Poème en baie de Somme.

Publié le par Miteny

Aujourd'hui, je vous propose une petite digression poétique sans prétention.
Mmmm... (je me racle la gorge).


Allongé sur le sable, je contemplais la mer,
les limicoles, les mouettes et quelques spatules
bref tous ceux qui dans le sol cherchaient des vers,
juste caressés par la lumière du crépuscule.

J'étais fort ravi de me trouver en ce lieu
sublime, reposant mais aussi mystérieux
puisqu'on ne savait jamais où trouver les moustaches
d'un sympathique animal, curieux et potache.

Après avoir passé une nuit sous les étoiles,
je me décidai donc à hisser la grand-voile.
Mon objectif : voir enfin ces gracieuses bêtes,
et avec eux, dans l'eau de la baie, faire la fête.

Hélas, point de vent, je dus donc prendre les rames
d'un kayak loué avec un groupe de jeunes femmes.
Parmi elles, une déesse à la chevelure blonde
dont les charmants yeux me fixèrent quelques secondes.

Je sentis une émotion inonder mon cœur
ajoutant de l'intensité à mon bonheur,
qui pourtant déjà, sous ce ciel si agréable,
avait atteint des sommets insoupçonnables.

Et que dire lorsque je vis pour la première fois
enfin des phoques ''veaux marins'' plonger devant moi !
Je voulus sauter dans l'eau pour jouer avec eux
sans même penser au courant, bien trop dangereux.

Devinant mon instinct refoulé de nageur
la demoiselle me fit un sourire ravageur
et en cet instant magique, je compris le sens
que pouvait parfois avoir le mot ''attirance''.

Ô baie de Somme, huîtrier-pie, tadorne de belon !
Que j'ai aimé pour vous écrire cette chanson
qui à certains aura pu rappeler ''Potemkine''
fredonné en ces lieux pour charmer les copines.

Mis à part la « private joke » de la dernière strophe, je pense que vous avez tout compris : ce poème se veut être un hymne à cette charmante zone naturelle qu'est la baie de Somme.
Cet endroit a selon moi de nombreux atouts : tout d'abord c'est une baie, faite de sable, de canaux et de prairies. Donc c'est joli. Il y a juste à côté de grandes plages bordées de dunes où il est agréable de marcher pieds nus à condition d'éviter le crottin de cheval ou de dormir à condition d'aimer les puces de mer.
On peut se baigner dans une eau qui atteint parfois 18 degrés - non, ce n'est pas froid ! - en observant le travail des mytiliculteurs.
Ensuite le marnage y est important, environ 9 mètres : il y a donc du changement, du mouvement sans arrêt. Tous ces courants qui vont et viennent dans tous les sens, c'est assez rigolo à observer je dois dire.
Et surtout la faune est exceptionnelle : on peut y rencontrer de nombreuses espèces d'oiseaux rares comme la spatule blanche, le tadorne de belon, l'huîtrier-pie, la sterne, les limicoles, l'avocette, l'aigrette, diverses espèces de chevaliers, de bécasseaux, de courlis, de gravelots. En automne, on peut voir des canards siffleurs, des canards pilets, des fuligules, des garrots, des bécassines et en hiver des plongeons, des grèbes huppés, des macreuses voire des eiders à duvet. Et d'autres encore...
C'est quand même énorme.
Et puis, bien sûr, il y a les phoques qui au cours de ces dernières années se sont multipliés dans la baie de façon vraiment réjouissante. Deux espèces sont présentes : le phoque veau-marin qui peut peser jusqu'à 120 kg et le phoque gris, plus gros, dont le mâle peut atteindre 4 mètres de long pour un poids de 500 kg.
En 1997 il y avait seulement 50 veaux-marins et quelques phoques gris. En 2003 les veaux-marins, bénéficiant des mesures de protection, étaient déjà une bonne centaine et les phoques gris une dizaine. En 2011 300 veaux-marins et presque 100 phoques gris se partagent la baie.
Une progression formidable qui montre que les mesures de protection et de dé-pollution peuvent faire beaucoup.

 

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Il suffit de le vouloir...

 

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Si vous avez envie de vous rendre utile, parrainez un phoque avec Picardie Nature.

 

Publié dans Best of chansons

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