'à chaque fois qu'il forçait, cette ignoble roue se serrait contre le cadre comme s'il s'agissait d'un amant fraîchement débarqué. Le frottement résultant empêchait le pauvre homme de dépasser les 15 km/h là où normalement il roulait à 40 km/h. Une vraie torture.
Mais le pire arrivait avec la montée vers le village. En effet, dès que la route s'élevait, cette maudite chose se collait carrément au cadre, empêchant notre héros d'avancer. De rage, Glandon finit par s'arrêter pour balancer le plus loin possible cette « infâme poubelle », comme il le cria aux quelques corbeaux témoins de la scène, tout en maugréant contre le soit-disant ami qui lui avait refourgué ce déchet ambulant. Il était maintenant à pied, mais, heureusement, il ne restait que quelques kilomètres à faire. De plus, la nuit tombait, ce qui l'arrangeait, car il voulait rester discret.
Sa voiture détruite, sa vie menacée par des personnages très inquiétants qu'il s'attendait d'ailleurs à voir surgir d'une minute à l'autre, il s'acharnait pourtant à mener son enquête. La découverte qu'il avait faite était vraiment trop exceptionnelle pour qu'il s'arrête là. Cela allait au delà de sa carrière, il en était convaincu. Sa mission était capitale. En outre il aimait vraiment l'aventure et toute sa vie était principalement faite d'aventures.
La trentaine bien entamée, Robert Glandon avait été élève puis professeur stagiaire à Princeton, la prestigieuse université du New Jersey. Désormais, il passait l'essentiel de son temps de travail à la recherche d'objets rares ou de documents anciens. Sa spécialité : l'antiquité tardive et le haut moyen-âge en Europe et plus particulièrement en France. D'ailleurs cet américain d'ascendance irlandaise et allemande parlait parfaitement la langue de Molière, notamment parce qu'il avait passé une grande partie de son enfance en Provence.
Physiquement, l'homme était grand et bien charpenté. Il pratiquait avec assiduité la course à pied et la musculation. Subtil mélange de Lance Armstrong et d'Harrison Ford, il plaisait aux femmes et savait se défendre quand il fallait. Ses amis américains l'appelaient d'ailleurs souvent Indiana car il portait régulièrement un blouson en cuir, une élégante chemise gris clair et un chapeau.
Pour aller plus loin dans son enquête du moment, il fallait qu'il en sache plus, il en était bien conscient. En effet, ses connaissances bibliques n'étaient pas très avancées, et il avait des questions. Des questions pointues, qui méritaient les réponses du meilleur spécialiste qui soit, le brillant Mitney, imbattable sur Nostradamus et les prophéties en général, et qui habitait évidemment le village symbole de l'ésotérisme : Rennes le château.
Glandon fut brutalement sorti de ses pensées par le bruit d'une voiture qui arrivait en trombe. Prudent, il préféra se jeter dans le fossé. Lorsque le bolide passa, il crut reconnaître le véhicule des racailles à sa poursuite. Il se releva, puis, après une bonne marche, Robert arriva enfin devant la demeure de Mitney. Aucune trace de la voiture dans le village. « Bizarre » pensa-t-il. Après un tour de ronde pour se rassurer, il frappa à la porte du spécialiste.
Avec un nom pareil, il s'était préparé à voir un asiatique ou tout du moins un oriental. Mais c'est un européen qui se présenta à lui. Plutôt petit, brun et barbu, il s'agissait d'un homme d'âge moyen très mal habillé puisque vêtu d'un jogging troué et d'un pull douteux.


« Monsieur Langdon I presume ? lança l'individu, jovial.
- C'est cela, répondit calmement Robert sans reprendre la faute faite sur son nom. Il était trop impatient de ne plus avoir à trainer dans la rue pour discuter.
- Et bien donnez vous la peine d'entrer, je vous attendais. »
Glandon pénétra dans un intérieur relativement modeste mais qui donnait sur un petit jardin dans lequel on distinguait un potager. On pouvait y deviner des plants de tomates, des poireaux et des pommes de terre. Vu la maigreur de l'homme, on se doutait qu'il s'agissait là de sa principale source d'approvisionnement.
Le reste de la petite maison n'était pas très bien entretenu. Le ménage n'était pas bien fait et il n'y avait guère de quoi égayer l'intérieur. Il était clair qu'une présence féminine manquait. L'endroit semblait refléter l’apathie d'une âme solitaire et déprimée.


« Voulez vous boire quelque chose ? demanda l'hôte pendant qu'il s'asseyait à sa table de cuisine.
- J'ai apporté des bières et une bouteille de vin. Du Tautavel.
- Et rien à manger ?
- Si, figurez vous !! Du pâté, du fromage, du jambon et du saucisson. Il ne me manque que du pain...
- Et bien c'est parfait puisque j'en ai moi, du pain. Qu'est ce que vous avez apporté comme fromage ?
- Etorki, rocamadour, St Marcellin et camembert.
- Mais c'est génial ! Une seule bouteille de Tautavel, c'est peut-être un peu juste. Vous n'auriez pas un petit bordeaux ou un petit côte du Rhône sous votre chemise ? »

La conversation prenait un tour étrange, non prévu par Glandon, lequel ne savait pas comment amener au sujet qui le préoccupait et qui n'était pas le fromage, mais les prophéties bibliques. Il s'assit néanmoins à la table, rompit le pain et servit le vin. Il se retint de dire « buvez car ceci est mon sang » et sortit le rocamadour. Avec du saucisson et du pinard, c'était excellent !
« Merci Monsieur d'avoir apporté du rocamadour ! s'exclama Mitney, visiblement ravi.
- Cela mérite un bon bordeaux, rajouta-t-il avant de se diriger vers la cave. »
Glandon en profita pour sortir le pâté et mettre les bières au frais. On ne sait jamais, on peut manquer de munitions, mieux vaut être prudent, songea-t-il. En fouillant son sac, ses yeux se posèrent par hasard sur la fenêtre donnant sur le jardin potager. Il lui vint alors une idée lumineuse. Justement, le maître des lieux revenait, avec deux bouteilles de vin supplémentaires.
« Et si on faisait des frites ? demanda aussitôt Robert Glandon.
- Ah... Excellente idée !! Mais il faut de la viande. Je ne sortirai pas mes pommes de terre spéciale frites s'il n'y a pas de viande.
- Eh bien, je vais peut-être vous surprendre mais j'en ai dans mon sac. Et oui, Monsieur Mitney, j'ai cru comprendre au téléphone que vous aviez faim. Alors il m'a paru opportun de faire les courses pour notamment acheter de la bonne viande hachée. Si vous avez ne serait-ce que des oignons, on se lance !
- Mais vous êtes un génie !! De plus, votre français est excellent. Et avec ce petit accent marseillais, j'ai du mal à croire que vous êtes américain, Monsieur Langdon.
- Glandon. Mon nom est Glandon, pas Langdon.
- Ah... Bizarre. Langdon, ça fait plus américain. Glandon, ça fait... Comment dire... Ça fait... Ça fait con. Surtout avec l'accent méridional.
- Mmm... Oui... Mmm... Bon, on les fait ces frites ?
- Oui, pardon, excusez moi, je suis désolé. Je vais chercher les patates, les oignons un poivron et peut-être quelques tomates. Buvons un coup pour fêter cette brillante décision. »
Aussitôt dit, aussitôt fait. Les deux hommes vidèrent leur verre de Tautavel assez rapidement et se mirent au travail, plutôt dans le silence. C'est quand l'homme demanda s'il pouvait mettre la radio que Glandon se demanda s'il se rappelait du motif de la venue de son visiteur.
La question du détective américain surprit Mitney qui, malgré sa réticence à remuer de vieux couteaux dans de vieilles plaies, consentit néanmoins à répondre...

À SUIVRE... le mois prochain.
 

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