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Les menacés.

Publié le par Miteny

Aujourd'hui, poésie... Ou plus exactement, chanson. Je vous propose une adaptation de Les passantes, écrit par Antoine Pol, mis en musique par Georges Brassens. Mes modestes vers, bien moins élégants que ceux de Monsieur Pol, n'évoquent pas les belles filles que l'on croise et que l'on ne revoit jamais, mais les animaux sauvages, qui vivent leurs derniers instants à cause de notre stupide propension à tout saccager. Ils illustrent ainsi ce que je disais en 2013 sur l'importance de la biodiversité... Tiiiiiing (j'accorde ma guitare)... Un, deux, un, deux, trois :

Je veux dédier ces quelques mots

à ces magnifiques animaux,

à ces lions, tigres et panthères,

à ces zèbres, ces éléphants,

qui font rêver tous les enfants

et qui enchantent notre Terre.

 

À ces mignonnes dendrobates,

petites grenouilles acrobates,

dont le réjouissant spectacle

nous montre que la diversité

de la vie est la finalité

et le plus beau des miracles.

 

À ces forêts vertes et vivantes

dont la richesse captivante

peut mettre tous nos sens en éveil,

mais qui aux coups de hache succombe

par ceux à qui pourtant incombe

la protection de ces merveilles.

 

À ces baleines qui disparaissent

dans la plus profonde détresse,

massacrées par les chalutiers,

et dont le doux et triste regard

nous fixe avec désespoir

pour implorer notre pitié.

 

Chères créatures menacées,

pauvres animaux pourchassés,

vous nous pardonnerez peut-être.

Pour peu que l'on change d'attitude

et que l'on renonce à l'habitude

de vouloir être vos maîtres.

 

Mais si le saccage continue

il vaut mieux être prévenu :

les conséquences seront terribles.

La nature pourrait se venger

pour se préserver du danger

de nos agissements nuisibles.

 

Alors quand nous aurons tout perdu

lorsque le désastre attendu

aura frappé l'humanité

nous songerons avec tristesse

à l'ancien temps de la richesse

de cette belle biodiversité

 

Voilà... Comme je le disais l'année dernière, la biodiversité, c'est vraiment un enjeu capital. Alors j'espère que vous aurez été sensible à ces quelques rimes et que vous en tirerez des conséquences pratiques et décisives pour notre avenir commun (en devenant miteniste par exemple). Mais si je les ai écrites, c'est aussi pour rendre un hommage appuyé à la version originale, dont voici une interprétation par le grand Georges lui-même, mort il y a plus de 30 ans :

 

Cette vidéo-ci est mieux, mais malheureusement non intégrable. C'est émouvant... J'ai toujours aimé ce poème particulièrement romantique. Et comme j'ai la malchance de me souvenir des épisodes du chemin, j'aimerais profiter de ce 20 janvier, date officielle de la Saint-Sébastien, pour dédier ce modeste article à Karine, Sandrine, Amélie, Agnieszka, Mira, Claire, Lili, Frankline, Céline, Anaëlle... Anaëlle, prénom qui signifie Dieu a répondu et non Seb a répondu, malheureusement. J’ai l’âme nostalgique...

Et si moi aussi je me mettais à chanter, pour oublier ?? Pourquoi pas ? Alors évidemment, certains vont crier à l’attentat artistique, d’autres diront que que j’ose tout et que c’est à ça qu’on me reconnaît. Mais bon, tant pis. Musique !!

Si jamais vous n'arrivez pas à visionner cette vidéo, c'est probablement parce que la honte m'aura incité à la retirer.

Bien bas.

Publié dans Best of chansons

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Hangover.

Publié le par Miteny

Épisode 13 de la saga dieuexiste.com... (L'épisode précédent est ici).

Mitney sentit qu'une lumière vive traversait sa paupière. Malgré la profondeur de son sommeil, il se rendit rapidement compte que toute sa tête était en plein soleil. Il ouvrit les yeux tout en les protégeant avec ses mains. Il avait vraiment la tête qui tournait. Puis, d'un geste machinal, il saisit son portable qui se trouvait toujours sur la table de nuit... 16 heures !! Aussi incroyable que cela puisse paraître, il était quatre heures de l'après-midi. Lorsque Mitney se mit en position assisse, il vit qu'Hélène dormait à côté d'elle, entièrement nue. Plongée dans son sommeil, elle vint malgré tout réclamer un câlin auprès de lui. Il ne se fit pas prier car il se rappela alors d'un résultat essentiel de la soirée d'hier. Il avait conquis le cœur de la belle lituanienne. En d'autres termes, il avait pécho la blonde.

Il ressentit une immense fierté. Lui, la quarantaine bien pesée, elle, vingt ans à peine. Une fille aussi jolie... C'était vraiment inespérée, improbable, extraordinaire. Le problème est qu'il ne se souvenait plus comment il avait bien pu séduire la jeune personne. Que s'était-il passé cette nuit ? Pourquoi était-il si tard ? Impossible de s'en rappeler. Mitney inspecta la chambre. Il y avait des vêtements éparpillés partout, quelques cannettes de bière sur le sol. Un de ses caleçons pendouillait, accroché au haut de la porte de la grande armoire. Il lui fallut du temps pour remarquer que les sous-vêtements d'Hélène traînaient lamentablement sur le rebord de la fenêtre : une honte.

« Bordel, que s'est-il passé ? » pensa-t-il tout haut. Puisqu'il avait mal au crâne, il songea à aller boire un café. Il se saisit du seul habit à peu près propre car pas en contact avec la bière répandue sur le sol, l'enfila puis ouvrit la porte du salon. Et là, ce fut l'horreur. Le sol était jonché de bouteilles d'alcool, de vomi, de vêtements sales, de strings et de trucs cramés... Une chaise finissait de se consumer tandis qu'une poule picorait nonchalamment des petits bouts de nourriture déjà digérés mais involontairement rendus par leur propriétaire... Dans le canapé, Rosnard, complètement nu avec juste une cravate autour de la tête, semblait plongé dans un coma profond. Il avait du mal à respirer car il avait sur lui un gros poilu qui l'enlaçait langoureusement.

Il alla chercher Glandon dans l'autre chambre, mais dans le grand lit, à la place de son ami, il y avait une grande et superbe fille noire entièrement nue, elle aussi décidément, sans doute d'origine éthiopienne, qui dormait profondément. Il chercha dans la salle de bains. Personne... Pas de Robert Glandon. Pendant un instant, il eut l'impression d'être l'un des héros du film Very bad trip et espéra que son collègue n'était pas coincé sur un quelconque toit de Jérusalem ou d'ailleurs. Il ne savait pas quoi faire. Le pire était qu'il ne se souvenait de rien. Peut-être avait-il absorbé du GHB, ce qui expliquerait ses amnésies. Il craignait que cela expliquât également le comportement docile et désinhibé d'Helena. Heureusement il y avait bien une cafetière et du café, alors, malgré le bordel, malgré le fouillis, malgré les odeurs, il entreprit d'en faire, notamment pour sa supposée dulcinée. Tel un homme idéal, il se mit à faire un peu de ménage, avec un balai, de la javel et une serpillière. Lorsque le café eut fini de couler, il s'enquit de trouver un plateau pour apporter un semblant de petit-déjeuner au lit à sa créature de rêve.

Arrivé près d'Hélène, il posa le plateau sur la table de nuit puis caressa le corps de la belle. Elle était si magnifique qu'il ne pouvait s'empêcher de la toucher. Elle se réveilla et s'assit dans le lit. Malgré l'immense trouble que provoquait chez lui la vision de la ravissante poitrine dénudée de la jeune blonde, Mitney réussit à parler.

« Hello Helena. How are you ? You had a good sleep ? I have coffee for you if you want.

- Thank you. I think that I've got the hangover. I have headache. It's strange, I don't remember exactly what I have done yesterday. And you ? »

Mitney prit la main d'Hélène.

« You know that I love you so much. Whatever you decide for us, I'll be there for you. Your life was not easy, but, you know, I'm here to help you. So... Do you remember what we've done together last night ?

- Yes.

- You agree with that ?

- Yes.

- Do you mean that... you... you love me ?

- Ta... Ye... Ye... Oui. »

Mitney eut honte de lui. Il avait l'impression de profiter de la détresse et du désarroi d'une orpheline en manque de sécurité affective. Néanmoins il se rassurait en se disant qu'il représentait pour elle une sorte de figure paternel, un roc sur lequel elle pouvait enfin s'appuyer pour construire une nouvelle vie : un petit roc, mais un roc quand même. Il voulait être là pour la réparer de toutes les violences qu'elle avait subi. Il l'embrassa, elle l'enlaça. Maintenant il savait que le GHB n'était pas la cause de leur amour. La vie lui parut tout à coup plus rose, le ciel plus bleu et le soleil plus chaud. Les murs souriaient, les oiseaux lui faisaient des clins d’œil. Maintenant il aimait Jérusalem, il adorait Jérusalem. Cette ville devenait pour lui le centre du monde, car il s'agissait de la ville que la grâce avait choisi pour lui offrir le plus beau des cadeaux qui soit : l'amour. Et quel amour ! Peut-être le grand amour de sa vie. En tout cas, il l'espérait fortement. Machinalement, il regarda son portable. Il ne l'avait pas remarqué auparavant, mais il y avait un message de Glandon : « Le gars qu'on a rencontré hier, Moshe, m'a convaincu. Rosnard a décidé de changer de sexe, moi, j'ai décidé de faire techouva. Si tu me cherches, je suis à la Yéchiva francophone de Jérusalem. J'étudie la Torah. Shalom. »

Mitney prit sa tête à deux mains. Mais que s'était-il donc passé hier, bordel ? En une nuit, tout avait basculé, tout avait changé. Comme si le temps avait tout d'un coup décidé d'accélérer très fort. Comme s'il avait fallu que chacun trouvât sa voie le plus vite possible avant une terrible catastrophe. Comme si chacun sentait que ça tournait mal et qu'il lui fallait faire un point sur le sens de sa vie. Les amoureux se rhabillèrent et décidèrent de sortir pour laisser Rosnard avec ses étranges amis. N'étant pas complètement égoïste, Mitney déposa tout de même un petit mot précisant : « Glandon s'est converti au judaïsme orthodoxe, je pars le raisonner. Fais le ménage et achète du pain. »

En fermant l'appartement qu'on venait de leur prêter, il eut le sentiment qu'il ne reviendrait plus jamais ici, qu'il ne verrait plus jamais son vieil ami. Il sut confusément qu'il allait se passer des choses et que sa vie avait définitivement basculé à Tel Aviv dans cette discothèque dont le nom lui échappait encore et dans laquelle apparemment il s'était passé bien des choses. D'ailleurs qui était cette fille qui avait échoué dans le lit de Glandon alors même que celui-ci était censé être entré dans les ordres ? Il trouvait cela louche mais n'osa pas poser la question à Hélène, par peur de l'agacer ou de la choquer. Dehors, le soleil inondait la ville sacrée de sa lumière, comme souvent. Même si cette journée était pour lui la plus belle des journées depuis plus d'une vingtaine d'années, il trouva les gens inquiets, anxieux, stressés. De toute évidence il se passait quelque chose. Il osa malgré tout interpeller un passant très pressé pour lui demander où se trouvait la Yéchiva francophone de Jérusalem. « Ramot, Ramot » lui répondit ce dernier sans arrêter sa course.

Ramot, une colonie israélienne... Mitney n'aimait pas les colonies. Il trouvait très choquant que des gens s'emparent par la force des terres de personnes dont l'unique tort était de vivre à un certain endroit. Il ne connaissait certes pas toutes les ficelles de cette épineuse affaire mais il savait au moins que cette confiscation de force choquait également beaucoup la communauté internationale. La Cisjordanie, une région du monde particulièrement étrange : avec ses poches palestiniennes et ses colonies israéliennes elle ressemblait à du roquefort un peu trop moisi... Malgré leurs légitimes appréhensions, Hélène et lui montèrent dans un bus pour ce quartier de Ramot. Ils s'assirent bien évidemment l'un à côté de l'autre, ce qui est interdit dans ces coins d'orthodoxie. Le français prit la main de la jeune lituanienne, qui n'était pas très rassurée.

« Helena, I want to learn lithuanian. If you want, I will bring you back in your country. I agree to live there. 

- I don't want to stay here. I don't like this place.

- Wonderfull ! We will leave together as soon as possible. I've got some money to build a new life. »

Les tourtereaux s'embrassèrent malgré les regards de plus en plus désapprobateurs des religieux qui étaient avec eux dans le bus. Après ce baiser langoureux, la jeune femme posa la tête sur l'épaule de l'homme mûr, et ferma les yeux. Elle n'était pas encore complètement reposée de sa nuit de folie. En regardant les traits fins et harmonieux de sa jeune et très belle conquête, Mitney eut furtivement le sentiment que quelque chose clochait. Peut-être s'inquiétait-il pour rien, mais il y avait bien des choses louches dans cette histoire. D'abord pourquoi ne se souvenait-il pas de sa nuit ? Même une forte dose d'alcool ne provoque pas une telle amnésie. Pourquoi Helena ne semblait pas plus affectée que ça ? Était-ce elle qui l'avait drogué ? Mais dans quel but ? Qu'elle en veuille à son corps était d'une absurdité sans nom. Or lui ne possédait rien, n'était rien. Mais alors pourquoi ? Pourquoi ? Et puis, pourquoi venir en Israël ? Quitte à être réfugié, autant l'être aux États-Unis. Pourquoi Robert Glandon n'avait pas plus insisté pour retourner dans son pays ? Et puis, qui était vraiment ce type ? Un espion, un agent du Mossad ? C'était peut-être lui qui l'avait drogué ?

Apparemment il n'était pas chrétien puisqu'on ne peut pas faire techouva si on n'est pas juif. Vraiment, il y avait de quoi se méfier. D'ailleurs, il aurait du le faire dès le début : un américain avec l'accent marseillais, c'est vraiment plus que louche. Mais, comme on dit dans le métier de l'embrouille politique ou religieuse, plus c'est gros, plus ça marche. Bizarrement, sous l'effet du stress de la nouveauté, les scénarios les plus abracadabrantesques se bousculaient maintenant dans la tête de Mitney : peut-être qu'Helena et Robert étaient de mèche, voire déjà en couple ?? Peut-être qu'ils étaient tous les deux juifs et que leur mission était de l'amener dans un piège ? Et si la DGSE qui les avait pratiquement kidnappés en pleine campagne normande était une fausse DGSE ? Cela impliquerait de faux gendarmes, un faux Iznogoud, un faux château, voire éventuellement un faux zoo avec de faux lions... Et si le monde n'était pas un vrai monde ?!!

Mitney ne savait plus quoi penser, il était en pleine crise de paranoïa. Pendant quelques instants, seul Rosnard paraissait vraiment innocent à ses yeux, sans doute parce qu'il le connaissait depuis longtemps et qu'il savait qu'il ne s'intéressait à aucune religion. Mais alors peut-être avait-on voulu l'éloigner de lui en le mettant dans les bras d'un gros poilu ? Mitney regretta tout à coup d'être parti si précipitamment. Il eut soudain le désagréable sentiment qu'il était en train de faire une grosse connerie. Puis une effluve du parfum d'Hélène parvint à ses narines. Et il oublia tout...

La suite le mois prochain, comme d'habitude. Une petite vidéo, pour illustrer.

 

 

 

Publié dans Le roman de DANIEL

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