Une démonstration évidente.

 Dites moi précisément où je me trompe et je vous donnerai 3000 Euros.

Si vous voulez vraiment tout savoir et tout comprendre. Un truc simple à faire, ce n'est pas cher.
 

 

 

 

Les trente prochaines années.


 

La SAGA du vendredi.

Vendredi 11 juin 2010 5 11 /06 /Juin /2010 16:10

 

Bon allez, encore la saga du vendredi...


Ignoré, méprisé, écrasé, rejeté, conspué, affamé, assoiffé, déprimé, martyrisé, humilié, piétiné, étripé, éborgné, le pauvre miteny rampait pour tenter d'atteindre un sac poubelle rempli d'immondices dans lequel il espérait trouver quelque chaleur si ce n'est humaine, au moins animale.

Désarmé, amputé, scalpé, démembré et même désanussé, bref dans un état lamentable, la victime des victimes, le sacrifié des sacrifiés se disait qu'il y avait bien des rats ou des cafards pour l'accepter ! C'était ses seuls amis à présent, surtout depuis que Carla Bruni avait été élu.


En effet cette mégère avait interdit toute référence à l'insuffisance du corps. Déjà le fait de dire « j'ai pas mal quand tu te cognes » pouvait valoir 150000 Euros d'amende (avec l'inflation, tous les prix avaient augmenté). Si en plus on prétendait que cela impliquait l'insuffisance du corps, alors là c'était directement la chaise électrique.

Du coup, notre malheureux héros ne pouvait plus vendre ses livres dans la rue: trop risqué. Cela doit d'autant plus vous attrister, chers lecteurs, que le pauvre homme avait gentiment préparé avec du matériel recyclé des petits corps insuffisants à confectionner soi-même. Pour attirer le client, il avait voulu faire un peu comme pif gadget: si on achète un livre, on a un gadget gratuit. Et là le gadget, c'était un corps insuffisant à confectionner soi-même, avec un petit marteau pour taper sur le dit corps et éventuellement réussir à comprendre que frapper n'importe quel corps ne suffit pas à produire de la douleur.


Hélas, trois fois hélas (ne retenez pas vos larmes chères lectrices), il était désormais totalement interdit de réfléchir et de vouloir donner un sens à sa vie. Tout ce qu'avait préparé le pauvre miteny avec les dernières forces qui lui restaient ne pouvait plus servir puisque toute prise de conscience était jugée comme étant particulièrement dangereuse. D'ailleurs beaucoup d'écologistes avaient été condamnés aux travaux forcés pour excès de lucidité.

Comme le monde était en train de s'écrouler et qu'il n'y avait aucune solution, il était désormais obligatoire de fermer les yeux. Le train fou de la civilisation allait s'éclater contre le mur et il ne fallait surtout pas que les gens s'en rendent compte. Et d'ailleurs, ils ne voulaient pas s'en rendre compte !!

La devise de la république (liberté, égalité, fraternité) avait été remplacée d'abord en 2015 par « du pain et des jeux » puis en 2018 par « des jeux et de la drogue ». Il était maintenant interdit de ne pas rire aux blagues débiles de steevy, récemment nommé premier ministre par Carla Bruni.


Depuis longtemps, miteny ne pensait plus à lui. Il était tourné vers les autres. Dès qu'il trouvait un petit peu de nourriture, il le donnait aux autres clochards, qui étaient nombreux. Il préférait faire plaisir aux mésanges, aux moineaux, aux pigeons, aux papillons. Eux aussi souffraient de la faim, eux aussi avaient besoin d'abri. Miteny ne voulait plus s'occuper de sa personne. Il préférait se réjouir du bonheur des autres. Il pleurait de joie lorsqu'il voyait une mère rouge-gorge donner à becqueter à ses oisillons. Il était transporté de bonheur lorsqu'il croisait une famille unie se promenant dans le parc en s'amusant. Il leur aurait donné tout ce qu'il a, s'il avait cru une seconde que lui, misérable vermisseau du monde d'en bas, avait quelque chose qui pouvait intéresser ces gens d'en haut.


Après avoir atteint le sac poubelle tant désiré, miteny se dit qu'il ne méritait pas de voir la lumière du jour. Alors il se traina difficilement vers une bouche d'égout. Crever sous terre, c'est encore ce qui pouvait lui arriver de mieux pensait-il.

Une fois bien au fond de son trou, il ferma les yeux et dit à haute voix: « Adieu, monde cruel ».


A SUIVRE...


Par Miteny - Publié dans : La SAGA du vendredi. - Communauté : Pour la révolution en 2012.
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Vendredi 28 mai 2010 5 28 /05 /Mai /2010 19:40

 

Encore un nouvel épisode de la saga du vendredi.



- T'es qui toi? Qu'est ce que tu fais là? Tu sais pas que c'est notre secteur. Pour faire la manche, faut que tu payes. Allez, vas-y, t'as combien sur toi, là.


Tout le corps de Miteny tremblait. Il avait très peur. Pendant que le chef parlait, l'un des skinheads vit le livre que le pauvre homme vendait et s'exclama aussitôt.


- Mais c'est Miteny ! Le mec qui fait dieuexiste.com. Il donne 3000 à ceux qui réfutent sa démonstration débile de l'existence de Dieu... Et maintenant il fait la manche cet abruti ! AH AH AH AH AH AH !!! Et moi, je suis allé sur ton site, connard ! Donne moi mon fric ! Donne moi mon fric, connard !


- Quoi ? Il a 3000 à donner lui? C'est pas possible, c'est une blague. C'est quoi sa... euh.. démonstration... C'est quoi une démonstration?


Demanda le chef, qui n'avait pas l'habitude des mots compliqués.


- Il raconte que frapper le corps, ça suffit pas pour la douleur et donc que Dieu existe. C'est super con. Je te dis qu'il va les cracher ses 3000, ce bâtard.


- Attends, attends. Il faut vérifier. Il faut procéder à une vérification expérimentale. Sinon on ne peut rien conclure. C'est ça la science.


Le troisième skinhead, qui semblait avoir été un peu plus longtemps à l'école, donna alors un grand coup de pied dans la tête de Miteny sans que les passants ne prêtent la moindre attention au drame qui se jouait tout près d'eux.


- T'as eu mal ? Demanda son collègue.


- Non. Il a peut-être raison finalement.


- T'as pas eu un peu mal au pied ?


- Ah ouais, maintenant que tu le dis. Le corps suffit alors... Vas-y, sous-merde, crache ton fric.


Miteny ne répondit pas.

Tout en riant, les brutes s'acharnèrent de plus belle sur leur victime. Coups de poing, coups de pied, leur déchainement de violence était horrible. L'un d'eux commença à déchirer les vêtements du sacrifié avec un couteau. L'arme blanche dérapa et le serviteur de Dieu se mit à saigner abondamment. Les exemplaires du livre qui lui permettait de survivre furent rageusement piétinés comme aux pires moments du nazisme.


Heureusement, une bande rivale nommée « les vengeurs de l'islam » passait par là. Quand elle aperçut les skinheads, elle se précipita vers eux, histoire d'en découdre. Quand ils virent leurs pires ennemis fondre sur eux, les crânes rasés se mirent à fuir à toute jambe. Ils retournaient vers leur camion, là où ils avaient leurs uniformes. Car oui, officiellement, ils étaient policiers, CRS. Mais depuis la faillite de l'État français, les fonctionnaires n'étant plus payés, les flics étaient devenus une bande organisée comme les autres. Et comme les autres ils vivaient de raquette et avaient un secteur.

Chaque jour, l'anarchie gagnait du terrain. L'échec de la République était total. Pour s'en rendre compte il suffisait de compter le nombre de candidats à l'élection présidentielle que le gouvernement était en train de tenter d'organiser. Trente-sept ! Il y en avait 37 ! Rien qu'à gauche, il y en avait 19. Sarkozy, le président en exercice ne pouvait se représenter mais ses deux fils oui: l'un à gauche, l'autre à droite. Du grand n'importe quoi, comme on dit...


Tous ces candidats, des plus sérieux aux plus fantasques avaient tous le même discours. Ils commençaient par dire leur indignation de la situation. Pour eux l'incompétence des dirigeants actuels était inadmissible et il était urgent de voter pour eux car eux seuls étaient capables de vraiment changer les choses. Du foutage de gueule caractérisé, mais bon, c'est ce qu'on appelait la putain de tradition démocratique.


Le pire, c'était Carla Bruni. Elle venait de divorcer et se lançait en politique. Son programme était simple. Elle était « contre les méchants et contre le sida pour les enfants ». Elle était aussi « contre la pollution et contre les guerres ». Elle avait aussi déclaré : « la misère c'est triste ». Elle avait d'ailleurs fait une chanson là dessus. Incroyable de connerie ! Même les guignols de l'info n'auraient pas osé imaginer une mascarade si ridicule.

Ils n'auraient pas non plus osé imaginer que Sarkozy se reconvertirait vraiment dans le cinéma. Et pourtant oui, il osait. Accordons lui néanmoins une chose: la constance. Après avoir passé sa vie à raconter des salades, il était normal qu'il en fasse un métier. Il était prévu qu'il soit le héros d'un film hollywoodien. Le tournage débuterait dès qu'il quitterait l'Élysée. Il jouerait un ancien président oublié de tous qui un jour se découvre des super-pouvoirs. Comment souvent désormais, le film serait en 3D avec plein d'effets spéciaux. Pathétique.


De toute façon, le peuple était complètement perdu. Les gens ne savaient plus quoi faire, ils ne votaient presque plus. Ils avaient perdu toute confiance. Ils essayaient de s'en sortir, mais c'était très difficile, à cause du chômage, dont le taux dépassait les quarante pour cent. En dix ans, le taux de suicide avait été multiplié par vingt. Après l'annonce de la faillite de l'État, la criminalité avait explosé.

Heureusement, la situation n'était pas aussi critique qu'aux États-Unis, où, depuis 2012, année de la vraie crise économique mondiale, tout le monde se tirait dessus à qui mieux mieux. Point commun entre l'Europe et l'Amérique: l'afflux massif de clandestins qui fuyaient un tiers -monde doublement ravagé par la crise économique mondiale et par de terribles sécheresses qu'un réchauffement climatique devenu fou avaient aggravées.


A demi-inconscient, pataugeant dans son sang, Miteny se rendait bien compte qu'il était en enfer. Difficilement, il se dirigea vers une ruelle où on stockait les poubelles. C'est là qu'il vivrait désormais.


Bienvenue en 2017...



Par Miteny - Publié dans : La SAGA du vendredi. - Communauté : Pour la révolution en 2012.
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Vendredi 21 mai 2010 5 21 /05 /Mai /2010 10:00

 

Le retour de la saga du vendredi !



« Allez mesdames, messieurs, ne soyez pas timides; Venez acheter la vérité non pas pour 50 Euros, même pas pour 30 Euros, pas même pour 25 Euros mais pour moins de 20 Euros ! Oui!  Vous ne rêvez pas, c'est bien la réalité, mesdames, messieurs ! Une connexion directe avec Dieu pour moins de 20 Euros !

N'ayez pas peur de vous faire plaisir, n'ayez pas peur de connaître les secrets de l'univers, n'ayez pas peur d'accéder à la vie éternelle pour moins de 20 Euros seulemeeeeeeent ! La résurrection des morts pour le prix d'un DVD. La foi pour le prix d'un sac de pommes de terre. N'hésitez pas une seconde !

...

Mademoiselle ! Mademoiselle ! Un petit livre peut-être?? Pour aider un chômeur. »

 


La jeune fille regarda Miteny d'un air dédaigneux. Elle jeta un coup d'œil méprisant à l'ouvrage que le pauvre homme tentait de vendre si maladroitement puis accéléra le pas. Il faut dire que l'individu n'avait rien d'attirant. Il sentait la sueur et portait une barbe de deux semaines. Ses habits semblaient supplier qu'on les aide à quitter la peau de ce looser et à enfin accéder à cet endroit magique qu'on appelle « machine à laver ».


Miteny eut à peine le temps d'admirer la finesse de la silhouette de celle qui l'avait méprisé. Maintenant être méprisé, il avait l'habitude. Il était si malheureux, mais ça aussi il avait l'habitude.

Il avait du quitter son logement après avoir été viré de son travail suite à la terrible crise qu'était en train de traverser la France. L'euro s'était écroulé, l'Allemagne était sortie de la communauté européenne et en Italie, c'était la guerre civile. Bref, c'était vraiment le bordel.

La situation était ironique quelque part, car tout ce qu'il se passait, il l'avait prévu et écrit dans le livre qu'il vendait maintenant à la sauvette. Il avait acheté tout un stock avec ses dernières économies et, pour donner un sens à sa vie, il abordait les passants en essayant de les détourner de leur quotidien morose avec ce qui était pour lui LA VÉRITÉ.


Mais soyons précis. En fait il n'abordait pas les passants mais les passantes. Il visait en priorité les jolies filles. Un sourire lui donnait le morale pour la journée. Un sourire ponctué d'un « non, merci », ça lui faisait deux jours. Et si la créature de rêve lui prêtait ne serait-ce que quelques secondes d'attention, il était presque heureux pendant un mois. Il faut savoir se contenter de peu quand on est dans la misère.

Tout à coup, il fut pris d'une immense tristesse. Ça lui arrivait souvent. Il avait le sentiment d'avoir raté sa vie. Oui, il le savait, il avait tout raté. Il n'avait même jamais réussi à avoir une copine digne de ce nom. Seule une idée lui permettait de tenir le coup; il voulait voir 2035. Il voulait savoir ce qui allait se passer maintenant que le monde s'écroulait à vitesse grand V. Mais cette idée ne lui permettait pas d'être fort tout le temps; alors il s'assit parterre, baissa la tête et plaça devant ses pieds la pancarte qu'il avait préparé et qui disait « Pour manger, je vends ce livre ».

Pas très convaincant.. mais, que voulez-vous, il n'avait jamais été très doué pour la publicité. Des larmes coulèrent le long de ses joues... Absorbé par la contemplation de son propre malheur, il ne vit pas que des skinheads étaient en train de l'encercler. L'un d'eux lui donna un coup de pied. Miteny sursauta et releva la tête, tout surpris. Aussitôt, il comprit qu'il allait passer un sale quart d'heure...

 

A SUIVRE

Par Miteny - Publié dans : La SAGA du vendredi. - Communauté : Pour la révolution en 2012.
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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 10:09

Bon, alors, je continue quand même ma saga…

 

(Episode précédent).

 

 

Vatican, juin 2011.

 

« Place, place ! »


Les esclaves demandaient qu’on leur laisse le passage. Les invités arrêtèrent leurs activités inavouables pour permettre au formidable gâteau en forme de champignon atomique d’accéder à la table. Les jeunes filles entièrement nues qui servaient le maître des lieux s’inclinèrent devant l’empereur et déposèrent l’immense pâtisserie à l’endroit convenu.

« Mes amis, asseyez vous… nous allons enfin pouvoir procéder au sacrifice » ordonna le vieillard aux yeux rouges.

« Super ! » s’exclama le rabbin.

« Amenez la chair fraiche » demanda le cardinal.

 

Des êtres habillés tout en rouge apportèrent alors un enfant qui criait et pleurait. Moïse proposa qu’on le crucifie, ce qui fit rire celui qui se faisait appeler « Jésus ». Le troisième larron apporta les clous et le marteau.

Les cris de douleur du pauvre enfant auraient pétrifié d’horreur n’importe quel être humain normalement constitué mais ils amusaient l’empereur : il riait aux éclats. Je ne peux décrire l’insoutenable torture que subit alors l’innocente victime mais ce qu’il faut savoir c’est que cinq minutes plus tard, l’empereur se délectait de sang frais de jeune humain.

« Hourra ! Hourra ! » crièrent les sous-fifres de la bête quand celle-ci avala sa première gorgée. C’était le signe attendu : la fête pouvait commencer.

Les trois religieux se jetèrent alors dans la chantilly, tout en ôtant leurs déguisements. Pendant qu’ils nageaient tout nu dans la crème anglaise, les esclaves qui avaient apporté le gâteau revinrent dans le seul but d’assouvir les plus bas instincts des trois « hommes ». Encore une fois, la bienséance m’interdit de décrire convenablement la scène…

 

Deux heures plus tard, alors que l’orgie continuait de plus belle, un individu plutôt grand, habillé tout en noir, entra dans la pièce. Il se dirigea vers l’empereur et lui dit avec un accent ridicule : « Nous venons juste d’attraper un type qui voulait le parchemin qu’on a acheté à Saunière ».

Le serviteur de Satan éclata aussitôt d’un rire sinistre. Il leva le bras pour signifier aux autres qu’il fallait qu’ils interrompent ce qu’ils étaient en train de faire. Cela ennuya particulièrement le cardinal qui était en train de se faire laver dans un bain de champagne à la fraise.

« J’en ai une bonne à vous raconter. Mais avant je veux vous présenter Stéphane, un tueur très efficace. Je viens de le recruter. Ne faites pas attention à sa façon de parler singulièrement comique, il est québécois. Par contre n’essayez pas de discuter avec lui, il est très con… Jamais vu ça… c’est phénoménal. »

Stéphane s’inclina en signe de salut. Devant le spectacle dégradant qui s’offrait à lui, il eut un sourire particulièrement cynique. Il aurait aimé participer à la fête, mais il avait d’autres humains à fouetter.

 

« Il parait qu’il y a un con qu’est venu se jeter dans la gueule du loup. Il a demandé à notre bon ami « what else ! » le parchemin que cet abruti de Saunière nous a refourgué » ajouta l’empereur, complètement ivre de sang humain.

 

« Torturons le et coupons lui la tête ! » répondit aussitôt le cardinal. Les yeux de Stéphane brillèrent. L’idée d’infliger les pires supplices à quelqu’un ne pouvait que le ravir. Et il s’y connaissait en torture, le bougre !

 

« Attendez ! » coupa l’imam.

« Et si nous allions le voir dans son cachot, histoire de rigoler ?? »

 

Stéphane montra ses dents de vampire, signe qu’il acquiesçait. Comme le rabbin était déjà en train de se rhabiller, le cardinal se leva de mauvaise grâce et dit que, puisque c’était comme ça, il fallait qu’on lui fasse couler un nouveau bain, mais de lait d’ânesse cette fois. Il ordonna que des servantes restent en apnée dans la baignoire. Qu’elles puissent respirer ou pas n’était pas son problème.

Alors que l’empereur indiqua qu’il préférait rester (il se déplaçait très peu), ses trois seconds accompagnèrent le tueur fraichement recruté vers les bas-fonds du Vatican. Glandon était incarcéré dans l’endroit le plus humide et le plus malsain de ces geôles moyenâgeuses, où il était si facile d’attraper le typhus, la peste et le choléra.

Devant le cachot du pauvre homme, il y avait un seau. Stéphane précisa le contenu du récipient : « Pour passer le temps, j’ai découpé le pied de son ami à la petite cuillère. J’avais une après-midi à tuer. »


« L’empereur a le chic pour recruter les individus les plus fourbes et les plus cruels. Quel génie ! » pensa le cardinal. Les trois religieux ouvrirent la cage du pauvre professeur et lui lancèrent le seau en disant d’un ton moqueur : « Tiens, voilà la tête de ton pote ! »


Puis, tout en riant aux éclats, ils remontèrent à l’étage. En marchant, le rabbin demanda qui était vraiment ce type là.

« Un historien des religions parait-il… J’aime bien les intellectuels. Ça couine plus quand on leur scie les orteils….areughhe… » répondit Stéphane, tout en ponctuant ses propos de râles de plaisir.

« Si c’est un professeur, peut-être pourra-t-il nous aider à déchiffrer le parchemin. Il contient sans doute des informations importantes. Il date tout de même du troisième siècle. Ce n’est pas parce nous n’y sommes pas arrivés que lui n’y arrivera pas. On ne sait jamais ! » répliqua l’imam, le seul à avoir encore un peu la tête sur les épaules. Il faut dire qu’il n’avait pas bu trois litres de champagne à la fraise, lui…

 

« Il faut demander au chef » ajouta le cardinal titubant.

 

Stéphane fronça les sourcils. Peut-être allait-on l’empêcher d’occire à sa guise. Il ne supportait pas de devoir se retenir, lui qui avait tant envie de se défouler. Il se promenait toujours avec une énorme tenaille toute rouillée et tachée de sang : en effet il était si vicieux qu’en plus, il espérait refiler le tétanos aux pauvres gens qu’il maltraitait. Tous ses gestes reflétaient une personnalité de psychopathe.

Juste un exemple : quand il écoutait ses collègues parler, en même temps, il caressait son instrument de torture favori, les yeux dans le vide…

 

Une fois de nouveau devant l’horrible chef de cette lamentable organisation dévouée au mal, lequel était encore de se réjouir d’une séance de torture, les méprisables individus qui se faisaient passer pour des religieux dans le civil, lui posèrent la question.

 

« Oh ! Après tout, si vous voulez. Je laisse à Stéphane deux semaines pour le faire parler. Si après tout ce temps, il ne trouve pas, qu’il découpe ce débile en huit morceaux. S’il trouve, on se contentera de deux morceaux. Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! » répondit l’empereur, d’humeur joyeuse. Son rire était si glacial que la température de la pièce baissa de deux degrés.

 

Pas tellement satisfait, Stéphane repartit sur le champ, sans dire un mot. Dans sa main gauche le parchemin et dans l’autre, son jouet préféré qu’il faisait régulièrement claquer simplement parce qu’il appréciait tout particulièrement le son de la tenaille qui se referme brutalement…

 

Glandon allait en chier…

 

A SUIVRE (peut-être)….

 

Par Miteny - Publié dans : La SAGA du vendredi. - Communauté : Rennes-le-Château
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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /Mars /2010 16:26

Envers et contre tout, je continue ma saga du vendredi : je ne suis pas sûr de tenir bien longtemps (est-ce le dernier épisode ?). Je signale également une nouvelle animation, ici : mettre le son à fond.

 

(Episode précédent).

 

Londres, juin 2011.

 

Tous les hommes se retournaient sur Emmanuelle quand elle marchait dans la rue. Elle était si belle qu’elle ne laissait personne indifférente, pas même les femmes, jalouses de sa grâce. Un jour, on l’avait même suppliée d’embrasser la carrière de mannequin mais comme elle était allergique à la cocaïne, elle avait préféré embrasser son petit copain. Quand c’est médical, c’est médical !

 

Elle arriva la première dans le fameux pub Windmill. Elle s’installa à une table bien en vue de l’entrée : elle attendait quelqu’un. Elle était quelque peu gênée car beaucoup de paires d’yeux étaient braqués sur son corps magnifique. Il faut dire qu’elle s’était habillée de façon très chic : robe Yves Saint Laurent, chaussures à trois cent Euros, lunettes excentriques, sac Pierre Cardin. Elle n’avait pas lésiné sur les moyens.

Au bout de cinq minutes, un homme de taille moyenne portant un jean noir et un vieux pull blanc parsemé de quelques taches de ciment entra. Emmanuelle se leva quand elle reconnut celui qu’elle espérait, à savoir Bob, dit « le moine » à cause de la tonsure qu’il avait depuis sa prime jeunesse. Elle alla à sa rencontre et le salua.

« Bob ? Bonjour, c’est moi, Emmanuelle ! ».

 

Bob dit le moine se mit à rougir. Heureusement, ça ne se voyait pas trop car, comme à son habitude, il portait une barbe fournie légèrement plus claire que les quelques cheveux qui lui restaient.

« Ah ! C'est-à-dire… Manu ? La fille de Robert ? » répondit l’homme, interloqué.

 

« Oui, c’est ça ! C’est comme ça qu’on m’appelait quand j’étais petite.. hi hi hi ! On va s’asseoir ? Je t’ai commandé un lait fraise » précisa la belle tout en indiquant sa table. Bob fut tout bouleversifié de constater qu’elle se souvenait de sa boisson favorite. Il s’assit en face d’elle, tout en évitant de la regarder dans les yeux car il était très intimidé par la jeunesse et la beauté sauvage de cette métisse américano-somalienne. Néanmoins, il balbutia quelques mots.

« Alors, ça va ? »

 

A ces mots, la jeune femme ne put retenir une larme et reprit un peu du thé qu’elle avait commandé. Bob s’en aperçut et se mit rapidement en quête d’un mouchoir en papier (il n’en avait jamais sur lui, écologie oblige). Puis il s’enquit de l’état de celle qu’il avait involontairement blessé.

« Qu’est ce qui t’arrives ? »

 

« Oh ! J’ai un problème. Je n’ai plus aucune nouvelle de mon père depuis une semaine… Il ne répond plus. Pourtant il m’avait dit qu’il allait à Venise avec Rony. Je ne sais pas ce qui se passe. Je n’arrive plus à les joindre !! »

Elle éclata en sanglots. Bob sentit l’émotion lui serrer la gorge. Il avait fait les quatre cent coups avec Glandon : ensemble, poursuivis par les sbires de Ceausescu, ils avaient été hébergé par des chiens errants dans les Carpates, ils avaient franchi la frontière polono-biélorusse de nuit en pleine guerre froide, ils avaient résisté aux terroristes hongrois dans les bas fonds de Budapest, ils avaient survécu au loup des Alpes !

 

Tant de souvenirs émouvants, d’aventures exaltantes. Il ne supportait pas l’idée que son compère pût souffrir. Le fait qu’il soit avec Rony ne le rassurait pas, bien au contraire.

Entre deux pleurs, Emmanuelle eut un petit sourire de sympathie en constatant l’excentricité de l’accoutrement de celui qui sera toujours pour elle l’oncle Bob.

« Mais qu’est ce que c’est que ce pull ? » demanda-t-elle ironiquement.

« C’est mon pull fétiche. J’y tiens beaucoup surtout depuis que ton père y a laissé des traces de ciment indélébiles du temps où il se faisait exploiter par un entrepreneur cauchois sans scrupules. Tu te rappelles ? »

Emmanuelle se remit à geindre. Elle était si inquiète pour son pauvre papa qui peut-être gisait quelque part, blessé, sans défenses.

« Tu vas faire quelque chose, dis ! Dis-moi que tu vas faire quelque chose ! » supplia-t-elle en prenant le bras de l’homme aux temps grisonnantes qui se retrouva désarmé face à tant de détresse.

Pourtant c’était un dur. Son vrai métier était agent secret. En ce moment, il infiltrait la fonction publique française et notamment les rouages du système Sarkozy. Mais ce n’était pas là son coup d’essai, loin de là.

Birmanie, Syrie, Niger, Ouzbekistan, Corse, Norvège, Lot... On ne pouvait plus compter le nombre des missions qu’il avait mené à bien. Ils connaissaient toutes les techniques de combat au corps à corps. Il avait pratiqué tous les sports, de la lutte gréco-romaine au ski acrobatique, en passant par le badminton, le tennis-ballon et la planche à voile.

Il connaissait même quelques mots de mordve et de kalmouk, au cas où…

« Je te promets que je ferai tout pour le retrouver ! » s’exclama-t-il brusquement. Puis il prit la main de la jeune demoiselle, pour la rassurer.

Ils se séparèrent après s’être vigoureusement enlacé, comme s’il s’agissait de se promettre l’un l’autre d’être fort, quoiqu’il ait pu arriver au pauvre Glandon. Puis Bob banda tous ses puissants muscles avant de s’élancer vers de nouvelles aventures.

 

 

A SUIVRE (peut-être)….

Par Miteny - Publié dans : La SAGA du vendredi. - Communauté : Rennes-le-Château
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Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /Fév /2010 15:47

Bon alors, voilà, malgré les critiques, je continue ma saga de vendredi (mais pour combien de temps ?).

 

(Episode précédent ici).

 

Venise, mai 2011.

 

« Eh !! Tu ne pourrais pas ramer un peu ? » s’indigna Glandon.

« Tu sais bien que je n’ai pas de force ! » rétorqua son ami Rony, qui avait accepté de l’accompagner dans cette folle aventure. Français, ce dernier exerçait habituellement le dur métier d’acteur et vivait dans une petite ville de la côte d’albâtre avec son amant bobby, un ancien lutteur de petite taille d’origine tchétchène.

 

« Oui mais là, ça fait une heure que je m’excite. Je vais sentir la sueur devant Clooney. Il va refuser de me recevoir. » s’inquiéta le professeur.

 

« Mais puisque je te dis qu’il n’y a pas de problème ! Clooney est un ami personnel, très personnel même depuis que j’ai tourné avec lui la cage aux folles 3. Faut dire que t’es con aussi. Quelle idée de louer un bateau sans moteur alors que c’est à cinq minutes à pied » se moqua Rony tout en admirant son reflet dans l’eau calme de Venise. Il portait un chemisier rose et un pantalon à fleurs qui lui allait à merveille.

 

« Mais je voulais ramer un peu.. » s’excusa Glandon, tout penaud.

 

« Bah, rame alors !!... C’est pas possible d’être comme ça !! … Mon Bobby et ses poils me manquent… J’ai toujours rêvé de passer une semaine à Venise avec lui, les yeux dans les yeux… On aurait loué une gondole… Ah la la la…Tiens, on arrive… » soupira le comédien en se passant une main dans les cheveux, qu’il avait longs et soyeux.

Les deux amis de trente ans s’arrimèrent devant l’entrée d’un somptueux palais vénitien. George Clooney était là et les attendait. Robert Glandon lui serra la main dignement alors que Rony et lui s’échangèrent un smack, ce qui étonna énormément le professeur.

 

« How’re you doing ? What else ? » demanda la star.

 

« Goudeu..euh.. désolé, aie aveu difficoult ouize englicheu » bégaya Rony, pour qui l’anglais représentait un Everest infranchissable. Glandon fut gêné de l’accent ridicule de son compère et répondit qu’il valait mieux que l’on converse dans la langue de Molière.

 

“Sorry, I don’t speak French at all. Perhaps could we talk in Italian? What else?” répondit George, l’air quelque peu gêné. Hélas pour eux, parler italien ou anglais à Rony revenait à lui lire une tirade de Corneille en abkhaze. Il n’y avait rien à faire.

 

“Please, come in. What else?” proposa alors Clooney.
Les trois hommes entrèrent dans la vaste demeure, décorée de splendides œuvres d’art. L’acteur américain avait racheté cette très ancienne maison en toute discrétion. Elle avait appartenu à une famille de riches commerçants très liée au Vatican.
Ils se dirigèrent vers un salon où attendait trois tasses et quelques gâteaux secs. Le maître de maison était prévoyant.

 

“Perhaps you want some coffee or what else?” demanda la star.

Les invités, intimidés, s’assirent dans de magnifiques fauteuils Louis XV. Le professeur commença à féliciter la célébrité pour sa carrière puis ils commencèrent à discuter en anglais tandis que Rony, totalement étranger à la conversation, se mit à compter le nombre de fleurs sur son pantalon.
Glandon expliqua, sans se méfier une seconde, qu’il avait, par le plus grand des hasards, retrouvé la trace d’une femme qui avait connu Marie Dénarnaud, la dernière compagne de Saunière. Il raconta qu’il avait longuement discuté avec cette dame très âgée, madame Peyre, et qu’il avait réussi, avec force gâteaux secs et petits fours, à obtenir sa confiance.
Elle avait fini par lui révéler qu’elle savait plus ou moins que Saunière aurait retrouvé un très vieux parchemin sous son église, à Rennes le château, et qu’il l’aurait revendu à un vénitien aux ordres du Vatican nommé Pellegrini.

Glandon indiqua comment il s’était aperçu qu’aujourd’hui la maison de Pellegrini appartenait de nos jours à un comédien très célèbre et comment il était parvenu à décrocher un rendez-vous grâce aux entrées dans la jet-set de son ami acteur de trente ans, Rony.

 

“What a wonderful story !! What else?” s’exclama l’acteur hollywoodien. Puis il expliqua qu’il avait entendu parler de Saunière dans le film Da Vinci code mais qu’il ne soupçonnait pas une seconde que ce personnage eût réellement existé.

Il ajouta que malheureusement, il ne connaissait rien des anciens propriétaires de sa demeure mais que le grenier était une véritable caverne d’Ali Baba et que si le professeur le souhaitait, il pouvait monter voir.
Un sourire illumina le visage de l’historien, qui se doutait bien que de toute façon il ne trouverait rien mais qui ne ratait jamais une occasion de consulter de vieux documents.

« On va au grenier. Tu veux venir ? » demanda-t-il à Rony lequel déclina l’invitation en prétextant qu’une supposée maladie chronique (la maladie de Scheuermann) le faisait souffrir.

 

Glandon et Clooney se rendirent trois étages plus haut. Arrivé sous les combles, le professeur découvrit émerveillé tout un tas de vieux papiers entassés sur une très grande surface. Il allait parler quand il reçut un énorme coup de tabouret sur la tête. Les derniers mots qu’il crut entendre furent un cri de rage disant « WHAT ELSE !!!!! »…

 
....


Lorsqu’il se réveilla, il était dans une cellule de prison toute grise et particulièrement malodorante. Il avait les pieds dans vingt centimètres d’eau glacé.
On avait déchiré ses vêtements. Il releva la tête et n’arriva pas à croire ce qu’il vit : devant lui, trois hommes déguisés. L’un en rabbin, l’autre en curé et le dernier en imam. Ils rigolaient.

Glandon crut d’abord à une farce mais la douleur lancinante qu’il ressentait au niveau de son crâne lui rappelait sans cesse que pour une mauvaise blague, ça faisait drôlement mal. Il se demanda un instant s’il n’était pas en enfer.

Les trois religieux ouvrirent la cage du pauvre professeur et lui lancèrent un seau en disant d’un ton moqueur : « Tiens, voilà la tête de ton pote ! »


Ne sachant que faire ni que penser, Robert avança lentement vers le récipient et se décida à déplacer lentement le couvercle. Il fut stupéfait par ce qu’il vit. Il n’y avait pas de tête… mais un pied gauche !

Il cria de stupeur quand il reconnut les ongles manucurés de son vieil ami Rony…

 

A SUIVRE… (Prochain épisode, la semaine prochaine).

Par Miteny - Publié dans : La SAGA du vendredi. - Communauté : Choc & Chaos
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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /Fév /2010 10:07

Et oui, j’ose continuer la saga du vendredi. 

 

(Episode précédent ici).

 

Les sous-sols du Vatican, mai 2011.

 

La réunion avait commencé depuis cinq minutes lorsque le prélat entra dans la pièce. Pourtant cardinal de son Etat, il s’excusa longuement de son retard.

Il faut dire que le maître de cérémonie en imposait : installé sur un gros fauteuil en hauteur, vêtu d’une grande robe noire avec capuche, le visage de l’énigmatique personnage était caché. On ne pouvait d’ailleurs voir ni ses mains ni ses pieds et généralement, il inspirait l’effroi. Derrière lui, sur le mur, un énorme 666 était inscrit en lettres de sang…

 

Autour de la table, assistants à la réunion, il y avait aussi un grand rabbin et un imam. A eux trois, avec le cardinal, ils tenaient le monde. Surtout depuis que leur organisation (nommée 666) avait recruté un membre du parti communiste chinois et un banquier américain de très haut niveau mais qui aujourd’hui, n’étaient pas présents.

 

Tous étaient donc aux ordres du mec en robe noire qu’on surnommait « l’empereur » (du fait de sa ressemblance avec l’empereur du film « le retour du Jedi »). Beaucoup de rumeurs circulaient à son sujet : ceux qui le connaissaient, c'est-à-dire les membres de l’organisation, disaient qu’il n’était pas humain, qu’il était âgé de plusieurs centaines d’années ou bien qu’il pouvait changer n’importe quoi en or ou en diamants. D’autres soupçonnaient Benoît XVI et l’empereur d’être une seule et même personne.

Une chose était certaine : il se nourrissait exclusivement de sang frais humain. Surtout du sang d’innocent. Il lui fallait donc des victimes jeunes. Peu importe l’état de santé : c’est la pureté de l’âme qui comptait avant tout.

Pour se fournir en matière première, il avait besoin que le monde soit toujours plus ou moins en guerre. Il fallait que l’obscurantisme règne sur l’humanité. C’est logique : si on éduque les gens, on les sort de leur misère et… plus moyen de se fournir !

Or il consommait énormément.

Pour que la bêtise continue à régner sur le monde, il se servait des religions, mais pas seulement. Il méprisait particulièrement les prophètes et prenait un malin plaisir à nommer ses trois subordonnés, Jésus, Moïse et Mahomet, histoire de se moquer de l’échec de ces hommes qui s’étaient battus (plus ou moins maladroitement) pour faire de ce monde un monde meilleur[1].

 

L’imam, qui donc ici était surnommé Mahomet, prit la parole. Dans le civil, il était un ayatollah iranien très respecté. Il connaissait personnellement Mahmoud A.

« Alors, tire au flanc, qu’est ce que tu étais en train de faire comme saloperie pour être en retard comme ça ? »

Le cardinal eut un sourire sadique. Américain, grand, gros, républicain et membre occasionnel du KK, il était à lui seul une véritable caricature. Il était un intime de la famille Bush et était lui aussi très honoré dans son pays en tant que membre éminent de l’église. Mais en réalité, il était lâche et ne s’intéressait vraiment qu’à l’argent et la perversion. La seule phrase qu’il avait retenu de la Bible était « laissez venir à moi les petits enfants ».

 

Le rabbin lâcha un rire gras puis enchaîna.

« Dites donc, c’est pas tout ça, mais moi, faut que je retourne en Israël. J’ai des maisons palestiniennes à faire sauter. En plus, j’ai une réunion très importante sur l’opération RT ».

 

« Ah oui ? Ça avance ? » interrogea l’empereur d’une voix lente et aussi grésillante que celle d’une vieille sorcière qu’on aurait laissé tremper dans l’acide pendant des siècles.

C’était la première fois qu’il parlait : dès que c’était important, il se réveillait. Et quand il s’agissait d’évènements capables de provoquer la troisième guerre mondiale, ça l’excitait. Le temps de la seconde guerre mondiale avait été un très bon souvenir pour lui. A l’époque, il avait moins de religieux dans son équipe, mais ça marchait fort quand même.

 

Mahomet se réjouit « C’est sûr que si cette opération est lancée, c’est la guerre. Super génial ! Je vais continuer à motiver Mahmoud. Il aura bientôt la bombe, je peux vous l’assurer… Et puis, j’oublie pas mes petits kamikazes… Ah Ah Ah … la fille qui s’est fait exploser les seins sur le Paris-New York l’année dernière, c’était moi ! Ah Ah Ah !! »

 

« Et moi je fais quoi ? » coupa le cardinal.

 

« Comme d’habitude : faites du mormon, diabolisez le musulman… C’est très bon pour mes affaires tout ça… Du dogme, du dogme, des sectes à la con, c’est ça qui nous nourrit. En tout cas, c’est ça qui m’a toujours nourri, même quand je friquotais avec les cocos. » répondit l’empereur de son insupportable voix.

 

Le juif orthodoxe intervint de nouveau.

« Je crois surtout qu’il ne faut pas être intelligent. Lutter contre les gens qui veulent réfléchir ou qui se posent trop de questions, c’est notre devise. Chacun a sa croyance, laquelle constitue son identité. Et son identité, il faut la défendre jusqu’à la mort. Voilà ce que l’on doit répéter tout le temps !

Dès qu’on critique votre croyance, indignez-vous. Intentez un procès ! Ne supportez surtout pas la caricature…. En plus, moi, dans le civil, je balance de la « terre promise » à tout va. Du texte sacré le matin, du texte sacré le midi, du texte sacré le soir…. Énervez-vous si quelqu’un veut comprendre avant de croire ! Dites lui qu’il finira en enfer ! Merde, il y a des limites ! ».

 

« Génial » ajouta l’empereur.

 

« Mouarf ! Et tous ces crétins se laissent faire ! Ils sont tellement bêtes qu’ils ne voient même pas quand on les manipule. C’est trop drôle ! » s’exclama le prélat.

 

L’empereur éclata d’un rire sadique et glaçant. La connerie, il adorait ça. Certains disaient même qu’il avait été engendré par la bêtise humaine, un peu comme Anakin Skywalker dont on dit qu’il aurait été engendré par la Force.

Il se pencha pour ouvrir un gros coffre plein de lingots d’or et de diamants…

 

 

A SUIVRE… (Prochain épisode, la semaine prochaine).


[1] Note de l’auteur : phrase diplomatique.

Par Miteny - Publié dans : La SAGA du vendredi. - Communauté : Rennes-le-Château
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Vendredi 12 février 2010 5 12 /02 /Fév /2010 12:34

Pour copier mes collègues du frigo, j’ai décidé d’écrire une grande saga intitulée La Bible 2 : le retour, et dont je vous livre ici le premier épisode (rubrique « saga du vendredi », qui paraitra seulement le vendredi…).
 

Je m’essaie à la saga alors tant pis si ça ne plaît pas. Mais je peux vous dire d’ores et déjà qu’il y aura du suspens, des rebondissements, des scandales. Le plan est déjà prêt et il est génial ! (Celui du frigo aussi… si vous voulez tout savoir sur l’affaire CLEARSTREAM, cliquez ici).

J’espère que j’aurai le courage d’arriver à la fin (mais je doute).

 

Je vous livre quelques mots clés : Vatican, Jérusalem, Palestine, complot, sionisme, Nostradamus, Apocalypse, bombe nucléaire, messie, Graal, fin du monde, etc.… Comme d’hab, quoi.

 

Le titre de ce premier épisode est « Une découverte surprenante ».

 14-station.jpg

 

Rennes le château, mai 2011.

 

Robert Glandon s’affairait sur sa bicyclette tel un forçat. Il adorait le vélo et il adorait cette région. Il venait souvent passer ses vacances ici, au printemps. Il était fasciné par ce pays de légende, coincé entre les Pyrénées et la vallée de l’Aude.

Souvent quand il était seul, là haut, sur la colline, il s’imaginait revenir au temps des wisigoths pour pouvoir observer Alaric et ses hommes cacher leur trésor dans les sous-sols de Rhedae, la capitale du puissant souverain.

 

Glandon était un être rêveur, solitaire et renfermé. Depuis son divorce, il ne voyait plus grand monde et passait son temps entre ses recherches et la télé, entre les Etats-Unis et la France. Il avait un appartement à New York, où il enseignait l’histoire de l’art. Il avait pu obtenir ce poste grâce à de belles études à la Sorbonne couronnées d’une magnifique thèse sur l’iconographie d’Abraham dans l’antiquité tardive.

 

Pour Glandon, le plus important, c’était le sommeil. De toute façon, quand on n’a pas de vie, autant passer son temps à dormir. Et pour bien dormir, Glandon faisait du sport très régulièrement. Du vélo surtout donc. Il parcourait pendant des heures les petites routes de la campagne française, et parfois même avec quelques retraités du coin.

 

Il allait voir de temps en temps sa fille, qui vivait à Londres et qui constituait sa dernière raison de vivre. Enfin, pas tout à fait car une autre chose était également très importante pour lui : la quête du Graal !

Et oui, comme un des héros du « Da Vinci code », il espérait un jour retrouver la trace du Graal. Bien sûr, il ne cherchait pas une coupe contenant le sang du Christ, il n’était pas si naïf. Non. Il cherchait les descendants de Jésus de Nazareth. Tout simplement. Il cherchait à reconstituer l’arbre généalogique du prophète le plus connu au monde.

Cette lubie lui était venue à l’occasion de la sortie du best-seller « le Da Vinci code ». Intéressé par la religion depuis tout petit, il s’était alors pris de passion pour le sujet. Et c’était une des raisons qui l’avait poussé à acheter une maison à Rennes les bains, qui était quand même plus agréable à vivre que Rennes le château.

 

Et c’est aussi la raison pour laquelle il montait pour la nième fois la côte qui menait à l’ancienne Rhedae. Parfois il se disait qu’il n’y avait qu’un fou pour passer autant de temps dans un village aussi petit et aussi vide : il suffit de dix minutes pour faire le tour de ce qu’il y a « à voir ».

Lorsqu’il dépassa en sueur le panneau d’entrée du village, fier d’avoir encore enrhumé un cycliste du dimanche, il se dit qu’il irait bien revisiter (pour la trentième fois) la demeure de Saunière.

Il gara son vélo à vingt-sept vitesses, puis entreprit d’abord de se restaurer. Après avoir bu son café sous l’arbre, il alla se racheter un billet pour la visite. La caissière le reconnut et lui donna aussitôt ce qu’il voulait (avec ses copines, elle l’appelait « Monsieur le petit vélo dans la tête »). Honteux de revenir toujours au même endroit et, qui plus est, vêtu d’un short cycliste et d’un maillot à petits pois rouges (meilleur grimpeur… normal), il se précipita vers les appartements de l’ancien maître des lieux.

Pour lui c’était un rite : parcourir l’endroit en marmonnant « Saunière, donne moi ton secret ; Saunière, donne moi ton secret ; Saunière, donne moi ton secret ». Il le faisait en français, en anglais et dans douze autres langues. Oui, Glandon était un grand passionné des langues. Il adorait savoir dire tout un tas de choses inutiles dans plein de langues parlées par presque personne (oudmourte, navaho, tchouvache, breton, bété, soninké… ou ju/hoan, une langue à click qu’il aimait particulièrement).

Les cales de ces chaussures pour pédales automatiques résonnaient dans le bâtiment. Ce bruit sonore et régulier donnait une allure solennelle et aussi parfois pathétique à l’étrange routine du professeur. Tout à coup il stoppa net. Il remarqua quelque chose de bizarre sous un meuble. Depuis le temps, il connaissait par cœur chaque centimètre carré de l’endroit mais pourtant c’est la première fois qu’il remarquait l’étrange forme de cette latte.

 

Il se baissa puis essaya de bouger la planche de bois. Sans succès. Il crut néanmoins constater que ça sonnait vide, alors il prit son couteau suisse et se mit à « dégrader le matériel ».

Il réussit à scier un bout suffisamment grand pour pouvoir ensuite mettre la main. Alors qu’il venait à peine de commencer à fouiller, il tomba sur un petit bout de papier jauni par le temps sur lequel était inscrit « belle peyre carcassonne ». Il se dit que c’était peut-être là l’indice qu’il attendait depuis si longtemps, puis se demanda comment on pouvait appeler sa fille « belle » quand le nom de famille qu’on transmet est peyre, si ce n’est par méchanceté.

Tout à coup, la voix de la caissière retentit.

« Monsieur Glandon, vous glandez ? » demanda-t-elle (cette jeune fille, en plus d’être jolie, avait de l’humour).

Le professeur enfonça à toute vitesse le petit papier dans sa banane puis se dirigea vers la sortie. Il rougit en saluant l’étudiante car il se trouvait ridicule avec son accoutrement. « De toute façon, elle n’aurait jamais accepté de sortir avec moi », maugréa-t-il.

En outre, il était peu probable qu’il revienne avant longtemps. En effet, on s’apercevrait vite que c’est lui qui a dégradé le plancher. Mieux valait rester discret pendant un moment.

« Si ça ne mène à rien, j’abandonne mes recherches » pensa-t-il.

Il remonta sur son vélo et décida d’aller à Carcassonne sur le champ (45 bornes, ça se fait facile… et puis, il pouvait toujours prendre le train pour revenir).

 

 

A SUIVRE… (prochain épisode, la semaine prochaine).

Par Miteny - Publié dans : La SAGA du vendredi. - Communauté : Rennes-le-Château
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