Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le messie, trois fois.

Publié le par Miteny

Épisode 12 de la saga dieuexiste.com... (L'épisode précédent est ici).

À l'aéroport Ben Gourion, des agents du Mossad parlant français attendaient nos quatre amis. Après avoir passé divers contrôles, ils les firent monter dans une voiture banalisée, direction Jérusalem, à soixante kilomètres. Une fois assis dans le véhicule, c'est Glandon qui le premier osa demander pourquoi ils étaient dans ce pays et surtout ce qu'ils allaient y faire. On leur répondit qu'on leur avait juste ordonné de conduire quatre réfugiés politiques dans un certain appartement de la vieille ville de Jérusalem et que là-bas ces réfugiés, c'est à dire eux, devraient attendre que la situation se détende. Ils n'en savaient guère plus et, de toute façon, s'en foutaient car ils avaient bien d'autres chats à fouetter : la nation était au bord d'un conflit avec l'Iran. Mitney, une fois de plus, eut l'impression qu'il était dans un cauchemar. Après avoir été poursuivi par un musulman, il était maintenant prisonnier des juifs. Jamais il n'aurait mis les pieds dans ce pays si l'on ne l'y avait pas conduit de force. Il se sentait otage d'une guerre de religion à la con : de quoi devenir farouchement athée. Les deux français, l'américain et la lituanienne traversèrent le pays d’Israël en silence, bouleversés par ce qu'ils venaient d'entendre. Et si jamais le nouveau président de l’Iran balançait une bombe nucléaire sur Jérusalem, ils auraient l'air de quoi ? De gros couillons qui se seraient encore faits avoir, comme souvent : voilà de quoi ils auraient l'air.

Une fois dans la capitale, on les amena donc dans un petit appartement de la vieille ville, pas très loin des remparts. Il y avait deux chambres, une cuisine et un salon. Pour quatre célibataires, cela ne faisait pas beaucoup. Il était déjà 16h30 et Rosnard proposa d'aller boire un verre. Tout le monde trouva que c'était une bonne idée. L'ancien lieutenant de gendarmerie voulut se laver les dents, une obsession chez lui, et ranger ses affaires. Quant à Helena, elle souhaitait prendre une douche et changer de vêtements : comportement irrationnel mais typiquement féminin. En attendant, Mitney et Glandon décidèrent d'aller faire un tour sur les remparts. Après quelques minutes à déambuler en silence, Mitney prit la parole.

« C'est quand même beau, non ? Jamais je n'aurais cru que je viendrais ici.

- Je suis déjà venu, mais je n'aime pas trop cet endroit. Je ne saurais te dire pourquoi.

- Ces remparts me font penser à ce que je te racontais dans l'église de Saint-Sulpice, hier, à Paris. Je te citais le chapitre 9 : Depuis le moment où la parole a annoncé que Jérusalem sera rebâtie jusqu'à l'Oint, au Conducteur, il y a sept semaines et soixante-deux semaines.

- Oui. Et tu disais que ce qui est toujours le plus délicat à déterminer, c'est la date de début, c'est à dire ici la date à laquelle la parole a annoncé que Jérusalem sera rebâtie. Je suppose que tu as des idées.

- J'ai pris l'encyclopédie, tout simplement. Et tu vas voir, c'est assez instructif. D'abord, il faut déterminer quand on peut parler de reconstruction de la ville. Je vais te proposer quelques dates.

- Je suis tout ouïe.

- Formidable... Premier cas : même les historiens admettent que le roi perse Artaxerxès Ier a donné l'ordre de rebâtir Jérusalem entre 457 et 445 avant Jésus-Christ, du temps de Néhémie.

- Pourquoi entre 457 et 445 avant JC ? Tu as des preuves, des indices ?

- Parce que c'est en 457 avant JC que le roi perse autorise Esdras à rentrer dans sa ville. Peut-être lui a-t-il donné l'ordre en même temps. Enfin, selon la Bible, le roi perse aurait délivré cette autorisation dans la vingtième année de son règne, c'est à dire en 445 avant JC. Pour être plus prudent, je prends les deux dates.

- Admettons. Ensuite ?

- Deuxième cas : Jérusalem a été détruite par les romains vers 70. Vers 129, l'empereur alors en fonction visite le site et décide d'y construire une ville nouvelle, Aelia Capitolina. Quelques années plus tard, elle est debout : sans murailles, mais debout. On peut considérer qu'on entre là dans le cadre de la prophétie, puisqu'il s'agit d'une reconstruction qui fait suite à un saccage complet de la célèbre cité.

- Oui, si tu le dis.

- Et j'ai envie de te proposer un troisième cas... Même si la ville n'a pas connu une nouvelle fois le sort que lui avait fait subir les romains en 70, elle a vécu des siècles de guerre depuis la conquête musulmane au septième siècle jusqu'aux différentes croisades à partir de 1099. Son urbanisme n'était guère stable, c'est le moins qu'on puisse dire. Puis le grand sultan turc Soliman le magnifique a bâti les murailles sur lesquelles nous marchons pour faire de la ville trois fois sainte une vraie cité. Personnellement, le bien fait à l'urbanisme de Jérusalem à cette occasion est si net que j'ai envie de considérer que cette reconstruction de murailles enfin dignes de ce nom après 1000 ans de murets de jardin, entre dans le cadre de la prophétie.

- Et il n'y a eu aucune reconstruction de murailles avant ? Vraiment ??

- Oui, mais pas des vraies !! Certaines ont duré moins de dix ans... Elles devaient être en paille !! Non, soyons sérieux, je te prie. Je ne vais pas te faire le détail de l'histoire de Jérusalem année par année, ce serait ridicule. Je ne vais pas te raconter la vie de chaque pierre, ce n'est pas ce qui importe. Ce qui compte, ce sont les grandes étapes, je pense que tu en conviendras aisément. Et la reconstruction de Jérusalem par Soliman en est sans nulle doute une puisqu'elle a marqué la cité de manière stable et durable, jusqu'à nos jours.

- Effectivement, tu n'as pas tort.

- Super !! J'adore qu'on me dise que je n'ai pas tort... Je kiffe... Bon, bref, parlons chiffres maintenant. Sais-tu sais de quand date le mur sur lequel nous sommes en ce moment ?

- Euh... Je sais que Soliman le magnifique était un contemporain de Charles Quint, François 1er et Henri VIII. Seizième siècle donc. 1550 ?

- Presque !! Il est vrai que Soliman est né la même année que François 1er, c'est à dire en 1494. D'ailleurs, les deux grands personnages historiques se sont rencontrés : ils étaient alliés... C'étaient des potes quoi. Le ''roy d'angolmois'' de la prophétie de Nostradamus et le bâtisseur d'une nouvelle Jérusalem se voyaient régulièrement. De là à imaginer quelques liens ésotériques entre Nostradamus et les prophéties de Daniel, c'est un pas que je ne franchirai pas... Mais ce n'est pas en 1550 que les murailles sur lesquelles nous marchouillons ont été dressées, mais entre 1535 et 1538. L'ordre a du être donné avant, disons entre 1529 et 1535, puisqu'il paraît que les travaux de la porte de Jaffa ont commencé vers 1530. Voilà donc pour le troisième cas. Résumons un peu la situation... Nous avons en fait trois dates de début valables pour cette prophétie : entre 457 et 445 avant JC, 129 et entre 1529 et 1535.

- J'ai hâte de savoir ce que tu en déduis !!! »

Mitney n'eut pas le temps de répondre. Rosnard, allergique à l'eschatologie, arrivait, les dents toutes propres. Helena ne tarda pas, beaucoup mieux habillée qu'auparavant. Elle était si belle que Mitney en oublia un instant ses histoires d'urbanisme et de ''Conducteur qui doit venir''. Ils partirent se promener dans la vieille ville, dans l'espoir de trouver une terrasse sympa où boire un verre. Malheureusement, ils ne trouvèrent que des boutiques de souvenirs, des marchands du temple modernes. Ils marchèrent néanmoins pendant une heure trente, histoire de se dégourdir les jambes et d'avoir faim pour l'heure du repas. Ils ne visitèrent aucun monument religieux. Glandon ou Mitney n'auraient pas dit non, mais les deux autres étaient farouchement contre. Dans la partie moderne de la capitale israélienne, ils tombèrent rapidement sur un restaurant sympa et s'installèrent. En attendant qu'on les serve, Rosnard prit la parole, histoire de rompre le silence et de montrer la blancheur de son appareil masticatoire.

« Que va-t-on devenir ? Nous sommes dans un pays étranger, désœuvrés. Nous faudra-t-il attendre la fin du monde ici, sans bouger ?

- Surtout que nous sommes placés au plus mauvais endroit. Jérusalem, la ville qu'Ahmadinejad veut détruire en premier. Enfin je crois...

- Sache qu'Ahmadinejad n’est plus au pouvoir... Moi, je vous propose d'écouter ce que Mitney a à nous dire sur les prophéties de Daniel. Aussi incroyable que cela puisse paraître, cela pourrait nous concerner. Alors vas-y, Mitney, va au bout de tes calculs. Rosnard, désolé si cela ne te plaît pas, mais là, il y a urgence, expliqua Glandon.

- Allez !!! C'est reparti pour un tour !!! Bordel, y'en a combien des prophéties de Daniel !!?

- Je fais vite... Je finis d'expliquer mon interprétation à Robert. Premier cas : date de début entre 457 BC et 445 BC, durée de 69 semaines d'années soit 483 ans. Le calcul de la date de fin donne : entre 27 et 39 après JC. C'est à dire en plein ministère de Jésus-Christ, grand prophète du christianisme. Deuxième cas : date de début en 129, durée toujours de 69 semaines d'années soit 483 ans. Date de fin : 612 après JC. D'après la tradition islamique, c'est à cette époque que Mahomet, alors âgé de quarante ans et futur grand prophète de l'islam, reçoit la révélation. N'est ce pas incroyable ? Dans les deux premiers cas, la prophétie de Daniel vise extrêmement juste. Elle prévoit presque à l'année près l'avènement des deux plus grandes figures du monothéisme, actuellement adorées et adulées par plusieurs milliards de personnes. Personnellement, je trouve cela très impressionnant. Et surtout, c'est une validation, une importante validation, une validation incroyable, une validation spectaculaire. J'espère que vous êtes d'accord...

- Une validation de quoi ?

- Mais vous ne devinez pas ?!? Vraiment ?? Vous ne devinez pas ?

- Attends, j'ai une idée... »

Rosnard prit son stylo pour dessiner sur la nappe une reproduction assez réussie des caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo en septembre 2012. Outre le titre, ''Le coming out de Daniel'', il écrivit ensuite dans la bulle : ''Mitney, et mes fesses, tu les aimes, mes fesses ?''. Cette blague douteuse ne fit pas rire Mitney, qui voulait vraiment arriver au bout de son discours.

« Très drôle... Bon, alors qui répond à ma question ? Je ne vais pas vous mâcher le boulot. De quel fait extraordinaire les deux calculs que je viens de vous exposer sont la validation ? Alors ?

- Cela doit avoir un rapport avec le troisième calcul, proposa Glandon.

- Exactement !! Si dans les deux premiers cas, Daniel a réussi à voir l'avenir avec une pertinence stupéfiante, il est fort probable que dans le troisième cas, il en soit de même. Troisième cas, donc : date de début entre 1529 et 1535, durée toujours de 69 semaines d'années soit 483 ans. Date de fin... Alors ?! Date de fin ?

- Entre 2012 et 2018...

- Exactement. Ce qui signifie que dans les années qui viennent se révélera un troisième conducteur, un troisième grand prophète du Dieu d'Abraham. Mais il ne sera pas comme les autres, il sera plus grand.

- Qu'est ce qui te fait dire cela ?

- Je vais tout vous dire, mais avant, pour avoir une vue d'ensemble de l’œuvre de Daniel, il nous faut examiner le dernier chapitre de son livre, le chapitre 12.

- Ah non, merde, ça suffit !! »

Rosnard s'était révolté. Son esprit trop républicain, trop gauchiste oserait-on dire, ne pouvait accepter des faits aussi troublants. Il refusait d'être emporté dans le tourbillon ésotérique qui s'emparait de Glandon et Mitney. Il ne pouvait pas croire qu'un nouveau messie allait arriver incessamment sous peu, là, maintenant. Non seulement, il ne pouvait pas y croire, mais il trouvait cela ridicule. Cette attitude réfractaire commençait à sérieusement énerver Robert Glandon, qui lui, voulait continuer de parler librement des sujets qui l'intéressaient. Heureusement pour Rosnard et pour la cohésion du groupe, le serveur arrivait avec des plats succulents. La nourriture aidant, l'ambiance se fit plus légère. On se mit à faire des commentaires sur le pays, à voir ses points positifs et négatifs. Glandon expliqua qu'il souhaitait se baigner dans la mer rouge et Rosnard se plaignit de l'ambiance trop religieuse de Jérusalem. On évoqua le nord du pays, la vallée du Jourdain, Jéricho, la mer morte et bien sûr, la plus grosse ville du coin, celle qu'on appelle « the bubble », à savoir Tel Aviv, la ville qui ne dort jamais. Mitney raconta ce qu'il avait entendu dire sur cette cité tout en rappelant qu'ils n'auraient sans doute plus beaucoup d'occasions de profiter de la vie une fois que la troisième guerre mondiale aura commencé.

Helena demanda s'il n'était pas alors possible d'y faire un tour. Mitney répondit qu'il l’emmènerait au bout du monde si elle le désirait. Les autres firent la moue, mais quelques minutes plus tard, le vin aidant, la décision était prise. Ce soir, ils feraient la fête. Ce soir, ils ne resteraient pas dans cette ville antique, perdue dans les collines. Ce soir, ils profiteraient de la chaleur et de la mer. Ils levèrent tous leurs verres en même temps vers le ciel comme pour sceller un pacte : oui, ce soir, ils iraient à TEL AVIV !!

La suite le mois prochain, comme d'habitude. Ci-joint, à titre d'illustration, une petite vidéo musicale sur Jérusalem :

Prière de ne pas me taper : je ne suis ni juif ni sioniste et il m'arrive aussi de rire aux blagues de Dieudonné, même si celui-ci a parfois des propos incohérents. Un petit exemple : il soutient Bachar El Assad mais aussi ses ennemis acharnés, les sunnites. Néanmoins, je vais le citer, ce Dieudonné (sa dernière vidéo ici), comme pour rétablir l'harmonie ''politique'' de cet humble article. Je vais reprendre à mon compte une de ses phrases qu'il a lui-même emprunté à un résistant fraîchement arrêté par sa police politique : « Avec le temps, j'avais un peu oublié contre quoi je résistais. Mais en voyant vos gueules de cons, la mémoire me revient. » C'est exactement ça. Certes, je ne vois pas les têtes des gens qui, par leurs commentaires, transpirent la plus immense des bêtises... Mais j'imagine. J'imagine très bien.

Publié dans Le roman de DANIEL

Partager cet article

Repost0

Le Grand Mystère de la conscience.

Publié le par Miteny

Comme vous le savez sûrement, ce blog a été créé et continue de vivre dans le seul but de m'aider à résoudre le délicat et épineux problème de la conscience. A-t-il réussi ? En grande partie oui puisqu’il m'a permis de comprendre un fait important : l’insuffisance du corps. Les causes biologiques, c'est à dire le fonctionnement de cette fabuleuse machine qu’est le corps humain, ne peuvent pas suffire à expliquer l'existence de la conscience de soi. Je pense que c’est clair. Clair et irréfutable. Mais est-ce suffisant ? Ne serait-ce pas là au contraire qu'une introduction ? En effet, quand on dit que quelque chose manque mais qu'on ne dit rien sur ce qui manque, il est indéniable que le travail n'est pas terminé...

Pour tenter d'aller plus loin, je vais prendre un exemple en imaginant que je suis un des Jack Harper du film Oblivion . Comme vous le savez, je ne suis donc qu'un clone, une copie de l'original, un peu comme le sont les copies de Bob de l'expérience de pensée que j'avais imaginé dans cet article et reprise dans cet article. Je ne suis qu'une copie, un énième exécutable, quelconque parmi la foule des Jack Harper. Tech72 par exemple. Qu'est ce qui me différencie des autres Tech à part le numéro ?

  • Pas le corps puisque nous avons tous le même corps.

  • Pas l'histoire puisque nous avons tous la même histoire, les mêmes souvenirs.

Dans ces conditions, comme définir le ''moi'', comment Tech72 peut-il définir son ''moi'' ? Par le lien métaphysique me répondrez vous probablement tous en chœur... C'est le lien métaphysique qui est censé faire la différence. Pourtant tous les clones ne sont-ils pas censés avoir le même lien métaphysique ? Ce lien ne serait-il donc qu'un artifice inutile due à l'illusion que serait l'insuffisance du corps ??

Pour répondre à cette question, il faut d'abord rappeler que, comme je l'ai déjà expliqué plusieurs fois, ce lien n'est pas n'importe quoi : il n'est pas juste une fonction supplémentaire comme pourrait l'être un organe ou un bout de cerveau... En fait, il définit carrément ce qu'est la réalité. Dans mes posts précédents, j'ai dû admettre l'existence de plusieurs réalités pour résoudre le problème que me posait l'existence de plusieurs consciences. Attardons-nous un peu sur ce point bien étrange... Plusieurs réalités... Qu'est ce que cela peut bien signifier ? De prime abord, il est naturel de penser qu'il n'y a qu'une réalité. Un certain corps va produire de la douleur quand il est frappé ou ne va pas en produire : c'est soit l'un, soit l'autre. C'est bien ce que la logique semble nous suggérer. Eh bien non !! Aussi étonnant que cela paraisse, les deux affirmations contradictoires sont réelles en même temps. Impossible et absurde ? Vous êtes sûr ?

Reprenons donc la définition du mot réalité par wikipédia : « Le mot réalité désigne l’ensemble des phénomènes considérés comme existant effectivement par un sujet conscient. Ce concept désigne donc ce qui est perçu comme concret, par opposition à ce qui est imaginé, rêvé ou fictif. » Par un sujet conscient !! C'est écrit noir sur blanc dans le dictionnaire !!

C'est une précision très importante, car selon le sujet conscient, telle ou telle douleur sera ou ne sera pas réelle : c'est clair. Et d'ailleurs, je n'ai pas arrêté de l'expliquer sur ce blog. La définition même du mot réalité implique ainsi nécessairement la prise en compte de plusieurs réalités. Considérons maintenant l'affirmation A : ce corps produit de la douleur quand il est frappé. Cette affirmation est-elle vraie ou fausse ? Pour être sûr de bien répondre, continuons à adopter une démarche rigoureuse et assurons-nous de la définition du concept de vérité. D'après le dictionnaire, est vrai ce qui est conforme à la réalité ou ce qui se déduit logiquement, comme, par exemple, un théorème mathématique.

Dans ce cas là, c'est évidemment la première partie de la définition qui est pertinente. Pour avoir la réponse à notre question, il faut donc se demander si l'affirmation A est conforme à la réalité. Or la réponse est oui.. et non !! Cela dépend de la réalité dont on parle. Ce qui implique que l'affirmation A est à la fois vraie et fausse... Étonnant non ?!!

Étonnant et vertigineux. Car on peut alors se poser les questions suivantes : l'existence de plusieurs réalités est-elle vraie ? Est-elle réelle ? Est-il possible qu'une affirmation soit à la fois vraie et fausse ? La réponse à cette question peut-elle être vraie et fausse en même temps ?? Ce vertige rejoint celui que ressent Tech72 lorsqu'il essaie de définir ce qui le distingue des autres alors même qu'il comprend que rien ne peut le distinguer des autres.... Puisqu'il n'est qu'un clone quelconque. Pourtant quelque chose doit le distinguer des autres puisqu'il se sait distinct !!

En fait, c'est simple... À condition d'être rigoureux dans la définition des mots que l'on emploie. Il y a plusieurs réalités mais il n'y a qu'une seule logique. Si on définit la vérité comme l'ensemble des affirmations/propositions qui se déduisent logiquement, alors il n'y a qu'une vérité, laquelle englobe l'existence de plusieurs réalités. Bien sûr, les gens pensent généralement qu'il n'y a qu'une réalité... Simplement parce qu'ils confondent réalité et vérité. Tout cela n'est qu'une question de définition en fin de compte. Comme souvent.

On peut comprendre que cette confusion soit faite. Comment ne pas confondre vérité et réalité lorsqu'on considère que l'affirmation A citée plus haut ne peut avoir qu'une réponse ? Et on ne peut pas voir les choses autrement quand on pense qu'il n'y a que la matière. En effet tout processus physique qui engendre des phénomènes ne peut pas à la fois faire son boulot et ne pas faire son boulot : une seule solution est possible, il ne saurait en être autrement. Et cette solution est la réalité, qui du coup, ne peut être qu'unique. Autrement dit, lorsque l'on est matérialiste, on pense obligatoirement que la réalité est créée par la matière et que donc il n'y en a qu'une. Seulement, il faut voir les choses autrement et sortir de son ornière : l'affirmation A peut être à la fois vraie et fausse parce que le lien métaphysique crée une réalité supplémentaire à chaque fois qu'il ''agit'' sur la matière. C'est inévitable.

En vérité, la physique est incapable de fabriquer la moindre ''réalité'', telle que définie officiellement. Cette dernière est avant tout un concept MÉTAphysique : constituée de l'ensemble des quale, à savoir le plaisir, la douleur, ce qu'on voit, ce qu'on entend, ce qu'on touche, elle est issue des informations issues du monde extérieur qui sont traitées par le cerveau puis affectées par une sorte de substance ''divine'' que j'avais déjà évoquée dans cet article. Cette substance, ce lien métaphysique donne une sorte de valeur aux informations traitées et leur confèrent ainsi un statut de réalité. La nature de ce lien métaphysique correspond à la façon dont la personne appréhende le monde qui l'entoure... comme je l'ai expliqué dans cet article. En fait les deux s'influencent mutuellement : le côté matériel, c'est à dire l'environnement, la culture, les gènes, l'histoire personnelle, vont très profondément dicter ce que sera le lien d'une personne même si l'inverse n'est pas exclu. Ce qui rend le problème de la définition de la liberté encore plus complexe... Mais c'est un autre sujet.

Quoi qu’il en soit, la question principale de cet article vient de prendre une autre forme. Il s'agit maintenant de s'interroger sur la nature de cette substance divine, ce lien métaphysique, qui permet de ''fabriquer'' des réalités. Pourrait-on par exemple modéliser mathématiquement celui-ci ?? Le ''réduire'' en équations ?? En toute logique non, car sinon il serait modélisable et donc reproductible. Ce qui, vous le savez maintenant si vous avez été attentif à l'histoire de Jack Harper, est totalement impossible. Il faut donc imaginer qu'il fasse partie d'une autre sorte de ''choses''...

Oblivion-01.jpg

Reprenons calmement : Nous avons déjà vu que l'organisation de la matière est un langage mathématique, je l'ai expliqué moult fois. Les briques élémentaires de la matière sont des ''objets'', des concepts, assimilables à des 0 et 1 : voir cet article de 2012. Appelons les concepts de type L. Considérons maintenant que l'ensemble des liens métaphysiques existants, car il y en a beaucoup, soient des concepts de type S. La question que j'ai amenée par cet article est donc en fait la suivante : quelle est la différence entre un concept L et un concept S ?

Eh bien, je l'ai presque pratiquement déjà dit en fait : le concept L est le nom qu'on lui donne, le concept S non. Le concept L se réduit à sa notation ou à son expression mathématique, le concept S non... Alors bien sûr, les mots de Dieu ne sont pas comme les nôtres, ils sont plus précis. Mais l'idée reste la même : l'important pour un concept L n'est pas ce qu'il est en lui-même mais ce qu'il est par rapport aux autres concepts L. Et dans ce cas là, une notation, un code, une formule, suffit à recouvrir tout ce qu'il est. Au contraire, un concept S est inconnaissable par nature. Il sera donc toujours bien plus que n'importe quel nom qu'on pourrait lui donner. On peut lui en donner un, certes : c'est d'ailleurs ce que je fais en l'appelant ''concept S'' ou ''lien métaphysique''. Mais on ne pourra jamais dire qu'il EST ce nom et RIEN D'AUTRE. Une description ne pourra jamais être suffisamment précise pour envelopper l'entièreté de sa nature.

« Mais pour la matière non plus !! » me rétorquerez vous sans doute en beuglant comme un veau. Eh bien si... La matière est une organisation de concepts L, et rien d'autre. Elle est un ensemble de briques fondamentales, qui sont en fait des notations, des noms et des relations : des informations nommées ou formulées. C'est à dire un langage mathématique assimilable par exemple à la notion de groupe, mais en très élaboré. C'est d'ailleurs ce que j'ai répété à longueur d'articles en 2012 : l'univers est un langage... Certes sophistiqué, comme je l'ai illustré une nouvelle fois la semaine dernière, mais langage tout de même, ou code informatique si vous préférez cette métaphore. Or le langage, par définition, est constitué de mots qui sont leurs noms. C'est fort, c'est très fort. Vous n'allez pas nier qu'un mot est son nom, non ?

Par contre, au contraire du concept L, le concept S sera toujours plus que son nom. Ou que sa description, laquelle ne sera toujours qu'une suite de mots, donc aussi un concept L. Les concepts L formant un groupe au sens mathématique du terme : toute combinaison de concepts L fera partie du groupe des concepts L... J'espère que vous suivez.

Maintenant, tout en admettant l'évidente existence des concepts L, vous seriez sans doute tentés de me demander si l'existence des concepts S est possible, ne serait-ce que théoriquement. Et j'aurais tendance à vous répondre que non seulement elle est possible mais qu'elle est aussi nécessaire à l'existence des concepts L. Car après tout, qu'est ce qu'un nom ?

Un nom est une information. D'ailleurs j'ai souvent expliqué que la matière est information, ne serait-ce que le mois dernier par exemple, confirmant ainsi que la matière est une organisation mathématique, et rien d'autre. Le langage complexe qu'est la matière organisée représente toutes les formes que peut prendre l'existence. Autrement dit, tout ce que le concept S pourrait être. Les noms qu'il pourrait avoir... Tout ce qu'il ne sera jamais, car par définition le concept S ne peut pas se réduire à une description. Sinon il ferait partie du groupe des concepts L et donc serait incapable d'être la touche finale qui permet à la conscience de soi d'exister.

Dieu a besoin des concepts L pour tenter de se définir. Et, de la même façon, l'existence des noms n'a pas de sens s'il n'y a rien à nommer. On comprend pourquoi le type S est nécessaire à l'existence du type L. Et inversement. Un nom n'a de sens que par rapport aux autres noms : le 0 ne signifie rien sans le 1. Un concept L n'existe réellement qu'au sein d'une organisation de concepts L, au contraire du concept S, qui lui, peut exister par lui-même. Le concept S, le lien métaphysique, cherche à savoir ce qu'il est à partir des concepts L mais ne pourra jamais être satisfait. Au contraire, le concept L ne pourra jamais savoir qu'il n'est qu'un nom, car il est incapable de prendre conscience de lui-même seul, comme cela a été expliqué plus d'une fois sur ce blog. Et répété ici. Tout cela est bien étrange, bien mystérieux. Mais n'est ce pas la nature même de Dieu d'être un Grand Mystère ? N'est ce pas là ce que l'on a toujours entendu sur Lui ? Je crois qu'il est grand temps de faire le point sur ce qu'apporte cet article trop complexe pour être compris par le commun des mortels :

  • Au début de cet article je me demandais une nouvelle fois comment un clone pouvait réussir à se distinguer des autres clones alors même que rien ne peut le distinguer des autres.

  • J'en déduisais que le lien métaphysique avait seul ce pouvoir de ''créer la réalité'', cette dernière étant considérée dans la perspective de sa définition officielle.

  • Approfondissant le problème de la nature de ce fameux lien métaphysique, je me suis rendu compte qu'il fallait vraiment distinguer les concepts L, qui, dans leur forme élémentaire, sont leur nom et forment la matière, et les concepts S, inconnaissables par nature, qui constituent l'essence du lien. Qui dit inconnaissable dit incommunicable bien sûr et donc fondamentalement unique. Comme le sont les qualia...

  • Conclusion logique : le concept S peut, du fait de sa nature on ne peut plus mystérieuse, créer des réalités.

Il manque des développements, ça saute aux yeux : le travail n'est pas terminé. Comment une entité ''inconnaissable par nature'' pourrait-elle créer des réalités ? Quelle peut bien être le rapport entre ces deux propositions ? Pour le savoir, il faudrait creuser l'idée du concept inconnaissable par nature. Difficile, même si on peut d'ores et déjà affirmer pratiquement sans se tromper qu'un concept S possède certainement en lui bien plus de richesse, bien plus de puissance qu'un concept L qui n'est qu'un nom ou une organisation de noms : voilà sans doute pourquoi lui seul peut créer des réalités. Alors bien sûr, tout ce que je viens d'expliquer est bien trop ardu et bien trop abstrait pour un article aussi court. D'autant que celui-ci ne sera lu que par quelques internautes dont la débilité dépasse régulièrement les limites de mon imagination pourtant féconde. Je n'ai donc aucun espoir d'être compris là, malgré mes efforts. Vraiment aucun... J'ai par contre la certitude que je serai insulté.

Néanmoins, je me dois d'insister : je tiens là quelque chose. Ne serait-ce le fait que les briques fondamentales de la matière ne sont rien d'autre que des noms organisés mathématiquement entre eux, des informations fondamentales avec leurs interactions. La matière est un langage mathématique, informatique... Cela avait déjà été dit, mais là, l'idée se précise et c'est à mon humble avis une avancée fondamentale pour la science.

À suivre...

Petite vidéo musicale ayant un lien ténu avec le sujet de l'article.

Partager cet article

Repost0