Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le Grand Mystère de la conscience.

Publié le par Miteny

Comme vous le savez sûrement, ce blog a été créé et continue de vivre dans le seul but de m'aider à résoudre le délicat et épineux problème de la conscience. A-t-il réussi ? En grande partie oui puisqu’il m'a permis de comprendre un fait important : l’insuffisance du corps. Les causes biologiques, c'est à dire le fonctionnement de cette fabuleuse machine qu’est le corps humain, ne peuvent pas suffire à expliquer l'existence de la conscience de soi. Je pense que c’est clair. Clair et irréfutable. Mais est-ce suffisant ? Ne serait-ce pas là au contraire qu'une introduction ? En effet, quand on dit que quelque chose manque mais qu'on ne dit rien sur ce qui manque, il est indéniable que le travail n'est pas terminé...

Pour tenter d'aller plus loin, je vais prendre un exemple en imaginant que je suis un des Jack Harper du film Oblivion . Comme vous le savez, je ne suis donc qu'un clone, une copie de l'original, un peu comme le sont les copies de Bob de l'expérience de pensée que j'avais imaginé dans cet article et reprise dans cet article. Je ne suis qu'une copie, un énième exécutable, quelconque parmi la foule des Jack Harper. Tech72 par exemple. Qu'est ce qui me différencie des autres Tech à part le numéro ?

  • Pas le corps puisque nous avons tous le même corps.

  • Pas l'histoire puisque nous avons tous la même histoire, les mêmes souvenirs.

Dans ces conditions, comme définir le ''moi'', comment Tech72 peut-il définir son ''moi'' ? Par le lien métaphysique me répondrez vous probablement tous en chœur... C'est le lien métaphysique qui est censé faire la différence. Pourtant tous les clones ne sont-ils pas censés avoir le même lien métaphysique ? Ce lien ne serait-il donc qu'un artifice inutile due à l'illusion que serait l'insuffisance du corps ??

Pour répondre à cette question, il faut d'abord rappeler que, comme je l'ai déjà expliqué plusieurs fois, ce lien n'est pas n'importe quoi : il n'est pas juste une fonction supplémentaire comme pourrait l'être un organe ou un bout de cerveau... En fait, il définit carrément ce qu'est la réalité. Dans mes posts précédents, j'ai dû admettre l'existence de plusieurs réalités pour résoudre le problème que me posait l'existence de plusieurs consciences. Attardons-nous un peu sur ce point bien étrange... Plusieurs réalités... Qu'est ce que cela peut bien signifier ? De prime abord, il est naturel de penser qu'il n'y a qu'une réalité. Un certain corps va produire de la douleur quand il est frappé ou ne va pas en produire : c'est soit l'un, soit l'autre. C'est bien ce que la logique semble nous suggérer. Eh bien non !! Aussi étonnant que cela paraisse, les deux affirmations contradictoires sont réelles en même temps. Impossible et absurde ? Vous êtes sûr ?

Reprenons donc la définition du mot réalité par wikipédia : « Le mot réalité désigne l’ensemble des phénomènes considérés comme existant effectivement par un sujet conscient. Ce concept désigne donc ce qui est perçu comme concret, par opposition à ce qui est imaginé, rêvé ou fictif. » Par un sujet conscient !! C'est écrit noir sur blanc dans le dictionnaire !!

C'est une précision très importante, car selon le sujet conscient, telle ou telle douleur sera ou ne sera pas réelle : c'est clair. Et d'ailleurs, je n'ai pas arrêté de l'expliquer sur ce blog. La définition même du mot réalité implique ainsi nécessairement la prise en compte de plusieurs réalités. Considérons maintenant l'affirmation A : ce corps produit de la douleur quand il est frappé. Cette affirmation est-elle vraie ou fausse ? Pour être sûr de bien répondre, continuons à adopter une démarche rigoureuse et assurons-nous de la définition du concept de vérité. D'après le dictionnaire, est vrai ce qui est conforme à la réalité ou ce qui se déduit logiquement, comme, par exemple, un théorème mathématique.

Dans ce cas là, c'est évidemment la première partie de la définition qui est pertinente. Pour avoir la réponse à notre question, il faut donc se demander si l'affirmation A est conforme à la réalité. Or la réponse est oui.. et non !! Cela dépend de la réalité dont on parle. Ce qui implique que l'affirmation A est à la fois vraie et fausse... Étonnant non ?!!

Étonnant et vertigineux. Car on peut alors se poser les questions suivantes : l'existence de plusieurs réalités est-elle vraie ? Est-elle réelle ? Est-il possible qu'une affirmation soit à la fois vraie et fausse ? La réponse à cette question peut-elle être vraie et fausse en même temps ?? Ce vertige rejoint celui que ressent Tech72 lorsqu'il essaie de définir ce qui le distingue des autres alors même qu'il comprend que rien ne peut le distinguer des autres.... Puisqu'il n'est qu'un clone quelconque. Pourtant quelque chose doit le distinguer des autres puisqu'il se sait distinct !!

En fait, c'est simple... À condition d'être rigoureux dans la définition des mots que l'on emploie. Il y a plusieurs réalités mais il n'y a qu'une seule logique. Si on définit la vérité comme l'ensemble des affirmations/propositions qui se déduisent logiquement, alors il n'y a qu'une vérité, laquelle englobe l'existence de plusieurs réalités. Bien sûr, les gens pensent généralement qu'il n'y a qu'une réalité... Simplement parce qu'ils confondent réalité et vérité. Tout cela n'est qu'une question de définition en fin de compte. Comme souvent.

On peut comprendre que cette confusion soit faite. Comment ne pas confondre vérité et réalité lorsqu'on considère que l'affirmation A citée plus haut ne peut avoir qu'une réponse ? Et on ne peut pas voir les choses autrement quand on pense qu'il n'y a que la matière. En effet tout processus physique qui engendre des phénomènes ne peut pas à la fois faire son boulot et ne pas faire son boulot : une seule solution est possible, il ne saurait en être autrement. Et cette solution est la réalité, qui du coup, ne peut être qu'unique. Autrement dit, lorsque l'on est matérialiste, on pense obligatoirement que la réalité est créée par la matière et que donc il n'y en a qu'une. Seulement, il faut voir les choses autrement et sortir de son ornière : l'affirmation A peut être à la fois vraie et fausse parce que le lien métaphysique crée une réalité supplémentaire à chaque fois qu'il ''agit'' sur la matière. C'est inévitable.

En vérité, la physique est incapable de fabriquer la moindre ''réalité'', telle que définie officiellement. Cette dernière est avant tout un concept MÉTAphysique : constituée de l'ensemble des quale, à savoir le plaisir, la douleur, ce qu'on voit, ce qu'on entend, ce qu'on touche, elle est issue des informations issues du monde extérieur qui sont traitées par le cerveau puis affectées par une sorte de substance ''divine'' que j'avais déjà évoquée dans cet article. Cette substance, ce lien métaphysique donne une sorte de valeur aux informations traitées et leur confèrent ainsi un statut de réalité. La nature de ce lien métaphysique correspond à la façon dont la personne appréhende le monde qui l'entoure... comme je l'ai expliqué dans cet article. En fait les deux s'influencent mutuellement : le côté matériel, c'est à dire l'environnement, la culture, les gènes, l'histoire personnelle, vont très profondément dicter ce que sera le lien d'une personne même si l'inverse n'est pas exclu. Ce qui rend le problème de la définition de la liberté encore plus complexe... Mais c'est un autre sujet.

Quoi qu’il en soit, la question principale de cet article vient de prendre une autre forme. Il s'agit maintenant de s'interroger sur la nature de cette substance divine, ce lien métaphysique, qui permet de ''fabriquer'' des réalités. Pourrait-on par exemple modéliser mathématiquement celui-ci ?? Le ''réduire'' en équations ?? En toute logique non, car sinon il serait modélisable et donc reproductible. Ce qui, vous le savez maintenant si vous avez été attentif à l'histoire de Jack Harper, est totalement impossible. Il faut donc imaginer qu'il fasse partie d'une autre sorte de ''choses''...

Oblivion-01.jpg

Reprenons calmement : Nous avons déjà vu que l'organisation de la matière est un langage mathématique, je l'ai expliqué moult fois. Les briques élémentaires de la matière sont des ''objets'', des concepts, assimilables à des 0 et 1 : voir cet article de 2012. Appelons les concepts de type L. Considérons maintenant que l'ensemble des liens métaphysiques existants, car il y en a beaucoup, soient des concepts de type S. La question que j'ai amenée par cet article est donc en fait la suivante : quelle est la différence entre un concept L et un concept S ?

Eh bien, je l'ai presque pratiquement déjà dit en fait : le concept L est le nom qu'on lui donne, le concept S non. Le concept L se réduit à sa notation ou à son expression mathématique, le concept S non... Alors bien sûr, les mots de Dieu ne sont pas comme les nôtres, ils sont plus précis. Mais l'idée reste la même : l'important pour un concept L n'est pas ce qu'il est en lui-même mais ce qu'il est par rapport aux autres concepts L. Et dans ce cas là, une notation, un code, une formule, suffit à recouvrir tout ce qu'il est. Au contraire, un concept S est inconnaissable par nature. Il sera donc toujours bien plus que n'importe quel nom qu'on pourrait lui donner. On peut lui en donner un, certes : c'est d'ailleurs ce que je fais en l'appelant ''concept S'' ou ''lien métaphysique''. Mais on ne pourra jamais dire qu'il EST ce nom et RIEN D'AUTRE. Une description ne pourra jamais être suffisamment précise pour envelopper l'entièreté de sa nature.

« Mais pour la matière non plus !! » me rétorquerez vous sans doute en beuglant comme un veau. Eh bien si... La matière est une organisation de concepts L, et rien d'autre. Elle est un ensemble de briques fondamentales, qui sont en fait des notations, des noms et des relations : des informations nommées ou formulées. C'est à dire un langage mathématique assimilable par exemple à la notion de groupe, mais en très élaboré. C'est d'ailleurs ce que j'ai répété à longueur d'articles en 2012 : l'univers est un langage... Certes sophistiqué, comme je l'ai illustré une nouvelle fois la semaine dernière, mais langage tout de même, ou code informatique si vous préférez cette métaphore. Or le langage, par définition, est constitué de mots qui sont leurs noms. C'est fort, c'est très fort. Vous n'allez pas nier qu'un mot est son nom, non ?

Par contre, au contraire du concept L, le concept S sera toujours plus que son nom. Ou que sa description, laquelle ne sera toujours qu'une suite de mots, donc aussi un concept L. Les concepts L formant un groupe au sens mathématique du terme : toute combinaison de concepts L fera partie du groupe des concepts L... J'espère que vous suivez.

Maintenant, tout en admettant l'évidente existence des concepts L, vous seriez sans doute tentés de me demander si l'existence des concepts S est possible, ne serait-ce que théoriquement. Et j'aurais tendance à vous répondre que non seulement elle est possible mais qu'elle est aussi nécessaire à l'existence des concepts L. Car après tout, qu'est ce qu'un nom ?

Un nom est une information. D'ailleurs j'ai souvent expliqué que la matière est information, ne serait-ce que le mois dernier par exemple, confirmant ainsi que la matière est une organisation mathématique, et rien d'autre. Le langage complexe qu'est la matière organisée représente toutes les formes que peut prendre l'existence. Autrement dit, tout ce que le concept S pourrait être. Les noms qu'il pourrait avoir... Tout ce qu'il ne sera jamais, car par définition le concept S ne peut pas se réduire à une description. Sinon il ferait partie du groupe des concepts L et donc serait incapable d'être la touche finale qui permet à la conscience de soi d'exister.

Dieu a besoin des concepts L pour tenter de se définir. Et, de la même façon, l'existence des noms n'a pas de sens s'il n'y a rien à nommer. On comprend pourquoi le type S est nécessaire à l'existence du type L. Et inversement. Un nom n'a de sens que par rapport aux autres noms : le 0 ne signifie rien sans le 1. Un concept L n'existe réellement qu'au sein d'une organisation de concepts L, au contraire du concept S, qui lui, peut exister par lui-même. Le concept S, le lien métaphysique, cherche à savoir ce qu'il est à partir des concepts L mais ne pourra jamais être satisfait. Au contraire, le concept L ne pourra jamais savoir qu'il n'est qu'un nom, car il est incapable de prendre conscience de lui-même seul, comme cela a été expliqué plus d'une fois sur ce blog. Et répété ici. Tout cela est bien étrange, bien mystérieux. Mais n'est ce pas la nature même de Dieu d'être un Grand Mystère ? N'est ce pas là ce que l'on a toujours entendu sur Lui ? Je crois qu'il est grand temps de faire le point sur ce qu'apporte cet article trop complexe pour être compris par le commun des mortels :

  • Au début de cet article je me demandais une nouvelle fois comment un clone pouvait réussir à se distinguer des autres clones alors même que rien ne peut le distinguer des autres.

  • J'en déduisais que le lien métaphysique avait seul ce pouvoir de ''créer la réalité'', cette dernière étant considérée dans la perspective de sa définition officielle.

  • Approfondissant le problème de la nature de ce fameux lien métaphysique, je me suis rendu compte qu'il fallait vraiment distinguer les concepts L, qui, dans leur forme élémentaire, sont leur nom et forment la matière, et les concepts S, inconnaissables par nature, qui constituent l'essence du lien. Qui dit inconnaissable dit incommunicable bien sûr et donc fondamentalement unique. Comme le sont les qualia...

  • Conclusion logique : le concept S peut, du fait de sa nature on ne peut plus mystérieuse, créer des réalités.

Il manque des développements, ça saute aux yeux : le travail n'est pas terminé. Comment une entité ''inconnaissable par nature'' pourrait-elle créer des réalités ? Quelle peut bien être le rapport entre ces deux propositions ? Pour le savoir, il faudrait creuser l'idée du concept inconnaissable par nature. Difficile, même si on peut d'ores et déjà affirmer pratiquement sans se tromper qu'un concept S possède certainement en lui bien plus de richesse, bien plus de puissance qu'un concept L qui n'est qu'un nom ou une organisation de noms : voilà sans doute pourquoi lui seul peut créer des réalités. Alors bien sûr, tout ce que je viens d'expliquer est bien trop ardu et bien trop abstrait pour un article aussi court. D'autant que celui-ci ne sera lu que par quelques internautes dont la débilité dépasse régulièrement les limites de mon imagination pourtant féconde. Je n'ai donc aucun espoir d'être compris là, malgré mes efforts. Vraiment aucun... J'ai par contre la certitude que je serai insulté.

Néanmoins, je me dois d'insister : je tiens là quelque chose. Ne serait-ce le fait que les briques fondamentales de la matière ne sont rien d'autre que des noms organisés mathématiquement entre eux, des informations fondamentales avec leurs interactions. La matière est un langage mathématique, informatique... Cela avait déjà été dit, mais là, l'idée se précise et c'est à mon humble avis une avancée fondamentale pour la science.

À suivre...

Petite vidéo musicale ayant un lien ténu avec le sujet de l'article.

Partager cet article
Repost0

Mathématiques, physique et information.

Publié le par Miteny

Comme l'explique si bien wikipedia, les  mathématiques constituent un domaine de connaissances abstraites construites à l'aide de raisonnements logiques. Elles se distinguent des autres sciences parce qu'elles sont de nature purement intellectuelle.

Au contraire, la  physique est une science qui tente de comprendre, modéliser voire expliquer les phénomènes physiques de l'univers. Elle correspond à l'étude du monde extérieur, des lois de sa variation et de son évolution. La physique développe des représentations du monde vérifiables, applicables et appliquées dans un domaine de définition donné. Le lien entre physique et mathématiques est évident : bien que les résultats mathématiques soient des vérités purement formelles, ils trouvent des applications très nettes en physique d'une façon étonnante. D'ailleurs Eugène Wigner parle de « la déraisonnable efficacité des mathématiques dans les sciences de la nature ». Autrement dit la physique répond aux lois mathématiques. Elle répond si bien à ces lois que je me suis souvent demandé si la physique n'était pas qu'un ensemble de lois mathématiques et rien d'autre. C'est même ce que j'ai tenté de montrer dans cet article Le monde est un langage, où j'écrivais : des générations de scientifiques se sont émerveillées de la fabuleuse organisation mathématique du monde, du cosmos. Ce n'est plus étonnant lorsqu'on sait que tout cela n'est rien d'autre qu'une sorte de code informatique si j'ose dire.[…] L'univers c'est juste une suite de concepts organisés en lois par Dieu.

J'ai envie, avec cet article, d'aller un peu plus loin dans cette voie en essayant de traiter la question suivante : les mathématiques sont plus vastes que la physique puisqu'une partie seulement des mathématiques est utile à la physique ; mais alors qu'est ce qui fait qu'une certaine écriture mathématique puisse être transformée en réalité physiqueet qu'une autre non ? La question n'est pas des plus claires. Pour bien m'expliquer, au lieu de faire de grands discours stériles, je vais commencer par prendre un exemple tout simple : celui de la droite... Qu'est ce qu'une droite ?

D'abord non : ce n'est pas qu'un fort coup du poing droit asséné à un type qui vous aurait préalablement irrité parce qu'il est trop débile pour faire la différence douleur/pas douleur. Mathématiquement, c'est surtout une ligne rectiligne, infinie et sans épaisseur. Passons sur le côté infini et rectiligne. La question la plus intéressante est la suivante : une droite sans épaisseur peut-elle avoir un sens physique ? Pour qu'une ligne ou un bout de ligne existe physiquement, il faut que ''l'on'' puisse le ou la distinguer de l'espace alentour. On est bien d'accord ? J'insiste sur cette question car cela est un point particulièrement important. Autrement dit, il faut qu'un observateur puisse obtenir une information différente entre un point de la droite et un point alentour qui n'appartient pas à la droite : il est ainsi nécessaire qu'un transfert d'informations soit possible entre ce qui la compose et l'observateur.

Ce qui implique l'existence d'un transmetteur de l'information, bien évidemment : ce transmetteur va être capable d'interagir avec les composants de la droite, mais aussi avec l'observateur. Puisque tout cela est tout compte fait un problème d'information, il est intéressant de comprendre le point de vue de ceux dont le boulot est depuis le début de s'occuper du bon déroulement des transferts d'information, c'est à dire des communications. Lorsque la société Bell a cherché les moyens de transmettre des messages de façon économique et fiable, elle a fait appel à des mathématiciens et à des ingénieurs. Ceux-ci ont été naturellement amenés à envisager les propriétés théoriques de tout système de signaux utilisés par les êtres, vivants ou techniques, à des fins de communication. C'est ainsi que la théorie de l'information de Shannon, ingénieur à la Compagnie des Téléphones Bell, est née.

Celle-ci ne s'occupe pas du contenu sémantique ou du contenant physique mais uniquement des aspects mathématiques de l'information. Exactement le sujet de l'article !! Or qu'apprend-on avec cette théorie ?

Et bien que l'information est une donnée essentiellement aléatoire. Plus celle-ci est au départ aléatoire, imprécise, plus elle est potentiellement intéressante, mais plus il faudra ''payer'' pour mieux la connaître. J'entends par ''payer'', dépenser, investir en énergie et en temps. L'information est bien synonyme de mesure d'incertitude. Comme c'est par l'intermédiaire du transmetteur de l'information que l'observateur a accès à l'information, c'est dans le processus de transmission qu'il faudra investir pour obtenir la meilleure information possible. C'est logique. Reconsidérons maintenant notre droite et supposons que son épaisseur tende vers 0. La probabilité que tel ou tel point de l'espace soit occupé par un élément de la droite va donc tendre également vers 0 : c'est logique. Donc le prix à payer pour savoir quels points de l'espace font effectivement partie de la droite va tendre vers l'infini. Or on ne dispose pas d'un compte en banque illimité, si j'ose dire. Les moyens que l'on a à mettre dans le transmetteur d'information sont forcément limités : on ne peut consacrer un temps et une énergie infinis à la recherche d'une information. C'est impossible. Par conséquent, on ne pourra pas accéder à l'information renvoyée par une droite dont l'épaisseur serait trop faible. Au mieux, on aura une probabilité de présence, une probabilité d'existence, laquelle tendra vers 0 lorsque l'épaisseur diminuera. N'est-ce pas un résultat étonnant ?

Les lecteurs cultivés que vous êtes n'auront en effet pas manqué de remarquer que le terme ''probabilité'' fait immédiatement penser à la mécanique quantique. Dans un article tout récent, j'expliquais que d'après celle-ci, il est impossible de prédire l'issue exacte d'une expérience : le mieux que l'on puisse faire est de donner la probabilité d'occurrence de telle issue ou de telle autre. Cette caractéristique étrange correspond tout à fait à ce à quoi on doit s'attendre quand on considère que le monde physique n'a de réelle ''existence'' que lorsque les observateurs peuvent obtenir des informations sur lui. La dernière fois, j'expliquais aussi pourquoi, d'après les développements récents de la science, la matière n'est sans doute fondamentalement que de l'information. Aujourd'hui j'ai apporté un argument supplémentaire en faveur de cette théorie en montrant que la matière sera toujours perçue comme étant fondamentalement une information.

Je sais que vous avez du mal à voir où je veux en venir, mais n'oubliez pas l'interrogation initiale : qu'est ce que le monde ?? Qu'est ce que la matière ?? Voilà la question à laquelle j'essaie de fournir une réponse. J'ai déjà de nombreuses reprises expliqué que le monde est avant tout une écriture, un langage mathématique. Maintenant nous savons que pour que ce langage mathématique devienne un monde physique, il faut qu'il puisse être conçu de façon à ce qu'un observateur puisse en tirer des informations.

Ce ne sont pas n'importe quelles écritures mathématiques qui peuvent faire cela : j'ai assez bien illustré ce point avec l'exemple de la droite, qui doit mathématiquement au moins avoir une épaisseur pour faire partie du monde physique. Alors bien sûr, je n'ai ni le temps ni les moyens de montrer par le menu détail comment un monde mathématique peut devenir physique dès lors que l'on prend en compte la nécessaire observation des phénomènes par une entité ''capable''. Surtout dans un article aussi court. Ce serait pourtant passionnant à faire et j'espère vraiment que quelques mathématiciens ou physiciens s'y mettront un jour. Je suis sûr qu'ils pourraient trouver de fantastiques explications à des mystères comme l'expansion de l'univers ou l'inflation cosmique (évoquées ici). Ce travail mathématique a déjà plus ou moins commencé, comme par exemple avec Bekenstein ou même Verlinde, qui tente d'expliquer la gravitation à partir de la notion d'information. On attend de voir...

En tout cas, une chose est certaine : l'observateur est le point central de la physique. La physique suppose l'existence d'un observateur ! La physique ne peut exister que POUR une entité observatrice, c'est à dire capable de recevoir, d'analyser et de comprendre des informations extérieures... Cela rejoint d'ailleurs ce que les philosophes nous ont toujours dit : le monde n'a de réalité que parce qu'il y a des consciences qui proclament son existence.

C'est juste fantastique... Comme si un Grand Architecte avait conçu le monde pour qu'on en ait conscience. Grand Architecte ou pourquoi pas Grand Informaticien tant le fait de concevoir un monde d'informations s'apparente à la démarche du développeur, qui, avec des bits d'information fondamentales, le 0 et le 1 ''électriques'', arrive à recréer des espaces en 3 dimensions souvent bluffants de réalisme, et accessibles par un écran. La seule différence est que le monde ''informatique'' que Dieu a conçu est beaucoup plus élaboré puisque nous avons la chance d'être entièrement plongé dans l'écran. Je rappelle que l'existence de ces écrans dans lesquels nous serions immergés est non seulement obligatoire dès lors que l'on examine la vraie nature de la science physique mais aussi lorsqu'on réfléchit aux conséquences de l'insuffisance du corps. Mais alors comment, dans ces conditions, ne pas admettre l'inévitable existence d'une entité transcendante et créatrice de toute cela ?? Le monde aurait pu être purement mathématique, voire purement chaotique. Pourquoi est-il conçu de façon à accueillir des observateurs ? Ne vous rendez-vous pas compte de l'extraordinaire coïncidence ? Êtes vous obscurantistes à ce point ? Pourquoi tant de haine ??

J'ai régulièrement cette désagréable impression de ne pas être sorti du Moyen-âge et d'être encore loin du temps où l'on pourra faire de la vraie science. En attendant, pour conclure, permettez moi de rappeler la piste de recherche qu'il faut suivre pour à mon avis réussir un jour à trouver la Grande Explication, la Théorie du Tout, c'est à dire le modèle capable de tout expliquer et de reléguer les modèles standards actuels, de cosmologie ou de mécanique quantique, dans le grand sac des théories archaïques et dépassées : Il faut étudier les possibilités d'un monde mathématique à devenir physique, c'est à dire les conditions qui rendront un certain modèle mathématique observable par une entité ''capable'', c'est à dire a priori consciente.

Bien à vous.

Publié dans LE TOP, Best of SCIENCE

Partager cet article
Repost0