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Une résurrection qui laisse perplexe.

Publié le par Miteny

Déjà l'avant-dernier article de ma petite série sur l'énigme que constitue la figure du personnage messianique. Aujourd'hui, le sujet est ardu, puisque je compte parler de la résurrection, rien de moins que ça !!
Les trois grandes religions monothéistes attendent la résurrection des morts à la fin des temps, c'est bien connu et beaucoup d'entre vous trouvent cela complètement stupide, je le sais. Mais avant de conclure définitivement que ce rêve plusieurs fois millénaire est débile, délirant ou totalement puéril, ne faut-il pas au moins se demander ce qu'est vraiment une résurrection ?
À mon avis, la question mérite d'être étudiée, surtout quand on sait qu'un lien métaphysique existe...
Tout d'abord, on peut se demander s'il est nécessaire que l'ancien corps du mort soit de nouveau fonctionnel pour que sa résurrection soit considérée comme réussie. Beaucoup de religieux le pensent. Pourtant, cela semble bien absurde. En effet, au cours de la vie, le corps d'une personne change : il grandit, grossit, maigrit, perd ses cheveux, retrouve des cheveux, bronze, blanchit, re-bronze, re-blanchit. Sans parler de la chirurgie esthétique... Bref, on comprend facilement que l'aspect extérieur ne devrait pas compter plus que ça pour une résurrection. Il ne devrait pas être un critère de jugement de la réussite de l'opération. Mais alors quels sont les bons critères ? Autrement dit qu'est ce qui fait l'identité d'un individu et que l'on doit récupérer pour le considérer comme revenu d'entre les morts ? Ses souvenirs, indéniablement. Les liens affectifs qu'il a tissé, les connaissances qu'il a pu acquérir, c'est ce qui fait ''qu'il est lui''.
Prenons un exemple : imaginons que l'on souhaite ressusciter René Descartes.
À mon avis, pour réussir, il faudrait avoir accès à une base de données contenant les souvenirs de ce qu'il a vécu, de ce qu'il savait faire, bref de ce qui était enregistré dans son cerveau à l'époque où celui-ci était à la fois bien rempli et encore en relatif bon état de fonctionnement, puis de charger tout ce contenu dans un cerveau actuellement bien vivant et en bonne santé.
Ce processus aurait pour résultat une sorte de ''résurrection-réincarnation'' de l'ancien René Descartes dans notre monde actuel.
En effet, comprenez bien que le jeune homme qui aura été la ''victime'', si j'ose dire, de cette opération, se réveillera avec tout le vécu de Descartes en mémoire. C'est à dire avec des souvenirs de Paris en 1627, de Stockholm des années 1640, de la reine Christine, etc... Des souvenirs si précis, si intimes, qu'il aura l'impression que ce sont les siens. Il aura l'impression d'être René Descartes fraîchement débarqué au vingt-et-unième siècle tout comme les autres auront l'impression de parler à un authentique René Descartes tant ses dires auront l'air d'être authentiques.
Normal puisqu'il aura des souvenirs très précis à raconter !!
Mais ce n'est pas tout. En effet, n'ai-je pas à de nombreuses reprises expliqué que la nature du lien métaphysique était un composant essentiel de la personnalité ?
Il y a le corps, les souvenirs, les connaissances - ce qu'on pourrait appeler la mémoire, le disque dur - mais aussi le lien métaphysique. Il faut tout ça pour faire quelqu'un : comme je l'ai déjà écrit, il y a des relations étroites entre une partie de la nature de la personnalité d'une personne et la qualité de son lien métaphysique.

Ainsi donc, s'il était possible de réunir un corps, un bon lien métaphysique et les souvenirs adéquats, on pourrait envisager de ressusciter les morts !
Cela nous permettrait de faire d'incroyables voyages dans le passé : songez à la quantité de données stockées dans les cerveaux des disparus. Il y a des images, des sons, des odeurs... Y avoir accès, c'est pratiquement se plonger la tête la première dans l'environnement de ces personnes. Tout simplement formidable. De telles possibilités auraient d'importantes conséquences pour la notion de disparition dans notre civilisation : on ne serait plus aussi crispé sur notre petite vie absurde. On ne chercherait plus par tous les moyens à la prolonger d'un an, d'un mois, d'une heure. On pourrait alors acquérir de la distance, du recul sur le contenu de notre propre existence. On serait ainsi plus cool, plus enclin à penser aux autres. Le monde changerait radicalement. Comme le prétendent certains mouvements religieux, celui-ci deviendrait alors vraiment complètement nouveau.
Alors bien sûr, la question qui tue est évidemment la suivante : un tel chargement est-il possible ? Un tel transfert de données est-il envisageable ?
Rappelez vous de ce que j'ai dit sur le messie dans l'un des précédents articles de cette petite série : cet individu deviendrait le gestionnaire d'un hypothétique centre serveur métaphysique, pouvant créer et supprimer des liens métaphysiques, pouvant accéder à la subjectivité des autres.
Or il est tout à fait plausible que les subjectivités des disparus soient sauvegardées au niveau de ce centre serveur : il n'y a en effet aucun principe logique qui empêche des données du passé d'être accessibles plus tard. On peut de nos jours accéder à des données du passé stockés dans le sous-sol par exemple. De la même façon, aucun paradoxe n'interdirait d'accéder à des contenus de subjectivités situés à un point passé de l'espace-temps.

Ce qui est vraiment totalement absurde, c'est d'imaginer que l'on puisse physiquement voyager dans le passé de sorte à pouvoir y changer le cours des événements. La relativité restreinte nous apprend que le voyage dans le futur est possible, certes, je pense que vous le savez tous*, mais pas le voyage dans le passé.... Tout ce que l'on peut espérer, c'est pouvoir accéder aux informations du passé, à condition qu'elles soient stockées depuis leur ''enregistrement'' sur un quelconque support.
Le problème est que, normalement, le support des subjectivités, c'est le corps. Mais ceux dont on parle étant désintégrés depuis longtemps, il faut envisager soit un support métaphysique, ce qui ne me semble pas très raisonnable, soit un écoulement différent du temps au niveau du centre serveur qui permettrait un accès aux informations du passé depuis aujourd'hui. Dans ce dernier cas, l'éventualité d'un transfert d'informations du futur vers le passé ne serait alors plus si inenvisageable que ça... Tout du moins dans certaines conditions très précises de sorte à éviter tout paradoxe temporel : ce serait ainsi que les prophètes comme Daniel ou Jésus auraient été inspirés.
En tout cas, voilà pourquoi j'imagine très bien que Dieu, dans sa grande sagesse, ait prévu un système de sauvegarde des subjectivités des disparus au niveau du centre serveur métaphysique pour notamment permettre au gestionnaire de ce supposé ''centre'' de les connecter à celles de personnes encore bien vivantes.
Puisqu'aucun PARADOXE ne l'interdit, pourquoi pas ne pas l'envisager ?
« À chaque fois qu'un homme meurt, c'est une bibliothèque qui brûle » a dit le grand sage peul Amadou Hampate Ba. Autoriser toutes ces bibliothèques à brûler sans une petite possibilité de sauvegarde de derrière les fagots me paraîtrait pour le moins dommage.
Si cette sauvegarde des subjectivités disparues est réelle, alors le gestionnaire du centre serveur pourra autoriser le transfert des données de ces subjectivités vers des corps bien vivants, tout en renforçant le lien métaphysique du corps ''rempli'' de nouvelles données. Ce qui reviendrait, d'après ce qu'on a dit en début d'article, à procéder à une résurrection !!
Une telle opération aurait le même effet que de se brancher une clé USB sur le cortex. Personne ne sait encore quel effet ça fait, mais beaucoup de scientifiques nous promettent que bientôt, nous pourrons nous injecter directement des connaissances ou des souvenirs artificiels : c'est en tout cas ce que certains ont déjà réussies à faire sur des souris...
Selon moi, ça donne l'impression de progressivement retrouver la mémoire au fur et à mesure du chargement des données. Et c'est sans aucun doute l'impression que nous aurions si le messie gestionnaire nous téléchargeait des données de disparus. Ce serait génial ! À condition bien sûr que le disparu en question fût quelqu'un de bien, cela va sans dire....
Nous sommes tous coincés dans notre petit écran (voir ici pour comprendre à quel écran je fais référence) sans possibilité d'accéder à d'autres données subjectives que celles stockées dans un et un seul cerveau. Cela a des avantages, mais aussi un terrible inconvénient : nous faire croire que rien d'autre que notre unique corps peut nous permettre d'avoir une conscience... Comme si celui était ''magique''.
Tant que cet isolement perdurera, tous les humains resteront tristement cloisonnés. Mais dès que les transferts d'informations via le lien métaphysique sera possible, alors le monde sera vraiment différent. Il devra même faire face à une révolution si extraordinaire qu'on pourrait la comparer aux plus grandes prophéties bibliques.
Mais si (messie !!), rappelez vous... Dans la Bible, à la fin des temps, les morts sont réveillés pour être jugés par l'Agneau, qui symbolise le messie, l'incarnation de Dieu sur Terre. Ensuite, ceux qui sont déclarés dignes d'être sauvés sont ressuscités et vivent heureux dans un monde nouveau. Or n'est ce pas ce qui se passerait si le gestionnaire du centre serveur accédait aux subjectivités des disparus ?
Il pourrait évaluer leur contenu et aussi sans doute l'état du lien métaphysique à la mort de la personne. Il pourrait décider de ne pas ''télécharger'' les souvenirs, le ''disque dur'', des gens mauvais pour se concentrer sur ceux qui le méritent. De toute façon, il est fort probable qu'un tel téléchargement soit impossible si le lien qui relie la source à la destination est de mauvaise qualité...
En tout cas, aussi incroyable que cela paraisse, le messie gestionnaire du centre serveur métaphysique pourrait décider de ressusciter telle personne ou de condamner définitivement telle autre. Un pouvoir vraiment extraordinaire.
Si ce que je raconte là n'est pas absurde, alors on peut avoir une petite idée de ce qu'il se passe après la mort. Si on a été jugé digne d'être ressuscité par ''l’Élu'' ou son équipe, alors on se réveille à l'époque messianique dans un corps nouveau qu'on ne connaît pas, frais et dispo. Sympa non ?
Sinon, on est oublié à jamais... Je rappelle que le but de Dieu est la sophistication des liens métaphysiques en général et du sien en particulier : inutile donc de s'encombrer de boulets, uniquement motivés par la bêtise et le mal. C'est l'occasion ou jamais de citer une nouvelle fois un de mes versets préférés (Apocalypse 11.18) : « Les nations se sont irritées et ta colère est venue, et le temps est venu de juger les morts, de récompenser tes serviteurs les prophètes, les saints et ceux qui craignent ton nom, les petits et les grands, et de détruire ceux qui détruisent la terre. »
Vous commencez à comprendre les conséquences du très éventuel avènement messianique qui pourrait a priori se produire entre 2005 et 2050 puisque toutes les conditions sont réunies ?
Bien sûr, je spécule, je science-fictionne... Évidemment. Mais sait-on jamais... Faites gaffe quand même. Fantastiquement vôtre.


* Je vous conseille à ce propos la petite animation sur la relativité restreinte que j'avais faite en 2008.

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Dans la fosse aux lions.

Publié le par Miteny

Épisode 8 de la saga dieuexiste.com... (L'épisode précédent est ici).

Tout à coup, Glandon décida de tourner à droite, sur une route de campagne, bien plus étroite que la D613 dite route de Paris sur laquelle il se trouvait. La BMW les suivit. Au bout de quelques kilomètres l'inévitable quand on roule à plus de 120 km/h sur ce type de chemin très étroit arriva : un face à face sans pouvoir s'arrêter. Pour ne pas se scratcher, Robert dut bifurquer violemment vers le champ, ce qui fit crier la jeune Helena, toute blottie contre Mitney. Les méchants s'arrêtèrent pour observer la scène.
Au bout de quelques centaines de mètres, la Z3 se trouva face à un grand grillage. L'américain décida de l'enfoncer, ce qui coinça et abîma la belle voiture. Les quatre descendirent pour continuer en courant. Au sein de la propriété dans laquelle ils s'étaient illégalement introduits, il y avait là quelques bâtiments mais peu de personnes. Il était visiblement trop tôt. Helena, toute stressée par la situation mais particulièrement sexy même avec les vêtements de Mitney, se servit de son revolver pour ouvrir une porte.
« Paskutinis, dit-elle tranquillement.
  - On dirait que nous sommes dans un zoo. Regardez, il y a une sorte d'enclos ici, ajouta Rosnard.
  - Probablement le zoo de Lisieux, précisa Mitney. »

Hélas, leurs poursuivants étaient déjà là. Les quatre aventuriers décidèrent de se cacher derrière les gros cailloux de la fosse qu'ils venaient de repérer. De là, ils pourraient observer discrètement le comportement de ceux qui voulaient les attraper pour les torturer. Trois hommes entrèrent puis regardèrent dans la fosse avant de disparaître du champ de vision des fugitifs. Quelques minutes plus tard, un mécanisme se fit entendre. Tout au fond, à gauche, une porte grillagée s'ouvrait lentement.
« J'ai peur de ce qui va venir de ce tunnel » s'inquiéta Rosnard. Les prisonniers se serrèrent les uns contre les autres, Mitney se débrouillant pour n'être jamais très loin d'Helena. « I'll protect you » lui susurra-t-il à l'oreille. En retour, elle lui sourit. C'est alors qu'un énorme lion pénétra dans la fosse. Puis un autre. Et enfin une lionne. Cette fois, la situation était vraiment critique. Rosnard, Glandon, Helena et Mitney se mirent debout, pour faire face aux bêtes. En haut, au niveau de la vitre, les trois gangsters souriaient. Ils étaient fiers de leur coup. Mais ils durent entendre le gardien arrivé car ils déguerpirent très rapidement.
Mitney eut alors un geste insensé. Non, il ne retira pas sa burqa pour se montrer nu devant les félins, mais il s'avança vers eux tout en répétant tranquillement c'est un signe, c'est un signe, Daniel est en moi. Il voulait également montrer son courage pour impressionner la belle.
Il serait le prince, elle serait la princesse, il vaincrait le lion, elle tomberait amoureuse...
Le gardien arriva. Dès qu'il vit la scène, il se précipita sur son téléphone, probablement pour appeler la police, voire éventuellement les dresseurs. Puis il entrouvrit la porte de la fosse pour encourager Rosnard, Glandon et Helena à sortir discrètement pendant que Mitney faisait diversion.
Celui-ci, dans un geste de pure folie, alla jusqu'à toucher la tête du plus gros des lions, une énorme bête dotée d'une immense crinière noire. Il le caressa, et aussi extraordinaire que cela paraisse, le félin se laissa faire. Puis Mitney recula, en étant toujours face au roi des animaux. Il arriva jusqu'à la porte, puis sortit... Aussitôt le gardien l'empoigna :
« Dis donc, mon gars, tu m'as l'air sacrément fêlé. Mais qu'est ce que c'est que cette robe de gourou ? C'est un suicide collectif, c'est ça ? Croyez moi, vous n'allez pas vous en sortir comme ça, bande de détraqués... Et en plus vous embarquez cette pauvre jeune fille innocente dans vos conneries. Une honte !! ... (…) ... Pervers !! Saloperie !!
  - Je suis le prophète Daniel de retour après sept temps d'absence. Toutes ces coïncidences ne sont pas l’œuvre du hasard. C'est impossible. Car oui mes amis, après avoir vécu le chapitre 5, nous venons de vivre le chapitre 6. C'est extraordinaire, c'est miraculeux... Il faut prier.
  - J'en étais sûr ! Un enfoiré de gourou à la mords-moi-le-nœud !! J'ai bien envie de te remettre avec les lions, escroc ! T'inquiète, j'ai appelé les flics et là, on va voir si tu la ramènes encore.
  - Tu ne peux rien contre le destin, mécréant.
- Vas-y, traite moi encore et tu vas voir à quoi sert ce fouet. Vas-y, du courage... Violeur de blonde. »
C'est alors que Rosnard prit la parole pour calmer le jeu. Il expliqua que lui et ses amis ne constituaient nullement une secte mais qu'ils avaient été retenu prisonniers par des assassins auxquels ils avaient arraché la jeune personne et qu'ils souhaiteraient vraiment raconter tout cela à la gendarmerie. Le gardien ne parut pas convaincu et les enferma dans un petit bureau du bâtiment des lions.

Glandon s'en prit à Mitney :
« Mais pourquoi tu délires comme ça ? Il est persuadé que nous sommes des cinglés maintenant. Qu'est ce qui te prend ?
  - Tu ne vois pas ce qu'il s'est passé ici ? Tu ne connais pas le chapitre 6 du livre de Daniel ?
Je vais te le raconter alors : Darius le perse a remplacé Belschatsar le babylonien lors de l'épisode de l'écriture sur le mur. Je t'ai raconté tout ça dans la voiture. Daniel le sage ne souffre pas de ce changement de régime car ses talents l'aident à se faire aimer du nouveau roi. Ce qui suscite la jalousie des autres notables perses, les satrapes notamment, qui décident de se venger de l'israélite. Par la ruse, ils arrivent à faire en sorte que le roi édite un décret interdisant tout culte autre que celui que l'on doit rendre à sa personne royale. Évidemment, Daniel ne l'applique pas car il ne peut arrêter de rendre hommage au Dieu des juifs. C'est un fidèle parmi les fidèles.
Les satrapes s'arrangent donc pour le prendre sur le fait et le faire condamner à être jeté dans la fosse aux lions. Pris au piège, Darius est obligé de s'exécuter, malgré son affection pour Daniel. Le soir, juste avant de le donner en pâture aux féroces félins, il exhorte néanmoins celui-ci à prier pour être protégé. Pendant la nuit, Darius dort très mal, car il s'inquiète.
Dès l'aube, il se précipite pour voir si son plus talentueux conseiller a survécu. Et, miracle, non seulement il a survécu mais en plus il n'a pas une égratignure. Daniel est réhabilité et ses accusateurs jetés aux lions et aussitôt dévorés par ces derniers.
  - Belle histoire, largement romancée, mais très rafraîchissante. Qui ne doit en tout cas pas te faire penser que tu es la réincarnation de Daniel.
  - C'est vrai, là, j'ai peut-être pété un peu les plombs. La fatigue sans doute. La somme d'aventures que j'ai eu depuis que tu as sonné chez moi est proprement hallucinante. Et puis je vois tellement de signes. Même le château dans lequel nous avons été prisonniers. Il est... Il est... Ah non, je préfère ne pas en parler.
  - Mais c'est tout le temps comme ça avec moi. Mes amis aux États-Unis m'appellent Indiana Jones. D'ailleurs je peux vous le dire maintenant, après tout ce que nous avons vécu ensemble : si Iznogoud me détestait tellement, c'est parce que j'ai récupéré des parchemins qu'il avait volé à l'État français. En tout cas qui lui appartenaient légalement car trouvés sur son sol. Voyez, tout comme le docteur Jones !
  - Tu oublies les signes !! Les signes !! »

Helena qui pendant ce temps là écoutait sans rien comprendre, avait récupéré le pull de Rosnard, car elle tremblait de froid. Mitney calmé s'en aperçut et entreprit de la réchauffer. S'engagea une conservation en anglais à laquelle Rosnard ne pouvait participer, étant trop juste linguistiquement. On fit les présentations puis la jeune lituanienne expliqua comment elle avait été trompée par ce riche irakien pour être finalement kidnappée puis intégrée de force à son harem. Elle pensait se suicider lorsque se déroula l'épisode de l'écriture sur le mur qui fut pour elle libérateur.
Le débat dériva sur l'islamisme et la burqa. Mitney, qui voulait toujours ramener sa science, fit remarquer que les femmes en burqa avaient de graves carences en vitamine D, notamment parce que la lumière du soleil est nécessaire à sa synthèse. Il rajouta que l'être humain n'est pas fait pour être toujours entièrement recouvert d'habits. Helena acquiesça. Puis elle félicita Mitney pour son courage face aux lions. Celui-ci lui répondit avec un clin d’œil...
Comme les gendarmes tardaient, Glandon demanda au gardien s'ils pouvaient sortir un moment pour se dégourdir les jambes et aller aux toilettes. Celui-ci accepta et montra même les douches à la jeune Helena.
Alors que la native de Vilnius entreprit de se laver, Glandon, Rosnard et Mitney firent quelques pas dehors. Ils remarquèrent alors qu'à leur gauche se trouvait l'enclos des ours bruns alors qu'à leur droite, c'était celui des léopards.

« Regarde le magnifique léopard, Robert. Il est vraiment beau je trouve.
- Ursus arctos syriacus, ours brun de Syrie. Le bestiau que j'ai devant moi n'est pas mal non plus. Maintenant je sens bien que tu vas me dire que Daniel parle d'un ours comme celui là dans le chapitre suivant. Pas la peine, je ne te croirai pas.
- Pourtant c'est le cas. Et la coïncidence parait encore plus extraordinaire lorsqu'on sait qu'en fait, dans le chapitre 7, il parle d'un ours... et d'un léopard !!
- Tu vas me dire qu'après avoir échappé à une fosse aux lions, Daniel échappe à une fosse d'ours et de léopards ? Je suis peut-être naïf, mais pas à ce point là.
- Non, ce n'est pas une histoire de fosse, mais une vision, une prophétie.
- Ah !! Raconte moi ça, je suis tout ouïe. »
 Helena les rejoignit, toute pimpante, fraîche et jolie comme une rose Charles de Gaule, ainsi que Rosnard, qui revenait des éléphants. Tous s'assirent sur l'herbe devant Mitney. Celui-ci monta sur une petite bosse pour paraître plus grand. Il ressemblait à Jésus prononçant son sermon sur la montagne... mais en beaucoup plus modeste. Il s'apprêtait à ouvrir la bouche pour délivrer sa parole lorsque Rosnard demanda s'il n'y avait pas par hasard ''quelque chose à bouffer dans ce putain de zoo''. Les autres le regardèrent comme s'il avait craché sur la vierge Marie. Alors il se tut.
La suite le mois prochain, comme d'habitude.

 

a8-lions.jpg

Publié dans Le roman de DANIEL

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