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1 articles avec 2015 et apres

Daesh, le messie et la fin des temps.

Publié le par Miteny

Voilà qu’en novembre 2015, la France a basculé dans la barbarie. Désormais, il sera beaucoup moins facile d'ignorer que nous vivons dans un monde qui va mal, et que notre société a chopé le cancer, la métastase s’appelant Daesh. Enfin… Une des métastases, car bien sûr, il y en a d'autres.

 

Il est donc urgent de ne pas faire n'importe quoi, d'avoir la réaction la plus appropriée possible.

Par exemple, devenir islamophobe ou vouloir « mettre les arabes dehors », c'est stupide. C'est exactement ce que veut Daesh, qui rêverait d’allumer une guerre civile en France.

Bombarder les populations sunnites qui subissent la violence de Daesh, là encore, c'est idiot. Tous les spécialistes le disent : sans solution diplomatique entre les diverses factions, bombarder ne sert à rien. Au contraire. En outre, ce sont quand même aussi des populations qui sont massacrés quand une bombe explose, non ?

Vendre des armes à l'Arabie Saoudite (ou même à n'importe qui), là encore, ce n'est pas très malin.

Vouloir espionner tout le monde, pareil : c'est contre-productif. C’est en tout cas ce qu’affirme un spécialiste américain qui prévient : « vous suivez le chemin qui mène à l’échec ».

Etc.

Hélas, il y a tant de chemins larges et spacieux qui mènent à la bêtise que je ne doute pas une seconde que nos chers dirigeants se dépêcheront de les emprunter.

 

Une réaction plus intelligente, c'est par exemple l'appel à propositions du CNRS, dont je mets ici un extrait :

« Chères et chers collègues,

L'ampleur du traumatisme causé par les attentats tend à rendre dérisoire toute action qui n'aurait pas d'effet immédiat. Pourtant, cinq jours après le drame qui a frappé la France et passé le temps des déclarations solennelles, la communauté scientifique se voit une fois de plus renvoyée à l'essentiel : comprendre dans le détail et avec toute la profondeur nécessaire les phénomènes qui sont à l’œuvre aujourd'hui. Pour mieux les combattre, sans verser dans l'aveuglement qui est justement la marque de la terreur et de ses acteurs, et en utilisant ce que nous avons de meilleur : l'intelligence et les connaissances, acquises par l'étude, le recul et le regard de la recherche. C'est la science qui permet de mieux comprendre ce qui est réellement visé, atteint, en nous tous et au-delà dans le monde entier, par ces assassinats, et peut offrir, sinon des solutions, du moins de nouvelles voies d'analyse et d'action. […]

C'est pourquoi je lance à l'ensemble de notre communauté académique un appel à propositions sur tous les sujets pouvant relever des questions posées à nos sociétés par les attentats et leurs conséquences, et ouvrant la voie à des solutions nouvelles – sociales, techniques, numériques. »

 

Comprendre dans le détail et avec toute la profondeur nécessaire… Quelle bonne idée !!

 

 

C’est ce que font, par exemple, Gérard Mordillat et Jérôme Prieur avec leur série documentaire Jésus et l’Islam diffusé en décembre sur cette merveilleuse chaîne qu’est ARTE.

On y apprend beaucoup de choses sur ce qu’est l’Islam et, par ricochet sur ce que sont le Christianisme et le Judaïsme. Notamment que Jésus, Issa en arabe, est dans le Coran un personnage plus important que Mahomet. Hé oui !

 

À l'époque de la naissance de l'Islam, le Proche-Orient était partagé entre plusieurs églises qui n'étaient pas d'accord entre elles au sujet de la nature réelle de Jésus. Or beaucoup de gens ressentaient une forme d'agacement et de désespoir face à ces interminables débats christologiques qui déchiraient les fidèles. Des débats qui parfois étaient même la source de violents combats.

Dans ces conditions, il était inévitable qu'apparaisse l'appel à un réveil de la foi nous explique les chercheurs. Et c'est que ce Mahomet a proposé : une nouvelle révélation pour mettre un terme à toutes les controverses stériles de l'époque. Mahomet s'est dit qu'en faisant une nouvelle fois intervenir Dieu lui-même, il avait plus de chance d'être accepté. Et effectivement, cette nouvelle religion, en proposant une christologie simple et prétendument d'origine divine, a eu immédiatement beaucoup de succès.

 

Bref, l'Islam s'inscrit dans un contexte chrétien. D'ailleurs, à ses débuts, il était mal distingué du christianisme. Pour cette religion qui fait tant peur aujourd’hui, Issa était le messie, l’esprit de Dieu, sa Parole, mais pas Dieu lui-même, ni son fils. Et il n'a pas été ressuscité. Une différence d'importance avec le christianisme…

En fait, en étudiant les différences entre le judaïsme, le christianisme et l'islam, on se rend compte que la question la plus importante pour ces trois religions, et celle qui les a divisés, est bien celle de l'identité et de la nature du messie.

 

Ces trois « religions du Livre », qui représentent tout de même 4 milliards de personnes, sont néanmoins d’accord sur une chose : à la fin des temps, le messie viendra (ou reviendra) sur Terre et c’est grâce à lui que Dieu se dévoilera.

Les conceptions divergent sur ce que sera ce dévoilement, cette révélation, même à l’intérieur de chaque religion, la plupart avouant leur ignorance. En tout cas, une chose est sûre : après ce dévoilement, il deviendra absurde de nier l’existence de Dieu. Sa présence sera si évidente que personne ne songera plus à dire qu’il n’existe pas.

Les trois traditions monothéistes sont aussi d’accord sur un point : cet avènement messianique aura lieu alors que l’humanité traversera une grande période de désarroi, pendant laquelle beaucoup de gens souffriront.

Voici ce que dit Luc par exemple (chapitre 21, versets 25 à 28) : « Et sur la Terre, il y aura de l'angoisse chez les nations qui ne sauront que faire, au bruit de la mer et des flots, les hommes rendant l'âme de terreur dans l'attente de ce qui surviendra pour la Terre, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors on verra le Fils de l'homme venant sur une nuée avec puissance et grande gloire. »

De l'angoisse chez les nations dans l'attente de ce qui surviendra pour la Terre… N'est-ce pas incroyablement actuel ?!?

Bien sûr, comme le prouve cette émission de radio du 23 novembre dont le titre est on ne peut plus explicite : et si l'effondrement était l'horizon de notre génération ?

Certains ont même eu l'idée d'inventer un nouveau métier, celui de... collapsologue !! Voir aussi ce lien pour savoir ce que pensent certains de l'avenir proche. C'est fort inquiétant.

Bref, la prophétie colle parfaitement à notre époque : il faut être aveugle pour ne pas le voir. Le dernier livre de la Bible, L’Apocalypse, parle en ces termes de la fin des temps (chapitre 11) : « et ta colère est venue, et le temps est venu de juger les morts, de récompenser tes serviteurs les prophètes, les saints et ceux qui craignent ton nom, les petits et les grands, et de détruire ceux qui détruisent la Terre ».

 

On comprend ce que sera le boulot du messie, qui viendra à un moment de l’Histoire où l’humanité sera en train de détruire la Terre. C’est bluffant d’actualité. Pas étonnant que les écologistes parlent régulièrement de situation apocalyptique.

On ne peut qu’être convaincu que nous sommes très probablement au début de cette période dite de la « fin des temps » qui, selon Daniel, un prophète reconnu par les 3 religions, doit durer 45 ans.

 

Comme je le disais, toutes les religions monothéistes sont d’accord sur l’existence d’une fin des temps, et la plupart pensent qu’elle est toute proche. À commencer par Daesh, qui est persuadée qu’elle a déjà débuté. J’espère que vous comprendrez que, vu la situation actuelle de la planète, c’est loin d’être absurde et que donc, pour s’attaquer au problème, on ne peut considérer qu'ils sont fous ou malades.

 

À mon avis, pour avancer, il faut s’intéresser le plus scientifiquement possible à la question centrale de ces religions, celle de Dieu et du messie. Voilà ce que devrait aussi faire le CNRS, s'il était vraiment aussi ouvert qu'il le dit. Ce que je dis là paraîtra sans doute totalement excentrique à beaucoup, pourtant ça l'est moins qu'il n'y parait.

À l’époque des controverses christologiques, il y avait d’un côté ceux qui ne pouvaient concevoir qu’un être aussi glorieux et puissant que Dieu puisse avoir une mère, un fils, s’abaisser à manger, souffrir, dormir, et de l’autre des gens comme les monophysites pour qui toute la profondeur et la beauté de l’histoire réside justement dans le fait que Dieu cherche à être un humain, pour expérimenter tout ce que vivent les humains, pour voir « ce que ça fait » de naître, dormir, aimer, mourir.

Pourtant les premiers, c'est à dire principalement les juifs et les musulmans de nos jours, admettent que le messie est censé incarner le souffle de Dieu, « Ruach Elohim » en hébreu, que l'on peut aussi traduire par « esprit de Dieu ». Or la définition du mot « esprit » est intimement liée à celle du mot « conscience ». Alors si le messie est la conscience de Dieu, on peut comprendre que certains aillent jusqu'à envisager sérieusement qu'il soit Dieu, même si cela a un côté absurde tout à fait compréhensible.

Parallèlement à tout cela, Jean explique : « Dieu est esprit et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité. » Moise a des propos du même ordre.

On ne sait pas trop ce que cette expression « Dieu est Esprit » signifie. Mais au moins, il est clair que selon ce Jean, il y a un grand rapport entre la nature de Dieu et quelque chose, l’esprit, dont la définition est apparentée à celle de la conscience.

Toutes ces discussions, au demeurant passionnantes, ne sont pas très faciles à appréhender, d'autant que les interprétations de chacun ne sont pas d'une grande limpidité, c'est le moins qu'on puisse dire.

Il y a dans chaque conception de la divinité, qu'elle soit musulmane, chrétienne ou juive, des contradictions et des zones d'ombre qui expliquent sans doute les réticences auxquelles elle doit faire face.

Je me permettrais néanmoins de faire la remarque suivante : toutes ces discussions, centrales pour les trois religions, tournent de toute évidence autour du lien qu’il y a entre Dieu et la conscience. Et qu’est-ce que cette question du lien entre Dieu et la conscience sinon celle de l’insuffisance du corps !!?!

 

Imaginons un instant que la communauté scientifique accepte l’évidence de l’insuffisance du corps. Ce ne serait que justice…

D’un seul coup, tout le monde, y compris les pires des athées, seraient obligés d’accepter l’existence de quelque chose qui mérite d’être appelé Dieu et qui n'est pas matériel. Puisque ce Dieu est relié aux corps humains – c'est ce que l'on prouve avec l'insuffisance du corps -, cette communauté de sceptiques seraient forcés d’admettre que les débats autour du rapport entre la conscience des hommes et l’esprit de Dieu sont légitimes. D'ailleurs on ne sait pas si c'est la conscience des hommes qui est en partie constituée de celle de Dieu ou si c'est l'inverse… Ça dépend des gens, sûrement.

En tout cas, tout le monde prendrait alors bien plus au sérieux les questions qui ont divisé les trois grandes religions monothéistes. Un changement total de perspective.

 

Les discussions n’en seraient que davantage relancées. Des réponses seraient apportées.

Ces réponses permettraient de lever les zones d’ombre, de voir où exactement chacune des trois religions s'est trompée et surtout à quel point elles sont semblables, à quel point leurs différences ne sont en fait que des malentendus.

Remarquons d'ailleurs l'ironie de l'histoire : toutes ces religions, pour lesquelles on se bat allègrement dans le monde, avouent ne rien savoir de la nature de ce qui sera selon eux l’événement le plus important de l'histoire, le dévoilement de Dieu… Ce qui n'empêche pas chacune d'elle d'affirmer qu'elle est l'unique « vraie religion ».

C'est ce qu'on appelle manquer sérieusement d'humilité.

Mais si jamais un jour les débats sont rendus possibles, nul doute que les éclaircissements apportés contribueront alors à rassembler les gens, à pacifier leurs relations, et donc à lutter contre l’obscurantisme et le terrorisme. On comprendra que l'intelligence n'est pas l'ennemie de la foi, mais son meilleur allié.

Dans le contexte actuel, je pense que c'est très urgent !

L’état de la société est assez lamentable et même Bernard Guetta se permet de nous avertir (le 6 janvier sur France inter) : « Alors, oui, le criminel destin de ces misérables crétins devrait nous conduire à nous interroger sur les dangers que nous courrons à ne plus croire en rien. Il est très bien d’avoir enfin rejeté les idéologies et leur prêt-à-penser mais à rire de tout et tout tourner en dérision, à renoncer à toute ambition collective, cultiver l’individualisme et jouir de nos libertés comme d’un acquis éternel au lieu de les utiliser à combattre l’injustice et le statu quo, nous ne faisons pas que faciliter le travail aux propagandistes du djihad. »

 

Hélas, pour l’instant, la remise en question est très difficile.

D'un côté il y a des intégristes religieux qui tuent pour des dogmes qu'ils ne comprennent même pas, et de l'autre des prétendus scientifiques habités par une haine obscurantiste de tout ce qui pourrait être transcendant. Cédric Villani par exemple (voir discussion ici) n’hésite pas à affirmer que la sensation douloureuse n'a pas de réelle existence scientifique. « Isabel Ruiz », (commentaires de cet article), va jusqu’à prétendre, aussi incroyable que cela paraisse, que la douleur n’a pas de cause, ou que dire que des processus biologiques sont à l’œuvre dans le corps humain n'a pas de sens.

C'est horrible…

Criminel même, oserais-je dire. En effet, comme je viens de l'expliquer, le fait que la communauté scientifique accepte une vérité comme l'insuffisance du corps aurait sans doute des conséquences très positives sur bien des plans, même religieux et politiques.

Ils sont d'autant plus coupables que le raisonnement est à la fois facile à comprendre, évident, et irréfutable ; mais au lieu d'admettre cette démonstration presque enfantine, ils restent arc-boutés sur des réponses absurdes avant de fuir tout dialogue, de peur d’avoir à se remettre en question.

Ce comportement moyenâgeux et profondément obscurantiste se retrouve chez beaucoup de supposés « grands » scientifiques.

 

Et oui, j'ose le répéter, il est criminel, car, indirectement, il provoque des massacres.

 

 

Post-scriptum : je cherche un avocat pour porter plainte contre des personnes comme « Isabel Ruiz ». Motif : leurs mensonges grossiers et irresponsables à propos de l'évidente insuffisance du corps me porte préjudice parce qu'ils contribuent à plonger la société dans un nihilisme, un désarroi et un individualisme qui la pousse vers un chaos meurtrier dont je pourrai être la victime.

Quand on pense à l'horreur que peut être la pire des douleurs, refuser de faire la différence douleur/pas douleur, c'est un crime !!

 

Publié dans 2015 et après

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