Emmanuelle à Londres (Episode 4).

Publié le par Miteny

Envers et contre tout, je continue ma saga du vendredi : je ne suis pas sûr de tenir bien longtemps (est-ce le dernier épisode ?). Je signale également une nouvelle animation, ici : mettre le son à fond.

 

(Episode précédent).

 

Londres, juin 2011.

 

Tous les hommes se retournaient sur Emmanuelle quand elle marchait dans la rue. Elle était si belle qu’elle ne laissait personne indifférente, pas même les femmes, jalouses de sa grâce. Un jour, on l’avait même suppliée d’embrasser la carrière de mannequin mais comme elle était allergique à la cocaïne, elle avait préféré embrasser son petit copain. Quand c’est médical, c’est médical !

Elle arriva la première dans le fameux pub Windmill. Elle s’installa à une table bien en vue de l’entrée : elle attendait quelqu’un. Elle était quelque peu gênée car beaucoup de paires d’yeux étaient braqués sur son corps magnifique. Il faut dire qu’elle s’était habillée de façon très chic : robe Yves Saint Laurent, chaussures à trois cent Euros, lunettes excentriques, sac Pierre Cardin. Elle n’avait pas lésiné sur les moyens.

Au bout de cinq minutes, un homme de taille moyenne portant un jean noir et un vieux pull blanc parsemé de quelques taches de ciment entra. Emmanuelle se leva quand elle reconnut celui qu’elle espérait, à savoir Bob, dit « le moine » à cause de la tonsure qu’il avait depuis sa prime jeunesse. Elle alla à sa rencontre et le salua.

« Bob ? Bonjour, c’est moi, Emmanuelle ! ».

Bob dit le moine se mit à rougir. Heureusement, ça ne se voyait pas trop car, comme à son habitude, il portait une barbe fournie légèrement plus claire que les quelques cheveux qui lui restaient.

« Ah ! C'est-à-dire… Manu ? La fille de Robert ? » répondit l’homme, interloqué.

« Oui, c’est ça ! C’est comme ça qu’on m’appelait quand j’étais petite.. hi hi hi ! On va s’asseoir ? Je t’ai commandé un lait fraise » précisa la belle tout en indiquant sa table. Bob fut tout bouleversifié de constater qu’elle se souvenait de sa boisson favorite. Il s’assit en face d’elle, tout en évitant de la regarder dans les yeux car il était très intimidé par la jeunesse et la beauté sauvage de cette métisse américano-somalienne. Néanmoins, il balbutia quelques mots.

« Alors, ça va ? »

 

A ces mots, la jeune femme ne put retenir une larme et reprit un peu du thé qu’elle avait commandé. Bob s’en aperçut et se mit rapidement en quête d’un mouchoir en papier (il n’en avait jamais sur lui, écologie oblige). Puis il s’enquit de l’état de celle qu’il avait involontairement blessé.

« Qu’est ce qui t’arrives ? »

« Oh ! J’ai un problème. Je n’ai plus aucune nouvelle de mon père depuis une semaine… Il ne répond plus. Pourtant il m’avait dit qu’il allait à Venise avec Rony. Je ne sais pas ce qui se passe. Je n’arrive plus à les joindre !! »

Elle éclata en sanglots. Bob sentit l’émotion lui serrer la gorge. Il avait fait les quatre cent coups avec Glandon : ensemble, poursuivis par les sbires de Ceausescu, ils avaient été hébergé par des chiens errants dans les Carpates, ils avaient franchi la frontière polono-biélorusse de nuit en pleine guerre froide, ils avaient résisté aux terroristes hongrois dans les bas fonds de Budapest, ils avaient survécu au loup des Alpes !

Tant de souvenirs émouvants, d’aventures exaltantes. Il ne supportait pas l’idée que son compère pût souffrir. Le fait qu’il soit avec Rony ne le rassurait pas, bien au contraire.

Entre deux pleurs, Emmanuelle eut un petit sourire de sympathie en constatant l’excentricité de l’accoutrement de celui qui sera toujours pour elle l’oncle Bob.

« Mais qu’est ce que c’est que ce pull ? » demanda-t-elle ironiquement.

« C’est mon pull fétiche. J’y tiens beaucoup surtout depuis que ton père y a laissé des traces de ciment indélébiles du temps où il se faisait exploiter par un entrepreneur cauchois sans scrupules. Tu te rappelles ? »

Emmanuelle se remit à geindre. Elle était si inquiète pour son pauvre papa qui peut-être gisait quelque part, blessé, sans défenses.

« Tu vas faire quelque chose, dis ! Dis-moi que tu vas faire quelque chose ! » supplia-t-elle en prenant le bras de l’homme aux temps grisonnantes qui se retrouva désarmé face à tant de détresse.

Pourtant c’était un dur. Son vrai métier était agent secret. En ce moment, il infiltrait la fonction publique française et notamment les rouages du système Sarkozy. Mais ce n’était pas là son coup d’essai, loin de là.

Birmanie, Syrie, Niger, Ouzbekistan, Corse, Norvège, Lot... On ne pouvait plus compter le nombre des missions qu’il avait mené à bien. Ils connaissaient toutes les techniques de combat au corps à corps. Il avait pratiqué tous les sports, de la lutte gréco-romaine au ski acrobatique, en passant par le badminton, le tennis-ballon et la planche à voile.

Il connaissait même quelques mots de mordve et de kalmouk, au cas où…

« Je te promets que je ferai tout pour le retrouver ! » s’exclama-t-il brusquement. Puis il prit la main de la jeune demoiselle, pour la rassurer.

Ils se séparèrent après s’être vigoureusement enlacé, comme s’il s’agissait de se promettre l’un l’autre d’être fort, quoiqu’il ait pu arriver au pauvre Glandon. Puis Bob banda tous ses puissants muscles avant de s’élancer vers de nouvelles aventures.

 

A SUIVRE (peut-être)….

Publié dans Archives 2010-2011

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Bernard Pivot :) 14/02/2013 01:36


Je rigole parfois en te lisant, mais c'est tant mieux. L'humour aussi est médicinal.
J'aime bien le naturel de l'écrivain. Il est un peu coquin aussi.




Et il soulève mes émotions, de natures variées.


Correction :


>>Il avait fait les quatre cent coups
quatre cents

Bernard Pivot :) 14/02/2013 01:34


"Quand c'est médical, c'est médical"...
J'ai une petite prescription pour toi si tu veux.  :)

Détrompable 01/04/2010 20:21



Fiction : http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/fiction/


Pfff 



gilbert 01/04/2010 15:48



Est-ce que le corps suffit à produire de l'orgasme ?



Miteny 01/04/2010 15:52



non



Détrompeur intrompable 01/04/2010 09:07



Elle est même carrément enterrée ta fiction Miteny, mais faut reconnaître que justicier a une super patate dès le matin



Miteny 01/04/2010 10:24



Enterrée.. vraiment?



Justicier 01/04/2010 06:03



Ca y est et c'est très clair, en cette année 2010 le 1er avril, j'ai enfin compris le sens profond de ce que signifie la démonstration du grand maître comique à défaut d'être
cosmique de la toile....., j'ai nommé l'avatar Miteny...


La très grande révélation tant attendue par des milliers d'internautes en délire :


C'est tellement évident qu'on se demande comment on y a pas pensé plus tôt


En effet il n'arrête pas de nous le dire, MITENY.  Je pense que ça va être une nouvelle planétaire digne de la découverte d'un nouveau monde.


OYEZ, OYEZ braves gens, la grande nouvelle est enfin révélée


Le corps de MITENY, cette enveloppe biologique, charnelle, honteuse doter d'un cerveau minuscule et pour tout dire trop petite pour un esprit si grand, est :


Naturellement INSUFFISANT et INDIGNE d'être le réceptacle et encore moins le
producteur d'un esprit aussi génial tel que lui....


Cachez ce corps que je saurais voir....


Cette solution à tous les avantages, c'est CERTAIN, elle garde intact SON CONSTAT, donc sa démonstration QUI NE CONCERNE STRICTEMENT QUE LUI, il est heureux, il jubile, on l'a compris il est enfin reconnu comme une curiosité digne des plus grandes
attentions, c'est une pépite, un joyau....que dis je LA PERLE RARE.


Pour nous, pauvres nains, qui étions incapables de reconnaître ce constat, on est soulagé, pour nous en effet le corps suffit, on a n'aura pas besoin de nous couper en deux, d'un coté l'enveloppe
charnelle de l'autre ce qu'elle produit, l'esprit.


Ouf on a eu chaud....


Heureusement que Miteny était là....


C'était l'ultime démonstration que le corps de Miteny ne suffit pas....il faut autre chose..


Justicier



Miteny 01/04/2010 12:40



Je constate bien que torturer n’importe quel corps ne suffit pas à produire de la douleur puisque je ne constate aucune
production de douleur par ton corps quand celui-ci est torturé (on peut essayer si tu veux, j’ai une pince multiprises).



ggs 08/03/2010 13:49


         il y a de très beaux moments, même si le fait que manu s'appelle bob et qu'emmanuelle ne soit pas emmanuel et que je sois présenté comme une buse
gène un peu le lecteur...
Il faut continuer, je vois bien un truc sensuel qui se passerait entre Bob et Emmanuelle, genre ils se touchent la main en ramassant un mouchoir en papier tout cracra. 
emmanuelle, c'est ta fille, donc ? T'es sur une Piste somalienne ?


Miteny 08/03/2010 13:52


Ouh la! Je ne suis pas Glandon (d'ailleurs ce pseudonyme ne me va pas du tout).
Ce sont des personnages de fiction. D'une fiction qui se meurt...


Kao 05/03/2010 22:42


génial


Miteny 05/03/2010 22:47



euh non... je ne crois pas