L'histoire
de l'espèce humaine... En voilà une question passionnante !!
La science moderne nous apporte un éclairage très intéressant sur la question.
Quand on fait l'effort de se poser des questions avec rigueur et de chercher des réponses avec soin sans se laisser perturber par des croyances quelconques, on trouve des choses
fascinantes.
On découvre par exemple que l'ADN des
mitochondries ne se transmet que par la mère. Autrement dit, nous avons tous exactement le même ADN mitochondriale
que notre mère : cet ADN n'est pas altéré par le brassage génétique. Il l'est seulement par les mutations, car, comme vous le savez tous, lorsque l'ADN est transmis de l'ascendant au descendant,
il arrive qu'il mute. Ce taux de mutation étant a priori constant dans le temps (a priori seulement...), plus la distance entre les ADNs mitochondriales de deux femmes est grande, plus ancienne
est leur première ancêtre commune.
Car évidemment, il y a forcément toujours un ancêtre commun. Il ne s'agit pas
forcément du premier homme ou de la première femme ayant vécu sur Terre, mais il s'agit d'une personne ou même d'un animal qui a la particularité d'être un des ancêtres de toute
l'humanité.
La première, c'est à dire la plus jeune, des
ancêtres communes à toutes les femmes est appelée l'Ève mitochondriale. Cette femme n'était pas la seule de son
époque, ni même la seule de son époque à avoir eu des enfants, ni même la seule de son époque à avoir des descendants aujourd'hui, mais la seule à avoir légué son ADN mitochondriale à toute
l'humanité.
Une situation équivalente se présente avec le chromosome Y : il n'est présent
que chez les garçons et vient uniquement du père. Ainsi, de la même façon, plus la distance entre les chromosomes Y de deux hommes est grande, plus ancien est leur premier ancêtre commun. Le plus
jeune des ancêtres communs à toutes les hommes est appelé l'Adam chromosome Y.
Imaginons que l'état civil ait été inventé à l'époque de cet Adam. Imaginons
également que l'on ait donné à chaque homme de cette époque un nom de famille différent et que l'on ait décidé que les noms de famille de ces hommes se transmettraient à leurs enfants. Si on
imagine en plus que cet état civil ait été gardé jusqu'à aujourd'hui, on aurait alors tous le même nom de famille (Adam-chromY par exemple).
Tous ! De l'aborigène d'Australie à l'inuit du Groenland en passant par les
indiens d'Amazonie, les norvégiens et les pygmées.
Vous aurez sans doute maintenant compris l'intérêt d'analyser l'ADN des
mitochondries et l'ADN des chromosomes Y : en analysant les distances génétiques entre ces ADNs chez diverses populations humaines, on peut reconstruire l'histoire de l'humanité.
Regardons d'abord ce que donne l'analyse des mitochondries. Le dessin suivant
schématise ce qu'ont découvert les chercheurs.
Ève a vécu il y a environ 200 000 ans (ce qui fait un sacré bout de temps quand même, en tout
cas bien loin des 6 000 ans de la Bible). Elle a donné naissance à au moins deux filles, par définition, qui ont donné naissance à
deux groupes différents : le groupe L0 et le groupe L1-6.
Le groupe L1-6 a donné naissance aux groupes L1
et L2-6.
Le groupe L2-6 a donné naissance aux groupes L5
et L2-4,6.
Le groupe L2-4,6 a donné naissance aux groupes
L2 et L3,4,6. Le groupe L3,4,6 a donné naissance aux groupes L6 et L3,4.
Le groupe L3,4 a donné naissance aux groupes L3
et L4 et le groupe L3 a donné naissance aux groupes M et N.
De nos jours, le gène L0 se retrouve davantage
chez les Khoisan, les Hadza, les Sandawe, le gène L1 chez les pygmées Mbenga, L2 et L5 chez les pygmées Mbuti, mais aussi en Afrique de l'ouest, L6 et L3 en Éthiopie alors que M et N concernent
le reste de l'humanité.
Cela signifie qu'au niveau des mitochondries,
pour un aborigène d'Australie par exemple, ou pour un indien d'Amazonie,
un scandinave est un cousin plus proche qu'un africain. De même, toujours au niveau des mitochondries, pour un pygmée Mbuti, un écossais est un cousin plus proche qu'un pygmée Mbenga ! Étonnant
non ?
Ceci illustre la grande variété génétique de la
population africaine mais aussi à quel point la notion de race n'a pas vraiment de sens. Ainsi les Jarawa des îles Andaman, pourtant très noirs, sont plus proches génétiquement des tibétains que
des africains !
On remarquera tout de même que le peuple le plus proche des premiers humains
est le peuple San du Kalahari (voir également cette récente étude génétique). Cela semble être confirmé par une thèse expliquant pourquoi les langues de ces gens seraient les langues mères de
l'humanité.
Je suis fasciné par ce peuple depuis le film Les dieux sont tombés sur la tête. Fasciné par leur langue, par leur mode de vie agréable, simple et insouciant. Depuis mon enfance, ils représentent pour moi
le paradis perdu, le bonheur, le jardin d'Éden... Et leurs langues sont si attachantes que j'irai bien là-bas rien que pour apprendre le xoõ par exemple (dont l'exceptionnelle richesse en phonèmes est un argument en faveur de son statut de proche parente de la langue mère)
!
Que le peuple originel soit celui des héros du film Les dieux sont tombés sur la tête me fait plaisir, je dois bien l'avouer.
Mais ce n'est pas tout : en croisant les données des généticiens avec ceux des
paléontologues, on a pu non seulement se rendre compte que l'homo sapiens archaïque avait évolué vers l'homme moderne uniquement
en Afrique entre 200 000 ans et 100 000 ans avant le présent, mais aussi qu'il aurait quitté l'Afrique il y a environ 70 000 ans pour progressivement remplacer des populations humaines
antérieures comme l'homme de Néandertal, l'homme de Denivosa, voire l'homo erectus.
Or, ce que l'on sait également, c'est que
beaucoup d'espèces, y compris l'homo sapiens, ont connu juste avant cette migration hors d'Afrique un goulot d'étranglement, c'est à dire une diminution drastique du nombre de leurs
représentants. Certaines espèces ont même disparu. D'après de nombreux scientifiques, il faut lier cette situation à l'éruption du supervolcan Toba à Sumatra il y a
environ 74 000 ans. Le cataclysme a été si violent, qu'il a été suivi par un terrible hiver volcanique de plusieurs années, lequel a provoqué une chute température moyenne du globe de 5°C,
c'est à dire à court terme de grandes famines et à long terme une aggravation de la glaciation. Seuls quelques milliers d'êtres humains auraient survécu à cette épreuve !
Il y avait sans doute plusieurs groupes puisque l'on sait que
l'Ève mitochondriale est plus ancienne que l'explosion de ce supervolcan. En tout cas tous
les hommes d'aujourd'hui proviendraient de ces petits groupes de ces chasseurs cueilleurs ayant survécus à un
supervolcan, dont une majorité parlait donc a priori une langue à clicks et dont certains sont probablement les ancêtres directs des pygmées et d'autres les ancêtres directs du peuple San, et d'autres encore les ancêtres directs des
aborigènes qui ont été les premiers à migrer hors d'Afrique (lire ceci), etc... Certains pensent que ce goulot d'étranglement aurait également initié une révolution culturelle : c'est à
partir de cette période que les hommes auraient commencé à dessiner sur les parois, à développer une culture.
Que se passerait-il si une telle catastrophe se produisait de nos jours, alors que la population terrestre vient d'atteindre les 7 milliards de
personnes ?
Évidemment, je (re)pense là à Yellowstone : si ce dernier entrait en éruption,
plus de la moitié des États-Unis serait rapidement recouverte d'une couche de cendres de plusieurs mètres. La température moyenne du globe terrestre chuterait ensuite de plus de 10°C !
Les conséquences seraient catastrophiques pour une humanité déjà trop imposante pour notre petite planète (en à peine douze ans, on s'est repris un autre milliard
d'habitants dans les dents).
Pour moi, il est tout à fait possible qu'une
telle chose arrive même si visiblement, il n'est pas nécessaire qu'une terrible catastrophe naturelle se produise l'année prochaine pour que 2012 soit une année décisive.
Regardez ce qu'il se passe en ce moment : il y
a même des banquiers qui prévoient l'Apocalypse financière
pour très bientôt. Moi, je vous dis que ça va chauffer : il serait temps que l'on parle davantage de l'insuffisance du corps...
2012 sera-t-elle mon année
?
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