Une démonstration évidente.

 Dites moi précisément où je me trompe et je vous donnerai 3000 Euros.

Si vous voulez vraiment tout savoir et tout comprendre. Un truc simple à faire, ce n'est pas cher.
 

 

 

 

Les trente prochaines années.


 

Mardi 11 mars 2008 2 11 /03 /Mars /2008 19:27

Suite aux discussions que j’ai eu récemment avec Stéphane, je me suis rendu compte que l’expression « le corps ne suffit pas » était peut-être un peu légère.

C'est-à-dire qu’elle n’explique pas dans les détails l’existence de cette substance unique qui transcende (et relie) aussi bien la matière que la conscience.

Mais remarquez que si on l’admet l’existence d’une composante fondamentale consciente, que l’on peut appeler la Substance et dont les caractéristiques sont si difficiles à exposer, celle-ci ne peut être localisée à tel ou tel endroit.

D’après Stéphane, cette Substance s’est divisée en petits bouts de matière. Ce qui veut dire qu’elle serait alors complètement fragmentée en objets distincts, comme les corps, qui sont autonomes et sans liens matériels entre eux.
Ce qui signifierait que le corps pourrait suffire.

Faux !

En fait, cette Substance est à la fois partout et nulle part. Elle n’est pas ici ou là. Elle transcende la notion d’espace. Car elle ne peut pas être fragmentée comme la matière l'est.

 

En fait, je suis sûr que cette matière n’est que de l’information. Comme un gigantesque programme fait de 1 et de 0. La matière est donc un assemblage complexe de concepts simples (comme une structure mathématique). Elle N’A PAS d’existence propre. Contrairement aux apparences, ce qui a le plus « d’existence », c’est la conscience, dont la forme ultime est Dieu (et à qui il appartient de créer le programme "univers"). 

 

Bref, tout ça pour dire qu’il me semble bien avoir démontré l’existence de Dieu !

 

Appelons l’huissier maintenant…

Par Miteny - Publié dans : Mais Dieu, c'est quoi? - Communauté : Pour la révolution en 2012.
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Commentaires

Connais tu la technique du dragon chinois ?
Commentaire n°1 posté par akasha le 11/03/2008 à 20h53
??????
Réponse de Miteny le 12/03/2008 à 16h42
Une précision, il ne s'agit pas de fragmentation...pas d'après ce que je comprends de l'hypothèse en question. Je ne connais pas le meilleur terme, mais ça me semble plutôt le contraire. Ça ressemble davantage à une structuration, une concentration à l'intérieur de ce grand tout. Cette "susbtance" ou "énergie" de base ne se divise pas pour former le matériel et le spirituel par exemple où pour former une particule plutôt qu'une autre... pas d'après cette approche. Il n'y a pas de différence, dans l'infiniment petit, entre ce qui compose un corps humain d'une table par exemple. Et cela n'est pas avancé que par l'hypothèse dont je parle mais aussi par la science, qui nous dit que dans l'infiniment petit, nous sommes tous fait d'énergie, et que tout ce qui nous semble solide n'est en fait que le résultat d'une "configuration" de cet élément primordial en différentes particules et ensuite en différents éléments. Tout est fait d'énergie, et "configuration" est réellement le meilleur terme que j'ai pu trouver pour désigner ce qui distingue réellement une chose d'une autre. La composante de base, elle, est la même pour tout ce qui existe. La partie plus spéculative de l'hypothèse en question tient surtout du fait que cette substance ou énergie de base en elle-même serait par nature conscience, subjectivité (à l'état brut il va sans dire). Si c'est le cas, quiconque tente d'analyser le rapport entre le corps et la conscience humaine doit ré-évaluer certains concepts, certaines approches plus classiques. On n'y échappe pas.
Commentaire n°2 posté par stephane le 11/03/2008 à 23h32
Ce n'est pas ce que je voulais dire. Je veux que ta configuration corps est autonome. Certes c'est de la matière. Mais c'est de la matière qui n'est relié à rien d'extérieur à elle. On est bien d'accord?

Elle est donc totalement séparée du reste de l'univers (au sens absolu du terme), c'est bien ce que tu dis?
Réponse de Miteny le 12/03/2008 à 16h48
Amusant. A ce stade, deux possibilités : soit vous êtes aussi réducteur et simpliste que ce que vous écrivez, auquel cas, vou sêtes bien à l'image de vos "clips" : un petit enfant insistant et pialleur. Soit, tout ce site est une blague et dans ce cas, bravo. (le simple fait que vous en soyez encore à la dichotomie esprit/corps, démodé depuis près d'un demi-siècle, dit assez le peu de sérieux de votre entreprise)
Commentaire n°3 posté par Fini ! le 12/03/2008 à 09h36
"le simple fait que vous en soyez encore à la dichotomie esprit/corps, "

C'est à dire? En tout cas, je n'ai pas séparé l'esprit et le corps puisque j'ai dit mille fois que le fonctionnement du corps était nécessaire à la fabrication de la conscience de chacun.
Réponse de Miteny le 12/03/2008 à 17h01
Non absolument pas. Tout est interconnecté dans l'univers, selon cette théorie ainsi que, je le crois, pour la mécanique quantique (selon ce que je comprends du moins). Mais ce que je dis, c'est qu'en tant qu'unité de conscience distincte au sein du reste, je crois que rien ne permet de croire qu'elle ait besoin d'un apport extérieur à elle-même (donc extérieur à la portion de la Substance qui la compose) pour être consciente. En d'autre termes, la portion de cette énergie de base qui compose une conscience humaine est toujours reliée au reste parce qu'elle fait parti d'un grand tout et que tout est interconnecté dans l'univers selon cette théorie. Mais le résultat, c'est-à-dire notre expérience consciente et subjective, est autonome par rapport au reste. Sous sommes toujours à l'intérieur de ce grand tout du point de vue de la substance qui nous compose, mais notre conscience en tant qu'expérience vécue ne s'étend pas, elle, au-delà de nous-même. Nous sommes isolé SUBJECTIVEMENT du reste. Et logiquement, on peut supposer que c'est parce qu'une conscience humaine ne dépend de rien d'autre que de la substance qui la compose pour être ce qu'elle est.
Commentaire n°4 posté par stephane le 12/03/2008 à 17h26

Mais ce que je dis, c'est qu'en tant qu'unité de conscience distincte au sein du reste, je crois que rien ne permet de croire qu'elle ait besoin d'un apport extérieur à elle-même (donc extérieur à la portion de la Substance qui la compose) pour être consciente.

 

Donc tu te trompes parce que tu crois que le corps suffit donc. Je crois que tu n’as pas une idée assez claire de ce qu’est la conscience.

 

Avant tout, il faudrait que tu comprennes bien la non suffisance du corps.

 

Si le corps suffit, un corps suffit, tu n’es pas d’accord ?

Il me semble qu’une fois tu avais dit qu’un corps quelconque ne suffisait pas. Non ?

Réponse de Miteny le 12/03/2008 à 17h37
"""Donc tu te trompes parce que tu crois que le corps suffit donc. Je crois que tu n’as pas une idée assez claire de ce qu’est la conscience.""" Tu sais Miteny, je comprends que tu consières ta conclusion "le corps ne suffit pas" comme étant une conclusion imparable, mais j'ai remarqué que tu en es au point où tu l'utilises comme une référence permettant de juger de la véracité ou non d'autres hypothèses. C'est comme si tu disais : "telle ou telle vision des chose est incorrecte parce qu'elle implique peut-être que le corps suffise". C'est quand même assez spécial je trouve :) Il est certain que si tu t'en tiens uniquement au corps en tant que ces choses que l'on peut voir et qui correspondent à des personnes, donc si tu restes à l'échelle du visible pour nos sens, il se peut que tu arrives toujours au même résultat, peu importe le contexte matériel et scientifique dans lequel on se place. Mais en refusant d'explorer ce que peut être le corps à une échelle plus réduite, tu refuses de regarder en face quelle peut être sa véritable relation avec le phénomène de la conscience, laquelle serait suceptible d'invalider ta conclusion. Par exemple, concernant l'hypothèse que je te présente, tu ne m'as pas dit ni encore prouvé que ma conclusion voulant que le corps suffit peut-être se basait sur des raisonnement erronnés. Tu me dis que je ne peux avoir raison car il est impossible que le corps suffise, donc, car mon hypothèse peut potentiellement amener à une conclusion qui diffère de la tienne. C'est ce que je comprends de ton dernier message enfin... Tu veux prouver que la corps ne suffit pas, mais si une hypothèse entraîne une conclusion différente, même si elle ne semble pas logiquement fautive, elle ne peut être valable. Ton huissier risque de s'étouffer avec ton chèque en voyant cela. De toute façon, mon but n'est pas de prouver que tu as tort, mais cette vision de l'univers que je trouves intéressante et que je voulais simplement faire connaître à tes lecteurs peut, à mon avis, permettre de conclure que le corps peut suffir à nos consciences (lorsqu'on prend le temps de définir ce qu'il est vraiment et de comprendre sa nature).
Commentaire n°5 posté par stephane le 12/03/2008 à 18h44

Oui, je pense que la non-suffisance du corps est un fait, comme n’importe quel autre fait du genre « tout objet plongé dans l’eau ressort mouillé ».

 

 

Par exemple, concernant l'hypothèse que je te présente, tu ne m'as pas dit ni encore prouvé que ma conclusion voulant que le corps suffit peut-être se basait sur des raisonnements erronés.

 

Le problème c’est qu’il n’y a pas de raisonnement. Tu dis en gros « si la matière est magique alors peut-être que le corps suffit ». C’est juste une affirmation gratuite, désolé. Tu ne définis pas ce que tu appelles « principe de la conscience ».

Il est important d’être rigoureux, précis. Définir les termes que l’on emploie, raisonner logiquement.

 

 

De toute façon, mon but n'est pas de prouver que tu as tort, mais cette vision de l'univers que je trouve intéressante et que je voulais simplement faire connaître à tes lecteurs…

 

Mais si tu n’intègres pas la non-suffisance du corps dès le départ, tu te trompes. Tu as l’intuition de quelque chose du genre « c’est trop complexe pour nos petits intellects » et tu crois que je n’ai pas compris ce que tu voulais dire.

 

Mais si… Et je te réponds : mais non !

Tu as un préjugé et on ne raisonne pas logiquement avec des préjugés.

Et quand on est extrêmement rigoureux, exigeant et logique, on trouve qu’il est évident que le corps ne suffit pas !!

 

 

permettre de conclure que le corps peut suffire à nos consciences (lorsqu'on prend le temps de définir ce qu'il est vraiment et de comprendre sa nature).

 

Donc non justement.

Réponse de Miteny le 13/03/2008 à 10h28
La technique du dragon chinois est une stratégie visant à convaincre une assistance d'une hypothèse incertaine. Elle est parfois utilisée en science pour conforter une idée douteuse. Le scientifique qui veut fabriquer un dragon chinois va par exemple inventer un contradicteur imaginaire défendant une théorie opposée à la sienne. Et en démontrant que la théorie de l'adversaire ne tient pas, il va au contrario convaincre que la sienne est forcément juste est vraie.
Commentaire n°6 posté par akasha le 12/03/2008 à 21h20
Encore un truc pour les naïfs.... je ne pense pas que ça marcherait avec moi ce genre de tour de passe-passe.
A moins que tu penses que Stéphane soit un contradicteur imaginaire (ce qui serait rigolo).
Réponse de Miteny le 13/03/2008 à 10h44
"""""[...] si on l’admet l’existence d’une composante fondamentale consciente, que l’on peut appeler la Substance et dont les caractéristiques sont si difficiles à exposer [...]""""" >> Tout est là : c'est précisément ce qu'on te demande de démontrer et que tu prends pour postulat. C'est-à-dire que toute ta "démonstration" repose sur une aporie fondamentale, sur un acte de foi, en d'autres termes sur la circularité : comment t'étonner dès lors de retomber "comme par magie" (si j'ose dire) sur Dieu à l'arrivée puisque c'est ton point de départ ?
Commentaire n°7 posté par Loïc le 13/03/2008 à 11h56

Non là, je parlais surtout de la théorie de Stéphane pour qui la matière est une sorte de substance consciente.

 

En outre, cet article parle plutôt de l'étape 2. Or dans l'étape 2, on suppose que l'étape 1 est acquise. Et l'étape 1, c'est la non suffisance du corps qui IMPLIQUE l'existence d'autre chose.

 

Donc, je n'ai jamais rien postulé. J'ai toujours démontré.

Réponse de Miteny le 13/03/2008 à 16h35
Tu n'as absolument pas démontré la non suffisance du corps (et non, je ne souhaite pas reprendre la controverse, dans la mesure où tu ne réponds jamais aux objections présentées au profit d'une répétition inlassable de ton credo, le terme est choisi ; j'attends avec impatience que tu "appelles" l'huissier, si tu le fais jamais...) ; par suite ton "étape 2" se délite en non sequitur, que tu ériges en conclusion grandiose.
Commentaire n°8 posté par Loïc le 13/03/2008 à 16h49
Mais toi aussi tu crois en ce soi-disant "credo" parce que tu me dis que tu n'as pas mal quand je me cogne.
Donc de ton point de vue, mon corps frappé ne produit aucune douleur.

Tu me l'as confirmé !!! 

Il faut savoir ce qu'on dit.
Réponse de Miteny le 13/03/2008 à 17h29
"""Le problème c’est qu’il n’y a pas de raisonnement. Tu dis en gros « si la matière est magique alors peut-être que le corps suffit""" Tu sais, aussi spéculative que sois cette vision de la matière et du principe de la conscience dont je te parle, car elle l'est, et grandement en plus, cette affirmation citée plus haut semble démontrer que sois tu n'as pas compris encore, ou soit tu n'as même pas fait l'effort d'intellectualiser le tout et de songer sérieusement à ce que cela peut impliquer. Tu me parles de magie, mais ce dont je parle est néanmoins beaucoup plus concret et précis que ce qui explique la conscience dans ta vision des chose. Je t'ai fourni des explications à 2 ou 3 reprises alors que tu me demandais si mon approche signifiait qu'une particule avait conscience d'elle-même, et c'est comme si tu ne les avaient même pas lues ou prises en compte. Entre nos 2 approches, je considère la tienne bien plus magique. Tu me parles de préjugés et de rigueur, mais grand Dieu, par ton refus de même considérer ce qui peut être bien ou non dans mes explication, tu viens de démontrer toi-même que tu fonctionnes de cette façon. Autrement dit, voilà comment résumer ta démarche sur ce blogue : "Je vous offre 5000 euros si vous réussissez à démontrer que mon raisonnement n'est pas correct à 100%, mais si votre hypothèse à vous implique que le corps ne suffit pas, elle sera immédiatement déclarée invalide". C'est aussi clair que ça et en plus, tu ne t'en caches même pas. Je ne dis pas ça avec amertume crois-moi. J'écris présentement avec un sourire en coin...mais si tu veux vraiment mettre un huisser là-dedans et officialiser le tout, même si ton raisonnement s'avérait imparable, tu perdrais ton argent pour vice de procédure :)
Commentaire n°9 posté par stephane le 13/03/2008 à 17h01

Tu me parles de magie, mais ce dont je parle est néanmoins beaucoup plus concret et précis que ce qui explique la conscience dans ta vision des choses.

 

Tu me dis « si la matière est elle-même conscience », quelque chose comme ça.

Mais qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ??

Déjà que j’ai du mal à faire comprendre ce qu’est la douleur… alors la matière qui serait elle-même de la « conscience brute » (qu’est ce que peut bien être « la conscience brute » ?? mystère absolue), non je ne comprends pas.

Ça peut tout vouloir dire : tout.

 

 

Tu me parles de préjugés et de rigueur, mais grand Dieu, par ton refus de même considérer ce qui peut être bien ou non dans mes explication, tu viens de démontrer toi-même que tu fonctionnes de cette façon.

 

Si j’ai bien réfléchi à ta théorie. Je me suis posé des questions. Mais le problème c’est que tu ne peux comprendre ce que ta théorie implique puisque tu ne comprends pas ce qu’est la conscience.

 

 

"Je vous offre 5000 euros si vous réussissez à démontrer que mon raisonnement n'est pas correct à 100%, mais si votre hypothèse à vous implique que le corps ne suffit pas, elle sera immédiatement déclarée invalide".

 

Je suppose que tu voulais dire « que le corps suffit ».

 

Sinon, ma démarche est très logique. S’il n’y a pas d’erreurs dans mon raisonnement, il est bon, c’est tout.

 

Il faut raisonner logiquement : moi, je définis les mots « corps » et « douleur » et toi tu ne définis même pas « conscience brute »…

 

Et c’est moi qui serais le moins rigoureux ???!!

Réponse de Miteny le 13/03/2008 à 17h39
"""""[...] même si ton raisonnement s'avérait imparable [...]""""" >> Il n'y a rien d'imparable dans son "raisonnement". J'attends toujours que Miteny DEFINISSE la douleur, par exemple, ce qui est la moindre des choses lorsqu'on prétend réaliser une démonstration. Pour l'heure, sur les centaines de billets publiés, on cherchera en vain une telle définition, Miteny s'étant toujours contenté de dire "mais enfin, tout le monde sait ce que ça fait d'avoir mal", ce est d'une rigueur imparable... pour un enfant de maternelle. D'un adulte, on attendrait, à tout le moins, quelque développement.
Commentaire n°10 posté par Loïc le 13/03/2008 à 17h10
La terrible sensation que tu ressentiras une fois que je t'aurai violemment frappé (mais seulement pour les besoins du raisonnement évidemment :) )est un exemple de douleur.

Tu vois Stéphane: qu'est ce que je disais! On me cherche des poux rien que sur le mot "douleur", alors imagine ce que je devrais penser quand je lis "conscience brute".

Imagine !!
Réponse de Miteny le 13/03/2008 à 17h41
"""""Mais toi aussi tu crois en ce soi-disant "credo" parce que tu me dis que tu n'as pas mal quand je me cogne. Donc de ton point de vue, mon corps frappé ne produit aucune douleur. Tu me l'as confirmé !!! Il faut savoir ce qu'on dit.""""" >> Encore ton sophisme carbonisé. Le fait que JE n'ai pas mal lorsque TU te cognes n'a strictement rien à voir avec la suffisance ou l'insuffisance du corps mais tient simplement au principe d'identité (A est A, mon corps n'est pas le tien, ce qui affecte un objet A n'affecte pas un objet B, pas d'effet sans cause, sauf à croire en la magie), que tu refuses obstinément, sans craindre de te réclamer de la logique ! Il faudrait surtout savoir ce qu'on TE dit.
Commentaire n°11 posté par Loïc le 13/03/2008 à 17h39
"Donc de ton point de vue, mon corps frappé ne produit aucune douleur. "

Mais donc c'est vrai.

"ce qui affecte un objet A n'affecte pas un objet B"

Oui et alors?? Je te demande ce que produit un corps quelconque de ton point de vue. Je ne vois pas le rapport avec cette phrase.
Réponse de Miteny le 13/03/2008 à 17h45
"""""La terrible sensation que tu ressentiras une fois que je t'aurai violemment frappé (mais seulement pour les besoins du raisonnement évidemment :) )est un exemple de douleur.""""" >> Il y a une définition là ? Quelque chose de rationnel, une explication, un concept ? NON. Il n'y a qu'une évocation qui s'appuie d'ailleurs sur un concept antérieur : 'sensation'. Peux-tu me définir une sensation Miteny ? Il ne s'agit pas de te chercher des poux dans la tête, mais d'être rigoureux. Ou alors, ne parle pas de raisonnement, de preuve, de démonstration, parle de discussion de salon, de philosophie de comptoir, de petit délire virtuel. Il faut être UN PEU cohérent, Miteny.
Commentaire n°12 posté par Loïc le 13/03/2008 à 17h46

Pour chaque personne, la douleur est l'effet provoqué par la chute d'un parpain sur son pied par exemple.

Je ne vois vraiment pas la difficulté à comprendre ce qu'est la douleur: ce n'est pas suffisamment réaliste comme phénomène?
Tu veux dire que quand je t'aurai expliqué ce qu'est la douleur, tu seras d'accord pour admettre la non-suffisance du corps?

Réponse de Miteny le 13/03/2008 à 17h59
""""""Donc de ton point de vue, mon corps frappé ne produit aucune douleur. " Mais donc c'est vrai.""""" >> Heu tu te parles à toi-même, Miteny ? """""Oui et alors?? Je te demande ce que produit un corps quelconque de ton point de vue. Je ne vois pas le rapport avec cette phrase.""""" >> Au contraire ! Dans la mesure où tu prétends partir de la théorie matérialiste et que, pour cette dernière, une personne EST son corps, rappeler que ce qui affecte un objet A n'affecte pas un objet B explique précisément pourquoi une personne n'a pas mal lorsque son corps n'est pas frappé, outre le fait évident qu'il ne saurait y avoir d'effet sans cause. J'attends toujours que tu répondes SERIEUSEMENT à cette objection majeure.
Commentaire n°13 posté par Loïc le 13/03/2008 à 17h51
"une personne EST son corps"
Mais c'est cette expression qui est vaseuse. Si je te demande comment définir le mot "personne", tu vas dire "son corps".

Quel corps?? Non mais là je ris. ça c'est un beau "non sequitur", je pense. Et dire quà moi, tu me reproches de ne pas définir le mot "douleur". Il faut oser.

Employons des termes que l'on a défini: corps, douleur.

Si la théorie matérialiste est juste, tu n'as pas besoin du mot "personne", n'est ce pas?
Réponse de Miteny le 13/03/2008 à 18h06
Tu sembles t'étonner sans arrêt de mon approche de la conscience brute, de la conscience comme principe...mais le Dieu auquel tu fais appel, c'est quoi ? Il est où par rapport à la matière, il est fait de quoi, s'il nous donne nos consciences, ils les prend où ? Comment l'esprit, différent par nature de la matiere, interragit-elle avec cette derniere ? Soit tu réponds de façon précise à toutes ces questions, soit tu devras avouer que ton approche est beaucoup moins concrete et beaucoup plus "magique" que la mienne.
Commentaire n°14 posté par stephane le 13/03/2008 à 18h01
Pour pouvoir répondre à ces questions, il faut que mes interlocuteurs comprennent la non-suffisance du corps (et ce n'est pas gagné).

Dans mon système, sur tes 3 questions, une seule a un sens: "Dieu, c'est quoi?"

Les autres sont engluées dans de faux préjugés.
Exemple:
"Il est où par rapport à la matière, il est fait de quoi, s'il nous donne nos consciences, ils les prend où ? "
ça suppose qu'il est totalement distinct de nos consciences.... préjugé.

"Comment l'esprit, différent par nature de la matiere, interragit-elle avec cette derniere ?"

Comment sais tu que la matière est différente par nature de l'esprit?? Je me méfie de ce genre de définitions. Depuis qu'on essaie de me piéger sur les définitions des mots "corps" et "douleur", je fais la même chose.
D'ailleurs si la matière est de l'information, on ne peut pas dire qu'elle est "différente par nature".

Réponse de Miteny le 13/03/2008 à 18h15
"""""Pour chaque personne, la douleur est l'effet provoqué par la chute d'un parpain sur son pied par exemple.""""" >> Ca ne dit toujours pas ce qu'est la douleur. Une vapeur dans la tête des gens ? Une énergie électrique, chimique ? Un choc psychologique ? Aucune idée à partir de ton évocation. """""Je ne vois vraiment pas la difficulté à comprendre ce qu'est la douleur: ce n'est pas suffisamment réaliste comme phénomène?""""" >> Evocation n'est pas explication. A partir d'une évocation, tu ne peux strictement rien démontrer. Un peu comme si tu partais du rêve tel que vécu par le rêveur pour en déterminer la nature et l'origine (certainement un message de Dieu pour te dire que tu dois coucher avec la voisine du cinquième). """""Tu veux dire que quand je t'aurai expliqué ce qu'est la douleur, tu seras d'accord pour admettre la non-suffisance du corps?""""" >> Je veux dire que lorsqu'on prétend réaliser une démonstration, on doit en accepter les pré-requis : définition des concepts utilisés, respect de la logique.
Commentaire n°15 posté par Loïc le 13/03/2008 à 18h07
" Ca ne dit toujours pas ce qu'est la douleur. Une vapeur dans la tête des gens ? Une énergie électrique, chimique ? Un choc psychologique ? Aucune idée à partir de ton évocation."

Mais si tu sais! Puisque tu emploies l'expression "avoir mal". Tu sais ce que ça fait d'avoir mal, de souffrir après avoir reçu un coup de marteau. C'est une sensation.
De plus ma définition est bien une définition. Il faut que j'aille rechercher la définition du mot "définition"?

Je crois que tu t'es engagé dans une impasse en me demandant de définir le mot "douleur". Tu auras du mal à justifier ta position devant l'huissier.
Réponse de Miteny le 13/03/2008 à 18h30
""""""une personne EST son corps" Mais c'est cette expression qui est vaseuse. Si je te demande comment définir le mot "personne", tu vas dire "son corps".""""" >> Tout dépend des niveaux explicatifs (voir fin de ma réponse). Mais dans le cadre de notre débat, oui, une personne EST son corps. """""Quel corps?? Non mais là je ris. ça c'est un beau "non sequitur", je pense. Et dire quà moi, tu me reproches de ne pas définir le mot "douleur". Il faut oser.""""" >> Quel corps ? Mais tout simplement celui qui te parle et se revendique comme telle ou telle personne : "je suis Loïc". Par ailleurs, tu n'utilises pas correctement le concept de non sequitur. """""Employons des termes que l'on a défini: corps, douleur.""""" >> Tu ne les as toujours pas définis. J'attends. """""Si la théorie matérialiste est juste, tu n'as pas besoin du mot "personne", n'est ce pas?""""" >> Tout dépend du niveau explicatif auquel tu t'intéresse. Réduction explicative n'est pas réduction ontologique. Ce n'est pas parce que la théorie matérialiste réduit la personne à son corps, en termes d'explication, que le concept de 'personne' n'est pas pertinent à d'autres niveaux (par exemple, psychologique ou sociologique).
Commentaire n°16 posté par Loïc le 13/03/2008 à 18h13

 

Si tu utilises un mot, il faut le définir.

Mais ici, je ne vois pas l’intérêt de l’utiliser puisque le fonctionnement du corps est sensé être à l’origine de toutes les sensations.

 

On doit donc avoir : corps+coup=douleur

 

Ça c’est la théorie matérialiste.

 

La douleur doit être la conséquence du fonctionnement de n’importe quel corps. Voilà ce que doit être la réalité selon la théorie matérialiste.

Réponse de Miteny le 13/03/2008 à 18h35
"""""Mais si tu sais! Puisque tu emploies l'expression "avoir mal". Tu sais ce que ça fait d'avoir mal, de souffrir après avoir reçu un coup de marteau. C'est une sensation. De plus ma définition est bien une définition. Il faut que j'aille rechercher la définition du mot "définition"? Je crois que tu t'es engagé dans une impasse en me demandant de définir le mot "douleur". Tu auras du mal à justifier ta position devant l'huissier.""""" >> Elle est bonne ! Tu confonds toujours le niveau phénoménologique et le niveau explicatif. Oui, en principe (sauf exception pathologique, comme la femme "désincarnée" décrite par le neurologue Oliver Sacks), tout le monde sait ce que ça fait d'avoir mal, mais cela ne qualifie PERSONNE pour savoir ce qu'EST la douleur, en termes explicatifs, précisément la DEFINITION requise pour quelque démonstration que ce soit ! Pas plus que le fait que tout le monde sache reconnaître un rêve ne qualifie quiconque pour dire ce qu'est le rêve. Mais officialise ton "défi" et nous verrons bien ce que dit l'huissier ! J'ai hâte lol
Commentaire n°17 posté par Loïc le 13/03/2008 à 18h37
 "tout le monde sait ce que ça fait d'avoir mal"
ah déjà c'est mieux. Donc tout le monde sait au moins reconnaître la douleur (même si on ne sait pas ce que "c'est").
Comme le corps... on ne sait pas vraiment ce que c'est (comme le dirait Stéphane), mais on sait reconnaître un corps.

On est bien d'accord: tout le monde sait reconnaître la douleur...?
Réponse de Miteny le 13/03/2008 à 18h49
"""""Si tu utilises un mot, il faut le définir. Mais ici, je ne vois pas l’intérêt de l’utiliser puisque le fonctionnement du corps est sensé être à l’origine de toutes les sensations. On doit donc avoir : corps+coup=douleur Ça c’est la théorie matérialiste. La douleur doit être la conséquence du fonctionnement de n’importe quel corps. Voilà ce que doit être la réalité selon la théorie matérialiste.""""" >> Un magnifique exemple de ta malhonnêteté intellectuelle. Ou alors, je vais finir par croire que tu es vraiment stupide. La théorie matérialiste n'implique pas la négation du principe d'identité. Or prétendre que la douleur devait surgir de n'importe quel corps, c'est précisément nier le principe d'identité. Essaie encore, Miteny. Maintenant, assez de temps perdu. Comme je te l'ai signifié quelques messages plus haut, je ne souhaite pas reprendre la controverse pour le moment. Pas tant que tu n'auras pas faire franchir le Rubicon du réel à ta folie douce. Je te laisse donc déraisonner en paix pour quelques temps. Au plaisir, Miteny !
Commentaire n°18 posté par Loïc le 13/03/2008 à 18h42
"Or prétendre que la douleur devait surgir de n'importe quel corps, c'est précisément nier le principe d'identité."

Bah évidemment, puisque le corps est sensé suffire ! Non mais vraiment tu dis n'importe quoi.

Sinon de quel corps frappé peut-elle surgir ??

là tu délires gravement. Si le corps suffit, n'importe lequel suffit !! (niveau maternelle)
Réponse de Miteny le 13/03/2008 à 18h55
"""Comment sais tu que la matière est différente par nature de l'esprit??""" Ce n'est pas ce que tu affirmes depuis le début ? Qu'il faille quelque chose d'une autre nature que la matière pour expliquer la conscience ? Il me semble que c'est toujours ce que tu as affirmé ? D'ailleurs je me souviens très que tu as dit que ce n'est pas parce qu'on ne connaissait pas la façon dont ces 2 éléments interragissaient (ce qui posait problème) que cela ne pouvait être le cas. Alors quoi...aurais-tu changé d'avis après avoir pris connaissance de mon approche ? Quant à Dieu, tu l'as toujours situé dans un endroit qui ne pouvait être qu'extérieur à tout ce que je proposais comme endroit. Pas dans une autre dimension, car celle-ci ferait partie de l'univers. Pas dans notre univers, car c'est lui qui l'a créé et qu'il n'est pas soumis à ses lois. On dirait que ta pensée a évolué sans même que tu t'en aperçoive. Tu es difficile à suivre et je te répète que ton approche est encore moins concrete que la mienne.
Commentaire n°19 posté par stephane le 13/03/2008 à 18h47

C’est vrai que ton approche m’a fait réfléchir.

En fait je pense que le corps ne suffit pas. Il faut donc autre chose, qui n’est pas de la matière, d’une autre nature. C’est vrai j’ai dit ça. Et je confirme. Désolé, j’ai du être trop méchant (comme quand on m’attaque) dans cette dernière réponse.

En fait ce que je voulais dire, c’est qu’il y a un lien entre l’esprit et la matière. On pourrait dire que la matière est la forme d’esprit la plus simpliste : une information faite de 1 et de 0.

 

Si je résume :

La matière ne suffit pas mais il n’y a pas forcément de problème pour la relier à l’esprit puisqu’elle ne serait elle-même qu’un concept (en gros… en vraiment très gros).

 

Quant à Dieu, tu l'as toujours situé dans un endroit qui ne pouvait être qu'extérieur à tout ce que je proposais comme endroit.

 

Ah oui. En fait, on ne peut le localiser : à la fois partout et nulle part. La notion d’espace n’est qu’un exemple de ses capacités conceptuelles.

 

 

Mais là ça devient trop compliqué…

Réponse de Miteny le 13/03/2008 à 19h27
"""C’est vrai que ton approche m’a fait réfléchir""" Je pourrai au moins me vanter de cela :) Maintenant, une petite question, est-ce que j'ai raison de dire que tu consières cette approche comme invalide, non pas nécessairement parce que tu y a trouvé une faute logique, mais plutôt parce qu'elle permettrait possiblement de dire que le corps suffit ?
Commentaire n°20 posté par stephane le 14/03/2008 à 01h05
Elle est un peu trop floue, c'est ça le problème. Tu n'as pas défini ce que tu appelais "principe de conscience brute".

Donc je ne vois pas quel argument te permet de déduire de cette affirmation que possiblement, le corps suffit. Il n'y en a pas.

Je veux bien croire que je me suis trompé, mais je veux savoir où.
Réponse de Miteny le 14/03/2008 à 16h56
les contradicteurs sont toutes les personnes qui trouvent à redire à ta théorie, tout simplement. C'est peut être naif mais très fréquemment utilisé (poil au nez).
Commentaire n°21 posté par akasha le 14/03/2008 à 09h05
et donc?
Réponse de Miteny le 14/03/2008 à 17h09
Il y a plus simple comme démonstration pour prouver l'existence de Dieu : pour qu'il y est une "poule" il faut un "Oeuf" et pour qu'il est un "Oeuf" il faut une "poule"; alors qui a créé le premier "Oeuf" ? ou la première "poule" ? C'est Dieu ouéééééééé Dieu existe trouver l'erreur ! ! !
Commentaire n°22 posté par magnétique le 14/03/2008 à 09h17
aie aie aie....
Réponse de Miteny le 14/03/2008 à 17h10
La preuve de l'existence de Dieu par l'un des plus informaticien de la planète : LA PREUVE DE GÖDEL Les preuves de l'existence de Dieu sont des preuves présentant un intérêt hautement spéculatif, aussi bien mathématique que logique. Que veut dire le superlatif " le plus grand de tous ", quand il s'agit d'un être ? De quelle quantité s'agit-il ? Toutes les questions de majoration de quantité sont au premier chef mathématiques. Un des axiomes les plus puissants de la logique mathématique: l'axiome du choix, est synonyme d'un autre énoncé qui stipule dans quelles conditions un ensemble d'ensembles inclus les uns dans les autres possède un plus grand élément. La seconde grande question que pose la preuve de l'existence de Dieu et celle de GÖDEL aussi bien est la suivante : l'existence de quoi apportons-nous la preuve ? Qu'est-ce que cette entité, la plus grande de toutes, dont on apporte la preuve de l'existence ? Il est nécessaire de traduire le concept de Dieu en un ensemble de concepts structurés, toujours reliés à un concept de quantité ou de grandeur. La preuve de GÖDEL se présente comme une preuve formalisée dans le langage de la logique du premier ordre et de la logique modale : le logicien utilise les deux modalités du nécessaire et du possible. IL traduit dans ces formes symboliques les contenus accordés jusqu'alors par la philosophie au concept de Dieu. On peut donc comprendre cette preuve comme une suite de l'histoire de la preuve. Descartes après Anselme a défini Dieu comme l'être qui possède toutes les perfections, et donc l'existence puisque l'existence est une perfection. Kant lui a objecté que l'existence n'est nullement une propriété, ni donc une perfection. GÖDEL, lui, remplace les perfections par les " propriétés positives "et la notion de propriété positive par les éléments qui possèdent cette propriété. C'est le point de vue appelé " existensionnel "de la logique moderne. Ces propriétés positives, il les considère comme analogues à celles de nombres positifs. D'où l'axiome 1:l'intersection de deux propriétés positives, c'est-à-dire des ensembles possédant chacun des propriétés positives, est une propriété positive, c'est-à-dire un ensemble dont les éléments appartiennent à chacun des deux ensembles précédents. L'axiome 2 s'énonce ainsi : étant donné une propriété dont il existe un élément - non vide - la possédant, est positive soit cette propriété, soit sa complémentaire, c'est-à-dire la propriété possédée par tous les éléments qui ne possèdent pas la première. L'axiome 3, sans doute le plus délicat, fait appel à un concept de modalité qui établit la façon dont les choses sont ce qu'elles sont, il dit que, si une propriété est positive, elle l'est de façon nécessaire. L'usage de la modalité fait difficulté dans la preuve présentée, mais on peut ne pas en tenir compte. GÖDEL donne deux définitions ; l'une de Dieu : il est l'être qui possède toutes les propriétés positives ; l'autre de l'essence d'une chose : si l'essence d'une chose possède une propriété, alors, pour n'importe qu'elle propriété, nécessairement si une autre chose possède la première propriété elle a la seconde. GÖDEL montre ensuite dans un théorème que, si une chose est divine - s'il existe X tel que X à la propriété : être Dieu -, alors son essence l'est. Après avoir établi la définition de l'existence nécessaire : une chose a une existence nécessaire si, et seulement si, pour n'importe quelle propriété, son essence la possède, alors existe nécessairement la chose qui possède cette propriété - son essence ainsi définie entraîne son existence et elle est unique -, GÖDEL pose comme un axiome que l'existence nécessaire est une propriété positive. Il termine par le théorème suivant : si quelque chose est DIEU, alors nécessairement il existe une entité qui est DIEU. GÖDEL nous a fait admettre l'intersection de toutes les propriétés positives et, comme la propriété que possède l'intersection de toutes les propriétés positives n'est pas vide, il existe un être la possédant. Cet objet qui possède la propriété, elle même positive, étant l'intersection de toutes les propriétés positives est appelé DIEU, dont GÖDEL a posé axiomatiquement qu'il correspond à une propriété positive : être DIEU est une propriété positive. Donc, de fait, GÖDEL a montré que, " si l'on admet que l'intersection de toutes les propriété positives est appelée DIEU , elle existe, c'est-à-dire est non vide ; alors, l'être qui fait qu'elle est non vide existe ". Houuuééééééé.... DIEU EXISTE............! C'est vraiment le plus profond des logiciens du XXème siècle. GÖDEL a poussé cette preuve en se fondant sur le concept du positif, au sens fort des nombres positifs, qu'il a conjoint avec celui d'ensemble. Cette preuve nous engage pourtant à une réflexion formelle sur les relations des concepts de « positivité » et d' EXISTENCE.
Commentaire n°23 posté par magnétique le 14/03/2008 à 09h24
C'est quoi une propriété positive?
Réponse de Miteny le 14/03/2008 à 17h13
"Si le corps suffit, n'importe lequel suffit !" Cette phrase sur laquelle tout repose dans ta démonstration, est FAUSSE. Ce n'est pas parce que JE ne ressens pas TA douleur, ne voit pas TES pensées, qu'il y a autre chose que de la matière. La matière n'est pas censée être globale, non compartimentée, diffuse. Elle est fragmentée en objets, individus, espaces etc...
Commentaire n°24 posté par Fini dès qu'un huissier intervient. le 14/03/2008 à 09h26
"Si le corps suffit, n'importe lequel suffit !" 

Bah évidemment. Sinon dis-moi quels sont les corps capables de fabriquer la douleur et ceux qui en sont incapables.

Ah la la la...
Réponse de Miteny le 14/03/2008 à 17h17
@Fini dès qu'un huissier intervient >> Merci ! C'est ce que je n'ai de cesse de répéter à Miteny depuis le début de son entreprise : la théorie matérialiste ne nie pas le principe d'identité. Ce n'est pas parce que tout est matière que chaque objet n'a pas son identité propre. En mitenien, ça donne : ce n'est pas parce que "le corps suffit" que n'importe quel corps produit n'importe quelle douleur (d'ailleurs ça n'a aucun sens, le concept de 'douleur' étant génétiquement postérieur à celui de 'corps'); autrement dit, chaque corps produit SA douleur, puisque la douleur est une propriété du corps. Comme déjà dit mille et une fois, Miteny échoue lamentablement par son mépris des définitions. Mais enfin, attendons l'huissier... ;D
Commentaire n°25 posté par LoÎC le 14/03/2008 à 16h32
"chaque corps produit SA douleur, puisque la douleur est une propriété du corps."

Faux! un corps vient d'être frappé, de la douleur a été produite??
Réponse de Miteny le 14/03/2008 à 17h48
Un corps "fabrique" de la douleur pour LUI-MêMe, pas pour d'autres corps, qui donc n'en ressentent pas lorsque CE corps, qui suffit à générer SA douleur, souffre. Point final. Il n'y a pas de rapport entre le fait que JE ne souffre pas de TA douleur et l'expression "le corps ne suffit pas".
Commentaire n°26 posté par Fini depuis les premières heures d'existence de ce faux blog le 14/03/2008 à 17h48
"Un corps "fabrique" de la douleur pour LUI-MêMe"

Mais ça ne veut rien dire du tout ça! C'est du vent. Moi je dis simplement que la douleur existe, et que donc elle a une cause !!
Une cause matérielle, biologique qui suffit d'après la théorie matérialiste.

Ce "pour lui-même", ça veut dire quoi. C'est quoi ce charabia. On dit qu'une lampe produit de la lumière "pour elle-même"??

pfff...
Réponse de Miteny le 14/03/2008 à 17h51
encore une fois miteny ne sait pas s'incliner devant les reflexions imparables de "Fini" et de magnétique... je rigole devant une telle prétention... tout le monde lui dit que le rapport d'hypothèse est bidonné que sa logique ne vaut pas celle de Gödel, c'est un métier, hein... mais non "le corps ne suffit pas"...hahaha il ne suffit pas à l'ego de miteny oui.. c'est pathétique, vraiment... mais apprends avant d'enseigner, mec!!!
Commentaire n°27 posté par mamadomi le 14/03/2008 à 17h57
Je n'ai vu aucune réflexion imparable. Au contraire, c'est lamentable. Ne pas savoir faire la différence entre avoir mal et ne pas avoir mal, c'est pathétique.
Réponse de Miteny le 14/03/2008 à 18h10
@Miteny """""Faux! un corps vient d'être frappé, de la douleur a été produite??""""" >> Oui, par ce corps et par ce corps uniquement, puisque c'est ce corps qui a été frappé (cause => effet). Les autres corps, eux, en la circonstance, ne produisent rien, puisqu'ils n'ont pas été frappé (pas de cause => pas d'effet). Ce qui ne veut pas dire que ces autres corps ne peuvent pas, eux aussi, produire de la douleur s'ils sont soumis à la même cause (identité de fonctionnement). Mais les corps ne se confondent pas entre eux (non identité d'objet), ni ne communiquent magiquement (causalité physique), d'où le caractère distinct de la douleur, quand bien même "le corps suffit". Tout cela étant, encore une fois, en parfait accord et avec la théorie matérialiste et avec la logique. Tu peux retourner le problème dans tous les sens, ta position est d'un absurde patent et en outre, contrairement à Stéphane, je ne la trouve pas pertinente pour deux sous au regard de sa visée (la démonstration de l'existence de Dieu).
Commentaire n°28 posté par Loïc le 14/03/2008 à 17h58
"Oui, par ce corps et par ce corps uniquement, puisque c'est ce corps qui a été frappé (cause => effet)."

Bah non, pas pour toi ! Je croyais que tu avais compris que la douleur était personnelle. Donc pour chaque personne, elle ne vient que d'un seul corps.

Comment fais tu pour ne pas comprendre ça??
Réponse de Miteny le 14/03/2008 à 18h12
"""""Ce "pour lui-même", ça veut dire quoi. C'est quoi ce charabia. On dit qu'une lampe produit de la lumière "pour elle-même"??""""" >> Mais oui, absolument, Miteny. Tout comme la lampe, chaque corps connaît une clôture opérationnelle (système nerveux) et par suite, phénoménologique. La seule différence avec la lampe, c'est le caractère moins discernable de la douleur par rapport à la lumière, mais la situation est rigoureusement identique. Une lampe A produit SA lumière et si tu appuies sur SON interrupteur, ça n'allume pas la lampe B, à preuve du contraire. C'est exactement la même chose avec les corps. Encore un effort pour être rationnel, Miteny.
Commentaire n°29 posté par Loïc le 14/03/2008 à 18h02
La lampe produit sa lumière mais le corps ne produit pas sa douleur, non. Il ne produit aucune douleur.

Voilà ce qui se passe en règle générale. Car la douleur est personnelle !

Tu ne vois pas que c'est évident.
Réponse de Miteny le 14/03/2008 à 18h21
"""""Je n'ai vu aucune réflexion imparable. Au contraire, c'est lamentable. Ne pas savoir faire la différence entre avoir mal et ne pas avoir mal, c'est pathétique.""""" >> Ah, voilà l'ultime stratégie de Miteny lorsqu'on lui demande d'argumenter : la phénoménologie, que personne ne récuse, mais que tout le monde dépasse, parce que là n'est tout simplement pas le problème. Qu'est-ce que la douleur ? Réponse de Miteny : "Pour chaque personne, la douleur est l'effet provoqué par la chute d'un parpaing sur son pied par exemple." J'en déduis donc que la douleur consiste en des plaies et du sang, puisque c'est bien l'effet de l'évocation de Miteny. Evidemment, Miteny ne parle pas de ça, mais puisqu'il ne définit pas la douleur, chacun peut y mettre ce qu'il veut. Tout ce que Miteny sait nous dire, c'est que seule sa définition, qu'il ne donne jamais, est valable.
Commentaire n°30 posté par Loïc le 14/03/2008 à 18h14

Tu reviens sur la définition de la douleur.... :)
Bon, alors je dois en déduire que tu ne sais pas ce que ça fait d'avoir mal, c'est ça?

Réponse de Miteny le 14/03/2008 à 18h23
"""""Bah non, pas pour toi ! Je croyais que tu avais compris que la douleur était personnelle. Donc pour chaque personne, elle ne vient que d'un seul corps. Comment fais tu pour ne pas comprendre ça??""""" >> Pas pour moi, quoi ? Si mon corps a été frappé, j'ai mal (cause => effet). Si mon corps n'a pas été frappé, je n'ai pas mal (pas de cause => pas d'effet). Soit exactement ce qu'affirme la théorie matérialiste, en accord avec le principe d'identité. Comment fais-tu pour ne pas comprendre ça ? Comment fais-tu pour répéter que la douleur est personnelle et t'étonner pourtant en permanence du fait qu'elle ne voyage pas magiquement d'un corps à un autre et que, chaque personne n'ayant/étant jamais qu'un seul corps, elle ne peut jamais ressentir que ce qui affecte SON corps et pas celui du voisin ? Et là, poussé dans tes derniers retranchements, tu reposes LA question, la seule qui t'obsède et qui n'a pas plus de sens que le reste : pourquoi suis-je moi et pas un autre ? avec le paralogisme de ta propre pré-existence, là aussi déjà largement dénoncée par mes soins. On a fait le tour, Miteny. Autre chose ? "Le corps ne suffit pas", peut-être ? Tu n'en as pas marre de te prendre des corrections logiques à longueur de billets ?
Commentaire n°31 posté par Loïc le 14/03/2008 à 18h22
Si mon corps n'a pas été frappé, je n'ai pas mal (pas de cause => pas d'effet). 

Mais un autre corps a été frappé. Un autre. De la douleur aurait du apparaître, "exister" puisque d'après toi le corps suffit.

Alors je repose la question: de la douleur a été produite pour toi?
Réponse de Miteny le 14/03/2008 à 18h27
"""""La lampe produit sa lumière mais le corps ne produit pas sa douleur, non. Il ne produit aucune douleur.""""" >> En réalité, la lampe ne produit rien du tout. La lumière émane de l'alimentation du filament de la lampe. Le corps, lui, a sa propre excitabilité (une douleur peut surgir, sans stimulus extérieur). Dommage. """""Voilà ce qui se passe en règle générale. Car la douleur est personnelle !""""" >> Aucun rapport avec le paragraphe précédent. """""Tu reviens sur la définition de la douleur.... :) Bon, alors je dois en déduire que tu ne sais pas ce que ça fait d'avoir mal, c'est ça?""""" >> Je sais parfaitement "ce que ça fait", ça ne me qualifie pas pour dire ce qu'EST la douleur. Phénoménologie n'est pas explication.
Commentaire n°32 posté par Loïc le 14/03/2008 à 18h27
 "En réalité, la lampe ne produit rien du tout. La lumière émane de l'alimentation du filament de la lampe. Le corps, lui, a sa propre excitabilité (une douleur peut surgir, sans stimulus extérieur). "

Je ne vois pas l'intérêt de cette remarque. Sauf pour noyer le poisson.

"Je sais parfaitement "ce que ça fait", ça ne me qualifie pas pour dire ce qu'EST la douleur. "

Donc tu sais reconnaître la douleur. Puisque tu sais la reconnaître, surgit-elle quand n'importe quel corps est frappé?
Décidément, on avance à tous petits pas.
Réponse de Miteny le 14/03/2008 à 18h55
"""""Mais un autre corps a été frappé. Un autre. De la douleur aurait du apparaître, "exister" puisque d'après toi le corps suffit. Alors je repose la question: de la douleur a été produite pour toi?""""" >> Ce sont deux questions différentes, que tu mélanges tragiquement. De la douleur a bel et bien été produite, a bel et bien "existé", pour et par le corps qui a été frappé (principe d'identité). Est-ce que de la douleur a été produite pour moi ? Cette question n'est pas claire. Si tu demandes par là si j'ai RESSENTI de la douleur, je réponds non, puisque mon corps n'a pas été frappé (pas de cause => pas d'effet) ; en revanche, si tu demandes si j'ai CONSTATE de la douleur, je réponds oui, il suffit que j'observe la personne dont le corps a été frappé (indices comportementaux : cris, pleurs ou, plus scientifiquement, activation nerveuse signant la douleur).
Commentaire n°33 posté par Loïc le 14/03/2008 à 18h31
Tu constates bien que les effets sont différents. Dans un cas, pas de ressenti, rien. Dans l'autre oui: douleur vive très désagréable.
Oui ou non?
Réponse de Miteny le 14/03/2008 à 18h57
"""""Je ne vois pas l'intérêt de cette remarque. Sauf pour noyer le poisson.""""" >> Simplement à rétablir la vérité. Non, la lampe ne produit la lumière, contrairement au corps, qui a sa propre excitabilité (neurones). """""Donc tu sais reconnaître la douleur. Puisque tu sais la reconnaître, surgit-elle quand n'importe quel corps est frappé? Décidément, on avance à tous petits pas.""""" >> La douleur est une propriété du corps, par conséquent, demander si elle surgit lorsque "n'importe quel corps est frappé" n'a aucun sens, en amont même de toute observation empirique. Et je me permets de rectifier : TU avances à petits pas. Au fait, cet huissier ?
Commentaire n°34 posté par Loïc le 14/03/2008 à 18h59
La douleur est une propriété du corps... donc de n'importe lequel!

C'est bien ce que tu dis? Répondras tu un jour à cette question: la douleur vient-elle de n'importe quel corps ou d'un seul?
Qu'est ce qui est vrai pour tout le monde?

Il suffirait que tu répondes à mes questions pour qu'on évite de se répéter encore et encore...
Réponse de Miteny le 14/03/2008 à 19h11
"""""Tu constates bien que les effets sont différents. Dans un cas, pas de ressenti, rien. Dans l'autre oui: douleur vive très désagréable. Oui ou non?""""" >> Situations non comparables. Dans un cas, une cause, dans l'autre, une absence de cause. Oui ou non ? Dans un cas, le corps d'une autre personne, dans l'autre, MON corps. Oui ou non ? Et chaque personne n'a/est qu'un seul corps. Oui ou non ? Sauras-tu rassembler ce terrible puzzle conceptuel ?
Commentaire n°35 posté par Loïc le 14/03/2008 à 19h01
"Dans un cas, une cause, dans l'autre, une absence de cause. Oui ou non ?"
NON.
Les DEUX corps sont frappés. Donc causes biologiques identiques. Des situations similaires et donc parfaitement comparables. Oui on non?

Réponse de Miteny le 14/03/2008 à 19h14
"""""Il suffirait que tu répondes à mes questions pour qu'on évite de se répéter encore et encore...""""" >> J'ai déjà répondu à TOUTES tes questions, contrairement à toi pour les miennes. Et c'est toi qui te répètes encore et encore, parce que tu es incapable de répondre à ne serait-ce qu'UNE SEULE de mes objections (ou celles d'autres contradicteurs, qui, chacun à leur façon, te foutent une raclée logique à chaque billet, c'est drôle à voir, cela dit, vivement l'huissier, tu vas raquer grave !). """""Les DEUX corps sont frappés. Donc causes biologiques identiques. Des situations similaires et donc parfaitement comparables. Oui on non?""""" >> Ah ? Ca a changé ? Les DEUX corps sont frappés, maintenant ? Ben c'est simple alors : les deux corps produisent de la douleur et les deux personnes qui ont/sont ces corps ont mal (Oui ou non ?). En clair : même cause => même effet ou, en mitenien, corps+coup = douleur. Ouais et alors ? Tu viens pas de te réfuter toi-même, là ? Allez, je file, c'est vendredi soir et je compte bien mettre MON système nerveux à rude épreuve dans quelque bar de débauche. J'espère que TU n'auras pas trop la gueule de bois demain matin. :-D Bonne soirée tous !
Commentaire n°36 posté par Loïc le 14/03/2008 à 19h25
Ben c'est simple alors : les deux corps produisent de la douleur et les deux personnes qui ont/sont ces corps ont mal (Oui ou non ?). 

Bah non les deux corps ne produisent pas de la douleur! Ce n'est pas ce que tu constates. A moins que..
je viens de me cogner, tu as eu mal??

Donc prière de décrire convenablement la réalité.
Réponse de Miteny le 14/03/2008 à 20h18
"""Elle est un peu trop floue, c'est ça le problème. Tu n'as pas défini ce que tu appelais "principe de conscience brute".""" Moins floue que la tienne par contre. Si l'imprécision est suffisante pour disqualifier une approche, la tienne est bien mal en point. Non seulement le simple fait de faire appel à Dieu est-il une imprécison titanesque (ce n'est pas parce que le CONCEPT de Dieu est archi-connu que Dieu lui même devient une chose concrete pour autant, loin de là), mais en plus, le fait de dire que c'est de lui que provient notre identité consciente constitue une imprécision encore plus mystérieuse et imprécise car ça ne dit rien sur la façon dont ça se passe. En ce qui concerne mon histoire de conscience brute, j'ai expliqué qu'elle pourrait être en fait cette énergie potentielle vibratoire que l'on retrouve dans ce que l'on appelle injustement le vide quantique et qui semble être la source de ce que nous appelons matière et énergie. Est-ce que cette énergie (qui n'est pas une superstition) est en elle-même une forme de conscience larvaire ? Je ne peux le prouver, mais mon explication de ce qu'est peut-être cette conscience brute est loin d'être floue, désolé... comme tu le vois, je l'associe même à un objet de recherche scientifique très concret : les champs quantiques! Et si Dieu existe, cette même forme d'énergie est peut-être notre bougre lui-même, du moins son essence (comme plusieurs le croient aussi). Alors mon approche est beaucoup moins floue que la tienne car elle va plus loin dans la définition des concepts qu'elle comporte. Elle propose des explications quant à la nature de ces derniers...tu es loin d'en faire autant. D'ailleurs, pour expliquer pourquoi je peux parler de la conscience comme composante fondamentale de l'univers, sans impliquer pour autant que chaque particule ou objet doit être conscient de lui-même, je t'ai fournis des exemples que tu n'as jamais commenté ou dont tu n'as pas tenu compte. Pourtant, je crois qu'ils sont très logiques. """Donc je ne vois pas quel argument te permet de déduire de cette affirmation que possiblement, le corps suffit. Il n'y en a pas.""" Tiens bizarre... après m'avoir dit hier que mon approche ne pouvait être bonne car elle impliquait que le corps suffit. Encore une fois, c'est la conclusion que tu rejètes, mais pas l'enchaînement qui conduit jusqu'à elle, enchaîenement que tu n'a pas mis en échec autrement qu'en disant qu'il était floue, ce qui n'est pas le cas. """Je veux bien croire que je me suis trompé, mais je veux savoir où.""" Comme je te l'ai dit, il ne s'agit pas de trouver une faute dans ton raisonnement, pas en ce qui me concerne en tout cas. Je trouvais l'approche que j'apporte ici très intéressante et je voulais la faire connaître. Sauf que j'ai réalisé qu'elle pouvait impliquer que le corps suffit. J'ai donc expliqué pourquoi. Maintenant, même si ton raisonnement ne pouvait être pris en défaut (personne ne le croit ici mais bon), il ne pourrait tout de même être considéré comme une preuve hors de tout doute tant qu'il existe d'autres hypothèses qui ne peuvent être éliminées et qui mènent à une conclusion différente.
Commentaire n°37 posté par stephane le 14/03/2008 à 19h57

Si l'imprécision est suffisante pour disqualifier une approche, la tienne est bien mal en point.

 

Au contraire, je suis très précis en prouvant de manière irréfutable et ultra-évidente (je répète pour les malentendants : ultra-évidente), qu’il existe quelque chose de transcendant qui est localisé à la fois nulle part et partout.

Il faut juste un peu d’imagination pour comprendre.

 

 

En ce qui concerne mon histoire de conscience brute, j'ai expliqué qu'elle pourrait être en fait cette énergie potentielle vibratoire que l'on retrouve dans ce que l'on appelle injustement le vide quantique et qui semble être la source de ce que nous appelons matière et énergie. Est-ce que cette énergie (qui n'est pas une superstition) est en elle-même une forme de conscience larvaire ?

 

Mais tout ceci reste de la science, de la mécanique quantique.

« Conscience larvaire » qu’est ce que c’est que ce truc ?? Pour moi, la conscience et l’énergie, ça n’a rien à voir. Et la conscience n’est pas non plus une vague équation de proba… NON !

Dire qu’on me reproche de ne pas définir le mot « douleur ». Par contre à ceux qui parlent de « conscience larvaire », on ne leur reproche rien.

En plus, je ne vois même pas le rapport avec la suffisance du corps. Je n’ai jamais dit que je savais de quel sorte de matière était constitué le corps mais simplement que je savais reconnaître un corps comme je sais reconnaître la douleur.

 

 

Je trouvais l'approche que j'apporte ici très intéressante et je voulais la faire connaître. Sauf que j'ai réalisé qu'elle pouvait impliquer que le corps suffit.

 

Je répète : j’ai démontré de manière IRREFUTABLE que le corps ne suffisait pas.

DONC (logique élémentaire) toute théorie qui finit par conclure que le corps suffit « peut-être » comporte certainement au moins une erreur (voire plus).

 

C’est simple. Sauf si j’ai fait une erreur. Comme je n’ai pas fait d’erreurs, ta théorie est fausse. Tu ne pars pas avec les bonnes bases.

Réponse de Miteny le 14/03/2008 à 20h42
"""transcendant...localisé à la fois nulle part et partout...un peu d’imagination pour comprendre....""" Et tu trouvais mon approches floue :) La partie plus concrète est quand tu essaies de démontrer la différence dans l'expérience subjective de chacun. Mais après cela, c'est pas plus concret que moi désolé """Mais tout ceci reste de la science, de la mécanique quantique.""" Quel est le problème ? C'est justement moins floue car mon approche est associée de très près à des choses étudiées par la science. """Conscience larvaire » qu’est ce que c’est que ce truc ?? Pour moi, la conscience et l’énergie, ça n’a rien à voir. Et la conscience n’est pas non plus une vague équation de proba… NON !""" Qu'en sais-tu ? Comme je te l'avais expliqué avant les Fêtes, tout ce qui existe doit être fait de quelque chose, tout (et je ne parle pas de matiere au sens vulguaire du terme). Ce qui n'est fait de rien n'existe pas, y compris Dieu, y compris ce que l'on appelle l'esprit, ou la conscience. Si ces choses existent et sont bien réelles, la science ne peut que nous rapprocher d'elles il me semble. Et c'est peut-être justement ce qui se passe ici. Sauf qu'au lieu de confirmer l'ancienne croyance voulant que ces choses soient totalement séparées de notre monde matériel, la science pourrait être en train de situer ces dernières en amont de notre monde visible, à la source de celui-ci. """Par contre à ceux qui parlent de « conscience larvaire », on ne leur reproche rien.""" Je te réfère encore à mon explication qui démontre que même si on parle de conscience, celle-ci peut-être dosée si on peut dire. Il n'y a pas que des entités totalement conscientes d'elles-mêmes, et d'autres qui ne le sont pas du tout. Je t'ai expliqué qu'il est clair qu'il existe de très nombreux niveaux de conscience dans la nature, dans le règne animal, végétal, et même microscopique. Je crois que c'est la 4e ou 5e fois que je te parle de cette explication, mais encore une fois, tu n'en tiens pas compte, ou tu ne la retrouves pas. De parler de conscience larvaire ou brute de devrait donc plus t'étonner, puisque qu'indépendemment de ce qu'est la conscience, la nature nous montre qu'elle se manifeste de façon plus ou moins complexe selon la structure à laquelle elle est associée. Conscience larvaire = expression la plus simple de cette dernière, dans l'infiniment petit. Conscience globale = possiblement la somme subjective de l'ensemble de cette énergie qui compose tout l'univers (donc peut-être Dieu, qui sait). Entre les 2, il y auraient la conscience des plantes, des hommes, etc. Tu comprends mieux maintenant ? Ne me dis pas que ça n'a pas de sens. """En plus, je ne vois même pas le rapport avec la suffisance du corps""" En situant le principe de la conscience ou de "l'esprit" (dont l'existence n'est pas niée ici tu remarqueras)à la source de toute chose, y compris de toute chose "matérielle", la relation entre un corps et la conscience humaine qui lui est "relié" est bien différente dans ce contexte. Voir mes autres explications. """Je répète : j’ai démontré de manière IRREFUTABLE que le corps ne suffisait pas. DONC (logique élémentaire) toute théorie qui finit par conclure que le corps suffit « peut-être » comporte certainement au moins une erreur (voire plus).""" J'ai du mal à croire que tu dis ça sérieusement tu sais. """Comme je n’ai pas fait d’erreurs, ta théorie est fausse. Tu ne pars pas avec les bonnes bases""" Ç'est là que tu te trompes. Il n'y a qu'une seule vérité, mais il peut exister simultanémenet plusieurs théories aussi valables l'une que l'autre. Comment ? Parce les connaissances de bases sur laquelles s'appuient ces dernières peuvent elles-mêmes donner lieu à plusieurs interprétation valables. Et c'est justement le cas pour la nature de la matière et de ce qui compose l'univers. Ta théorie s'appuie sur l'interprétation habituelle de ce qu'est la matière. Peut-être est-elle juste dans ce contexte (même si personne ici ne le croit, mais bon...) Mais la matière est-elle en réalité la même que dans ta démonstration (spécialement en ce qui a trait à son caractère totalement impersonnel ?) Si non, tu crois vraiment que cela ne peut influencer la conclusion ?
Commentaire n°38 posté par stephane le 14/03/2008 à 21h39

Mais après cela, c'est pas plus concret que moi désolé.

 

Ah non, ce n’est pas concret, mais précis. C’est abstrait mais irréfutable.

 

 

Qu'en sais-tu ?

 

D’où l’importance d’utiliser les mots qu’on utilise. Alors pour la 56ième fois, définis-moi le mot « conscience » !

 

 

Je t'ai expliqué qu'il est clair qu'il existe de très nombreux niveaux de conscience dans la nature, dans le règne animal, végétal, et même microscopique.

 

Ce n’est pas des niveaux de conscience, mais de complexité, d’intelligence. Décidément, tu ne sais pas ce qu’est la conscience, c’est ton plus gros problème.

Donc, je réponds non. Il est clair qu’il existe de très nombreux niveaux de « complexité ». Mais pas de conscience.

Donc bis et rebis : définition !

Définition de la conscience.

 

Conscience globale = possiblement la somme subjective de l'ensemble de cette énergie qui compose tout l'univers (donc peut-être Dieu, qui sait).

 

Si c’est ça ta définition, elle n’a pas grand-chose à voir avec la mienne. C’est ça le problème. On ne peut s’entendre puisqu’on ne parle pas de la même chose. On ne parle pas du même phénomène.

 

En situant le principe de la conscience ou de "l'esprit" (dont l'existence n'est pas niée ici tu remarqueras) à la source de toute chose, y compris de toute chose "matérielle", la relation entre un corps et la conscience humaine qui lui est "relié" est bien différente dans ce contexte.

 

Si tu confonds conscience et énergie, ça ne veut plus rien dire. Ça n’a plus grand chose à voir avec ce que je raconte.

 

Ta théorie s'appuie sur l'interprétation habituelle de ce qu'est la matière. Peut-être est-elle juste dans ce contexte (même si personne ici ne le croit, mais bon...)

Mais la matière est-elle en réalité la même que dans ta démonstration (spécialement en ce qui a trait à son caractère totalement impersonnel ?)

 

Non ma théorie ne s’appuie pas sur l’interprétation habituelle de ce qu’est la matière (quelle interprétation en plus).

Et je répète : ma démonstration est irréfutable. Je suis obligé de le constater puisque personne n’a réussi à la mettre en défaut.

 

Sinon tu veux dire que la matière est une personne ???

Là ça n’a plus rien à voir avec la mécanique quantique.

 

Je te conseille d’essayer de comprendre mon raisonnement pour comprendre ce qu’est selon moi la conscience.

Réponse de Miteny le 14/03/2008 à 22h31
"""Ah non, ce n’est pas concret, mais précis""" Heummm, l'origine de la conscience, c'est une chose de plus que la matiere, qui en bout de ligne, se trouve à être Dieu. C'est ça que tu dis non ? Le concept de Dieu est pourtant le moins précis de tout les concepts, car même s'il existe, on ne sait rien de lui expérimentalement parlant, et il peut être utilisé pour combler tous les vides car on lui prête toutes les capacités. Tu ne dis pas qu'elle peut être sa nature, ou est-ce qu'il se situe par rapport à l'univers, à la matière, est-il à côté de celle-ci, dans une autre dimension, est-il la maitère elle-même ? S'il a sa propre conscience à lui, comment peut-il donner leur identité à nos consciences ? Est-ce qu'il se divise et devient plusieurs "je" ? Sinon, comment peut-il créer des "Je" en dehors de lui-même, puisque nous sommes des "ils" pour lui ? Même si Dieu lui-même venait nous confirmer de vive voix qu'il est à l'origine de nos consciences, l'explication n'en serait pas plus précise ou concrete pour autant. Tout ça est comme dire : il y a une chose inconnue qui d'une façon toute aussi inconnue nous donne nos consciences. Alors ne n'est pas parce qu'on donne le nom Dieu à cette chose que cela précise les choses. Mon approche va beaucoup plus loin et propose des réponses à plusieurs de ces questions. Ton argumentation serait parfaitement juste et véridique qu'elle demeurerait tout de même plus floue que la mienne. """Ce n’est pas des niveaux de conscience, mais de complexité, d’intelligence""" Pas d'accord. Être conscient, au sens ou on l'entend ici sur ton blogue, c'est en bonne partie réaliser qu'on est soi ainsi que notre place dans l'environnement. Et tout cela varie énormément dans la nature. Le test du miroir le démontre bien. La conscience en terme de réalisation de soi n'est pas constante et ne se divise pas en 2 extrêmes (pleine conscience/pas conscience). Et de là, on peut supposer que le principe de la conscience peut permettre certains phénomènes qui semblent impliquer un certain "savoir", sans demander qu'il y ait une véritable conscience d'exister. Cela dépend de l'échelle où l'on se trouve, et de la complexité de l'organe cervical, mais la conscience semble bien pouvoir être "dosée" par certains facteurs. Et comme c'est justement par des facteurs physiques, cela renforce mon hypothèse qui dit que la matière est une manifestation visible du principe de la conscience. """Non ma théorie ne s’appuie pas sur l’interprétation habituelle de ce qu’est la matière (quelle interprétation en plus).""" Faux, elle part du principe que la matière est totalement impersonnelle et dénuée de subjectivité, et donc, demande l'intervention de quelque chose qui lui est extérieure (du moins lorsqu'on ne croit pas que l'impersonnel ne peut engendrer le personnel). Mais si l'énergie de base qui compose tout ce qui existe est une forme de conscience à l'état primaire, qui s'exprime plus fortement en s'organisant de façon plus complexe, le corps étant lui-même fait de cette chose, les conclusion peuvent être différentes. """Sinon tu veux dire que la matière est une personne ???""" Tu te souviens de ce dont on parlais avant les Fêtes. Je te disais qu'il était inconcevable que Dieu ait pru créer quelque chose à partir de rien, et que donc, s'il fut la première chose à exister, tout ce qui existe doit provenir de sa propre essence à lui. Tu semblais assez d'accord avec ça d'ailleurs. Si Dieu existe, tout ce qui existe et que nous voyons doit donc logiquement être une manifestation (visible pour nous) de l'essence de Dieu lui-même. L'univers visible doit donc être une partie de Dieu. Fais-le lien avec mon approche ensuite...Peut-être cette énergie vibratoire des champs quantiques d'ou émergent les particules est-elle l'essence de Dieu lui-même, la chose dont il est fait. Pourquoi t'étonner de mon approche donc. Peut-être mène t-elle vers Dieu également...comme je te l'ai dit, même Dieu doit logiquement être fait de quelque chose. Ce qui n'est fait de rien n'est rien. Sauf qu'au lieu d'appeler cette énergie Dieu, je spécule d'abord sur la possibilité pour cette dernière d'être conscience par nature. De plus, je la situe précisément par rapport à tout le reste, en disant qu'elle compose justement tout le reste, et que la matière procède de cette derniere.
Commentaire n°39 posté par stephane le 15/03/2008 à 02h47

Le concept de Dieu est pourtant le moins précis de tous les concepts, car même s'il existe, on ne sait rien de lui expérimentalement parlant, et il peut être utilisé pour combler tous les vides car on lui prête toutes les capacités.

 

Non. En général, il est possible de trouver une explication scientifique. Même aux phénomènes qui semblent le plus magiques. Sauf pour la conscience. C’est la seule exception qui nous oblige à faire appel à autre chose qui n’est pas de la matière ou de l’énergie.

Ensuite, toutes tes questions trouveront une meilleure formulation une fois que tu auras compris la non suffisance du corps.

 

Ton argumentation serait parfaitement juste et véridique qu'elle demeurerait tout de même plus floue que la mienne.

 

Ah non. Une fois que l’on comprend que le corps ne suffit pas, on comprend le caractère profondément irrationnel de la conscience. Et on est alors obligé de faire appel à Dieu. Obligé !

 

 

Et de là, on peut supposer que le principe de la conscience peut permettre certains phénomènes qui semblent impliquer un certain "savoir", sans demander qu'il y ait une véritable conscience d'exister.

 

Je crois vraiment que tu confonds conscience et organisation « intelligente » si j’ose dire. La conscience, tu n’as que ta propre conscience pour savoir ce que c’est. Et tu fais un transfert sur le reste. C’est de la spéculation. Ce n’est pas rigoureux. Ce n’est pas de la science.

 

Faux, elle part du principe que la matière est totalement impersonnelle et dénuée de subjectivité, et donc, demande l'intervention de quelque chose qui lui est extérieure.

 

Mais non, mais non. Mon principe de départ est « le corps suffit, vérifions ». C’est tout.

Je n’ai jamais dit : « partons du principe que la matière est impersonnelle ». De plus cette expression est un peu absurde.

Dire le contraire c’est dire en quelque sorte : « le cheval blanc d’Henri 4 était peut-être bleu ».

 

Tu te souviens de ce dont on parlait avant les Fêtes. Je te disais qu'il était inconcevable que Dieu ait pru créer quelque chose à partir de rien, et que donc, s'il fut la première chose à exister, tout ce qui existe doit provenir de sa propre essence à lui. Tu semblais assez d'accord avec ça d'ailleurs. Si Dieu existe, tout ce qui existe et que nous voyons doit donc logiquement être une manifestation (visible pour nous) de l'essence de Dieu lui-même. L'univers visible doit donc être une partie de Dieu.

 

Oui je suis plutôt d’accord. Sauf que cette partie « visible » ne suffit pas. La matière est d’origine divine mais n’est pas Dieu.

 

Peut-être cette énergie vibratoire des champs quantiques d'ou émergent les particules est-elle l'essence de Dieu lui-même, la chose dont il est fait. Pourquoi t'étonner de mon approche donc.

 

Cette énergie vibratoire des champs quantiques n’est par définition qu’une énergie vibratoire.

Il y a quelque chose de fondamentale que tu ne comprends pas et que je n’arrive pas à expliquer. C’est ça qui est terrible.

Je vais essayer : Nous essayons de construire un modèle expliquant le monde. Et pour élaborer ce modèle, nous utilisons des concepts, des définitions. Que nous n’avons pas le droit de changer en cours de route !

Sinon le modèle n’est plus valable.

Réponse de Miteny le 16/03/2008 à 18h58
Stéphane as tu lu le livre "le secret" ? car tu as cité la théorie qui est développée(mille excuses à Loic pour mes lectures en marge) Dragon chinois, comment vas tu ?
Commentaire n°40 posté par akasha le 15/03/2008 à 09h05
C'est qui Dragon chinois? C'est moi?
Réponse de Miteny le 16/03/2008 à 19h08
L'existence de DIEU ! ! (L'Etre pur est dans le présent éternel) Il faut bien comprendre que la science de l'être comme tel, ou de l'existant en tant qu'existant, est la science de la substance, sujet de tous ses accidents et principe et cause (selon la forme) de ce-qui-est, parce que l'être comme tel, l'être que nous saisissons concrètement en considérant la réalité physique, l'être sensible (ens sensibile) et mobile (ens mobile), n'existe véritablement que dans la substance - substance qui constitue une unité existentielle et implique composition de puissance et d'acte et, par suite, composition d'essence et d'être (ce qui fait que toute substance doit tenir son existence d'une autre réalité qui ne peut être qu'une Cause première absolument simple dont l'essence ou la nature est son être même). Bien que les substances matérielles n'existent que relativement et qu'elles n'aient qu'une existence dérisoire ou éphémère (et même illusoire au regard de l'Etre absolu), étant toutes soumises à la génération et à la corruption, n'étant pas l'Etre même, elles ont néanmoins l'être temporairement (habens esse) : l'Etre, irréductible à tout concept, soutient en effet leur présence particulière ou les contient dans son unité, son universalité et sa transcendance par sa présence intime, paisible et silencieuse. Nous voyons que nous pouvons découvrir ainsi l'existence d'un Etre premier ou l'acte premier d'exister par la connaissance analogique de l'être en acte (par opposition à l'être en puissance), et par le principe de causalité et son corollaire, le principe de non régression à l'infini, qui exprime la transcendance de l'être sur ses propres déterminations ou manifestations, et par un indispensable jugement d'existence (" ceci est " ou " je suis ", cas éminent du jugement d'existence). Le métaphysicien voit le monde à une telle profondeur de l'être qu'il est tout naturellement disposé à la contemplation de l'Etre même subsistant, ipsum esse subsistens, et même à l'union parfaite avec Lui, le seul Réel en Soi, la suprême Réalité, Celui-qui-est, union qui ne se réalise jamais sans l'aide de cet Etre suprême, mais, pour l'instant, n'allons pas plus loin, car nous quitterions la métaphysique pour entrer en mystique (a). Nous limitons ordinairement notre conscience en nous attachant à notre ego ou à notre moi superficiel ainsi qu'à notre mental et à notre corps au point de nous identifier à eux et de ne plus être capables de voir et de connaître toutes choses du point de vue de L'Etre. " Rien, affirme Shrî Shankarâchârya (b), ne peut trancher ces liens, si ce n'est la merveilleuse épée de la Connaissance forgée par la discrimination (c), lorsque le fil en a été aiguisé par la Grâce divine. " Nos états de conscience sont plus ou moins ouverts au Réel parce que nous envisageons les choses selon différents points de vue. Le naturaliste, le physicien, le mathématicien, le poète, le métaphysicien, le sage, - qui ne fait plus qu'un avec l'Etre non relatif ou avec l'Absolu, - le mystique, - qui est uni à Dieu en tant que Personne, tout en ne faisant plus qu'un avec l'Absolu - se tiennent à des niveaux différents de profondeur spirituelle et par conséquent ne voient pas les choses de la même façon. Les uns (le monde en général et les scientifiques ou les " savants ") examinent un existant sous un aspect plus ou moins limité ou particulier, les autres (les métaphysiciens ou les sages) l'examinent en tant qu'existant et d'autres encore (les mystiques ou ceux qui sont arrivés à la suprême contemplation trinitaire) le voient dans l'Unique (d). Seul celui qui est parvenu à la source de son être ou à son fond intime se voit tel qu'il est réellement dans la Pensée divine et découvre la place qui lui est assignée dans le monde. Du point de vue du Moi profond ou du Soi, il n'y a plus de doute possible ; mais du point de vue de l'ego ou du moi superficiel, il n'y a qu'incertitude. Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), réformatrice du Carmel avec saint Jean de la Croix, parlait, quant à elle, d'un état singulier, voire pathologique, selon lequel personne ne connaît sa propre demeure (e). a) S. Thomas d'Aquin, Contra Gentiles, 4 volumes, éd. Lethielleux, 1961, liv. II, chap. XV : " L'être se dit de tout ce qui est : Esse dicitur de omni eo quod est. " - Id., liv. I, chap. XVI : " Le premier agent qui est Dieu, ne comporte aucun mélange de puissance, mais il est acte pur : Primum agens, quod Deus est, nullam habet potentiam admixtam, sed est actus purus. " - Id., liv. I, chap. XXII : " Dieu n'a donc pas d'essence qui ne soit pas son être. [...] Etre signifie acte. On ne dit pas qu'une chose existe du fait qu'elle est en puissance, mais du fait qu'elle est en acte. [...] Or nous avons vu qu'en Dieu il n'y a rien en fait de puissance, mais que son être est acte pur. L'essence de Dieu n'est donc rien d'autre que son être " : " Deus igitur non habet essentiam quæ non sit suum esse. [...] Esse actum quendam nominat : non enim dicitur esse aliquid ex hoc quod est in potentia, sed ex hoc quod est in actu. [...] Ostensum est autem in Deo nihil esse de potentia, sed ipsum esse purum actum. Non igitur Dei essentia est aliud quam suum esse. " - Id., livre I, chap. XLV : " Dieu est son intelligence et son être : Deus est sua essentia et suum esse. " Ibid., Somme théologique, éd. de la Revue des Jeunes, 67 vol., Desclée & Cie, Paris - Tournai - Rome, imprimeurs du S. Siège et de la S. Congrégation des Rites, 1953, Ire Partie, qu. 54, art. 1, conclusion : " En Dieu seul sa substance est son être : In solo Deo sua substantia est suum esse. " - Id., qu. 3, art. 4 : " [...] en Dieu rien n'est potentiel [...] Donc son essence est son être : [...] in Deo nihil sit potentiale [...] Sua igitur essentia est suum esse. " Ibid., L'être et l'essence, Librairie philosophique J. Vrin, Paris, 1965, traduction et notes par Catherine Capelle, O. P., chap. I : " L'essence est dite selon que par elle et en elle l'existant a l'existence : Essentia dicitur secundum quod per eam et in ea ens habet esse. " - Id., chap. II : " Mais parce que l'être est dit de façon absolue et en premier des substances, et en dernier et comme relative des accidents, que l'essence se trouve proprement et vraiment dans les substances, mais relativement et d'une certaine manière dans les accidents : Sed quia ens absolute et per prius dicitur de substantiis, et per posterius et quasi secundum quid de accidentibus, inde est quod essentia proprie et vere est in substantiis, sed in accidentibus est quodammodo, et secundum quid. " - Id., chap. V : " Or l'exister lui-même ('ipsum esse') ne peut être causé par la forme ou quiddité de la chose - parce que cette chose serait alors sa propre cause et une réalité se produirait elle-même, ce qui est impossible. " Ibid., Somme théologique, Ire Partie, qu. 44, art. 1, conclusion : " Il reste donc que tous les êtres ('omnia'), sauf Dieu, ne sont point identiques à leur être, mais participent l'être ('participant esse'). Et il s'ensuit nécessairement que toutes choses diverses en raison de diverses participations de l'être, que toutes choses de ce fait plus ou moins parfaites, sont causées par un premier être, qui, lui, est en toute perfection, en toute plénitude. " - Id., qu. 45, art. 1, conclusion : " [...] l'émanation de tout l'être procédant d'une cause universelle, qui est Dieu ; et c'est cette sorte d'émanation qu'on désigne sous le nom de création. [...] ainsi la création, qui est une émanation de tout l'être, a pour terme antérieur le non-être qui est le rien. " - Id., art. 4, solution 1 : " Quand le livre Des Causes dit que la première des causes créées, c'est l'être, il n'entend pas désigner par le mot être la substance créée, mais l'aspect précis sous lequel la création atteint son objet. En effet, si une chose est dite créée, c'est parce qu'elle est un étant, non parce qu'elle est 'tel étant', vu que la création est une émanation de tout l'être procédant d'un être universel, qui est Dieu " [Soulignons que l'être commun est beaucoup plus qu'un être construit par la raison humaine, beaucoup plus qu'un être logique, car sans cela il faudrait subordonner le réel au logique et soutenir que l'être réel émane de l'être de raison, ou que l'être de raison est en réalité plus réel que l'être dit réel ou qui lui est opposé.] Ibn 'Arabî, Traité de l'amour, ouv. cité plus haut, p. 146 : " Où est la séparation " Alors que dans l'Existence " Il n'y a que Lui ? " S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ire Partie, qu. 45, art. 5, conclusion : " [...] entre tous les effets, le plus universel est l'être même. D'où la nécessité qu'il soit l'effet propre de la première et de la plus universelle des causes, qui est Dieu : [...] inter omnes effectus, universalissimum est ipsum esse. Unde oportet quod sit proprius effectus primæ et universalissimæ causæ, quæ est Deus. " - Id., qu. 4, art. 1, difficultés 3 : " Enfin, l'essence de Dieu est son être même, avons-nous dit ; mais l'être même n'est-il pas ce qu'il y a de plus imparfait, étant ce qu'il y a de plus commun, apte à recevoir toutes les déterminations du réel ? Dieu est donc imparfait. " - Id., Solution 3 : " On a donc bien tort d'appeler l'être même une réalité imparfaite ; c'est la plus parfaite de toutes, car à l'égard de toutes les autres elle joue le rôle de l'acte. Rien n'a d'actualité que selon qu'il est : c'est donc que l'être même est l'actualité de toutes choses, et précisément des formes elles-mêmes. " - Id., qu. 103, art. 5, conclusion : " [...] Dieu n'est pas la cause particulière, d'un certain genre de réalités, mais bien la cause universelle de tout l'être " : " Deus est causa non quidem particularis unius generis rerum, sed universalis totius entis. " b) Shankarâchârya (VIIIe siècle), le grand philosophe hindou de l'advaïta, ou de la doctrine de la non dualité, Le plus beau fleuron de la discrimination ( Viveka-chûdâ-mani : V.C.M.), Paris, Adrien Maisonneuve, 1946, v. 142. c) La discrimination entre la conscience de l'ego, conscience relative, et la conscience du Moi réel, ou du Soi véritable, conscience absolue, ou encore, d'une manière générale, la discrimination entre le Réel et l'irréel, l'Absolu et le relatif. d) Imitation du Christ, liv. I, chap. III : " Celui-là seul pour qui le Verbe unique est tout, qui rapporte tout à l'Unique et voit tout dans l'Unique, peut être stable dans son cœur et demeurer en la paix de Dieu. " Autre traduction : " Celui pour qui tout est Unité, qui rapporte tout à l'Unité et qui voit le tout dans l'UN, peut être ferme en son cœur et demeurer, pacifique, en Dieu. " e) Édith Stein, 1891-1942 (carmélite canonisée le 11 octobre 1998 par le pape Jean Paul II, en religion Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix, d'une famille de Juifs pieux, victime de la persécution antijuive des nazis, disparut, avec sa sœur Rose, dans la chambre à gaz à Birkenau, près d'Auschwitz, le 9 août 1942), docteur en philosophie avec la mention suprême summa cum laude (3 août 1916) et assistante principale du père de la phénoménologie, Edmund Husserl, L'être fini et l'Etre éternel, éd. E. Nauwelaerts, Louvain 1972, chap. VII : L'Image de la Trinité dans la création, § 9 : L'image de Dieu dans l'homme, 2 : Degrés de la connaissance de soi, p. 426, note 87 : " Notre sainte Mère Thérèse [sainte Thérèse d'Avila] affirme qu'il existe sans doute un état singulier, voire même pathologique, selon personne ne connaît sa propre demeure. " Id., chap. VIII : Sens et fondement de l'être individuel, § 3 : Réflexions sur le sens de l'être individuel humain fondé sur son rapport à l'Etre divin, 2 : Comparaison entre la manière d'être des hommes et celles des anges, p. 503 : " En effet, quiconque ne parvient pas jusqu'à lui-même ne trouve pas Dieu non plus et n'atteint pas la vie éternelle. Ou plus exactement : celui qui ne trouve pas Dieu ne parvient pas non plus jusqu'à lui-même (quels que soient les soins qu'il prend encore de lui-même), ni à la Source de la vie éternelle qui l'attend dans son intériorité la plus profonde. " - Id., note 59 : " Une possibilité d'accès à l'intérieur est la conséquence des relations avec d'autres hommes de la société. " Sainte Thérèse de Jésus (Ste Thérèse d'Avila), Œuvres complètes, le Château de l'Ame ou Livre des Demeures, Ires Demeures, chap. Ier , p. 818, éd. du Seuil, Paris, 1949 : " Les âmes qui ne font pas oraison, me disait, il y a peu de temps, un grand théologien, sont comme un corps paralysé ou perclus, qui a des pieds et des mains, mais qui ne peut s'en servir. Certaines âmes, en effet, sont tellement infirmes et tellement habituées à ne s'occuper que des choses extérieures, qu'on ne saurait les en tirer et qu'elles semblent dans l'impuissance de rentrer en elles-mêmes. " Qu'est-ce que l'être de ce-qui-est, de ce qui existe de telle ou telle manière ? Qu'est-ce que l'être de telle ou telle réalité ? Ceci est, ceci existe, cette réalité, ou cette forme, exerce l'être. Le " ceci " est " actué ", ou mis en acte, par le " est ". L'être qu'exerce cette forme est par conséquent plus actuel que celle-ci : le " est " " actue " le " ceci " ; et toutes les autres réalités exercent également l'être, ce qui est au-delà de toutes leurs déterminations. Le " ceci " n'est pas ce que le métaphysicien cherche à saisir. Ce qu'il cherche à saisir est ce qu'est cette réalité en tant qu'être et qui est distinct de sa forme propre, ou de sa nature, de sa détermination essentielle. Quelle est donc la nature de cet " est " commun à tout ce qui est ? Qu'est-ce que l'être de cette réalité existante, l'être de ce qui existe, l'être de l'étant, que nous expérimentons ? Qu'est-ce que l'être ? Voilà la question fondamentale qui pose le problème de la connaissance de l'être, considéré comme tel. Voilà la voie d'accès à la connaissance métaphysique. Voilà l'aurore de la métaphysique, ou de ce qui est " après la physique " : meta ta fusika ". La métaphysique n'a aucun lien essentiel ou fondamental avec la physique : elle n'est pas fonction des théories scientifiques. Elle part de la considération de ce-qui-est du point de vue de l'être, ou de l'exister de tel ou tel être, pour parvenir à l'être par soi, à l'être premier ou l'acte pur, mais elle ne s'arrête pas à la considération des choses " dans les quantités et les relations quantitatives incluses dans leurs manifestations sensibles " (a). A la rigueur, les données de la physique - moderne ou non - ne peuvent servir qu'à illustrer la pensée métaphysique ou théologique des sages ou des mystiques (b). a) Jean Daujat, Physique moderne et philosophie traditionnelle, docteur en physique et en philosophie, chap. IV : Physique moderne et philosophie, éd. Desclée et Cie, p. 50. b) Cf. Jacques Maritain (1882-1973), agrégé de philosophie, professeur à l'Institut d'Etudes médiévales de Toronton et à l'Université de Princeton, et ambassadeur de France au Vatican de 1945 à 1948, écrivain, Grand Prix de Littérature de l'Académie française en 1961, métaphysicien et philosophe thomiste de notoriété mondiale, Les degrés du savoir, Ire partie : Les degrés du savoir rationnel, pp. 43-484, éd. Desclée De Brouwer, sixième édition, 1958. Stéfan Swiezaski, docteur en philosophie de l'université de Lwow, en Pologne, et Maître de recherches au CNRS à Paris, en 1960-61 et 1964-65, Redécouvrir Thomas d'Aquin, éd. Nouvelle Cité, 1989, pp. 28-29 : " Si la philosophie de saint Thomas [ou la métaphysique d'Aristote] se trouvait dans un rapport de dépendance absolue avec la science de son époque - comme on le prétend parfois à tort, - il faudrait alors aussi la rejeter comme les autres théories périmées. " Cela est d'autant plus vrai qu'Aristote lui-même n'attribue pas une certitude absolue à la science de son temps (a). " Sans doute, écrit-il, essayer de fournir une explication de certains faits ou de tous, sans rien omettre, peut sembler le signe d'une trop grande naïveté ou d'un zèle excessif. [...] mais, pour le moment, nous n'avons à dire que ce qui est probable (b). " Et ailleurs : " Mais les faits ne sont pas connus d'une manière satisfaisante et, s'ils le deviennent un jour, il faudra se fier aux observations plus qu'aux raisonnements, et aux raisonnements dans la mesure où leurs conclusions s'accorderont avec les faits observés (c). " a) IVe siècle av. J.-C. b) Aristote (384-322 av. J.-C.), Traité du ciel, liv. II, chap. 5, 288 a, Téqui, 1949. c) Aristote, De la Génération des Animaux, liv. III, 10, 760 b, Téqui, 1961. Définition de la philosophie.- Philosophie, du grec filosofia, de filew, aimer, et sofia, savoir, science, sagesse. La philosophie est la connaissance par la lumière naturelle de la raison des causes premières ou des principes suprêmes relatifs à l'ordre naturel (a) et ne trouve son plein épanouissement ou sa fin ultime que dans la contemplation de la Réalité Première, de l'Acte pur, de Celui dont l'essence est l'exister même. Le philosophe doit être l'ami de la sagesse, car la vérité ne se révèle qu'à ceux qui l'aiment avant toutes choses. Autrement dit un philosophe authentique est un sage qui met sa vie en accord avec son savoir. a) Cf. Jacques Maritain, Eléments de Philosophie, vol. I : Introduction générale à la philosophie, chap. I : Nature de la philosophie, II : Conclusions, § 24, pp. 64-71, éd. Téqui, 28e éd., Paris 1951 - ouvrage d'un grand intérêt, et extrêmement dense (Louis Jugnet). Les quatre premiers principes de la raison spéculative : 1° Le principe de non-contradiction (il est impossible d'être et en même temps de ne pas être - principe dépendant de la saisie de l'être et fondé sur les notions d'être et de non-être, notions absolument primitives ou non dérivées d'autres notions) ; 2° Le principe de raison d'être (tout être est intelligible) ; 3° Le principe de finalité (tout agent agit pour une fin) ; 4° Le principe de causalité (tout être n'existant pas par soi existe par un autre). J. Wébert, O. P., Essai de Métaphysique thomiste, Éd. de la Revue des Jeunes, Desclée & Cie, Paris, 1927, pp. 45-46, 67, 68, 71-72, 83, 84, 85, 100-102, 104-106, 107, 108 : " Si l'on va jusqu'au bout de l'exigence intellectuelle, il paraît donc bien que tout ce qu'on appelle "être" est considéré selon sa proximité plus ou moins grande à un être vraiment être, permanent et stable, qu'il soit hors de l'esprit, ou qu'il soit l'esprit [et non une image ou une vision imaginaire]. Cette analyse fait comprendre l'axiome suivant : "l'être se dit de multiples manières, mais tout être s'exprime par rapport à un être premier (S. Thomas, Comm. In Metaph, lib. IV, I)." " En face de l'être, l'intelligence peut affirmer ou nier. La négation est l'opération qui suit immédiatement par nature à la position de l'être. Aucune n'est plus universelle, et malgré l'apparence paradoxale aucune n'est plus féconde. [...] En fait, cette opposition de l'être et du non-être est l'armature même de la pensée. Sans elle, pas de distinctions ; sans les distinctions, pas de classes de phénomènes, pas d'ordre des êtres. En définitive, aucune philosophie possible. C'est si vrai que même et surtout nos connaissances des suprasensibles ne pourront former une science que par des hiérarchies de négations (cf. S. Thomas, Comm. In Boet. De Trin., l. II, q. 6, a. 3)." " Ce qui suit immédiatement à l'être, c'est l'unité. Sa genèse intellectuelle peut se décrire sommairement ainsi : l'intelligence saisit d'abord l'être [cf. Aristote et Avicenne (ou Ibn Sînâ)], puis elle le nie absolument, d'où : non-être. A cette négation, suit l'opposition : être et non-être. L'intelligence affirme alors la division transcendantale de l'être et du non-être. Puis elle nie la division de l'être par rapport à lui-même : ce qui n'est rien d'autre que de poser son unité. L'unité métaphysique n'est donc rien d'autre que l'indivision." " Si l'on a bien pénétré le caractère relationnel des transcendantaux, aucune difficulté à s'en faire une conception saine : l'être sera vrai par rapport à l'intelligence, bon, par rapport à la tendance affective qu'il éveille, beau, par la complaisance qu'il produit dans les facultés connaissantes. [...] Les définitions thomistes que nous alléguerons en leur lieu le laissent bien voir : le vrai se définit par la conformité de l'intelligence au réel [et non à l'imaginaire ou à quelque vision imaginaire] ; le bien, ce que tout désire ; le beau, ce qui plaît contemplé. Tel est le schéma des propriétés transcendantales de l'être. Deux sont le fruit d'une certaine négation : l'un, ou l'indivision, le quelque chose ou détermination par distinction. Trois expriment des relations : le vrai, le bien, le beau. Le détail va montrer la fécondité de ces distinctions. [...]" " L'étude de l'unité se référait à l'être en lui-même. [...] Les propriétés transcendantales qu'on découvre ensuite ont, nous l'avons dit, le caractère d'une relation de l'être à l'esprit. [...] La relation transcendantale de vérité n'est pas autre chose que cet accord primitif de l'être à l'intelligence : consonance, correspondance, conformité, rapport, affinité, adéquation du réel à l'intelligence, tels ont les plus notables des termes par lesquels saint Thomas exprime l'idée de vérité. [...] L'être convient à l'intelligence : en ce sens, il est vrai. [...] L'être est apte à satisfaire l'intelligence, il sera sa perfection, son achèvement ; il y aura toujours une convenance naturelle de l'un à l'autre. [...] "Il n'y a de vérité que dans le jugement", est en effet un axiome de philosophie thomiste. [...] L'intelligence juge alors de la vérité de son acte (cf. S. Thomas, Comm. in Periherm., I, lec. III, n. 9). C'est en ce sens seulement que vaut la sentence aristotélicienne : "la vérité est seulement dans l'esprit"." " Nous pouvons déterminer à priori quelques conditions exigibles de tout premier principe. Il faut d'abord qu'il soit un jugement construit à l'aide de notions primitives. S'il en était autrement, c'est-à-dire s'il était fait de notions dérivées, il resterait toujours la possibilité théorique de trouver des synthèses antérieures, plus universelles. Il faut en outre que ce jugement marque un progrès de la pensée et ne soit pas une pure tautologie. C'est vrai de tout jugement, et la demande ne serait pas bien originale, si l'on ne savait que certains ont tenté d'instaurer comme premiers principes de simples apparences de jugement. " Le principe de non-contradiction : l'idée la plus simple et la plus universelle est l'idée d'être [cf. Aristote et Avicenne]. L'opération intellectuelle la plus simple qui se puisse ensuite concevoir, c'est la négation radicale de l'être : non-être. La première synthèse ou jugement que formera l'esprit sera une certaine comparaison de l'être et du non-être. Or, la seule position intelligible en ce cas, c'est de juger que l'être et le non-être sont incompatibles. Nous venons de retracer en bref la genèse du célèbre principe de non-contradiction : il est impossible d'être et en même temps de ne pas être. C'est là une formule quelconque, - nous donnerons la plus usuelle dans un instant, - mais l'essentiel est de saisir, par delà les mots, l'acte spirituel du jugement qui repousse la contradiction : " impossible d'être et de ne pas être ". " Nous avons donc découvert la première synthèse opérée par l'intelligence à l'aide des premiers concepts. La conséquence immédiate, c'est qu'elle est à l'origine de toutes les autres. Rien de plus vaste que l'être, le non-être, et le jugement de leur exclusion mutuelle. Le principe de non-contradiction sera le régulateur, arch [arkhê], de tous les principes dérivés, des plus universels jusqu'aux jugements d'expérience. C'est si vrai que la valeur des autres principes ne peut s'établir que par lui : en effet, un jugement dérivé n'aura de sens que s'il est absolument certain que "être tel" et "ne pas être tel" ne sont pas simultanément possibles [l'être étant nécessairement un, la loi de l'être ne peut pas être celle du non-être, les contradictoires (par ex. être et non-être, blanc et non-blanc, etc.) s'excluant de façon absolue sans qu'il y ait de milieu entre eux : "tertium non datur"], - ce qui de nouveau n'a de sens que s'il est impossible que "l'être" et "le non-être" soient donnés en même temps. Saint Thomas résume ces considérations avec sa riche brièveté : " (Ce principe) est fondé sur les idées d'être et de non-être, et tous les autres sont fondés sur lui (Somme théologique, II-I, q. 94, a. 2)". Il faut bien voir qu'un tel jugement ne pose aucune réalité, mais est seulement l'instrument spirituel à discerner toute vérité [cette remarque du R. P. J. Wébert est absolument capitale]. [...] " L'on a critiqué encore la forme négative du premier principe et son caractère de proposition modale. Il nous semble que ces deux critiques peuvent être écartées simultanément. Admis que le principe de non-contradiction ne pose aucune réalité [l'être et le non-être ne pouvant pas constituer ensemble un autre être ou un troisième être], la force du jugement consiste à déclarer (et donc en un certain sens : affirmer) l'exclusion de l'être et du non-être, exclusion réciproque qui, rigoureusement, ne pose ni l'un ni l'autre. Il ne restait donc que la modalité de l'impossible pour exprimer une exclusion de ce genre. A la vérité, il n'y a pas de preuve directe d'une telle assertion, en raison du caractère primitif du jugement. Qu'on veuille seulement feindre que la formule du principe est absolue : " il n'est pas vrai que l'être est et n'est pas ", on est alors entraîné à poser une existence (l'être est), et l'on a retiré au premier principe son infinie souplesse, son universalité qui le préserve de toute application déterminée : " il est impossible d'être et de ne pas être..." Il implique donc nécessairement une modalité. " Que si nos précautions semblaient excessives et nos analyses trop subtiles, il n'est que de réfléchir aux immenses conséquences d'une légère erreur aux origines mêmes de la pensée. L'on s'en convaincra à examiner brièvement les titres d'un autre principe dont la fortune est relativement récente dans l'histoire de la philosophie, le principe d'identité. " Le principe d'identité : Wundt dit que "la loi d'identité a été exprimée pour la première fois sous une forme logique pure par Leibniz (Logik, t. II, p. 562)". De fait, celui-ci en a proposé un grand nombre de formules, parmi lesquelles : "Chaque chose est ce qu'elle est", "A est A, B est B" (Nouveaux Essais sur l'Entendement humain, IV, 2, éd. Gehrardt, p. 343, sq.)... Cependant Suarez attribuait déjà à Antonius Andreas la formule suivante : Omne ens est ens, qu'il rejette d'ailleurs comme inutile (Metaph., Disp., sect. III, n° 4). " Le principe d'identité, sous la forme "A est A", Omne ens est ens, paraît à un grand nombre de penseurs une pure répétition (cf. Spir, Pensée et Réalité, p. 126). Aussi a-t-on cherché à en construire des formules instructives : "Tout être est quelque chose de déterminé qui le constitue en propre. Tout être est, et est par lui-même d'une nature déterminée qui le constitue en propre (cf. Garrigou-Lagrange, Le Sens commun, la Philosophie de l'Être et les formules dogmatiques, p. 166)." Malgré l'ingéniosité déployée, l'analyse même qu'on en donne suffit à priver le principe du premier rang qu'on voudrait lui attribuer. Dans les formules précédentes, l'être du sujet désignerait l'existence, celui du prédicat, l'essence. Et nous l'admettons volontiers, comme nous reconnaissons que la distinction entre l'essence (res) et l'existence (ens) est l'une des distinction primitives (cf. S. Thomas, De Veritate, q. I, a. I). Elles ne sont pas toutefois si haut placées qu'elles ne dépendent d'autres concepts. [...] " D'autre part le sujet semble signifier la substance, ce qui est une restriction notable du principe. Car il faut que le premier principe convienne à tout mode d'être, réel ou possible, en acte ou en puissance, existence ou essence, substance ou accident, et jusqu'à l'être idéal d'une pensée. C'est ainsi que le principe de non-contradiction désigne l'être dans son amplitude illimitée, et ne fait que le comparer à son contradictoire, le non-être [là est la clef de la porte d'entrée à la vraie métaphysique qui est rectrix et regulatrix des autres sciences]. On ne peut concevoir un jugement d'une plus grande simplicité, et en conséquence d'une plus grande universalité. " Une autre expression du principe d'identité est encore moins heureuse : "Tout être est un et le même". L'étude de l'unité et l'allusion à son dérivé le même en signalent assez la complexité. L'opposition de l'être et du non-être, la division, puis la négation de la division sont des opérations antérieures à l'idée de l'un et du même. La généralité restreinte de cette formule ne lui donne pas droit au premier rang. " Ce n'est pas que ces principes soient faux ou même inutiles : nous les recevons à leur place, c'est-à-dire longtemps après l'opposition primitive de l'être et du non-être. [...] " Saint Thomas qui reconnaît, sans conteste possible, le premier rang au principe de non-contradiction (1), mentionne fréquemment "la relation d'identité". Elle avait été déjà comptée par Aristote comme un mode de l'unité (cf. Métaphysique, livre Delta, 9, 1018 a 5-10). Le Docteur Angélique [qui conversait avec les anges] explique toujours de la même manière que c'est là une pure relation de raison : on pense artificiellement un être comme deux ; de là, on remarque une certaine relation de cet être à lui-même, "idem eidem idem" (S. th., Ire P., q. 13, a.7). Elle est nettement dérivée et suppose la non-contradiction." 1) S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, II-II, q. I, a. 7 : " Dans les principes par soi évidents il y a un ordre : il arrive que certains soient implicitement contenus en d'autres, de même que tous se ramènent à celui-ci ainsi qu'à un premier : " Il est impossible d'affirmer et de nier simultanément ", comme cela est exposé par le Philosophe dans sa Métaphysique " (livre Gamma, chap. 3, 1005 b 20)." Id., II-I, q. 94, a. 2 : " Par ailleurs, il y a un ordre établi entre les vérités qui tombent sous l'appréhension de tout le monde [à condition, bien sûr ! de ne pas être atteint de schizophrénie]. En effet, ce qui est saisi en premier lieu, c'est l'être [étant, ens] dont la notion est sous-jacente à tout ce que l'on conçoit. Et c'est pourquoi le premier principe indémontrable est qu' "on ne peut simultanément affirmer et nier" : ce qui se fonde sur la notion d'être et de non-être ; et c'est sur ce principe que tous les autres choses sont fondées." H. D. Gardeil, Initiation à la philosophie de S. Thomas d'Aquin, vol. IV, Métaphysique, Éd. du Cerf, Paris, 1960, pp. 67 : " 2. Principe d'identité. " [...] Saint Thomas a-t-il fait allusion à un tel principe ? De façon explicite, certainement pas. Lorsque, soit en logique, soit en métaphysique, il étudie les axiomes, il n'en parle jamais. Mais, du moins, n'est-il pas possible de le rattacher à sa doctrine ? L'identité, pour saint Thomas, a un sens bien défini : elle signifie le mode propre d'unité qui convient à la substance. Affirmer l'identité de l'être, ce serait donc d'une certaine manière reconnaître son unité. En s'avançant dans cette voie l'on est naturellement amené à dire que le principe d'identité n'est qu'une forme de ce que l'on pourrait appeler le principe d'unité de l'être : tout être est un ou identique à lui-même, proposition fort exacte et absolument immédiate, mais qui n'entre en jeu que plus tard après la reconnaissance du transcendantal un." J. Wébert, O. P., Essai de Métaphysique thomiste, ouvrage cité plus haut, pp. 119, 120, 121-124 : " Raison d'être et Causalité. - Le principe de non-contradiction ne permettrait pas à lui seul de construire la métaphysique ; et même, il n'est nullement " constructeur". Si notre activité intellectuelle se bornait à exprimer des identités ou l'absence de l'identité, nous resterions à la surface des choses. Mais la tendance profonde de notre intelligence est de rechercher en tout le principe et la cause : le développement de la métaphysique coïncide avec la réalisation de cette tendance. " [...] Cette intelligence, qui conçoit l'être [ens, ou l'étant] et ses propriétés transcendantales [unum, verum, bonum, pulchrum, ou l'un, le vrai, le bon et le beau], se heurte à l'expérience mobile et changeante. L'effort spécial pour rendre intelligible ce qui ne l'est pas parfaitement : " de l'être qui est, et d'une certaine façon n'est pas ", est une recherche de la raison d'être. C'est pour faire l'objet aussi transparent que possible que l'intelligence est contrainte de dépasser le donné intuitivement perçu. Si continue que soit la recherche de la raison d'être à l'affirmation de l'identité de l'être, elle dénote cependant un pouvoir original. C'est une activité nouvelle, et en même temps primitive : toute tentative de déduction du principe de raison d'être, comme aussi tout essai de la supprimer, est inutile. Il est l'expression même de l'activité intellectuelle dans le progrès de la connaissance. " [...] La recherche de la raison d'être se confond avec le besoin d'intelligibilité. Il peut se manifester cependant sous deux modes très différents, qui marquent deux directions originales de l'esprit. L'on peut concevoir comme raison d'être, ce qui donne à un être d'avoir telle essence déterminée. Une telle direction nous maintient dans l'ordre purement idéal, et ne conduit qu'à une analyse par concepts universels. Cette analyse rend cependant l'objet "transparent" à une intelligence contrainte d'abstraire du concret les essences immuables. Mais l'autre est plus important pour la métaphysique : c'est alors que la recherche de l'intelligibilité coïncide avec la recherche du principe réel : causes internes de l'être, s'il est composé, comme l'être matériel ; causes externes, si sa nature même requiert de telles causes. L'on voit qu'il y a une différence essentielle entre une analyse par concepts universels, qui rend un objet intelligible, et l'affirmation d'un principe réel ou cause. " Entre la raison d'être toute idéale qu'exprime l'essence, et la raison d'être parfaitement réelle que dénote la cause, il y a place cependant pour d'autres modalités. [...] Le devenir a sa raison d'être dans la puissance, capacité réelle au changement. Les accidents ont leur raison d'être dans la substance, être qui existe par soi. En chacun des cas, et en d'autres encore, la détermination de la raison d'être devra s'assouplir aux conditions variées de l'objet. " Il nous paraît d'une meilleure attitude métaphysique de maintenir l'esprit devant son activité vivante, plutôt que de lui donner l'impression d'aligner des théorèmes. Si l'opposition de l'être et du non-être, si l'identité de l'affirmation avec elle-même, lui révélait quelque chose de sa nature, voici une autre occasion de la saisir : les multiples modes d'application de la raison d'être et de la causalité, diversifiés selon les aspects du réel qui entrent en contact avec l'intelligence, mais profondément unifiés en tant qu'ils procèdent d'une même tendance intellectuelle. La recherche de la raison d'être qui produit une analyse des essences est, d'une certaine façon, " une détermination du principe d'identité [1]". Elle tend à rendre intelligible et clair ce qui était donné d'abord comme confus. Mais plus pénétrante, avons-nous dit, la recherche de la raison d'être qui scrute les origines des choses. Nous employons ce mot d' "origines" à condition qu'on l'entende en un sens très souple. Nous dirions volontiers : "explication réelle". N'est-ce pas expliquer par du réel que d'expliquer le devenir par la puissance, les accidents par la substance, l'être contingent par l'être nécessaire, la multiplicité et la finitude par un Être unique et infini, la substance physique par les quatre causes aristotéliciennes [2], l'évolution des êtres par une Fin ultime, l'ordre et les degrés de perfection par un Être intelligent et infiniment parfait ?... " Cette sèche et incomplète énumération n'a d'autre but que d'éveiller les esprits sur ce sujet capital de la recherche de la raison d'être. Il est si profondément caractéristique de la vie de l'esprit qu'on s'étonne des efforts répétés de tant de philosophes, soit empiristes, soit idéalistes, pour minimiser raison d'être et causalité, et borner notre champ de vision au décor des phénomènes extérieurs ou aux nuances changeantes du devenir psychologique. Là encore, nous croyons plus judicieux de nous confier à la spontanéité de notre intelligence dans l'analyse du réel, de pénétrer dans le réseau compliqué des distinctions métaphysiques, et de prendre par là une confiance croissante en la valeur de notre intelligence, plutôt que de nous frapper d'impuissance par des subtilités d'une critique stérile." 1) " Tout être est ce qu'il est " (essentiellement ou accidentellement) ou " tout être est d'une nature déterminée ", ou encore " l'être a pour nature d'être " - cf. Garrigou-Lagrange, Dieu, vol. 2, pp. 151, 172 ; Jacques Maritain, Sept leçons sur l'être, Ve leç., p. 104 ; H. D. Gardeil, Initiation à la philosophie, vol. 4, Métaphysique, p. 68 ; Chanoine Henri Collin, Manuel de philosophie thomiste, vol. I, chap. II, Logique formelle, Jugement et proposition, p. 39 ; 2) Les causes extrinsèques ou extérieures à l'objet produit : la cause finale et la cause efficiente ; et les causes intrinsèques de l'objet produit : la cause formelle et la cause matérielle (cf. Aristote, Physique, II, 3 ; S. Thomas d'Aquin, Les Principes de la réalité naturelle, chap. III). P. Fr. R. Garrigou-Lagrange, Dieu, Son Existence et sa Nature, vol. I, Éd. Beauchesne, Paris, 1950, pp. 113, 119-121, 144, 145, 146-147, 150 : " 16° Comment défendre la valeur ontologique de notre intelligence et de ses notions premières ? - Cette valeur ontologique ne peut pas se démontrer d'une façon directe et ostensive, car elle est immédiatement évidente comme la nécessité des principes premiers [qui en découlent tout naturellement]. [...] " Les agnostiques eux-mêmes, en dépit de leur système, dès qu'ils cessent de philosopher, et même tout en philosophant, leur langage le prouve, ont naturellement cette irrésistible évidence, que leur intelligence est faite pour connaître quelque chose, que la notion d'être est la notion même du réel, que le principe de contradiction est loi du réel et non seulement loi de la pensée, que l'absurde est aussi irréalisable qu'il est inconcevable. Aucune de ces propositions n'est susceptible d'être démontrée directement, il suffit d'entendre le sens des termes. " Mais si la valeur ontologique de notre intelligence, de ses notions premières et principes premiers ne peut être démontrée directement, elle peut l'être d'une façon indirecte, par réduction logique à l'absurde, par recours au principe de contradiction en tant qu'il est au moins loi nécessaire de notre pensée. [...] " d) L'acte de penser. - L'agnostique, de son point de vue, ne peut même pas connaître la réalité de son acte de penser, mais seulement la représentation de cet acte. Et connût-il la réalité de cet acte par conscience directe, il n'en est pas absolument certain, car, s'il doute de l'objectivité du principe de contradiction comme loi de l'être, si le réel peut être contradictoire en son fond, rien ne l'assure que l'action qu'il tient pour réelle l'est réellement. [...] Aristote avait montré au livre IV de sa Métaphysique en défendant ce principe, que celui qui refuse de partir de l'être (objet premier et formel de l'intelligence), et du premier principe qu'il implique, s'interdit toute affirmation sur l'être, soit sur l'existence de sa propre pensée, et de son propre moi. "En quoi un tel homme diffère-t-il de la plante, qui est entièrement privée de connaissance? Il doit imiter Cratyle qui ne pouvant plus rien dire se contentait de remuer le doigt" (Aristote, Métaphysique, livre Gamma, 5, 1010 a 10-15 - 1009 b 10-15 : "Et en général, c'est parce que ces philosophes identifient la pensée avec la sensation" [ou les visions imaginaires, bonnes ou fausses, mais toujours fugaces et subjectives]). " e) L'intelligence. - Douter de la valeur ontologique des notions premières et des principes premiers, c'est enfin rendre l'intelligence elle-même absolument inintelligible et absurde. C'est en effet douter de la relation essentielle de l'intelligence à l'être intelligible. Or, l'intelligence ne se conçoit que par cette relation [objective, la connaissance étant intentionnelle] et la lui enlever c'est la détruire, elle ne serait l'intelligence de rien d'intelligible, ce qui est absurde. [...] " Telle est la défense indirecte de la valeur ontologique des notions premières considérées en général. La négation agnostique de cette valeur conduit à d'insolubles difficultés et à rendre absurdes tous les éléments essentiels de la connaissance intellectuelle. Pour éprouver la portée naturelle de l'intelligence sur l'être, la critique agnostique prive l'intelligence de sa relation essentielle à l'être, comme pour éprouver un ressort on le briserait [il ne faut quand même pas oublier que nous vivons sur terre avec un corps bien réel et que nous devons par conséquent agir en prenant toujours conscience de la réalité physique dans laquelle nous sommes plongés]. " 2e Objection idéaliste. - Mais précisément parce que la pensée est d'ordre spirituel, une nouvelle difficulté surgit. L'intelligible connu par notre intelligence n'est réel que s'il se trouve dans les choses mêmes. Or, il ne peut se trouver dans les choses sensibles dont on prétend l'abstraire, car il ne peut y avoir en elles rien d'actuellement intelligible, d'immatériel, d'universel. Donc l'intelligible, objet de notre connaissance intellectuelle, n'est rien de tel [vaste problème que le monde moderne, - malgré sa horde de prétendus philosophes, - n'a pas encore été capable de résoudre]. " Telle est l'objection classique faite contre la solution donnée par le réalisme traditionnel au problème des universaux. S. Thomas, dans sa Somme théologique (Ire P., q. 85, a. 2, sol. 2), la résout [magistralement ainsi] : "Quand on parle de l'intelligible, de l'universel, de l'abstrait, on peut entendre deux choses : soit d'une part la nature de la chose connue, soit d'autre part l'intelligibilité actuelle, l'universalité ou l'abstraction. La nature, par exemple l'humanité, qui est intellectuellement connue, qui est abstraite et universelle, n'existe que dans les individus, mais ce mode qui est l'intelligibilité actuelle, l'universalité, l'abstraction n'existe que dans l'esprit [mais existe réellement du fait qu'elle est abstraite d'un être bien réel]. Il y a déjà quelque chose de semblable pour la connaissance sensible : la vue perçoit la couleur d'un fruit sans percevoir son odeur. Si l'on demande où est la couleur qui est vue sans l'odeur, on répond qu'elle est dans le fruit. Mais que la couleur soit perçue sans l'odeur, cela est relatif à la vue, qui reçoit une similitude représentative de la couleur et non de l'odeur. " [...] Nos concepts ne peuvent exprimer d'une manière universelle que ce que nos sens perçoivent d'une manière singulière, soit à titre d'objet proprement sensible, soit à titre d'objet sensible per accidens. Or, les sens ne perçoivent que des phénomènes sensibles à titre d'objet proprement sensible, je le concède ; ils ne perçoivent même pas accidentellement l'être et la substance, sujet des phénomènes, je le nie ; la vue ne perçoit pas en effet la couleur en général, mais un sujet coloré, en tant que coloré ; l'intelligence l'atteint en tant qu'être et substance, elle lit au moins confusément dans les phénomènes (intus legit) le principe de leur intelligibilité, l'essence dont ils sont la propriété. (Cf. S. Thomas, in de Anima, liv. II, leç. 13 ; Somme théologique, Ire P., q. 17, a. 2, q. 78, a. 3, sol. 2.) " 4e Objection. - Il reste pourtant que la valeur ontologique des notions premières et des principes premiers est fondée sur la valeur de la sensation [la connaissance partant des sens]. Or, la connaissance sensible ne peut avoir une certitude métaphysique, mais seulement une certitude physique d'expérience. Donc la valeur ontologique des notions premières et des principes premiers ne peut être métaphysiquement certaine. " Réponse : La valeur ontologique des notions premières et des principes premiers n'est fondée sur la valeur de la sensation que d'une façon matérielle et extrinsèque, comme sur une condition prérequise, et non pas d'une façon formelle et intrinsèque comme sur son motif formel. Le motif formel de la certitude de cette valeur ontologique est l'évidence non pas sensible, mais intellectuelle, sous la lumière non des sens mais de l'intelligence. C'est ce qui fait que cette certitude est métaphysique [au-delà du physique] et supérieure à celle de la connaissance sensible. ( S. Thomas, S. th., Ire P., q. 84, a. 6, concl. : "... l'on ne peut dire que la connaissance sensible soit la cause totale et parfaite de la connaissance intellectuelle, mais bien plutôt qu'elle est la matière sur laquelle agit cette cause." ; sol. I : "... il ne faut pas attendre entièrement la vérité des sens. La lumière de l'intellect agent est requise, par laquelle nous connaissons sous un mode immuable les choses changeantes, et nous discernons les réalités de leurs images.".- Cf. S. Thomas, De Veritate, q. 11, a. 1, ad. 13um et 17um.) Et l'intelligence juge dans sa lumière à elle, et par ses propres principes de la valeur de la sensation dont elle se sert : Une sensation de rien de senti serait contraire au principe de contradiction ; une sensation se produisant sans cause extérieure déterminante serait contraire au principe de causalité ; des sens qui ne seraient pas ordonnés à connaître une réalité sensible seraient contraire au principe de finalité. Accidentellement le sens peut se tromper même à l'égard de son objet propre, par suite d'une mauvaise disposition de l'organe (cf. S. Thomas, S. th., Ire P., q. 17, a. 2). Au contraire, l'intelligence ne peut se tromper même accidentellement sur les notions premières simples et les principes premiers (cf. S. Thomas, S. th., Ire P., q. 17, a. 3, concl. et sol. 2), la certitude naturelle de ces principes subsiste sous les erreurs systématiques qui les dénaturent ou qui les nient. Ces erreurs sont comme un nuage d'imagination à la surface de l'intelligence et ne peuvent en modifier le fond, ce qui reviendrait à détruire l'intelligence même. Au sujet de ceux qui nient le principe de contradiction, Aristote remarque : "Tout ce qu'on dit, il n'est pas nécessaire qu'on le pense" (Métaphysique, livre Gamma, chap. III : Étude des axiomes et du principe de contradiction, 1005 b 25). [...] " [...] Dans la leçon 6e sur le IVe livre [livre Gamma] de la Métaphysique, S. Thomas prouve qu'il doit y avoir un principe suprême, en comparant les deux premières opérations de l'esprit, conception et jugement. On ne remonte pas à l'infini dans la série des concepts, l'analyse des concepts les plus compréhensifs nous conduit par degrés à un premier concept, le plus simple et le plus universel de tous, le concept d'être : ce qui est ou peut être. Sans cette toute première idée, impliquée dans toutes les autres, l'intelligence ne peut rien concevoir. S'il y a un premier dans la série des jugements ; et le premier jugement, le plus simple et le plus universel, doit dépendre de la première idée, il doit avoir pour sujet l'être et pour prédicat ce qui convient premièrement à l'être. Quelle en sera la formule exacte ? Aristote dit : " Il est impossible que le même attribut appartienne et n'appartienne pas en même temps, au même sujet et sous le même rapport [...] Il n'est pas possible, en effet, de concevoir jamais que la même chose est et n'est pas, comme certains croient qu'Héraclite le dit : car tout ce qu'on dit, on n'est pas obligé de le penser." (Métaphysique, livre Gamma, chap. 3, 1005 b 20)." H. D. Gardeil, Initiation à la philosophie de S. Thomas d'Aquin, vol. IV, Éd. du Cerf, Paris, 1960, pp. 69-70 : " Remarque. - Origine et formation des premiers principes. " Les premiers principes ne sont pas des vérités innées ou possédées par l'intelligence antérieurement à toute connaissance. A proprement parler, seule, notre intelligence, qui est en pure puissance à l'égard des intelligibles, est innée. Ce n'est que lorsque nos facultés de connaître ont été déterminées par des objets sensibles que nous prenons conscience des premiers principes. Encore faut-il préciser que nous ne les saisissons d'abord que dans des cas particuliers, par rapport à tel être ; nous ne pouvons nous élever à des formules universelles relatives à tout être qu'après avoir élaboré l'idée commune d'être. S'ils ne sont pas innés, ces principes sont cependant dits naturels à notre intelligence, car ils font naturellement suite à son exercice : toute intelligence qui s'est exercée les possède nécessairement. Par rapport à cette intelligence, ils constituent ce qu'on appelle un habitus, c'est-à-dire une disposition stable qui assure la facilité et la sûreté de son exercice. Cet habitus se diversifie lui-même suivant qu'il s'agit des premiers principes dans l'ordre spéculatif ou des premiers principes dans l'ordre de l'action pratique. Retenons que l'habitus des premiers principes spéculatifs de l'intelligence, sans être inné, perfectionne cependant de façon naturelle cette faculté." S. Thomas d'Aquin, Commentaire des Métaphysiques, IV, leçon 6, n° 599 : " La troisième condition que doit remplir le principe le plus certain est qu'il ne soit pas acquis par démonstration ou par un procédé semblable, mais qu'il survienne comme naturellement en celui qui le possède, de sorte qu'il soit connu de façon quasi naturelle [quasi ut naturaliter] et non par mode d'acquisition. C'est en effet en vertu de la lumière naturelle de l'intellect agent que les premiers principes deviennent manifestes, et ils ne sont pas acquis par des raisonnements mais du seul fait que leurs termes sont connus. Voici comment cela se produit. A partir des objets sensibles se forme la mémoire, et à partir de la mémoire l'expérience et de l'expérience procède la connaissance des termes ; ceux-ci étant connus, on prend alors conscience de ces propositions communes qui sont le principe des arts et des sciences. Il est donc clair que le principe le plus certain ou le plus ferme doit être tel qu'à son égard on ne puisse se tromper ; qu'il ne résulte d'aucune supposition ; enfin qu'il survienne naturellement [naturaliter]." Louis Jugnet (rappelé à Dieu le 12 février 1973, le grand et vrai philosophe thomiste, un des meilleurs esprits de sa génération, qui a exercé une influence considérable par son enseignement et ses écrits, agrégé de l'Université, professeur de Première Supérieure au Lycée Fermat, chargé de Cours à l'Institut d'Etudes Politiques de Toulouse, Pour connaître La pensée de saint Thomas d'Aquin, Éd. Bordas, 1964, pp. 38-40 : " Scepticisme, relativisme, idéalisme " Il nous paraît hors de doute que le problème critique joue, pour certains modernes, un rôle véritablement obsessionnel (c'est tout à fait volontairement que nous usons d'un mot à saveur pathologique) (1). Si l'on veut caractériser la conception thomiste de la connaissance, on doit la qualifier de dogmatique et réaliste... Ces deux mots ont de quoi faire bondir plus d'un de nos contemporains, et peut-être même certains se contentent-ils, non sans naïveté, de ces deux adjectifs qui leur tiennent lieu d'une réfutation de nos positions. Portant, qu'on y réfléchisse : qu'entend-on par dogmatisme ? Le mot a pris de nos jours une saveur péjorative, et évoque on ne sait quelle inconscience affirmative sans justification (l'usage du mot par le grand public en fait foi). C'est là confonde l'usage et l'abus. Étymologiquement, originairement, une philosophie dogmatique est une doctrine qui estime que nous pouvons savoir quelque chose valablement, si restreinte et si pauvre que soit au fond notre connaissance. Elle se suppose évidemment ni l'omniscience ni l'infaillibilité du penseur qui avance des thèses, ni le caractère exhaustif de la saisie du monde ou de nous-même à laquelle nous pouvons accéder. Elle est toute prête à dire, comme le personnage de Shakespeare, qu'il y a plus de choses dans le Ciel et sur la Terre que n'en peut connaître notre philosophie. Mais elle s'oppose à toute doctrine qui jetterait la suspicion ou la négation sur le peu que nous savons. En ce sens, la quasi-totalité des grands philosophes ont été des dogmatiques (un Platon, un Aristote, un Descartes, un Leibnitz, un Bergson même). Tel est le sens obvie, naturel, honnête, des mots auxquels il ne faut pas substituer des caricatures. Ce point de vue concerne la valeur de la raison et des premiers principes, l'aptitude de l'intelligence à atteindre le vrai. Il fait l'accord de penseurs dont les doctrines sont, en fait, très opposées (on l'a vu plus haut). Peut-être certains nous concéderaient-ils, plus ou moins facilement, la légitimité d'un certain idéalisme constructif. Mais le mot de réalisme déclenche des réactions assez négatives, au moins en certains milieux et parmi les gens soumis à une certaine formation. Nous ne croyons pas fondé ce préjugé, et nous tâcherons de montrer pourquoi, en exposant les grandes lignes de la critique effectuée par saint Thomas à l'égard des adversaires qu'il a pu connaître, c'est-à-dire des sceptiques de l'antiquité, critiqués eux-mêmes par les grands philosophes grecs. Nous aurons ensuite à voir si sa discussion n'atteint qu'une attitude doctrinale entièrement dénuée d'intérêt pour l'homme moderne [et tout particulièrement pour Paul Tillich], comme on le prétend fréquemment, et dont nous ne pourrions rien tirer concernant le relativisme ou l'idéalisme moderne. " En face du scepticisme classique (notamment celui de sophistes comme Protagoras) l'attitude de saint Thomas consiste essentiellement à reprendre les objections d'Aristote [toujours d'actualité et que tout homme cultivé et ayant droit au qualificatif de philosophe doit connaître], en les limant et les polissant pour ainsi dire (2). L'adhésion aux premiers principes s'impose à tout être raisonnable, elle vaut absolument (3) et l'intelligence saisit, en son acte même, la vérité essentielle de la connaissance (4). En outre (et nous aurons à y insister vigoureusement, peut-être trop au gré de certains, car cette manière d'argumenter est beaucoup plus qu'un procédé grammatical ou une ruse de guerre) le scepticisme est travaillé par une contradiction fondamentale, puisqu'il énonce ses thèses à la manière de vérités absolues (5)." 1) " A propos de l'étudiant qui vient en faculté étudier la Morale, M. Gilson écrit : " Si on la lui enseigne, la moitié du temps se passera à chercher d'abord s'il y en a une, l'autre moitié à en définir la méthode ; quand on sera bien sûr qu'il y en a une (ce n'est pas toujours le cas...) et que l'on connaîtra la méthode, on s'apercevra un peu tard qu'il ne reste plus de temps pour l'étudier. Il en sera de même pour la métaphysique : ce jeune homme venait à l'Université pour l'étudier, mais tout ce que l'on y étudie, c'est la question de savoir s'il y en a une ; vous n'attendez tout de même pas qu'un professeur enseigne une science dont il pense qu'elle n'existe pas..." (Gilson, Pour un ordre catholique, Desclée De Brouwer, pp. 221-222) Les préoccupations hypercritiques prennent parfois de tels aspects qu'il est permis d'y voir un rabougrissement de l'esprit plutôt qu'une preuve d'intelligence. Allant plus loin, certains auteurs (A. Cresson, le P. Webert, Dalbiez, F. Mentré, etc.) sont allés jusqu'à établir une parenté entre la poussée moderne de relativisme et d'idéalisme, et certaines déviations psychiques. Il est certain que des travaux comme ceux de Pierre Janet, du Dr. Claude, etc. fourniraient des rapprochements délicats à manier, mais non dénués d'intérêt. On nous permettra de ne pas insister..." [Nous nous permettons d'ajouter que la schizophrénie se définit par la perte du contact avec la réalité et que c'est malheureusement ce qui caractérise l'homme moderne, névropathe englué dans l'imaginaire et le virtuel où la violence et le sexe font loi et dont la télévision est la première propagatrice, et ce avec la complicité tacite de ceux qui nous gouvernent et l'instigation directe de la franc-maçonnerie sous-jacente - et cela n'est pas avancé à la légère, mais s'appuie sur des témoignages qui sont avérés.] 2) « La critique du scepticisme de l'homme-mesure se trouve déjà exposée dans le Théétète de Platon. Aristote la développe plus méthodiquement (Métaphysique, livre Gamma en entier). Saint Thomas la développe surtout dans son Commentaire sur la Métaphysique. Cf. : In IV Mét., lectio 6 et 9. Sa position se résume dans les grands thèmes dogmatiques : l'évidence est non seulement contraignante en fait, mais valable en droit (nous en verrons la justification critique dans la suite de ce chapitre, en exposant la théorie de l'intentionnalité dans la connaissance sensible et dans la connaissance intellectuelle). Les arguments sceptiques ne prouvent rien, etc." 3) « Si l'on met en doute les premiers principes, tout particulièrement le principe de contradiction [ou de non-contradiction], les mots, l'expression de la pensée, perdent toute signification [d'aucuns n'ont pas encore réalisé que ce premier principe convient, en tant que principe, à tout mode d'être, réel, possible, logique ou de raison (nécessité logique enclose dans ce principe), et jouit par conséquent d'une amplitude universelle]. On aboutit à un confusionnisme universel, aucun être n'a plus de nature, ou de manière d'être précise et concevable, la diversité des choses entre elles, qu'elle soit numérique ou spécifique, s'évanouit, etc. Voir saint Thomas, Commentaire de la Métaphysique d'Aristote, l. IV, lect. 6 à 10 par ex. Le P. Garrigou-Lagrange, profondément imprégné de la pensée thomiste, a souvent repris ces thèmes avec une grande rigueur d'expression. Cf. p. 3, Le réalisme du principe de finalité, Desclée De Brouwer, IIe P., ch. I : La finalité de notre intelligence et le réalisme. Cf. sur le sot préjugé, si difficile à déraciner de certains esprits modernes : le principe de contradiction est peut-être nécessaire comme loi de la pensée, mais le réel n'y obéit pas forcément, pp. 161-170. Sur ce point voir encore J. Maritain, Réflexions sur l'intelligence (Desclée De Brouwer), qui reprend fort bien les thèses thomistes sur la question en les accommodant aux préventions d'un adversaire moderne : " Plaçons-nous dans cette hypothèse. J'accorde donc qu'un cercle carré est inconcevable, mais je dis qu'on peut douter de son impossibilité réelle, j'accorde que la contradiction ne peut pas habiter dans l'esprit, mais je dis que peut-être elle habite dans l'être. Eh bien, ce doute est lui-même impossible. Dire que l'être est peut-être absurde est lui-même une absurdité. On ne peut pas douter de l'impossibilité de l'absurde dans les choses sans poser une contradiction dans l'esprit (où l'on concède pourtant que la contradiction ne peut pas habiter). S'il est possible en effet que l'être soit absurde, alors c'est qu'il est possible que toute ma connaissance soit fausse [parce que la vérité est relative à l'être, puisqu'elle est l'accord de l'intelligence avec celui-ci]. Mais cela même, ou bien je le pense comme vrai ; tandis que je pense que ma connaissance tout entière peut être fausse, je pense donc que sur ce point ma connaissance ne peut pas être fausse, et je pose la contradiction dans mon esprit. Ou bien je ne le pense pas comme vrai, j'en doute et je suspends mon jugement en me gardant de rien affirmer sur rien. Mais alors ma pensée reste absolument indéterminée, puisqu'elle est dans un doute absolu et universel [c'est le cas du monde moderne], et en même temps elle a une détermination, puisqu'elle ne doute ainsi parce qu'elle tient pour possible que toute ma connaissance soit fausse ; et la contradiction est de nouveau posée dans mon esprit. Si de plus il n'est pas impossible que quelque malin génie réalise une chose qui soit et ne soit pas en même temps et sous le même rapport, alors en disant : " Cette chose est ", mon intelligence sera vraie, et vraie aussi en disant : " Cette chose n'est pas ". Et c'est encore poser la contradiction dans l'esprit. Au reste, si je soustrais les choses au principe d'identité [telle chose est ce qu'elle est ou a une nature déterminée], cette chose qu'est la pensée pourra n'être pas pensée, cette chose qu'est affirmer pourra être niée. Il faudra aussi que l'affirmation et la négation soient possibles ensemble, et donc que le principe d'identité [principe qui permet de donner une identité propre à chaque chose observée, comme tout être humain est titulaire d'une carte d'identité qui permet de le distinguer des autres êtres humains et de le reconnaître] soit rejeté de la pensée elle-même. En réalité c'est à l'être que le principe d'identité se porte directement et immédiatement, c'est l'être d'abord [a], non la pensée qu'il affirme identique à soi-même. Si cette première affirmation est brisée, il ne tient plus nulle part. Il est impossible de soustraire les choses au principe d'identité sans lui soustraire aussi la pensée ; il n'est la loi suprême de l'intelligence que parce qu'il est la loi suprême de l'être (pp. 46-47). » a) Saint Thomas, Questions disputées De Veritate, q. I, a. I (le "primum cognitum") : " Ce que l'intelligence conçoit premièrement comme le plus connu, et en quoi elle résout toutes les pensées, c'est l'être, comme dit Avicenne au début de sa Métaphysique." 4) " Il est évident par soi qu'il y a une vérité ; car celui qui nie qu'il y ait une vérité concède qu'il n'y a pas de vérité. Si la vérité n'est pas, il est vrai qu'il n'y a pas de vérité. Mais si quelque chose est vrai, il faut bien admettre qu'il y a une vérité" (Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ire Partie, qu. I, art. 2, ad 3. Il y a tout autre chose ici qu'un jeu grammatical. Nous l'avons montré plus haut à propos du principe d'identité. Nous y insisterons en critiquant l'idéalisme. Dans la Question disputée Sur la vérité, on trouve (article IX, corps de l'article) un texte fort suggestif sur la manière dont l'intelligence prend conscience du caractère valable et fondé de son activité en réfléchissant (au sens stricte) sur celle-ci. Mais pour être pleinement apprécié et saisi, ce texte suppose qu'on ait déjà quelque connaissance de la théorie thomiste de l'intentionnalité, dont nous ne parlons que plus loin. Nous nous contentons donc d'en indiquer l'existence au passage. [Cf. pp. 50-51 : " Mais en fait nous sommes en contact avec le réel dès les premiers instants de la connaissance. Celle-ci est intentionnelle (du lat. tendere in, tendre vers), c'est-à-dire qu'elle n'a de contenu, de signification, que par rapport à l'objet. Toute connaissance est saisie de quelque chose."] 5) Répétons-le : " On dit que seul le scepticisme affirmatif et catégorique est contradictoire, non le scepticisme hypothétique et suspensif " (" Que sais-je " ?). Rien n'est plus faux : une suspension universelle du jugement suppose deux fois au moins l'admission de la valeur absolue du principe d'identité : a) c'est grâce à des arguments préalables, souvent complexes, et supposés valables et persuasifs que le sceptique a suspendu toute adhésion ; b) le sceptique distingue son doute de la position adverse, du " non- doute ", il ne confond pas sa thèse avec les autres, elle est ce qu'elle est, n'est pas ce qu'elle n'est pas, encore le principe d'identité. Le vrai sceptique devrait se réduire non pas même à l'état d'animal (sans penser les principes, l'animal les suppose par son activité) mais à l'état de plante." Jacques Maritain, Sept leçons sur l'être (1932-1933), éd. Téqui, pp. 101, 102 : " [...] on peut montrer, c'est ce qu'on appelle la réduction à l'impossible, que si l'on nie l'un quelconque des autres premiers principes de la raison on nie nécessairement le premier de tous, c'est-à-dire le principe d'identité ; et que si l'on nie le principe d'identité on ne peut ni penser ni parler, on ne peut pas exister en tant qu'ego pensant, en tant qu'homme. [...] Nous essaierons de comprendre comment l'esprit voit surgir ces premiers principes, je parle des principes de la raison spéculative, principes d'identité, de raison d'être, de finalité, de causalité. Le principe de non-contradiction, nous n'en parlerons pas, parce qu'il intéresse directement la logique et non la métaphysique, il n'est que la forme logique du principe d'identité. " Id., p. 44 : "... l'être n'est pas du tout un genre, mais un transcendantal. Et voyez ce qui arrivera [si l'on fait prédominer le point de vue de l'extension sur celui de la compréhension, et finalement si l'on oublie complètement la compréhension au profit de l'extension] : pour parvenir à ce genre suprême [l'être], comment fera-t-on ? Dans ce qui définit, dans ce qui distingue et caractérise par exemple le genre animal, vous ne pouvez pas introduire les notes caractéristiques d'une des espèces de ce genre, de l'espèce homme [l'homme en tant qu'animal raisonnable] ; vous devez faire abstraction de ce qui appartient exclusivement à l'homme [la raison] pour concevoir l'animal ; donc vous faites tomber, vous élaguer ce qui était des espèces pour passer au genre. Alors si l'être n'est qu'un genre ? Pour arriver à ce genre suprême [l'être] vous serez forcés d'élaguer toutes les diversités de l'être et toutes les déterminations qui le particularisent. Bref pour arriver au genre être vous serez forcés d'élaguer tout ce qui est, et alors vous arriverez à un être qui est indiscernable du rien. C'est la marche de Hegel, c'est parce qu'il avait oublié que l'être est un transcendantal, c'est pour cela qu'il a été conduit logiquement à identifier l'être avec le néant [cf. également Jean-Paul Sartre, d'une certaine manière]." Ibid., Les degrés du savoir, L'intelligibilité métaphysique : "8. Les choses en effet, quand elles deviennent objets de notre connaissance, ne nous livrent pas seulement, soit en elles-mêmes, soit dans un succédané empiriologique, leur nature déterminée, spécifique ou générique. Avant de savoir que Pierre est un homme, je l'ai d'abord atteint comme quelque chose, comme un être. Et cet objet intelligible : "être", n'est pas le privilège d'une de ces classes de choses que le logicien nomme espèce, genre, ou catégorie. Il est universellement communicable, je le retrouve partout : partout lui-même et partout varié, je ne puis rien penser sans le poser devant mon esprit, il imbibe toutes choses. C'est ce que les scolastiques appelaient un objet de pensée transcendantal." Ibid., Sept leçons sur l'être, p. 52 : "L'être objet du métaphysicien, l'être en tant qu'être, ce n'est ni l'être particularisé des sciences de la nature, ni l'être vague du sens commun, ni l'être déréalisé de la vraie logique, ni le pseudo-être de la pseudo-logique, c'est l'être réel dans toute la pureté et l'amplitude de son intelligibilité propre ou de son mystère propre. Cet être est murmuré dans les choses et dans toutes choses, les choses le disent à l'intelligence, mais elles ne le disent pas à toutes les intelligences : à celles seulement qui savent entendre ; car ici encore il est vrai de dire : qui habet aures audiendi, audiat. [...] Il ne suffit pas de rencontrer le mot être, de dire "être", il faut avoir l'intuition, la perception intellectuelle de l'inépuisable et incompréhensible réalité ainsi manifestée comme objet [au-delà de tout concept parce qu'il intègre toute chose]. C'est une intuition qui fait le métaphysicien [mais qui, à mon avis, peut également s'acquérir avec le temps et avec beaucoup de travail, et avec de longues, de très longues méditations]." Jean de Saint-Thomas, Curs. theol., I. P., q. 12, disp. 12, a. 2 : "L'objet adéquat de l'intelligence créée enveloppe dans son amplitude Dieu Lui-même vu par son essence : 'Deus clare visus continetur intra latitudinem objecti adaequati intellectus creati' [sans oublier également que Dieu seul, la Cause première, est être par essence ou Acte pur d'être]. Roger Verneaux, professeur à l'Institut catholique de Paris (1956), Problèmes et mystères du mal, éd. Téqui, p. 49 : " Le comble de l'incohérence est atteint quand on enfreint l'un des principes premiers qui commandent tout discours rationnel, et spécialement le principe de contradiction. On tombe alors dans l'absurdité. Et ce qui est grave, ce n'est pas seulement qu'on se met en dehors de toute logique, dans un état de folie, mais que le mal est irrémédiable. Saint Thomas déclare froidement : 'Celui qui se trompe sur un premier principe est inguérissable ('insanabilis est')'. En effet, les premiers principes étant les vérités les plus évidentes, on ne peut trouver de principe plus premier, plus évident, qui permettrait de corriger l'erreur. Si donc quelqu'un ne voit pas la vérité des principes premiers, il est intellectuellement aveugle et personne ne peut rien pour lui. " S. Thomas d'Aquin, Contra Gentiles, liv. 4e, chap. XCV et liv. 3e, chap. XLVII : " Les premiers principes sont naturellement connus ; l'erreur qui porte sur eux vient d'une corruption de la nature. C'est pourquoi l'homme ne pourrait passer d'une juste à une fausse perception des principes, ou vice versa, sans un changement de nature ; celui qui erre sur les principes ne peut être en effet ramené par des principes plus certains, alors qu'on peut ramener l'homme dont l'erreur porte sur des conclusions. [...] les principes premiers de l'intellect tant spéculatif que pratique [...] sont comme une image de la divine vérité, universellement reproduite dans l'intelligence des hommes. Tout ce qu'acquiert l'esprit avec certitude, il le saisit en ces principes, mesure de tout jugement puisqu'en eux tout se résout [...] " Ibid., Somme théologique, Ire partie, q. 85, a. 7, cependant : " Cependant, on voit par expérience que certains esprits comprennent plus profondément que d'autres. Ainsi celui qui peut ramener une conclusion aux premiers principes et aux causes premières, comprend plus profondément que celui qui la ramène seulement aux causes immédiates. " Blaise Pascal (1623-1662), Pensées, tome I, n° 104, Bibliothèque de Cluny, Editions de Cluny, édition critique établie, annotée et précédée d'une introduction par Zacharie Tourneur, Paris 1942, page 49 : " Nous connaissons la vérité non seulement par la raison, mais encore par le cœur. C'est de cette manière que nous connaissons les principes premiers [...] Les principes se sentent, les propositions se concluent, et le tout avec certitude [...] " Garrigou-Lagrange, O. P., professeur à la Faculté de l'Angelico, Rome, Dieu, Son Existence et Sa Nature, en 2 vol., éd. Beauchesne, onzième édition, Paris 1950 ; Première Partie ou vol. I : Existence de Dieu (quelques extraits sur la valeur ontologique des notions premières et des premiers principes), pages 103, 104, 114, 117, 118, 119, 120-121, 125, 133, 144, 145, 146 et 148 : " 14° Le principe général de l'agnosticisme moderne.- En résumé, l'empirisme et l'idéalisme kantien sont deux formes de l'agnosticisme. Et comme le remarque l'Encyclique Pascendi, le principe général de l'agnosticisme n'est autre que le phénoménisme. "La raison humaine enfermée rigoureusement dans le cercle des phénomènes, c'est-à-dire des choses qui apparaissent et telles précisément qu'elles apparaissent, n'a ni la faculté ni le droit d'en franchir les limites ; elle n'est donc pas capable de s'élever jusqu'à Dieu [la Cause première, l'Acte pur], non pas même pour en connaître, par le moyen des créatures, l'existence." (Encycl. Pasc., Pape saint Pie X, Denz., 2072). La raison humaine ne peut connaître que les phénomènes et les lois phénoménales ; nos idées, même les notions premières impliquées dans les premiers principes, n'ont qu'une valeur phénoménale, elles n'ont pas de valeur ontologique : elles ne nous permettent pas d'atteindre l'être substantiel, s'il existe [s'il se tient - lat. stare] sous les phénomènes ; à plus forte raison elles n'ont pas de valeur transcendante : elles ne nous permettent pas de connaître Dieu, l'Être transcendant, à supposer qu'il existe. [...] " Par valeur ontologique, nous entendons l'aptitude de ces notions premières à nous faire connaître non pas seulement les phénomènes perçus déjà par les sens ou la conscience, mais l'être (to on - l'être réel, la réalité substantielle), dont les phénomènes [les accidents] ne sont que la manifestation sensible. [...] " 17° Défense indirecte de la valeur ontologique des notions premières.- Montrons d'abord. A) que la négation de cette valeur conduit les agnostiques ou idéalistes à d'insolubles difficultés. Nous verrons ensuite : B) qu'elle les conduit à l'absurde. " A). - Difficultés insolubles. " L'empirisme s'est mis dans l'impossibilité d'expliquer la nécessité et l'universalité des premiers principes rationnels [des idées universelles], qui ne peuvent pourtant pas être mises en doute. La conscience nous atteste que nous les pensons comme universels et nécessaires (nous sommes tous certains que partout et toujours ce qui est réel ne peut pas être non réel ; que tout ce qui commence a une cause) ; la science d'ailleurs exige cette nécessité et cette universalité [c'est pourquoi nous pouvons formuler le syllogisme catégorique suivant de première figure : la Science (M) est réelle (T), or les idées universelles (t) sont nécessaires à la Science (M), donc les idées universelles (t) sont réelles (T) - Par exemple, si l'humanité n'est pas réelle, que devient le crime contre l'humanité ?]. [...] " B).- Défense indirecte par réduction à l'absurde. " La négation de la valeur ontologique de l'intelligence et de ses notions premières conduit en outre à rendre absurdes tous les éléments essentiels de la connaissance intellectuelle : a) l'objet, b) l'idée, c) les principes, d) l'acte d'intelligence, e) la faculté de connaître. [...] " b) L'idée.- Soutenir que, dans l'intellection directe, l'idée est ce qui est connu, et non pas le moyen de connaître autre chose qu'elle, c'est être obligé d'admettre que l'idée ou représentation n'est pas relative à un représenté, mais alors elle n'est l'idée de rien ; ce qui revient à dire qu'elle est, en même temps et sous le même rapport, idée et non idée. [...] " c) Les principes.- L'agnostique, qui doute de la valeur ontologique des notions premières doit douter de celle des principes corrélatifs, et tout d'abord de celle du principe de contradiction, fondé sur la notion d'être. [...] " d) L'acte de penser.- L'agnostique, de son point de vue, ne peut même pas connaître la réalité de son acte de penser, mais seulement la représentation de cet acte. Et connût-il la réalité de cet acte par conscience directe, il n'en est pas absolument certain, car, s'il doute de l'objectivité du principe de contradiction comme loi de l'être, si le réel peut être contradictoire en son fond, rien ne l'assure que l'action qu'il tient pour réelle l'est réellement. [...] " Aristote avait montré au livre G de sa Métaphysique en défendant ce principe, que celui qui refuse de partir de l'être (objet premier et formel de l'intelligence), et du premier principe qu'il implique, s'interdit toute affirmation soit sur l'être, soit sur l'existence de sa propre pensée, et de son propre moi. 'En quoi un tel homme diffère-t-il de la plante, qui est entièrement privée de connaissance ? Il doit imiter Cratyle qui ne pouvant plus rien dire se contentait de remuer le doigt.' (Livre G, 5, 1010 a 13). [...] " Telle est la défense indirecte de la valeur ontologique des notions premières considérées en général. La négation agnostique de cette valeur conduit à d'insolubles difficultés et à rendre absurdes tous les éléments essentiels de la connaissance intellectuelle. Pour éprouver la portée naturelle de l'intelligence sur l'être, la critique agnostique prive l'intelligence de sa relation essentielle à l'être [à 'ce-qui-est'], comme pour éprouver un ressort qui se briserait. [...] " 18° Défense directe de la valeur ontologique des notions premières.- Il ne s'agit pas ici, nous l'avons dit plus haut, d'une démonstration directe, on ne démontre pas directement ce qui est de soi et immédiatement évident. On ne peut qu'expliquer les termes pour mieux saisir leur connexion immédiate, et résoudre les objections. [...] " Si les conceptualistes subjectivistes à la manière de Kant objectent que l'être tout en étant de soi d'ordre intelligible et non sensible, n'est peut-être qu'une forme subjective de l'entendement, nous répondrons en montrant l'opposition de cette notion d'être avec celles qui n'expriment que des êtres de raisons [et non des êtres réels], susceptibles seulement d'exister dans l'esprit [humain], susceptibles d'être conçus, et non pas d'être réalisés par exemple avec les notions logiques d'universalité, de spécificité, de prédicat, etc. Ou encore, pour être plus clair, il suffira d'opposer la formule ontologique du principe de contradiction : 'Il est impossible qu'un même être sous le même rapport soit et ne soit pas', à la formule logique : 'On ne peut affirmer et nier le même prédicat du même sujet sous le même rapport.' Cette seconde formule exprime seulement l'inconcevabilité de l'absurde, la première exprimait l'impossibilité de l'absurde. Vouloir réduire la notion d'être à une forme subjective de l'esprit et le principe de contradiction à une simple loi logique et non pas ontologique, c'est identifier deux notions manifestement distinctes : l'impossible (ou l'irréalisable) et l'inconcevable, ou tout au moins c'est ne plus oser affirmer que ce dernier et douter de l'impossibilité extramentale de l'absurde. Celui qui douterait de la valeur ontologique de la notion d'être et du principe de contradiction devrait dire : un cercle carré est inconcevable, mais il n'est peut-être pas irréalisable en dehors de l'esprit. Nous avons vu, dans la défense indirecte, que ce doute est absurde, même subjectivement, et impossible. [...] " Les principes premiers qui fondent tout raisonnement sont enfin immédiatement perçus dans l'être, objet premier de l'intuition-abstractive de l'intelligence. 'Intellectus naturaliter cognoscit ENS et EA QUÆ SUNT PER SE ENTIS, in quantum hujusmodi, in qua cognitione fundatur PRIMORUM PRINCIPIORUM noticia' : 'L'intellect connaît naturellement l'être et ce qui appartient par soi à l'existant en tant que tel, en cette connaissance est fondée la notion des premiers principes' (S. Thomas d'Aquin, Contra Gentiles, livre IIe, chap. LXXXIII, § 15, 'Adhuc. Cum natura semper').- L'enfant n'a pas besoin qu'un maître lui apprenne les principes d'identité, de contradiction, de substance, de raison d'être, de causalité, de finalité. A propos de tout, il cherche la cause et nous fatigue de ses pourquoi ; si même il ne possédait pas ces principes, comme le dit Aristote (Organon, Les seconds analytiques, liv. I, chap. I, 71 a), l'action du maître sur lui ne serait pas possible ; tout enseignement suppose dans le disciple une connaissance préalable. " 19° Objections idéalistes. On ne peut partir de l'être ; un au delà de la pensée est indispensable. Réponse.- [...] Cette difficulté n'est pas nouvelle, les sophistes comme Protagoras n'avaient pas manqué de la soulever, on peut s'en convaincre en lisant les chapitres V et VI du livre G de la Métaphysique d'Aristote, qui a pour but de les réfuter. S. Thomas d'Aquin, dans sa Somme théologique, Ire Partie, q. 85, a. 2, reproduit cette objection sous la forme suivante : 'Rien n'est connu que s'il est dans le sujet connaissant. Or, les réalités extramentales ne peuvent être dans le sujet connaissant. Donc elles ne peuvent être connus ; nous ne connaissons que nos propres idées.' [...] " Telle est l'objection classique faite contre la solution donnée par le réalisme traditionnel au problème des universaux. S. Thomas la résout dans sa Somme théologique, Ire Partie, q. 85, a. 2, ad. 2 : L'intelligible ne peut être dans les choses matérielles avec le mode abstrait, immatériel, universel qu'il a dans l'esprit, je le concède ; il ne peut y être sans ce mode à titre de nature ou essence connue par l'intelligence, je le nie. 'Quand on parle, dit S. Thomas, de l'intelligible, de l'universel, de l'abstrait, on peut entendre deux choses : soit d'une part la nature de la chose connue, soit d'autre part l'intelligibilité actuelle, l'universalité ou l'abstraction. La nature, par exemple l'humanité, qui est intellectuellement connue, qui est abstraite et universelle, n'existe que dans les individus, mais ce mode qui est l'intelligibilité actuelle, l'universalité, l'abstraction n'existe que dans l'esprit [qui a cependant abstrait de l'individu qu'il perçoit quelque chose de bien réel ... sa substantifique moelle, en quelque sorte]. Il y a déjà quelque chose de semblable pour la connaissance sensible : la vue perçoit la couleur d'un fruit sans percevoir son odeur. Si l'on demande où est la couleur qui est vue sans l'odeur, on répond qu'elle est dans le fruit. Mais que la couleur soit perçue sans l'odeur, cela est relatif à la vue, qui reçoit une similitude représentative de la couleur et non de l'odeur. [Nous pouvons même dire que nos sens reçoivent bien une partie substantielle des choses qu'ils connaissent : notre odorat et notre goût absorbent bien des corps réduits à l'état de volatilisation ou de dissolution, et notre vue un objet à l'état de rayonnement, car il faut une cause, une cause efficiente, et la lumière est une émission de matière à l'état radiant.] [...] " Nos concepts ne peuvent exprimer d'une manière universelle que ce que nos sens perçoivent d'une manière singulière, soit à titre d'objet proprement sensible, soit à titre d'objet sensible per accidens. Or, les sens ne perçoivent que des phénomènes sensibles à titre d'objet proprement sensible, je le concède ; ils ne perçoivent même pas accidentellement l'être (en tant que tel) et la substance (principe et cause, selon la forme, de ce-qui-est), sujet des phénomènes, je le nie ; la vue ne perçoit pas en effet la couleur en général, mais un sujet coloré, en tant que coloré ; l'intelligence l'atteint en tant qu'être et substance, elle lit au moins confusément dans les phénomènes (intus legit) le principe de leur intelligibilité, l'essence dont ils sont la propriété (cf. S. Thomas, in De anima, liv. II, leç. 13 ; Somme théologique, Ire Partie, q. 17, a. 2 ; ibid., q. 78, a. 3, sol. 2). [...] " Le motif formel de la certitude de cette valeur ontologique est l'évidence non pas sensible, mais intellectuelle, sous la lumière non des sens mais de l'intelligence. C'est ce qui fait que cette certitude est métaphysique et supérieure à celle de la connaissance sensible. [...] " Et l'intelligence juge dans sa lumière à elle, et par ses propres principes de la valeur de la sensation dont elle se sert : Une sensation de rien de senti serait contraire au principe de contradiction ; une sensation se produisant sans cause extérieure déterminante serait contraire au principe de causalité ; des sens qui ne seraient pas ordonnés à connaître une réalité sensible seraient contraires au principe de finalité. Accidentellement le sens peut se tromper même à l'égard de son objet propre, par suite d'une mauvaise disposition de l'organe (cf. S. Thomas, S. th., Ire Partie, q. 17, a. 2). Au contraire, l'intelligence [sauf cas d'aliénation mentale] ne peut se tromper même accidentellement sur les notions premières simples et les premiers principes (cf. S. Thomas, S. th., Ire Partie, q. 17, a. 3, ad. 2), la certitude naturelle de ces principes subsiste sous les erreurs systématiques qui les dénaturent ou qui les nient (il est toujours possible d'interposer entre l'intelligence et le vrai un écran qui vient de notre mauvais vouloir - cf. Apologia pro vita sua du cardinal Newman). Ces erreurs sont comme un nuage d'imagination à la surface de l'intelligence et ne peuvent en modifier le fond, ce qui reviendrait à détruire l'intelligence même. Au sujet de ceux qui nient le principe de contradiction, Aristote remarque : 'Tout ce qu'on dit, il n'est pas nécessaire qu'on le pense' (Métaphysique, liv. G, chap. III, 1005 b 25). [...] " La certitude et la valeur ontologique des notions premières et des premiers principes sont naturellement et logiquement antérieures à la théorie par laquelle on essaie d'expliquer comment se produit cette certitude et comment notre intelligence entre en contact avec l'être et est déterminée et mesurée par lui. La constatation d'un fait précède nécessairement la théorie explicative du mode intime selon lequel ce fait se produit." Jacques Maritain, Court traité de l'existence et de l'existant, Paul Hartmann Éditeur, Paris, 1947, chap. Ier, L'être, Veritas sequitur esse rerum (La vérité suit l'existence des choses), pp. 24-26 : " Veritas sequitur esse rerum, c'est la première position thomiste dont il importe ici de marquer la portée. La vérité suit l'existence des choses, ou des sujets trans-objectifs auxquels s'affronte la pensée, elle est l'adéquation de l'immanence en acte de notre pensée à ce qui existe hors de notre pensée. Une surexistence spirituelle par laquelle je deviens, dans un suprême acte vital, l'autre en tant même qu'autre, et qui répond à l'existence exercée ou détenue par cet autre lui-même dans le champ d'intelligibilité qui lui appartient en propre, voilà en quoi consiste la connaissance vraie. " Ainsi la connaissance baigne dans l'existence. L'existence,- l'existence des réalités matérielles,- nous est donnée d'abord par le sens, le sens atteint l'objet en tant même qu'existant, autrement dit dans l'action réelle et existante qu'il exerce sur nos organes sensoriels ; et c'est pourquoi le paradigme de toute connaissance vraie est l'intuition de la chose que je vois et qui rayonne sur moi (1). Le sens atteint l'existence en acte, sans savoir lui-même que c'est l'existence ; il la donne à l'intelligence, il donne à l'intelligence un trésor intelligible que lui-même ne connaît pas comme intelligible et que l'intelligence, elle, connaît et nomme par son nom, qui est : l'être. " Et l'intelligence, se saisissant des intelligibles, qu'elle dégage par sa propre force de l'expérience des sens, atteint au sein de sa propre vitalité interne ces natures ou essences qu'elle a détachées par l'abstraction de leur existence matérielle en tel point donné de l'espace et du temps, - mais pour quoi faire ? Pour contempler seulement dans ses idées le tableau des essences [réf. à la théorie cartésienne des idées-tableaux] ? Non certes ! Pour les restituer à l'existence par l'acte en lequel s'achève et se consomme l'intellection, je veux dire par le jugement qui déclare : ita est, il est ainsi. Quand je dis par exemple : 'tout triangle euclidien a la somme de ses angles égale à deux droits', ou 'la terre tourne autour du soleil', je dis en réalité : tout triangle euclidien existe dans l'existence mathématique comme possédant la propriété en question, la terre existe dans l'existence physique comme ayant le mouvement en question. La fonction du jugement est une fonction existentielle (2)." 1) Cf. Aristote, De Coelo et Mundo, lib. III ; S. Thomas d'Aquin, De Veritate, 12, 3, ad. 2 et ad. 3. 2) Jacques Maritain, De Bergson à Thomas d'Aquin, Paris, Paul Hartmann, 1947, pp. 309-311.- N.D.A. : « Les gratuites refontes de concepts auxquelles se plaît la méthode phénoménologique ont eu pour résultat, chez les phénoménologues existentialistes, de vider complètement le mot exister de son contenu naturel. Comme le note avec raison M. Michel Sora (Du Dialogue Intérieur, Paris, Gallimard, 1947, p. 30), ex-sistere signifie non pas "se tenir hors de soi-même" mais "se tenir hors de ses causes" ou "hors du néant", émerger de la nuit du non-être, ou de celle de la simple possibilité, ou de celle de la puissance. » T. R. P. Ambroise Gardeil, O. P., maître en théologie, La Structure de l'âme et l'expérience mystique, vol. 2, éd. Gabalda, Paris, 1927, appendice II : S. Thomas et l'illuminisme augustinien (au sujet d'une publication de l'étude de M. Étienne Gilson : Pourquoi saint Thomas a critiqué saint Augustin, ayant "versé aux débats un ensemble de documents d'une importance extrême." - Archives d'Histoire doctrinale et littéraire au moyen âge, 1926-1927, Paris, Vrin.) : " [...] C'est ici que M. Gilson devient tout à fait intéressant. Avec quelle timidité d'historien, quelles précautions, quelles nuances, il avance l' 'hypothèse d'une décision philosophique pure' qui aurait précédé et commandé le changement radical opéré par saint Thomas dans le mode de notre connaître! Scrupules assurément légitimes chez un historien qui, par profession, se cantonne in via inventionis, et pour qui tous les éléments d'une genèse doivent être matériellement représentés par des textes, étalés selon leur ordre d'apparition phénoménale et comme articulés bout à bout [logique n'est pas nécessairement ontologique]. C'est au point qu'en le lisant, il prend envie au thomiste métaphysicien qui, lui, opère in via judicii, c'est-à-dire en partant des causes et des principes qui commandent la synthèse, de lui crier : N'ayez pas peur, vous y êtes. Entrez donc. " Mais, de fait, voici M. Gilson qui entre! " [...] Étienne Gilson : 'Aristote, qui refuse le scepticisme latent sous le platonisme, et tire les conséquences logiques de ce refus : il y a un élément de stabilité dans les êtres sensibles, et c'est pourquoi les sens ne se trompent pas lorsqu'ils jugent, dans des conditions normales, de l'objet qui leur est propre ; dès lors, les choses étant [ens], elles son nécessairement intelligibles, et efficaces dans les opérations en ce qu'elles accomplissent [1] ; la connaissance ne s'explique donc pas plus par un monde d'intelligibles extérieurs à la pensée [à la pensée humaine - cf. Platon] que les choses mêmes qu'elle connaît, mais par un intellect agent, doué d'une lumière naturelle qui produit l'intelligible [2].' [...] " Mais pourquoi les choses sont-elles vraiment ? M. Gilson nous quitte après avoir insinué ce pourquoi suprême. Il ne s'étend pas sur les raisons qui motivent cet être concédé aux choses par saint Thomas et que saint Augustin, dans la mesure où il suivait Platon, leur refusait ; il ne donne pas la raison suprême de l'existence du pourquoi de l'intellect agent créé, indispensable selon saint Thomas pour extraire des choses l'intelligibilité, que saint Augustin ne trouvait que dans les idées de Dieu. [...] " [...] La théorie de la Participation à la Source des êtres et de leur intelligibilité ne considérait que le côté formel des choses, entia ut talia, dira saint Thomas, et, par suite, elle n'explicitait point la causalité efficiente, en laquelle, pour les aristotéliciens, la causalité formelle exemplaire comme la finale doivent converger pour produire des existants, entia secundum quod sunt entia (S. Thomas d'Aquin, S. th., I P., q. XLIV, a. 2). Je ne dis pas que la cause efficiente était absolument absente de la mentalité platonisante : elle y était, par la force des choses, sous-entendue et comme enveloppée : mais elle n'y était pas analysée en elle-même, ni reconnue dans son caractère de cause productrice distincte et séparée de son effet, véritable esse alterius, projetée hors de l'être de sa cause. [...] " Tout autrement se présente le thomisme. C'est avant tout une métaphysique de l'être en tant qu'être. L'être, ens [étant], est le premier objet 'qui tombe dans l'intelligence'. Ce n'est pas le réel tout court : une essence est réelle, comme intelligibilité : et cependant, absolument parlant, elle n'est pas [évitons la contradiction et soyons plus précis : l'essence n'est absolument réelle qu'en la Pensée divine, car Dieu est Acte pur, l'Être même, 'Je Suis']. Le mot ens, 'étant', pour reprendre l'expression de M. Gilson, désigne l'être, mais au participe présent, dans son maximum de réalisation [de manifestation]. Il met en relief la qualité d'esse qui est comme l'acte qui achève l'être, ce que le mot res ne fait pas. Il dit donc l'essence, plus l'existence, signifiées à l'état d'actualité subsistante. Il est ainsi adapté à signifier la totalité des choses ramassées dans une seule expression conceptuelle. [...] " [...] La cause produit l'être de l'autre. C'est-à-dire qu'il y a non seulement distinction, mais séparation de ' l'étant ' de l'effet et de ' l'étant ' de la cause, que l'effet est projeté hors de sa cause pour y exister de son existence propre [bien qu'il ait toujours son être en Dieu - cf. Actes, XVII, 28]. A la vérité cette projection [ou manifestation] est l'œuvre propre de la cause efficiente, mais cela suffit, puisque ni la cause finale, ni la cause formelle extrinsèque ou exemplaire ne produisent [ne se manifestent ad extra] qu'en se concrétisant dans une cause efficiente. [...] " [...] Voilà l'idée d'après laquelle saint Thomas va restaurer la philosophie de l'Univers. Est-elle nouvelle ? Non, en ce sens que le dogme chrétien de la création l'affirmait comme un fait. Oui, quant à la justification rationnelle du fait, justification qui manifeste la nécessité de la séparation de l'être de l'effet et de l'être de la cause, et permet de constituer en doctrine indépendante l'étude des natures créées, sans y mélanger quoi que ce soit de l'être propre de leur cause. Voilà la révolution aristotélico-thomiste dans sa première apparition intellectuelle, primum punctum saliens, dont la philosophie thomiste de la connaissance ne sera qu'une conséquence [du dogme chrétien de la création]. [...] " Désormais l'être créé peut s'organiser avec ses ressources propres. La reconnaissance de la division de l'être en acte et puissance a permis de découvrir et rejoindre la Source de l'être, sans soustraire aux choses, désormais démontrées produites par la Cause divine, leur être individuel. La division de l'être créé en prédicaments permettra d'organiser l'être et l'activité de ces mêmes choses. [...] " Un pas à faire encore, et l'intellect agent, véritable pouvoir de l'âme, jaillira [salient] de toute cette synthèse. 'L'hypothèse cruelle au cœur d'un véritable historien' s'imposera. C'est à l'intérieur de la pensée de saint Thomas, sous la pression de son 'thomisme' métaphysique, qu'éclora le 'thomisme' de sa théorie de la connaissance. Le De ente et essentia est le père de l'intellect agent créé, inauguré par saint Thomas. [...] " Si donc saint Thomas a critiqué saint Augustin, c'est sans doute en raison de l'être absolument propre qu'il attribuait aux choses créées : 'les choses étant', comme dit M. Gilson ; mais c'est aussi parce que la causalité aristotélicienne, substituée par lui à la participation platonicienne, exigeait que l'être produit [manifesté], séparé [3] de sa cause par cette production même, pût se suffire à lui-même, et comme être et comme cause efficiente immédiate de ses opérations, jusques et y compris les opérations de l'âme [en effet, quand nous pensons, c'est bien nous qui pensons, et non notre voisin, ce qui n'empêche pas que, selon S. Jean (I, 9), 'Dieu est la Lumière véritable qui éclaire tout homme']." 1) Et c'est pourquoi la Science (i.e. la vraie science - M), elle aussi, est bien réelle (T) ou constitue un Étant (T) - n'appartenant pas à l'ordre du possible,- ce que nous démontrons et formulons par le syllogisme catégorique suivant (de première figure) : la Science (M) est réelle (T), or les idées universelles (t) sont nécessaires à la Science (M), donc les idées universelles (t) sont réelles (T). 2) L'intellect agent, qui est une certaine vertu de l'âme humaine inhérente à une forme incorporelle, est le principe propre de l'action qui consiste à abstraire les espèces intelligibles ou les formes universelles des images préparées par les facultés de la cogitative et de la mémoire, c'est-à-dire par l'intellect passif qui possède un organe corporel et qui atteint, distingue et compare les choses ou données particulières ; et l'intellect possible, qui est non mêlé au corps, est quelque chose de l'âme qui reçoit ces formes ou espèces intelligibles - opération qui s'accomplit avec une certaine passion ou un certain pâtir - et qui les comprend et conserve pour toujours. (Cf. S. Thomas d'Aquin, Contra Gentiles, liv. II, cc. LX, LXXVI et LXXVII ; S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, I, q. 78, a. 4, sol. 5, et q. 79, aa. 2, 3 et 4.) 3) Rappelons malgré tout qu'en Dieu nous avons la vie, le mouvement et l'être et que toute chose créée qui serait absolument séparée de Lui retournerait instantanément au néant (cf. Actes, XVII, 28 ; Éphésiens, I, 17). Distinguons bien l'être créé de l'Être incréé sans les désunir ! Saint Thomas d'Aquin, bien sûr ! savait tout cela, et c'est la raison pour laquelle il ne s'est quand même jamais séparé de la pensée de saint Denys l'Aréopagite que les théologiens modernes qualifient à tort de platonicien. S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, II, IIe, qu. 8, art. 1, conclusion : "Qui dit intelligence dit une certaine connaissance intime (quamdam intimam cognitionem) : faire acte d'intelligence, c'est en effet comme qui dirait 'lire dedans' (intus legere)." [C'est bien le nom d'intuition ou de connaissance intime qu'il convient de donner en propre à l'acte d'intelligence. Et cette intelligence, qui chez l'homme commence par les sens, pour pénétrer au-delà des choses naturelles et parvenir à une béatitude surnaturelle à laquelle l'homme est ordonné par sa connaissance du bien et de l'être dans leur aspect universel, devra recevoir une lumière surnaturelle qui s'appelle le don d'intelligence (1).] 1) Cf. S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, II, IIe, qu.2, art. 3, conclusion. Id., solution 1 : "La lumière naturelle qui est mise en nous fait connaître immédiatement (statim) certains principes généraux (quædam principia communia) qui sont naturellement connus (naturaliter nota)." [Il s'agit là de la connaissance intime et naturelle, intuitive et vraiment première, des premiers principes évidents par eux-mêmes, et par conséquent indémontrables, savoir tout être est ce qu'il est, ce qui est ne peut pas n'être pas en même temps et sous le même rapport, tout ce qui commence d'être ou tout ce qui est d'une existence contingente a une cause, etc., et qui jaillissent spontanément en nous grâce à la lumière de notre intellect agent.] Id., solution 2 : "Toujours le mouvement discursif de la raison commence à l'intelligence et se termine à l'intelligence : nous raisonnons en effet en partant de certaines choses dont nous avons l'intelligence, et le mouvement de la raison est achevé dès l'instant que nous parvenons à l'intelligence de ce qui jusque-là nous était inconnu." Ibid., I, qu. 79, art. 8, conclusion : "Faire acte d'intelligence, c'est simplement saisir la vérité intelligible. Raisonner, c'est aller d'un objet d'intelligence à un autre, en vue de saisir la vérité intelligible. [...] Le raisonnement est donc à l'intelligence ce que le mouvement est au repos, ou l'acquisition à la possession, l'un appartenant à l'être parfait (intellectus), l'autre à l'imparfait (ratio). Mais du fait que toujours le mouvement procède de l'immobile, le raisonnement humain procède, par la méthode de recherche ou d'invention, de quelques connaissances intellectuelles simples, qui sont les premiers principes (prima principia) ; ensuite, par la méthode de jugement, il retourne de nouveau à ces premiers principes, à la lumière desquels il éprouve les résultats de sa découverte." Ibid., I, qu. 85, art. 7 (Quelqu'un peut-il mieux comprendre une réalité qu'un autre?), cependant : "On voit par expérience que certains esprits comprennent plus profondément que d'autres. Ainsi celui qui peut ramener une conclusion aux premiers principes (prima principia) et aux causes premières (et causas primas), comprend plus profondément que celui qui la ramène seulement aux causes immédiates." Id., sol. 2 : "De même pour la seconde difficulté (qui consiste à soutenir qu'il n'y a pas de plus ou de moins dans la connaissance d'une réalité) : car la vérité de l'intelligence consiste en ce qu'elle connaît le réel tel qu'il est." Ibid., I, qu. 86, art. 6, sol. 2 : "[...] L'âme humaine est plus apte à recevoir les impressions des causes spirituelles, lorsqu'elle est retirée des sens : car elle est par là même plus proche des esprits, et plus libre des troubles extérieurs." [D'où l'importance de la morale ou de la voie purgative.] S. Matthieu, V, 8 : "Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu." [Or Dieu est Celui qui est, c'est-à-dire l'Être même ou la Vérité même. Donc, ceux qui ont le cœur pur verront l'Être ou connaîtront la Vérité ou le Réel tel qu'Il est et, en Lui, tout ce qui est créé et qui n'existe que par Lui ou n'a de réalité que par Lui.] Jean Baruzi (1891-1953), licence de philosophie à 19 ans, docteur ès Lettres (thèse de doctorat sur Saint Jean de la Croix et le problème de l'expérience mystique soutenue le 21 novembre 1924 à la Sorbonne avec la mention Très Honorable), prof. au Collège de France, L'intelligence mystique, éditions Berg International, Paris 1985, collection l'Ile Verte, p. 213, conférence de Genève, 1951 (Le problème de la vie et les formes les plus hautes de l'expérience religieuse), textes choisis et présentés par Jean-Louis Vieillard-Baron, publié avec le concours du Centre National des Lettres : " L'auteur des Deux Sources [Bergson], qui a si bien analysé ce qu'il appelle 'la fonction fabulatrice' et la superstition chez l'être raisonnable, n'a pas indiqué à quel point théologiens et philosophes, en leurs exigences de structure solide, contribuent à vaincre une autre sorte d'absurdité, inhérente à toute mystique que ne contrôlerait pas une raison sévère, cette raison sévère que, tout au contraire, certains grands Mystiques ont puissamment appelée à eux. Sans une sévérité de cette sorte l'expérience religieuse risque de sombrer dans l'incohérence. Aussi est-ce d'une telle rigueur que toute analyse objective doit partir. Alors se découvre un univers dont tout être qui, dans la prière, se recueille avec profondeur et austère sincérité, aperçoit le premier commencement. Mais les multiples expressions du génie humain sont à écouter, et non pas une seule d'entre elles. " - Id., Présentation, J.-L. Vieillard-Baron, II, 3. La philosophie de la mystique, p. 45 : " On a souvent, en effet, assimilé la mystique et l'extase : c'est une grave erreur. L'extase est un état psychologique de ravissement qui n'est pas la plus haute forme de l'expérience mystique, ni de la vie religieuse. L'extase est soumise, très normalement, à la critique théorique et psychique ; le vrai mystique se défie de l'extase. [...] Mais l'entrée dans la vie divine est accompagnée d'angoisse, et l'extase ne s'identifie pas à l'état théopathique. Celui-ci est en effet l'essentiel. La notion en a été forgée, essentiellement à partir du cas de sainte Thérèse d'Avila, par Henri Delacroix, à l'égard duquel Jean Baruzi reconnaît sa dette. De même que sainte Thérèse se méfiait de tout ce qui est psychologiquement extraordinaire, de même saint Jean de la Croix fait une critique en règle des 'appréhensions distinctes'. Qu'est-ce que dès lors que l'état théopathique? C'est l'intériorisation radicale en son rythme d'introversion qui descend jusqu'au centre spirituel de l'être, pour y trouver une vie humano-divine. " - Id., pp. 40 et 42 : " Le solipsisme est l'enfermement de la conscience éprise d'objectivité dans le cercle de ses représentations personnelles. La voie que suit Baruzi est tout autre : après Maine de Biran, après Bergson, il admet la valeur irremplaçable de l'observation intérieure. Il ne s'agit plus d'une démarche statique et représentative, mais d'une intériorité vivante comme mouvement d'intériorisation. Dans la solitude et le silence, l'intériorité est confrontée à l'absolu. Dès lors il peut y avoir philosophie de la mystique, reconnaissance directe de la réalité vivante de l'esprit. [...] La mystique plénière est celle qui conduit l'âme 'à un univers intérieur', 'à une nouvelle perception des choses'. Elle régénère tout, y compris 'notre repos'. Si la mystique est une nouvelle vision du moi, du monde et de Dieu, alors, elle est 'philosophiquement fondée'. [...] 'Considérons ce Moi qui s'approfondit et se libère.' " Louis Jugnet (1913-1973), agrégé de l'Université, professeur de khâgne (préparatoire à l'Ecole normale supérieure) au Lycée Pierre-de-Fermat et chargé de Cours à l'Institut des Sciences politiques de Toulouse, "Se passer de métaphysique ?", Revue mensuelle L'Ordre Français, Septembre-Octobre 1973, Imprimerie Dessaint, pp. 86, 87 : " Une pluralité de facteurs contribue ici à diviser les intelligences : d'abord, la difficulté des problèmes posés, qui supposent un haut esprit d'abstraction et des dons de synthèse qui ne courent pas les rues. Ensuite, et de façon complémentaire, la diversité des tempéraments intellectuels. [...] Il y a plusieurs façons d'être intelligent : tel qui dans l'analyse du concret est comme aveugle devant l'intelligible pur (ex. : les philosophes empiristes anglo-saxons, si l'on en croit les sarcasmes de Leibnitz) ; tel qui raisonne inlassablement sur des concepts enchaînés en une dialectique rigoureuse est inaccessible aux démentis de l'expérience et aux nuances du concret (ex. : Spinoza déduisant sa philosophie 'more geometrico', et Hegel mettant en formules triadiques les comètes et les continents). L'erreur est alors facile à commettre. Mais elle ne prouve pas que le vrai soit 'impossible' à atteindre pour le métaphysicien. [...] La condition de celui-ci est évidemment différente de celle du mathématicien : il n'a pas de calcul à sa disposition. [...] Il s'agit en l'occurrence d'être fidèle à la fois aux toutes premières évidences de l'expérience sensible et intellectuelle, et d'obéir à un ordre rigoureux dans le développement de sa pensée, afin d'aboutir à des évidences 'médiates', dont la valeur est tout entière en dépendance de celle dont jouissent les évidences immédiates. [...] Il faut dire fermement avec tous les grands philosophes que la bonne raison se prouve en raisonnant bien, et que le vrai est à lui seul sa propre lumière, de même que la lumière n'a pas besoin d'être éclairée, mais éclaire tout le reste. [...] Une philosophie véritable devra donc satisfaire à des exigences convergentes : tout d'abord ne pas se contredire elle-même, car la contradiction est un signe d'erreur. Elle devra posséder une réelle et forte unité organique [...] (toute la doctrine est virtuellement contenue en chacun de ses principes et de ses thèses) " La philosophie, sagesse humaine qui opère par la lumière naturelle de la raison, et la théologie, science de Dieu, sont parfaitement distinctes, celle-là étant soumise à celle-ci qui la contrôle du dehors ; et la Philosophie première ou Métaphysique, le cœur même de toute la philosophie et dont la partie la plus élevée s'appelle Théologie naturelle ou Théodicée (1), est la servante de la Théologie surnaturelle ou révélée (dans la mesure où elle est vraiment révélée), ou simplement Théologie, qui a pour principes les vérités formellement révélées par Dieu, i.e. les dogmes ou articles de foi, et qui, quant à elle, à titre de Science supérieure, juge la philosophie en déclarant fausse toute proposition philosophique incompatible avec une vérité théologique ou révélée, car la philosophie, bien que maîtresse chez elle, peut se tromper par accident dans son propre domaine (2). 1) Terme de Leibniz. 2) Cf. Jacques Maritain, Eléments de Philosophie, ouv. cité plus haut, vol. I, chap. I, § 26, pp. 81-86, ; et S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ire partie, q. 1. Louis Jugnet, Problèmes et grands courants de la philosophie, Les Cahiers de l'Ordre Français, Nouvelle édition, revue et augmentée, préface de Marcel De Corte, 7e Cahier, 1974, page 17 : " Par-delà sa place dans les programmes scolaires, la philosophie est une étude de problèmes manifestement réels et inévitables pour quiconque ne veut pas vivre comme une brute, sans jamais réfléchir. " S. Thomas d'Aquin, Commentaire sur le traité du Ciel et du Monde (Aristote), livre I, leçon 22, n° 8 : " Studium philosophiæ non est ad hoc quod scitur quid homines senserint, sed qualiter se habeat veritas rerum : L'étude de la philosophie consiste à savoir non ce que les hommes ont pensé, mais la vérité des choses." Ibid., Somme théologique (S. t.), I, q. 1, a. 8, sol. 2 : " [...] l'argument d'autorité est le plus infirme quand il s'agit de l'autorité d'une raison humaine [...] " Ibid., De subst. separ., c. 16 : " Omne verum a quocumque est, a Spiritu Sancto est : Toute vérité d'où qu'elle vienne procède du Saint Esprit. " P. Trotignon, du C.N.R.S., dans la Revue de l'enseignement philosophique de Juin-Juillet 1968, cité par Louis Jugnet dans les Problèmes et grands courants de la philosophie, ouv. cité plus haut, 1974, p. 20 : " L'enseignement philosophique ne part pas des œuvres, et n'a pas pour objet essentiel, dans un enseignement d'initiation, l'explication spécialisée de ces œuvres. Son objet essentiel est la formulation de problèmes par le moyen de l'analyse des concepts. Par conséquent, si un programme de Lettres est un programme d'œuvres, un programme de philosophie sera un programme de notions. " N'oublions pas qu'une philosophie qui prétend ne pas être jugée par les vérités formellement révélées par Dieu ou qui ne veut tenir aucun compte du Magistère infaillible de l'Église de Jésus-Christ fait fausse route (1). " En ce qui regarde l'âme, dit Platon, avons-nous la vérité ? Pour l'affirmer, il faudrait que Dieu confirmât notre dire " (2). Or, depuis Platon, Dieu a envoyé son Fils unique qui a bâti son Église sur l'apôtre Pierre et sur ses successeurs pour confirmer, par eux, notre dire (3). Par conséquent, un chrétien qui franchirait les limites que le Magistère de cette Église a fixées nuirait à sa vie intérieure et œuvrerait en vain (4). Dieu ne nous a pas laissés orphelins (5). Nous croyons que la Bible (ou la Sainte Ecriture) est l'ensemble des livres ont été écrits sous l'inspiration de l'Esprit Saint, qu'ils ont par suite Dieu pour auteur et qu'ils ont été confiés à la Sainte Église Catholique comme divins et inspirés. 1) Colossiens, II, 8-9 : " Prenez garde qu'il ne se trouve quelqu'un pour vous réduire en esclavage par le vain leurre de la philosophie, selon une tradition tout humaine, selon les éléments du monde, et non selon le Christ. Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la Divinité. " 2) Timée, 73a. 3) S. Matthieu, XVI, 18-19 : " Eh bien ! moi [Jésus] je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Église, et les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. " - Ibid., XXVIII, 20 : " Et voici que moi [Jésus], je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps. " 4) Psaumes, CXXVI, 1 : " Si Dieu ne bâtit la maison, en vain les maçons peinent ; si Dieu ne garde la ville, en vain la garde veille. " 5) S. Jean, XIV, 18, 25 : " Je [moi, Jésus] ne vous laisserai pas orphelins. [...] Mais le Paraclet, l'Esprit Saint, qu'enverra le Père en mon nom, Celui-là vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. " - Ibid., XVI, 7, 12 : " Mais [moi, Jésus] je vous dis la vérité : il vous est utile que je parte. Car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous ; mais si je m'en vais, je l'enverrai vers vous. [...] J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter actuellement. Quand Il viendra, Lui, l'Esprit de Vérité, Il vous guidera vers la Les Vérité intégrale. " S. Jean de la Croix, Œuvres spirituelles du Bienheureux Père Jean de la Croix, trad. Cyprien de la Nativité, O. C. D., éd. Desclée De Brouwer, 1959, La Montée du Mont Carmel, liv. I, chap. VIII, p. 86 : " L'âme qui est captive de ses appétits est en ténèbres selon l'entendement et ne donne lieu au soleil de la raison ni à celui de la sagesse surnaturelle de Dieu, pour l'investir et pour l'illuminer. " S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ire partie, question 75, article 5 (cf. id., q. 76, a. 1, diff. 3) : " Ce qui est reçu est reçu selon le mode de celui qui reçoit. " (" Omne quod recepitur in eo secundum (vel per) modum recipientis. ") - Id., Ire partie, question 75, article 2, conclusion : " Un liquide prend la coloration du verre où il est versé. " Aristote, Ethique à Nicomaque, III, 7 : " C'est par l'exercice des actions particulières que les hommes acquièrent un caractère du même genre qu'elles. [...] C'est la nature même de notre caractère qui nous fait poser telle ou telle fin. " - Id., II, 1, 1103 b 6 : " Le vice (est) volontaire comme la vertu, puisque l'homme méchant, tout comme l'homme de bien, est cause par lui-même de ses actions, même s'il n'est pas cause de la fin. [...] Les actions qui, comme causes ou comme moyens, sont à l'origine de la production d'une vertu quelconque, sont les mêmes que celles qui amènent sa destruction, tout comme dans le cas d'un art. " S. Thomas d'Aquin, Contra Gentiles, liv. 2, chap. 73 ; cf. chap. 79 : " L'opération propre de chaque chose suit et manifeste son espèce. " - Id., chap. 98 : " Tout être qui agit ou opère le fait par sa forme à laquelle l'opération répond. " Aristote, Métaphysique, liv. Dzêta, 9, 1034 a 30 : " Le principe de toute production, c'est la substance formelle. " S. Thomas d'Aquin, Contra Gentiles, liv. 2, chap. 49 : " La forme est en toute chose le principe de l'action. " Tout ce qui tend vers quelque fin possède une aptitude ou une proportion à cette fin (a). Tout sera facilité à l'être pour ce en vue de quoi il a été créé. a) Cf. ibid., Somme théologique, II-I, q. 25, a. 2. " Des actes qui se ressemblent engendrent des habitudes qui leur ressemblent " (a). En effet, tout aliment absorbé ne fait pas sur-le-champ grandir l'animal, pas plus que toute goutte qui tombe ne creuse sur-le-champ un trou dans la pierre ; mais, quand l'alimentation s'est répétée, la croissance enfin se produit. Ainsi également, quand les actes se répètent, l'habitude se développe (b). a) Somme théologique, I-II, q. 52, a. 3. b) Cf. Id.
Commentaire n°41 posté par magnétique le 15/03/2008 à 13h54
Il devrait y avoir une limite à la longueur des commentaires...
Réponse de Miteny le 16/03/2008 à 19h14
Salut Akasha! En fait ma copine l'a lu. Mais disons que je suis assez au fait des principes à l'origine du Secret, qui au fond ne réinvente rien. La loi d'attraction mise sur le fait que tout dans notre univers est interconnecté et que la pensée humaine a un impact réel sur les événements, car d'une certaine façon, elle est vu comme un processus créatif.
Commentaire n°42 posté par stephane le 15/03/2008 à 16h11
@Miteny """""Bah non les deux corps ne produisent pas de la douleur! Ce n'est pas ce que tu constates. A moins que.. je viens de me cogner, tu as eu mal??""""" >> Ah ? Ca change de nouveau ? Je te rappelle que dans ta réponse à mon commentaire (n°35), tu soulignais que les DEUX corps étaient frappés. Et là, on en revient à une situation floue : tu viens de te cogner, très bien, mais qu'en est-il de moi ? Est-ce que je me suis cogné aussi, ou pas ? Si oui, eh bien j'ai mal et la théorie corps+coup=douleur est corroborée, si non, je n'ai pas mal, pour la bonne et simple raison que je n'ai été soumis à aucun stimulus douloureux (absence de cause => absence d'effet). Bref, rien que de très logique. A moins de fouler au pied le principe d'identité, le principe de causalité et de croire à la magie. """""Donc prière de décrire convenablement la réalité.""""" >> C'est précisément ce que je fais, avec la plus extrême rigueur. Je note que de ton côté tu n'as toujours pas précisé ce que tu entendais par "constater" (ressenti ou observation ?), ce qui te permet de tout mélanger (d'où l'absurdité de ta position, à l'évidence, tu ne t'y retrouves pas toi-même). Essaie encore, Miteny. Au fait, cet huissier ? (bis) Allez, cette fois je tiens ma promesse, je te laisse délirer en paix jusqu'à officialisation de ton défi. See you ! @akasha """""(mille excuses à Loic pour mes lectures en marge)""""" >> Chacun fait ce qu'il veut et pour information, je connais la loi d'attraction (je possède même une version numérisée de l'ouvrage éponyme, signé Michael J. Losier, je te l'envoie bien volontiers si tu le désires, par contre, c'est en anglais), la seule différence c'est que je ne m'en laisse pas compter, que je ne laisse pas mon esprit critique au vestiaire à la première apparition de la pensée magique. ;-) Au plaisir.
Commentaire n°43 posté par Loïc le 15/03/2008 à 17h43
J'ai beau me cogner, aucun douleur n'est produite pour toi, de ton point de vue. 

C'est tout ce que je demande!! Ta réponse est bien non.
 Donc j'ai raison: pour toi, de ton point de vue, mon corps n'a produit aucun ressenti douleureux désagréable.
Réponse de Miteny le 16/03/2008 à 19h38
Merci pour ta réponse Stéphane, je pense que je vais me l'acheter. J'adore te taquiner Loic d'où mes petites remarques ! Néanmoins, je ne cherche pas à te blesser ni à te contrarier, sois en sur! Je savais qu'en écrivant ce genre de petite phrase tu me répondrais de la sorte. Mais tu as raison chacun lit ce qu'il veut, et chacun pense ce qu'il veut du moment que cela nuit pas à autrui, où est le problème ?;)
Commentaire n°44 posté par akasha le 15/03/2008 à 23h57
Akasha, est-ce que tu parles anglais par hasard ? J'aurais un lien génial à te proposer.
Commentaire n°45 posté par stéphane le 16/03/2008 à 06h01
a little but i have a dictionary
Commentaire n°46 posté par akasha le 16/03/2008 à 11h37
Je te demande ça parce qu'il y a un gars qui a vécu une expérience de mort imminente et qui a mis sur youtube une série de petit clips, très courts mais vraiment intéressants, dans lesquels il nous parle de Dieu, de l'enfer et du paradis, du bien et du mal, etc., en nous disant ce que sont véritablement ces choses, à la lumière de sa NDE, de celles vécues par les autres (qu'il étudie), et même de la physique quantique qui selon lui, confirme l'existence de ces choses. Vraiment pas un illuminé le gars, il semble extrêmement terre-à-terre, très articulé, et ce qu'il raconte me conforte dans l'idée que oui, Dieu peut très bien exister, et qu'il y a absolument quelque chose après la mort, mais que pour comprendre mieux ces choses, il faut se distancer des interprétations enfantines des religions et surtout du fondamentalisme religieux. Sa démarche ressemble beaucoup à la mienne car si le monde du "spirituel" existe bel et bien, eh bien en tant que chose réelle, ce dernier peut très bien faire l'objet d'une approche scientifique. Ne serait-ce que pour nommer toutes ces choses, en allant enfin plus loin que les simples concepts de "Dieu" et "esprit". Comme moi, il croit qu'il est possible de concevoir ces choses d'une façon plus objective, en tentant d'en préciser quelque peu la nature (ce que peut-être la physique quantique est en train de faire), ce qui n'enlève rien à leur réalité, si elles existent vraiment. Voilà pourquoi j'aime son approche. Voici tout de même le lien de la page youtube ou l'on retrouve ses clips : http://fr.youtube.com/profile_videos?user=AwakeningAfterLife A+
Commentaire n°47 posté par stéphane le 16/03/2008 à 15h55
Si elle est comme la tienne, il se trompe alors. Mélanger la conscience et la mécanique quantique est une erreur à mon avis.
Si on ne part pas de soi (comme le répète si souvent vincent) on passe à côté du problème. 

Mais enfin, de toute façon, en anglais, c'est incompréhensible.
Réponse de Miteny le 16/03/2008 à 19h50
je te remercie, je regarderai cela lorsque j'aurai un moment
Commentaire n°48 posté par akasha le 16/03/2008 à 18h40
Miteny, je ne comprends pas cette aversion pour la science lorsqu'il s'agit d'étudier la conscience et le "spirituel". Si Dieu existe et s'il existe quelque chose qui est par nature conscient et subjectif et qui permet notre conscience, la science ne pourra éventuellement que le démontrer. Et ce n'est pas parce qu'elle donnera des noms complexes à ces choses et utilisera une approche très sérieuse et objective pour les analyser qu'elle les rendra moins réelles...dis-toi bien cela Miteny. Par ailleurs, dis-moi, n'es-tu pas d'accord pour dire que si Dieu existe, on peut certainement le concevoir comme une forme de conscience, ainsi qu'une forme d'énergie ? N'est pas d'ailleurs en ces termes que la plupart des croyants de par le monde concoivent Dieu ?
Commentaire n°49 posté par stéphane le 16/03/2008 à 23h46
Mais je n'ai pas d'aversion pour la science. Au contraire. La science, normalement, c'est la logique la rigueur (je serais donc un scientifique...   :)

SInon, est-ce qui concerne Dieu, c'est sans doute la forme ultime de la conscience. Mais revenons en à nos moutons. Qu'est ce que la mécanique quantique a à voir avec la non suffisance du corps?
Réponse de Miteny le 17/03/2008 à 17h04
bien d'accord avec toi stephane, "comme un souffle aussi"... miteny, "mélanger la conscience à" est un terme assez drôle dans ton raisonnement! qui te permet de penser que mélanger la conscience à la douleur est plus recevable à "mélanger la conscience à la connaissance"?!! la douleur est une connaissance de soi, la mécanique quantique est une connaissance de son/du microcosme et du macrocosme...etc... etc... parfois je me demande bien à quoi tu limites la conscience... déjà que pour toi, Dieu est "un autre chose"...lol! pose-toi aussi peut-être la simple question de la foi comme vecteur de bonne foi, de la connaissance comme vecteur de démonstration scientifique/technique, des conditionnements/de la culture comme vecteurs de présomptions, de la nécessité du détachement dans ton intention et dans tes réponses aussi... j'ai su jouer ton jeu arrogant pour en rire, mais vraiment, miteny, je t'invite tranquillement à réfléchir aux limites de ton raisonnement, aux lacunes élégamment comblées par les uns et les autres -et qu'il te faudra intérieurement reconnaître, comme au sens de ta démarche... fraternellement
Commentaire n°50 posté par mamadomi le 17/03/2008 à 01h36

Je trouve qu'il n'y a pas trop de lacunes dans mon raisonnement :)

Je ne parle pas de mécanique quantique moi mais simplement de douleur. Je ne risque pas donc d'aller "trop loin".

Réponse de Miteny le 17/03/2008 à 17h08

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